La propriété privée, Jean-Luc Mélenchon et l'Église (30 octobre 2026)
Qu'une partie du programme de Jean-Luc Mélenchon ne soit pas compatible avec la doctrine sociale de l'Église catholique est une chose certaine. C'est d'ailleurs sans doute le cas de tous les candidats à l'élection présidentielle.
Il est en revanche assez paradoxal de voir des cathos capitalistes s'offusquer lorsque la doctrine mélenchoniste converge avec la doctrine chrétienne. Dernier exemple: le droit de propriété, à condition bien entendu d'écouter vraiment ce que dit Jean-Luc Mélenchon.
La question de François Lenglet: "La propriété privée est-elle inaliénable dans tous les cas de figure ou pas?"
La réponse de Jean-Luc Mélenchon: "Il y a des biens communs inaliénables qui appartiennent à l'humanité (...) C'est la limite à la propriété, la négation de la propriété inaliénable." Une idée complétée sur son blog par une réflexion sur "la propriété comme droit d’usage".
Je vous invite, sans commentaire, à comparer cette vision avec ceux deux extraits d'encycliques:
La destination commune des biens
Aujourd’hui croyants et non croyants, nous sommes d’accord sur le fait que la terre est essentiellement un héritage commun, dont les fruits doivent bénéficier à tous. Pour les croyants cela devient une question de fidélité au Créateur, puisque Dieu a créé le monde pour tous. Par conséquent, toute approche écologique doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés. Le principe de subordination de la propriété privée à la destination universelle des biens et, par conséquent, le droit universel à leur usage, est une “règle d’or” du comportement social, et « le premier principe de tout l’ordre éthico-social ». La tradition chrétienne n’a jamais reconnu comme absolu ou intouchable le droit à la propriété privée, et elle a souligné la fonction sociale de toute forme de propriété privée.
François, Laudato si’, 2015
L'encyclique Rerum novarum, qui a pour thème la question sociale, met aussi l'accent sur [le problème de la propriété], en rappelant et en confirmant la doctrine de l'Église sur la propriété, sur le droit à la propriété privée, même lorsqu'il s'agit des moyens de production. L'encyclique Mater et magistra a une position identique.
Ce principe, rappelé alors par l'Église et qu'elle enseigne toujours, diverge radicalement d'avec le programme du collectivisme, proclamé par le marxisme et réalisé dans divers pays du monde au cours des décennies qui ont suivi l'encyclique de Léon XIII. Il diffère encore du programme du capitalisme, pratiqué par le libéralisme et les systèmes politiques qui se réclament de lui. Dans ce second cas, la différence réside dans la manière de comprendre le droit de propriété. La tradition chrétienne n'a jamais soutenu ce droit comme un droit absolu et intangible. Au contraire, elle l'a toujours entendu dans le contexte plus vaste du droit commun de tous à utiliser les biens de la création entière: le droit à la propriété privée est subordonné à celui de l'usage commun, à la destination universelle des biens.Jean-Paul II, Laborem exercens, 1981
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