03 juillet 2014

UDI: quel rapport de force interne entre les composantes?

FÉDÉ: présidents de fédération départementale
PARL: total parlementaires
AN: députés (30; y compris Laurent Degallaix et Maina Sage)
S: sénateurs (28, fictivement 30 car deux sont bicartés; y compris Sophie Joissains qui siège au groupe UMP)
PE: parlementaires européens (3)

AC: Alliance Centristes (Jean Arthuis, François Zocchetto)
FED: Force Européenne Démocrate (Jean-Christophe Lagarde)
AD et autres: adhérents directs et autres (Calédonie Ensemble, Droite Sociale à La Réunion, Rassemblement pour la Guadeloupe...)
NC: Nouveau Centre (Hervé Morin, Philippe Vigier)
PRAD: Parti Radical valoisien (Yves Jégo, Laurent Hénart, Rama Yade)

Qui sont les candidats à la présidence de l'UDI?

[Mise à jour de mon article publié le 29 juin sur La-Croix.com]

 

Après le retrait pour raison de santé de Jean-Louis Borloo, les militants UDI éliront en octobre un nouveau président.

Alors que les candidatures seront closes le 13 juillet, les principaux candidats sont d'ores et déjà en lice.

Leurs positions seront très attendues sur plusieurs points. Tout d’abord, leur vision de la structure du parti : une confédération avec des composantes fortes, à l’image de l’ancienne UDF, ou une formation unifiée ?

Ensuite, les relations avec l’UMP : la droite doit-elle s’unir dès le premier tour des élections ou au contraire ratisser large au premier à travers deux offres distinctes et complémentaires avant de s’unir au second ? Cette question se posera surtout pour les régionales de 2015 puis pour la présidentielle de 2017, avec la question du périmètre de la primaire que devrait organiser l’UMP.

Enfin, symétriquement, les relations avec le MoDem de François Bayrou, avec qui l’UDI a signé en novembre 2013 une charte commune.

Tour d'horizon des candidatures, en attendant les programmes détaillés des candidats.

 

Yves Jégo

C’est lui qui devait assurer l’intérim de la présidence de l’UDI jusqu’au congrès prévu le 15 novembre. Mais Yves Jégo (53 ans) a finalement démissionné à son tour pour se porter lui-même candidat.

S’il a adhéré au Parti radical en 2009, après son éviction du gouvernement, cet ancien sarkozyste est issu du RPR et non de l’UDF. Il a formé un ticket avec Chantal Jouanno, une autre ancienne sarkozyste issue de l’UMP.

Cette origine explique sans doute qu’Yves Jégo joue aujourd’hui à fond la carte du nouveau parti en se réclamant d’une « génération UDI » et en proclamant sa fidélité à Jean-Louis Borloo. « L’UDI ne doit pas se réduire à une juxtaposition de clans », insiste dans sa lettre de candidature celui qui refuse que sa formation « s’enferme dans la seule querelle des centres qui oppose violemment certains d’entre nous ».

Pour l’élection présidentielle de 2017, Yves Jégo milite en faveur d’une primaire de toute l’opposition de droite, « de François Bayrou à Nicolas Dupont-Aignan ».

 

Hervé Morin

Sur le papier, le libéral Hervé Morin (53 ans) possède une longueur d’avance sur ses concurrents. En créant en 2007 le Nouveau Centre, l’ancien ministre de la défense est effectivement celui qui a assuré la continuité d’un centre droit autonome, de l’UDF à l’UDI.

Le Nouveau Centre est donc aujourd’hui une des principales composantes de l’UDI, regroupant à elle toute seule 30 présidents de fédération (contre 40 pour le Parti radical) et 16 des 61 parlementaires (contre 14 pour le Parti radical).

Surtout, selon l’institut de sondage BVA (1), Hervé Morin est le candidat préféré des sympathisants de l’UDI pour l’élection présidentielle de 2017 (29%), devant Rama Yade (23 %), François Bayrou du MoDem (21%), Chantal Jouanno (17%) et Yves Jégo (7%).

