08 octobre 2011
Journaliste politique: aller voter ou ne pas aller voter à la primaire PS-PRG?
Une consœur m'a appelé la semaine dernière dans le cadre d'un article sur les journalistes politiques et la primaire PS-PRG: aller voter ou ne pas aller voter?
Je n'ai pas souhaité lui répondre. Pour une raison toute simple: si je vais voter ou si je ne vais pas voter, c'est une décision de citoyen, pas une décision de journaliste. Bref, cela n'a absolument pas à figurer dans un article sur la primaire ...et les journalistes politiques.
Ceci dit, je comprends mes confrères médiatiques qui ne veulent pas aller voter, et je trouve à ce propos la réponse à Rue89 d'Edwy Plenel très pertinente et intelligente:
"Je suis le porte-drapeau de Mediapart, de ses journalistes et de ses lecteur multiples: socialistes, écolos ou gaullistes sociaux. Le site est lu par toutes les nuances de l'opposition. Comme je représente cette collectivité et que je ne souhaite pas l'engager par ma présence, je ne voterai pas. Les journalistes de Mediapart, eux, sont libres de faire ce qu'ils veulent. Il n'y a pas de consigne."
N'étant pas un journaliste médiatique et ne couvrant pas la gauche (la problématique serait différente pour moi s'il s'agissait d'une primaire à droite ou au centre, avec potentiellement des militants qui m'identifieraient), je peux donc tranquillou décider en mon âme et conscience de citoyen d'aller voter ou de ne pas aller voter (mon choix est d'ailleurs fait).
Quoi qu'il en soit, je me permets de reprendre ci-dessous trois remarques que j'avais postées en commentaire du blog de David Desgouilles, qui m'avait amicalement interpellé dans une de ses notes:
1) L'engagement à signer pour voter à la primaire n'est pas "je suis de gauche" mais "je me reconnais dans les valeurs de la gauche et de la République" – notons au passage que cela signifie qu'on pourrait, dans l'esprit du PS et du PRG, se reconnaître dans les valeurs de la gauche mais pas dans celles de la République, bref que les valeurs de la République ne seraient donc pas par définition contenues dans celles de la gauche.
2) On ne sait pas trop quel est le lien entre "les valeurs" et "le projet": ce projet n'est-il que la déclinaison de ces valeurs ou est-ce en sus? Quoi qu'il en soit, je connais peu de militants non de gauche – c'est-à-dire du centre ou de droite – qui ne se reconnaîtraient pas dans "le projet d'une société de liberté, d'égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire". Après, tout dépend il est vrai de la définition que l'on donne à ces mots, de la hiérarchisation que l'on établit entre eux et des moyens que l'on privilégie pour les réaliser. Impossible toutefois pour le PS et le PRG de rentrer dans ces détails, car certains candidats à la primaire défendent des options inconciliables.
3) Le PS précise de toute façon que signer la charte d'adhésion aux valeurs de la gauche n'oblige pas de voter pour le candidat désigné puisque "dans le secret de l'isoloir, le vote est bien sûr libre": "Si vous avez voté à la primaire, cela ne vous contraint en aucune manière".
23:03 | Lien permanent | Commentaires (1) |
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04 octobre 2011
Radioscopie du groupe de l'Union centriste et républicaine (UCR)
Voici la liste des 31 sénateurs du nouveau groupe de l'Union centriste et républicaine (UCR), issu d'un élargissement de l'Union centriste (UC):
| Sénateur | Parti | Origine | |
| Jean-Paul Amoudry | LNC | ARES | UC |
| Jean Arthuis | AC | UC | |
| Jean-Marie Bockel | LGM | ARES | RDSE |
| Jean Boyer | LNC | ARES | UC |
| Vincent Capo-Canellas | LNC | ARES | - |
| Vincent Delahaye | PRAD | ARES | - |
| Marcel Deneux | MODEM | UC | |
| Yves Détraigne | AC | UC | |
| Muguette Dini | AC | UC | |
| Daniel Dubois | LNC | ARES | UC |
| Jean-Léonce Dupont | LNC | ARES | UC |
| Françoise Férat | AC | UC | |
| Nathalie Goulet | DVD | UC | |
| Jacqueline Gourault | MODEM | UC | |
| Sylvie Goy-Chavent | PRAD | ARES | UMP app. |
| Joël Guerriau | LNC | ARES | - |
| Pierre Jarlier | PRAD+AC | ARES | UC |
| Jean-Jacques Lasserre | MODEM | - | |
| Valérie Létard | LNC | ARES | UC |
| Hervé Marseille | LNC | ARES | - |
| Hervé Maurey | LNC | ARES | UC |
| Jean-Claude Merceron | AC | UC | |
| Aymeri de Montesquiou | PRAD | ARES | RDSE |
| Catherine Morin-Desailly | LNC | ARES | UC |
| Christian Namy | PRAD | ARES | - |
| Jean-Jacques Pignard | AC | UC | |
| Yves Pozzo di Borgo | LNC | ARES | UC |
| Gérard Roche | DVD | - | |
| Henri Tandonnet | LNC app. | ARES | - |
| Jean-Marie Vanlerenberghe | MODEM | UC | |
| François Zocchetto | AC | UC | |
| Sénateur | Parti | ||
| MoDem | 4 | ||
| AC | 7 | ||
| DVD | 2 | ||
| LGM | ARES | 1 | 18 |
| PRAD | 5 | ||
| LNC | 12 | ||
Membres de l'ARES n'ayant pas adhéré au groupe UCR:
| Sénateur | Parti | Groupe |
| André Villiers (Yonne) | LNC | UMP ratt. |
| Alain Chatillon (Haute-Garonne) | PRAD | UMP ratt. |
| Sophie Joissains (Bouches-du-Rhône) | PRAD | UMP |
22:14 | Lien permanent | Commentaires (9) |
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Les frêchistes sauvent le groupe RDSE

Plus ancien groupe parlementaire, créé en 1892 sous le nom de Gauhe démocratique, le Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) doit sa survie à l'adhésion des frêchistes (ex-PS) Christian Bourquin (président du conseil régional de Languedoc-Roussillon) et Alain Bertrand (soutenu par le PRG aux élections sénatoriales).
