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11 novembre 2007

Le 11 novembre et l'Europe

189d10ec3b848a32a6402b60a6c0c3ef.jpgLe président de la République Nicolas Sarkozy a décidé de célébrer ce 11 novembre sous le signe de la construction européenne. Voilà qui est au moins plus cohérent que de faire de même le 14 juillet, jour de la fête nationale...

Reste à savoir si la paix en Europe est la conséquence de la construction européenne, ou si c'est la construction européenne qui est la conséquence de la paix en Europe !

09 novembre 2007

Nicolas Sarkozy et le général de Gaulle : le fond contre la forme

"Les héritiers politiques de la famille gaulliste ont une tendance certaine à la nostalgie, qui s'illustre notamment dans le pélerinage annuel à Colombey. Depuis la mort du général de Gaulle, c'est en effet tous les 9 novembre un rituel pour les gaullistes que de se rendre sur sa tombe, de dire une messe, d'aller se recueillir au pied de la Croix de Lorraine et même certaines années de visiter La Boisserie (...) Je m'en veux d'ailleurs d'avoir sacrifié cette année encore à cette forme de totem. J'ai pourtant clairement cosncience que nous entretenons ainsi une caricature, chaque jour plus désuète".

 

L'auteur de ces lignes n'est autre que Nicolas Sarkozy dans son livre Libre (XO Éditions, 2001). Il y qualifie également de "simagrées", ayant "perdu toute signification", "le pèlerinage" des parlementaires du RPR. On peut se féliciter que Nicolas Sarkozy, élu à la présidence de la République, s'adonne finalement à cette "nostalgie" en se rendant aujourd'hui sur la tombe de Charles de Gaulle.

d6c895ea58bba1e10969515587396aa9.jpgEncore faut-il que cet hommage rendu soit cohérent avec ses propos et ses actes. Or, hasard malheureux du calendrier pour le président de la République, quelques jours plus tôt il prononçait à Washington un discours devant le congrès des États-Unis d'Amérique dont le ton atlantiste a été de nature à faire se retourner le général de Gaulle dans sa tombe.

Autant est-il honorable et légitime de commémorer la sacrifice des soldats américains qui ont contribué à la libération de la France, après l'entrée en guerre des États-Unis d'Amérique pour défendre leurs intérêts (attaque sur Pearl Harbor, le 7 décembre 1941). Autant la "dette éternelle" de la France ne signifie-t-elle pas donner quitus à la politique étrangère américaine partout et jusqu'à la fin des temps.

"Chaque fois que dans le monde tombe un soldat américain, je pense à ce que l'armée d'Amérique a fait pour la France, a déclaré Nicolas Sarkozy. Je pense à eux et je suis triste, comme on est triste de perdre un membre de sa famille. Cela, c'est plus important que tous les désaccords que nous avons pu avoir et que tous les désaccords que nous pourrons avoir".

Non, monsieur le président de la République française, en ce qui me concerne je ne pense pas "à ce que l'Amérique a fait pour la France" lorsqu'un soldat américain meurt en Irak. Je pense plutôt à la gandeur de la France qui s'est opposée, peut-être contre vos propres convictions et celle de votre ministre des affaires étrangères, à cette invasion illégitime.

23 octobre 2007

N'est pas Naegelen qui veut

ef0bd607ee8604802db370c1f584e580.jpgCi-dessous un document trouvé sur Internet, datant d'un temps ancien où la France commémorait les courageux Résistants par devoir de mémoire et non les malheureux otages par sensiblerie présidentielle.

 

***

 

La rentrée scolaire est toute proche. J'ai pensé que cette rentrée, reprise de leur activité pour les aînés, premier contact avec l'étude pour les tout jeunes, ne devrait pas s'opérer selon le rite banal de portes qui s'ouvrent, puis se referment.

Je sais que beaucoup de chefs d'établissement, que beaucoup de maîtres s'attachent à ce que ce retour aux disciplines se fasse dans la simplicité et la dignité. Ils ont raison. Comme eux, je ne crois pas à l'insouciance de notre jeunesse. Chez les bons, comme chez ceux dont l'évolution est plus lente, un cœur sensible guette l'émotion, une âme toute neuve ne demande qu'à s'exprimer et à s'épanouir.

C'est pourquoi j'ai toujours estimé que la rentrée des classes devrait être mise à profit pour provoquer cet éveil et cet élan vers la maturité.