Celui qui avait déclaré sa candidature à l’élection présidentielle de 2012 avant d’y renoncer entend mettre l’UDI « en capacité de présenter un candidat pour la présidentielle ».

Être « en capacité de présenter » ne signifie pourtant pas forcément « présenter ». « Si je suis président, l’UDI ne sera pas le responsable d’un nouveau 21 avril et encore moins d’un 21 avril à l’envers », avertit en effet Hervé Morin dans sa déclaration de candidature en s’inquiétant d’une qualification de Marine Le Pen au second tour.

 

Jean-Christophe Lagarde

Comme Hervé Morin, le fédéraliste européen Jean-Christophe Lagarde (46 ans) est issu de l’UDF. Il joua d’ailleurs au sein du Nouveau Centre le rôle de poil à gratter face à son président-fondateur, avant de finalement lancer en 2012 sa propre boutique : Force européenne démocrate (FED).

Le député et maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) défend dans l’idée d’« un travail commun sur le projet » avec le MoDem. Sa petite composante (11 présidents de fédération, 5 parlementaires) a, il est vrai, également attiré des amis de François Bayrou, de l’ancien ministre et sénateur du Rhône Michel Mercier à Philippe Meynard (conseiller régionale d’Aquitaine et maire de Barsac) en passant par Olivier Henno (maire de Saint-André-lez-Lille).

« Fin 2016, nous verrons quel sera le meilleur moyen d’atteindre l’objectif que doit se fixer l’UDI : avoir son candidat au second tour de la présidentielle », estime-il dans Le Journal du Dimanche en ambitionnant sans doute de succéder à François Bayrou sur le créneau électoral centriste…

 

Jean Arthuis

Grand candidat le plus à gauche en concurrence avec Jean-Christophe Lagarde, Jean Arthuis (69 ans) est l'ex-UDF de l'UDI qui est resté le plus longtemps avec François Bayrou, puisqu'il avait participé en décembre 2007 au congrès fondateur du MoDem, qu'il a cependant quitté dès avril 2008.

Celui qui vient d'être élu au Parlement européen se démarque des autres grands candidats à la présidence de l'UDI sur deux points.

D'une part, Jean Arthuis prône une « fusion des composantes » car « la nostalgie de l’UDF ne doit pas nous faire oublier que c’est son caractère confédéral qui a abouti à son éclatement », analyse-t-il dans sa déclaration de candidature.

Cette « maison unique » aura en particulier « un système de financement unifié », alors qu'actuellement l'UDI tire son aide publique de deux structures (2): le Nouveau Centre et l'Union des Radicaux, Centristes, Indépendants et Démocrates (URCID), formée par le Parti radical et Force européenne démocrate (FED). « L’UDI ne peut être une addition de chapelles, regrette Jean Arthuis. J’ai pu mesurer à quel point nous sommes empêtrés dans des considérations de personnes et de financements. »

Sa propre petite composante, l'Alliance centriste (5 présidents de fédération, 11 parlementaires), a déjà déposé une motion en ce sens lors du conseil national du 14 juin 2014. Mais ce texte allait encore plus loin puisqu'il recommandait non seulement d'« approfondir le partenariat avec le MoDem » mais aussi « de programmer la constitution d’un parti unique ». Plus prudente, sa déclaration de candidature se contente de proposer de « s'ouvrir aux militants du MoDem », sans préciser s'il s'agit de les attirer individuellement ou d'une fusion-absorption du MoDem en tant que tel.

D'autre part, seconde caractéristique de sa candidature, selon l'ancien ministre Jean Arthuis le président de l'UDI « n’a pas vocation à promouvoir sa candidature à la présidence de la République ». Son objectif: « rompre avec une pratique qui a transformé les partis politiques en instrument de promotion personnelle, avec tous les phénomènes d’écurie, de cour et de clan ».

 

Jean-Christophe Fromantin

Maire de Neuilly-sur-Seine depuis 2008, Jean-Christophe Fromantin (52 ans) a longtemps été étiqueté divers droite, avant de participer en 2012 à la création de l’Union des démocrates et indépendants (UDI).