Le groupe était passé à 14 sénateurs, en dessous des 15 membres nécessaires à la constitution d'un groupe, en raison des départs d'Aymeri de Montesquiou (Parti radical) et de Jean-Marie Bockel (La Gauche Moderne) pour l'Union Centriste et Républicaine (UCR).
| Sénateur | Parti | Tendance |
| Nicolas ALFONSI | PRG | gauche |
| Gilbert BARBIER | DVD | droite |
| Jean-Michel BAYLET | PRG | gauche |
| Alain BERTRAND | DVG | gauche |
| Christian BOURQUIN | DVG | gauche |
| Jean-Pierre CHEVÈNEMENT | MRC | gauche |
| Yvon COLLIN | PRG | gauche |
| Anne-Marie ESCOFFIER | PRG | gauche |
| François FORTASSIN | PRG | gauche |
| Françoise LABORDE | PRG | gauche |
| Jacques MÉZARD | PRG | gauche |
| Jean-Pierre PLANCADE | PRG | gauche |
| Robert TROPÉANO | DVG | gauche |
| Jean-Claude REQUIER | PRG | gauche |
| Raymond VALL | PRG | gauche |
| François VENDASI | PRG | gauche |
21:41 | Lien permanent | Commentaires (6) |
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03 octobre 2011
Borloo-out, Morin-in?
Deux questions autour de la non-candidature de Jean-Louis Borloo:
1) Quel candidat de l'Alliance à l'élection présidentielle?
Le Parti radical de Jean-Louis Borloo a cofondé l'Alliance républicaine, écologiste et sociale avec le Nouveau centre d'Hervé Morin et la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel. Jean-Louis Borloo ayant renoncé à une candidature à l'élection présidentielle, la logique voudrait qu'Hervé Morin soit le candidat de l'Alliance à l'élection présidentielle.
Le Nouveau centre, d'une part, "se prononcera dans les prochaines semaines, à l'occasion d'un congrès extraordinaire, sur sa stratégie et le choix de son candidat pour l'élection présidentielle". La candidature d'Hervé Morin ne fait toutefois aucun doute. Le président du Nouveau centre martèle en effet depuis longtemps qu'"il y a toujours eu deux droites en France" - "les bonapartistes et les orléanistes", "le RPR et l'UDF" puis "l'UMP et le Nouveau centre" - et que ces deux droites doivent avoir chacune un candidat au premier tour de l'élection présidentielle. L'idée d'une candidature d'Hervé Morin ne fait cependant pas l'unanimité au sein de son parti: "On ne change pas un avant-centre par un arrière-centre", a ainsi persiflé sur RTL Maurice Leroy, ministre de la ville.
Le Parti radical, d'autre part, se prononcera en vue de la présidentielle lors d'un prochain congrès "début 2012". La problématique est particulière pour le Parti radical, qui a rompu en mai dernier son contrat d'association avec l'UMP, en même temps qu'il adhérait à l'Alliance et demandait à Jean-Louis Borloo de se porter candidat à l'élection présidentielle. Concrètement, cela signifie que ses membres devront choisir au 1er janvier 2012 entre leur appartenance à l'UMP ou au Parti radical. Or, de nombreuses personnalités du parti ont déjà tranché en faveur du maintien au sein de l'UMP (Jean Leonetti, Edwige Antier, Françoise Hostalier, Sophie Joissains, Tokia Saïfi, etc.). La non-candidature de Jean-Louis Borloo renforce cette ligne... mais ceux qui la suivront ne pourront pas voter lors de ce congrès décisif!
2) Qui va bénéficier dans les sondages de ce "retrait"?
Politiquement, c'est Hervé Morin, dont la candidature se situe sur le même créneau que Jean-Louis Borloo (celui d'un "second choix" à Nicolas Sarkozy au sein de la droite), qui devrait bénéficier du "retrait" de Jean-Louis Borloo... ne serait-ce qu'en réapparaissant dans les sondages d'intentions de vote.
Électoralement, les choses sont toutefois plus complexes en raison de l'équation personnelle de chaque candidat.
Une enquête Sofres publiée cet été (1) permet ainsi d'avoir une idée des candidats vers lesquels pourraient se reporter les anciens électeurs de Jean-Louis Borloo:
- 45% des électeurs potentiels de Jean-Louis Borloo étaient aussi électeurs potentiels de François Hollande (et 37% de Martine Aubry)
- 41% des électeurs potentiels de Jean-Louis Borloo étaient aussi électeurs potentiels de Nicolas Sarkozy.
- 25% des électeurs potentiels de Jean-Louis Borloo étaient aussi électeurs potentiels d'Eva Joly.
- 23% des électeurs potentiels de Jean-Louis Borloo étaient aussi électeurs potentiels de François Bayrou.
La principale inconnue demeure toutefois Hervé Morin, qui, pour reprendre la place laissée vacante par Jean-Louis Borloo au centre-droit, devra avant tout combler son déficit de notoriété.
(1) réalisé les 6 et 7 juillet 2011 auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 personnes
14:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |
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