Aujourd'hui, je crois qu'il ne serait pas de meilleure manière pour une très haute leçon que de faire appel à de très grands exemples tirés d'un passé récent et choisis parmi cette jeunesse universitaire qui reste un des plus sûrs espoirs de notre renaissance.

Parmi ces exemples, j'ai retenu les lettres écrites quelques heures avant leur exécution par cinq élèves du Lycée Buffon de Paris qui, entrés dans la Résistance active, furent arrêtés et fusillés par les Allemands le 8 février 1943 au Mont Valérien.

Ces lettres, que vous trouverez plus loin, tragiques dans leur laconisme, sont si belles, si simples, si humaines et si courageuses que, de leur lecture, se dégage une intense émotion faite à la fois de pitié et de fierté. Sans doute d'autres héros sont morts, hélas nombreux, pour la liberté de la Patrie ; sans doute d'autres lettres ont été écrites, empreintes de la même noblesse et d'un égal courage tranquille.

Mais le sacrifice des cinq élèves de Lycée Buffon peut être retenu comme un symbole et un incomparable exemple à offrir à notre jeunesse écolière, universitaire.

Je vous demande donc de donner d'urgence des instructions afin qu'à l'occasion d'une cérémonie de rentrée, les lettres des cinq fusillés de Buffon soient lues et sobrement commentées aux élèves et étudiants des établissements d'enseignement de tous degrés et de toutes disciplines. Les morts de Buffon sont leurs morts. Ils doivent être l'Exemple.

Ce sera là une inoubliable leçon, un appel au devoir, à tous les devoirs. Les jeunes générations y sentiront mieux encore les raisons de vénérer leurs aînés morts en pleine jeunesse, d'honorer leur mémoire et de ne pas oublier que s'ils poursuivent aujourd'hui de calmes et profitables études, ils le doivent à des milliers de morts dont leurs camarades de Buffon symbolisent le total sacrifice.

Une telle cérémonie de rentrée, que je désire simple, sera évidemment de recueillement, mais elle doit être pour tous nos jeunes gens, pour toutes nos jeunes filles, pour ces hommes et ces femmes de demain, la raison impérieuse d'une marche exaltante vers la vie, vers l'avenir.

Tel est mon espoir. Je dirai mieux : telle est ma certitude.

 

Marcel-Edmond Naegelen, Ministre de l'Éducation nationale

septembre 1947

Lettre de Jean Arthus

9752165c55c2ee3e406e596e8669fe67.jpgMon grand chéri,

Je ne sais si tu t'attendais à me revoir, je m'y attendais; on nous a appris ce matin que c'était fini. Alors, adieu ! Je sais que c'est un coup très rude pour toi, mais j'espère que tu es assez fort et que tu vas continuer à vivre en gardant confiance en l'avenir.
Travaille, fais cela pour moi; continue les livres que tu voulais écrire; pense que je meurs en Français pour ma patrie.

Je t'embrasse bien.
Aux enfants, à André et à ma filleule.
Adieu, mon grand chéri.

Jean Arthus

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Jean(-Marie) Arthus, né le 2 avril 1925 - fusillé le 8 février 1943

Lettre de Jacques Baudry

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Mes pauvres Parents chéris,

On va m'arracher cette vie que vous m'avez donnée et à laquelle je tenais tant.

C'est infiniment dur pour moi et pour vous ! J'ai eu la chance de savoir avant de mourir que vous étiez courageux. Restez-le. surtout ma petite maman, que j'embrasse de tout mon pauvre coeur. Mes pauvres chéris. J'ai accepté le combat, vous le savez. Je serai courageux jusqu'au bout. La guerre sera bientôt finie. Vous serez quand même heureux dans la paix, un peu grâce à moi.

Je veux retourner à Douchy à côté de Pépère et Mémère. J'aurai voulu encore vivre pour vous aimer beaucoup. Hélas, je ne peux pas. La surprise est amère. J'ai eu les journaux. Nous mourons en pleine victoire. Exécution ce matin à 11 heures. Je penserai à vous. À Nicole. Hélas, nos beaux projet d'avenir ! Qu'elle ne m'oublie pas non plus, ni mes Parents. Mais surtout la vie continue pour elle. Qu'elle profite de sa jeunesse. Papa, Maman, mes chéris, qui m'avez tant aimé. Adieu. Je vous étreins bien fort tous trois. Courage. Vivez. Je vous embrasse le plus tendrement pour la vie. Adieu Papa, Maman.

Adieu  Nicole. Vive la France !

Votre  Jacques

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Jacques Baudry, né le 7 avril 1922 - fusillé le 8 février 1943