Sur son site de campagne interne, sa biographie souligne néanmoins qu’il « reste très attaché à cette ligne politique libre et indépendante et revendique souvent le « i » de UDI ». Au sein de son équipe on retrouve ainsi le maire du IIe arrondissement de Lyon au profil proche, l’ancien milloniste Denis Broliquier.

Candidat le plus à droite, Jean-Christophe Fromantin n’est pas favorable à la stratégie d’alliance avec François Bayrou, considérant que l’UDI est « sur un positionnement clair, de centre-droit ». Contrairement en effet au MoDem, qui a été fondé sur un positionnement de centre, à équidistance de la droite et de la gauche, et dont certains élus municipaux sont toujours localement alliés avec le PS.

Jean-Christophe Fromantin a reçu le soutien d’une figure de l’ancienne UDF : Nicole Fontaine, ex-présidente du Parlement européen de 1999 à 2002, mais aussi déléguée générale de l’enseignement catholique de 1981 à 1984. De fait, son engagement contre l’ouverture du mariage civil aux couples homosexuels lui vaut la sympathie de catholiques à l’exemple du blogueur Erwan Le Morhedec (Koz).

 

Emmanuel Pasco-Viel

Successivement passé par Cap21 de Corinne Lepage puis l’Alliance centriste de Jean Arthuis, Emmanuel Pasco-Viel (27 ans) est un adhérent direct de l’UDI. Ce militant de base n’est toutefois pas certain d’obtenir les 500 parrainages d’adhérents issus de 10 fédérations différentes au moins.

Comme Jean Arthuis, il veut « aller vers la fusion des chapelles à l’intérieur de l’UDI »… à l’exception du Parti radical en reconnaissance de sa « légitimité historique ». Là où les grands candidats demeurent pour l’instant silencieux, lui milite pour des listes UDI-MoDem aux prochaines élections régionales. En attendant une fusion-absorption du MoDem: « Les reproches envers le MoDem existent, mais le retour de François Bayrou au centre droit doit permettre d’arriver à une candidature centriste nous regroupant tous pour 2017, en se rapprochant et en absorbant le MoDem », écrit-il.

 

LAURENT DE BOISSIEU

 

(1) Sondage BVA pour L'Express et France Inter réalisé les 19 et 20 juin 2014 auprès d’un échantillon représentatif de 952 personnes.

(2) L'Alliance centriste de Jean Arthuis n'a en revanche pas rempli les critères d'accès au financement public.

14 juin 2014

Qui dirige les fédérations de l'UDI?

L'Union des Démocrates et Indépendants (UDI) organise ce samedi son conseil national, avant d'élire à l'automne prochain un successeur de Jean-Louis Borloo à sa présidence.

Je vous propose une carte inédite de l'appartenance partisane des présidents de fédération départementale:

Tous droits réservés Laurent de Boissieu

N.B.: la fédération de la Haute-Marne n'a pas de président (site de l'UDI consulté le 14 juin 2014)

AC: Alliance Centristes (Jean Arthuis, François Zocchetto)
FED: Force Européenne Démocrate (Jean-Christophe Lagarde)
NC: Nouveau Centre (Hervé Morin, Philippe Vigier)
AD et autres: adhérents directs et autres (Calédonie Ensemble, Droite Sociale à La Réunion, Rassemblement pour la Guadeloupe...)
PRAD: Parti Radical valoisien (Yves Jégo, Laurent Hénart, Rama Yade)

13 juin 2014

Parti radical: carte des soutiens de Laurent Hénart et Rama Yade

Les adhérents du Parti radical vont élire à partir du lundi 16 juin un nouveau président, dans la perspective du congrès du 5 juillet 2014.

Deux candidats sont en lice:

- Laurent Hénart (membre du parti depuis 1991)

- Rama Yade (membre du parti depuis 2010)

 

Aucun parlementaire ne soutient Rama Yade. En revanche, Laurent Hénart est soutenu par quatre députés, sept sénateurs et l'unique parlementaire européen. À ce jour, sept députés et un sénateur ne soutiennent ni l'un ni l'autre.

