26 février 2010
Élections régionales : l'UMP ne joue pas la transparence
À gauche, la transparence est de mise : les partis nous fournissent immédiatement une copie des accords conclus entre eux.
À droite, en revanche, c'est l'opacité la plus complète. Au siège de l'UMP, on affirme que "les listes ne sont pas encore prêtes mais seront envoyées dès qu'elles le seront". Étrange, lorsqu'on sait que lesdites listes sont déposées depuis le 15 février midi et que les négociations relevèrent d'un véritable travail d'orfèvre entre les différentes composantes de la majorité présidentielle. L'explication m'a finalement été fournie par l'un de ces huit partis (1) : "Les différents mouvements associés se sont engagés auprès de l'UMP à ne pas faire de déclaration quantitative". C'est donc l'UMP qui souhaite et entretient cette opacité bien peu démocratique !
Une décision stupide, vu que n'importe quel journaliste politique a suffisament d'interlocuteurs au sein des partis qu'il suit pour obtenir ces listes. Ce que j'ai bien entendu aussitôt fait...
Respectant ma parole auprès de l'un de mes contacts, je ne donnerai pas, pour l'instant, le nombre de candidats par formation. Je me bornerai simplement à publier les cartes montrant la présence des unes et des autres (nota : le Nouveau centre et le Parti radical "valoisien" sont présents dans l'ensemble des régions métropolitaines).






(1) C'est-à-dire les cinq partis précités, plus le Parti radical "valoisien", le Parti chrétien-démocrate (PCD) et Les Progressistes - ce dernier est en réalité plus un club (comme Le Chêne de Michèle Alliot-Marie ou Les Réformateurs d'Hervé Novelli) qu'un parti politique. Les dirigeants de ces trois derniers mouvements étant toutefois également membres de l'UMP, je ne les situe logiquement pas au même niveau.
12:23 | Lien permanent | Commentaires (4) |
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24 février 2010
Conseil constitutionnel : droite-gauche, le faux clivage
Les futures nominations au Conseil constitutionnel sont officielles :
- Michel Charasse (divers gauche, ex-PS) pour le président de la République, Nicolas Sarkozy
- Jacques Barrot (UMP) pour le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer
- Hubert Haenel (UMP) pour le président du Sénat, Gérard Larcher
Saluons pour la forme la décision de Nicolas Sarkozy de nommer une personnalité de l'opposition de gauche. Il n'était effectivement pas obligé de le faire (même si cela n'exclut pas des arrières-pensées et si cela n'a rien à voir avec ce qu'on appelle en politique l'ouverture). Mais remarquons qu'il s'agit de trois personnalités politiques, contre aucun universitaire.
Ces nominations sont très importantes. Aussi importantes, à mes yeux, que le résultat d'une élection présidentielle. Le vrai clivage politique n'est en effet pas en France entre la droite (l'UMP et ses alliés) et la gauche (le PS et ses alliés) ou le centre (le MoDem) mais entre les jacobins et les girondins - ce qui dépasse largement la question d'un État unitaire, décentralisé voire fédéral.
La République française est historiquement jacobine. C'est un fait, qu'on s'en réjouisse ou qu'on s'en désole. Une identité qui se résume dans deux phrases clefs: "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion"; "La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum".
Or, aussi bien la décentralisation (libre-administration des collectivités locales) que le supranationalisme européen sont au bout du bout incompatibles avec cette identité constitutionnelle de la France. D'où un choc culturel profond en France depuis plusieurs décennies. Jusqu'à présent, le Conseil constitutionnel comme le Conseil d'État ont été les gardiens de cette identité. Voilà le véritable enjeu des nominations au Conseil constitutionnel, aujourd'hui et demain.
Ce qui importe, ce n'est donc pas de savoir si les nouveaux membres du Conseil constitutionnel sont de droite, de gauche ou du centre - de la majorité ou de l'opposition (clivages de surface) mais s'ils sont jacobins ou girondins (clivage de fond).
Michel Charasse est un jacobin*; Jacques Barrot et Hubert Haenel sont des girondins. Deux contre un.
* cela me fait bien rire de voir certains confrères écrire que Michel Charasse a été nommé pour "compliquer la tâche du président du Conseil constitutionnel", alors que c'est moins le jacobin Charasse que les girondins Barrot et Haenel qui vont s'opposer au jacobin Jean-Louis Debré...
10:39 | Lien permanent | Commentaires (7) |
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23 février 2010
Ouverture ?
J'ai déjà abordé ce sujet. Mais j'y reviens rapidement car cela m'agace d'entendre parler d'ouverture au sujet de la nomination de Didier Migaud, actuel président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, au poste de premier président de la Cour des comptes.
L'ouverture, c'est ouvrir sa majorité politique en intégrant une personnalité issue d'un parti de l'opposition dans son gouvernement ou sur une liste électorale.
L'ouverture, en revanche, ce n'est pas nommer une personnalité de l'opposition à la tête d'une juridiction financière ou d'une commission de réflexion. Ce qui s'appelle simplement placer l'intérêt général au-dessus des clivages partisans.
Bien entendu, le but de Nicolas Sarkozy est d'enfoncer un coin dans le PS et de communiquer sur la poursuite de l'ouverture. Mais nul n'est obligé de s'abstenir de réfléchir en validant tête baissée la communication élyséenne.
10:32 | Lien permanent | Commentaires (10) |
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