Selon mon pointage (1), les présidents de fédération se répartissent ainsi:

- 53 soutiennent Laurent Hénart

- 36 soutiennent Rama Yade

- 1 ne soutient ni l'un ni l'autre: Éric Guillemot (Orne)

- 4 fédérations n'ont pas de président départemental: Ardennes, Creuse, Loir-et-Cher et Haute-Marne

- 6 apparaissent dans les deux comités de soutien: Florence Vitasse (Aude), Mohamed El Yousfi (Haute-Corse), Jean-Luc Arcade (Haute-Savoie), Michel de Grande (Tarn-et-Garonne), Bernard Gahnassia (Hauts-de-Seine) et Christine Houblon (Guadeloupe).

 

En voici la répartition géographique:

Tous droits réservés Laurent de Boissieu

 

(1) À partir des comités de soutien qui figurent sur le site des deux candidats, consultés dans la nuit du 12 au 13 juin 2014:
Copie d'écran site de Rama Yade
Copie d'écran site de Laurent Hénart

10 juin 2014

Nouveau groupe d'extrême droite au Parlement européen

[Mise à jour: après plusieurs rebondissements, la formation du groupe a échoué]

 

Marine Le Pen serait finalement parvenue à former un groupe au Parlement européen.

En voici la composition:

IT Lega Nord (LN)* 5
NL Partij voor de Vrijheid (PVV) 4
BE Vlaams Belang (VB)** 1
FR Front National (FN)** 24
AT Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ)** 4
LT Partija Tvarka ir Teisingumas (TT)* 2
PL Kongres Nowej Prawicy (KNP) 4
Total 44

* membre de Mouvement pour l'Europe des Libertés et de la Démocratie (MELD)
** membres de l'Alliance Européenne pour la Liberté (AEL)

 

Rappelons que pour créer un groupe, il faut au minimum 25 élus issus d'au moins 7 États membres.

Cette création était incertaine depuis la trahison des 2 élus du Sverigedemokraterna (SD), pourtant liés au FN "mariniste" au sein de l'Alliance Européenne pour la Liberté (AEL).

 

Source:

 

 

03 juin 2014

Le faux suspens de l'union UMP-UDI

La vie politique française est bipolarisée. Tout au moins en ce qui concerne les partis de gouvernement, puisqu'à l'extrême droite le Front national représente un troisième pôle. Mais restons-en dans cette note aux partis de gouvernement, c'est-à-dire à ceux qui alternent au pouvoir depuis le milieu des années soixante-dix.

La bipolarisation signifie que la vie politique française est organisée en deux pôles, la gauche et la droite.

 

Au sein de chacun de ces pôles se posent bien entendu des questions d'organisation:

- un parti unique (ambition de l'UMP en 2002)?

- deux partis de taille comparable (comme autrefois le RPR et l'UDF)?

- un parti dominant avec des partis satellites (comme l'UMP avec le Nouveau Centre et la Gauche Moderne sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy)?

 

Mais se pose également la question de la stratégie électorale:

- dans les cas d'un scrutin proportionnel à un tour (européennes depuis 1979, législatives de 1986, régionales de 1986, 1992 et 1998): liste(s) unique(s) ou liste(s) séparée(s)?

- dans les cas d'un scrutin à deux tours (présidentielles, législatives, régionales depuis 2004, cantonales/départementales, municipales): candidature(s) unique(s) dès le premier tour ou candidature(s) séparée(s) au premier tour puis union entre les deux tours?

[voir ci-dessous]

 

Bref, entre l'UMP et l'UDI, la question qui se pose n'est pas celle de l'union ou non, mais celle de l'union ou non dès le premier tour.

 

Notre perception est il est vrai faussée par la question du Mouvement démocrate. François Bayrou a en effet tenté, globalement entre les présidentielles de 2007 et de 2012, de refonder en France un centre, c'est-à-dire un troisième pôle à équidistance du pôle de droite et du pôle de gauche (c'est pourquoi il est absolument faux de qualifier hier l'UDF et aujourd'hui l'UDI de centre puisqu'il s'agit de composantes du pôle de droite et non pas d'un troisième pôle: si c'est à droite, c'est pas au centre!).

Ce fut un échec (essentiellement en raison du mode de scrutin aux élections législatives, à deux tours, qui bipolarise et fige pour cinq ans la vie politique).

L'alliance entre l'UDI et le MoDem au sein de L'Alternative semble cependant marquer le retour de François Bayrou à droite.

Laissons-lui toutefois le bénéfice du doute jusqu'aux prochaines élections régionales: nous verrons alors bien si le MoDem est devenu une composante du pôle de droite aux côtés de l'UMP et de l'UDI ou s'il se maintient au centre, c'est-à-dire à équidistance du pôle de droite et du pôle de gauche.

 

*
**

Choix stratégiques de la droite (donc centre, c'est-à-dire MoDem depuis 2007, non compris) aux élections européennes et régionales (au premier tour ou au tour unique):

- liste(s) unique(s):

- européennes 1984 (RPR-UDF)

- européennes 1989 (RPR-UDF)

- régionales 1992 (RPR-UDF)

- européennes 1994 (RPR-UDF)

- européennes 2009 (UMP-NC-LGM)

- régionales 2010 (UMP-NC-LGM)

- listes séparées:

- européennes 1979 (RPR vs UDF)

- européennes 1999 (RPR-DL vs UDF)

- européennes 2004 (UMP vs UDF)

- européennes 2014 (UMP vs UDI)

- géométrie variable (liste unique ou séparée selon les territoires):

- régionales 1986 (RPR-UDF ou RPR vs UDF)

- régionales 1998 (RPR-UDF ou RPR vs UDF)

- régionales 2004 (UMP-UDF ou UMP vs UDF)

27 mai 2014

Marine Le Pen aura-t-elle son groupe au Parlement européen?

Pour créer un groupe, il faut au minimum 25 élus issus d'au moins 7 États membres.

 

Dans l'état actuel des choses, le FN et ses alliés représentent 40 élus dans 6 États membres:

IT Lega Nord (LN)* 5
NL Partij voor de Vrijheid (PVV) 4
BE Vlaams Belang (VB)** 1
FR Front National (FN)** 24
AT Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ)** 4
SE Sverigedemokraterna (SD)** 2
Total 40

* membre de Mouvement pour l'Europe des Libertés et de la Démocratie (MELD)
** membres de l'Alliance Européenne pour la Liberté (AEL)

 

Plusieurs autres partis d'extrême droite ont obtenu des élus, mais Marine Le Pen refuse toute alliance avec eux en raison de leur radicalité:

HU Jobbik Magyarországért Mozgalom (JOBBIK)* 3
DE Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD) 1
EL Chrysi Aygi (CA) 3
Total 7

* membre l'Alliance Européenne des Mouvements Nationaux (AEMN) dont était également membre le FN du temps de Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch (qui la présidait jusqu'en décembre 2013)

 

Marine Le Pen doit donc trouver un autre allié. Parmi ceux-ci, deux partis me semblent les plus probables:

LT Partija Tvarka ir Teisingumas (TT)* 2
PL Kongres Nowej Prawicy (KNP) 4
Total 6

* membre du Mouvement pour l'Europe des Libertés et de la Démocratie (MELD)

 

Trois autres partis ont en revanche d'ores et déjà décliné la proposition d'alliance du FN, qu'ils jugent trop extrémiste:

UK United Kingdom Independence Party (UKIP) 24
FI Perussuomalaiset (PS)* 2
DK Dansk Folkeparti (DF)* 4
Total 30

* membre du Mouvement pour l'Europe des Libertés et de la Démocratie (MELD)

 

Réponse ouverte à François Asselineau

Prononcez le nom de "François Asselineau" devant un journaliste, et vous le verrez rigoler. Non pas en raison de ses idées, mais en raison du harcèlement que tout journaliste a subi un jour ou l'autre de la part de certains de ses militants, qui possèdent une forte propension à verser dans la paranoïa et le complotisme (même si ce ne sont certes pas les seuls).

Voici donc ce que François Asselineau écrit au sujet d'un de mes articles dans La Croix:

asselineau.jpg

 

Je trouve le propos très mal venu pour plusieurs raisons.

 

1. Je connais personnellement François Asselineau. Nous avons un ami commun (que je n'ai certes pas depuis vu quelques temps), et nous avons même déjà écrit il y a longtemps (tous les deux sous pseudonyme) dans un même journal (attention scoop!).

Bref, il aurait éventuellement pu m'appeler (mon numéro de mobile n'a pas changé). Je lui réponds donc ici, puisque c'est via Internet qu'il souhaite désormais communiquer.

 

2. François Asselineau se dit victime d'une "injustice du traitement médiatique" Il n'a pas complètement tort, et les chiffres qu'il avance parlent d'eux-mêmes. Certains confrères ont par exemple davantage parlé de listes anecdotiques présentes dans la seule région Île-de-France que de celles l'UPR pourtant en lice partout. Je me suis en outre déjà exprimé, et depuis longtemps (par exemple ici), à plusieurs reprises sur la question du traitement médiatique des "petits" candidats.

La vie politique me passionne et je recense actuellement 936 partis politiques (dont l'Union Populaire Républicaine) sur mon site Internet personnel. Autant que faire se peut (temps, place), je considère qu'il est de mon devoir de journaliste d'informer sur l'ensemble de l'offre politique, au moins lors des élections.

En ce qui concerne le scrutin européen de cette année, La Croix a notamment publié une présentation exhaustive des listes qui se présentaient dans toutes les circonscriptions, dont l'UPR.

lcr20140522.jpg

J'ai effectué ce mardi un travail de calcul du score national de toutes les listes, dont l'UPR, au-delà des chiffres imprécis du ministère de l'intérieur. François Asselineau a d'ailleurs retwitté ce travail... et l'a ensuite utilisé dans le texte où il dénonce mon article!

 

 

3. François Asselineau considère que je parle de son parti dans un article "très dépréciatif" et tendant à l'assimiler "à un mouvement d'extrême droite!".

De quoi s'agit-il exactement?

Dans la même semaine, La Croix a consacré un article à chacun des partis européens ayant désigné un candidat pour la présidence de la Commission européenne. À ces cinq articles, nous en avons ajouté un sur les partis dits eurosceptiques ou souverainistes, qui ne présentent pas de candidat à la Commission, en insistant sur l'hétérogénéité de ces formations qui vont des conservateurs britanniques aux néo-nazis grecs de l'Aube Dorée!

lcr20140516.jpg

Voici ce que j'écris ici sur l'UPR:

"En France, l'Union populaire républicaine de François Asselineau insiste pour utiliser l'article 50 du traité sur l'Union européenne qui dispose que «tout État membre peut décider de se retirer de l'Union»."

En quoi l'UPR est-elle ici assimilée à l'extrême droite? En quoi présenter sa mesure phare est-il dépréciatif?

Dans cette deuxième partie, je mentionne certes les partis de Geert Wilders (qui propose également une sortie de la construction européenne) et de Marine Le Pen, mais aussi de Nicolas Dupont-Aignan ainsi que le "modèle gaulliste" de la construction européenne. Bref, le sujet n'est absolument pas l'extrême droite.

Seule la troisième partie, où il n'est pas question de l'UPR, est consacrée à l'extrême droite (question du groupe au Parlement européen).

 

4. Enfin, voici pour info l'intégralité des mentions de l'UPR et/ou de François Asselineau dans La Croix:

17/01/2001 (A Paris, Jean Tiberi sort de son isolement): Outre cet appui attendu, Jean Tiberi a également obtenu le soutien du Rassemblement pour la France (RPF) de Charles Pasqua. En dépit des réticences d'une partie de ses responsables parisiens. Avec le RPF, le maire de Paris reçoit ainsi le renfort d'une grande formation politique nationale. Les proches de Charles Pasqua ont obtenu cinq têtes de liste : Marie-Christine Lasnier (2e), Marie-Hélène Bry (10e), Alain Robert (12e), François Asselineau (19e) et Jean-Louis Arajol (20e). Quant à Jean-Philippe Hubin (7e), il se revendique aussi bien du souverainisme de Charles Pasqua que du libéralisme d'Alain Madelin.

29/10/2007 (A Paris, gauche et droite se mettent en ordre de bataille): Reste le nouveau groupe « Paris libre », issu, selon l’UMP, de « rivalités locales sans intérêt qui affaiblissent la droite ». Quatre de ses cinq membres viennent du 15e arrondissement, dont le maire ex-UMP René Galy-Dejean. « Contrairement à Françoise de Panafieu, nous ne voulons pas faire d’opposition systématique et nous réfléchissons à constituer des listes dans tous les arrondissements », rétorque l’élu du 19e arrondissement François Asselineau, qui vient de fonder son propre parti : l’Union populaire républicaine.

 04/07/2008 (L’UMP a rompu avec l’euroscepticisme): Au fil du temps, les gaullistes ont donc soit rallié l’actuelle construction européenne, soit créé leur propre parti, lorsqu’ils n’ont pas changé de position. Parmi les premiers se trouvent le chef du gouvernement, François Fillon, ou les ministres Gérard Larcher et Roger Karoutchi, fondateur du cercle République et Patrie. Parmi les seconds figurent le parlementaire européen Paul-Marie Coûteaux (Rassemblement pour l’indépendance et la souveraineté de la France), l’ancien conseiller de Paris pasquaïen François Asselineau (Union populaire républicaine) et le député Nicolas Dupont-Aignan. Ce dernier a quitté l’UMP l’année dernière et prépare, pour le 23 novembre prochain, le congrès fondateur de son parti, Debout la République. Des partis qui concurrencent à droite le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers (ex-UDF), plus national-libéral que gaulliste.

17/12/2010 Les « eurosceptiques » en France: - Mouvement républicain et citoyen (MRC): créé par Jean-Pierre Chevènenement après son départ du PS pour s’opposer au traité de Maastricht (1992). - Mouvement pour la France (MPF): créé en 1994 par Philippe de Villiers (ex-UDF) pour prolonger son opposition au traité de Maastricht. - Debout la République: club fondé en 1999 afin de rassembler au sein du RPR les adversaires du traité d’Amsterdam. Son président, le député Nicolas Dupont-Aignan, a démissionné en janvier 2007 de l’UMP. Il est « candidat à la présidentielle de 2012 pour sortir de l’euro ». - Rassemblement pour l’indépendance et la souveraineté de la France (RIF): lancé en 2003 et présidé par Paul-Marie Coûteaux. - Union populaire républicaine (UPR): créée en 2007 par François Asselineau après la disparition du RPF pasquaïen, elle estime que « la France doit sortir de l’Union européenne ». - Parti de gauche (PG): lancé en 2008 par Jean-Luc Mélenchon (ex-PS) dans la foulée de son opposition au traité constitutionnel (2005). - D’autres partis n’ont pas été créés sur le fondement d’une opposition à un traité européen, mais soutiennent une ligne « eurosceptique » : FN, PCF, Chasse, pêche, nature, traditions (CPNT).

08/04/2011 (La percée de Marine Le Pen divise les souverainistes): « Se rapprocher du FN violerait notre charte fondatrice », tranche également François Asselineau, président de l'Union populaire républicaine et ancien conseiller de Paris pasquaïen. Cette charte « commande de n'attaquer personne en raison de ses convictions religieuses ou de ses origines », « refuse tout extrémisme et tout racisme », et « proclame son attachement à la Déclaration universelle des droits de l'homme ». Favorable à un retrait unilatéral de l'Union européenne tel que juridiquement prévu par l'article 50 du traité sur l'Union, François Asselineau souligne en outre qu'« il n'existe pas de possibilité juridique de sortie groupée de l'euro » telle que le propose le FN. Enfin, les uns et les autres estiment que l'extrême droite dessert en réalité la défense de la souveraineté nationale. « Le FN est un agent du système car il a ‘‘pestiféré'' l'idée d'une sortie de l'Union européenne en l'assimilant à un discours extrémiste, anti-arabe et anti-immigrés », regrette François Asselineau. « Marine Le Pen reste la meilleure alliée du système car elle ne peut l'emporter au second tour d'une présidentielle ni face au candidat de l'UMP, ni face à celui du PS », renchérit Nicolas Dupont-Aignan.

13/02/2012 (Parrainages, l'heure de vérité): D'autres, soumis aux mêmes difficultés, se sont résolus à jeter l'éponge, comme François Asselineau, président et fondateur de l'Union populaire républicaine (UPR), qui se désole d'avoir « suffisamment de parrainages pour y croire, mais pas assez pour les déposer ».

16/03/2012 (Ces « petits » candidats qui veulent se faire entendre): Si Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) a obtenu ses 500 parrainages, un autre souverainiste de sensibilité gaulliste les cherche toujours : François Asselineau. Fondateur de l'Union populaire républicaine, cet ancien conseiller de Paris proche de Charles Pasqua estime que les partis eurosceptiques, de droite comme de gauche, « critiquent certes les décisions bruxelloises mais n'en tirent pas les conséquences opérationnelles qui conviennent », puisqu'il est par exemple « juridiquement impossible de sortir de l'euro sans sortir de l'Union européenne ». Cohérent, ce haut fonctionnaire propose donc d'utiliser l'article 50 du traité qui prévoit que « tout État membre peut décider de se retirer ».

13/05/2013 (La langue de Shakespeare bouscule celle de Molière à l’université): L’argumentaire ne convainc pas les opposants à la réforme Fioraso qui craignent, au contraire, la marginalisation du français. Dans leurs rangs, des personnalités comme Michel Serres ou Jacques Attali, l’Académie française, le syndicat d’étudiants Uni-Met, classé à droite, ou l’Union populaire républicaine, un mouvement souverainiste revendiquant 9 000 signataires à sa pétition.

31/05/2013: Une pétition de l'UPR contre l'anglais à l'université. C'est l'Union populaire républicaine qui a lancé une pétition contre l'article 2 de la loi Fioraso sur l'enseignement supérieur, et non l'Union populaire française comme il a été écrit par erreur dans l'article « La langue de Shakespeare bouscule celle de Molière à l'université » (La Croix du 13 mai).

25/04/2014 (La France entre en campagne pour les élections européennes): Marine Le Pen ne cesse de le répéter: le FN ambitionne d'être « le premier parti » aux européennes. Un objectif qui n'est pas inatteignable, si l'on en croit les derniers sondages. D'autant plus qu'entre le FN et l'UMP, il n'existe plus de listes souverainistes fortes, à l'exemple de celles de Philippe de Villiers en 1994 ou de Charles Pasqua en 1999. Le parti Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan et l'Union populaire républicaine de François Asselineau n'ont, en effet, pas le même poids électoral.

16/05/2014 (Les populistes divisés au-delà de l'euroscepticisme): En France, l'Union populaire républicaine de François Asselineau insiste pour utiliser l'article 50 du traité sur l'Union européenne qui dispose que « tout État membre peut décider de se retirer de l'Union »

22/05/2014 (Ces autres listes qui veulent créer la surprise): Union populaire républicaine: sortir de la construction européenne. Créée le jour du 50e anniversaire du traité de Rome, l'Union populaire républicaine prône la mise en œuvre de l'article 50 du traité de Lisbonne sur l'Union européenne qui dispose que « tout État membre peut décider de se retirer de l'Union ». Son fondateur, l'ancien conseiller de Paris pasquaïen François Asselineau, s'est fait connaître en organisant des conférences chocs contre la construction européenne.

 

26 mai 2014

Élections européennes: résultats comparés par circonscription en 2014, 2009 et 2004