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21 juin 2018

Rassemblement National de la Jeunesse ou Génération Nation(s)?

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, va participer samedi 23 juin 2018 au lancement de "Génération Nation, mouvement de jeunesse du Rassemblement National":

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Mais il semble que le Rassemblement National ait un peu hésité sur le nom de son organisation de jeunesse.

 

 

1. Statutairement, le nom est Rassemblement National de la Jeunesse (RNJ):

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2. Le 14 mars 2018, Jordan Bardella, directeur national, dépose la marque Génération Nations au pluriel:

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Le Front National de la Jeunesse (FNJ) avait d'ailleurs déjà commencé à utiliser ce sous-titre, apparemment depuis le défilé du 1er mai 2014 ou le 23 septembre 2015 (slogan "100% Front National, 0% migrants!"):

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3. Le 13 avril 2018, le Front national réserve le nom de domaine generationnation.fr puis, le 7 mai 2018, Jordan Bardella dépose finalement la marque Génération Nation au singulier, dénomination publiquement retenue:

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18 avril 2018

Quel groupe pour LREM au Parlement européen?

https://www.la-croix.com/France/Politique/LREM-lambition-...

 

10 avril 2018

Discours d'Emmanuel Macron devant les évêques de France

Trois réactions personnelles au discours d'Emmanuel Macron devant les évêques de France:

 

De beaux extraits:

"Une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n'irait pas au bout de sa vocation; un président de la République prétendant se désintéresser de l'Église et des catholiques manquerait à son devoir."

 

"...ce n'est pas un mystère, l'énergie consacrée à cet engagement associatif a été aussi largement soustraite à l'engagement politique. Or je crois que la politique, si décevante qu'elle ait pu être aux yeux de certains, si desséchante parfois, aux yeux d'autres, a besoin de l'énergie des engagés, de votre énergie. Elle a besoin de l'énergie de ceux qui donnent du sens à l'action et qui placent en son cœur une forme d'espérance. Plus que jamais l'action politique a besoin de ce que la philosophe Simone Weil appelait l'effectivité. C'est-à-dire cette capacité à faire exister dans le réel les principes fondamentaux qui structurent la vie morale, intellectuelle et, dans le cas des croyants, spirituelle."

Commentaire: pour paraphraser Péguy sur le kantisme, avoir les mains pures, c'est en réalité parfois ne pas avoir de mains. Je n'ai donc jamais compris la méfiance de coreligionnaires envers l'État, s'exprimant de deux façons. D'une part, la préférence accordée à l'engagement associatif (ou politique local) par rapport à l'engagement politique national. D'autre part, la dévalorisation de l'intervention de l'État (héritage, sans doute, de la "querelle scolaire"). Or, pour agir, il faut avoir des mains (quitte à les salir). Ces mains, c'est d'abord être élu au Parlement (ou à la présidence de la République!). Ces mains, c'est ensuite utiliser le seul outil efficace pour une action systémique et durable: l'État, et singulièrement l'État unitaire, seul garant pour qu'une politique sociale s'adresse uniformément à tous les citoyens, et pour que son financement soit équitablement réparti entre eux selon leurs facultés (ce qui s'oppose à deux mouvements pourtant souvent soutenus par mes frères chrétiens: la décentralisation, qui organise une concurrence antisociale entre les territoires; l'actuelle construction européenne, qui organise une concurrence antisociale entre les États). Une précision: il s'agit de convictions politiques personnelles que je fonde sur ma foi, avec l'humilité du constat que d'autres chrétiens tirent des conséquences opposées d'une même foi (d'où l'impossibilité pratique - sans même parler de problèmes théoriques - de l'existence d'un parti politique chrétien).

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Un passage contestable:

"...en écoutant l’Église sur ces sujets, nous ne haussons pas les épaules. Nous écoutons une voix qui tire sa force du réel et sa clarté d’une pensée où la raison dialogue avec une conception transcendante de l’homme. Nous l’écoutons avec intérêt, avec respect et même nous pouvons faire nôtres nombre de ses points. Mais cette voix de l’Église, nous savons au fond vous et moi qu’elle ne peut être injonctive. Parce qu’elle est faite de l’humilité de ceux qui pétrissent le temporel. Elle ne peut dès lors être que questionnante."

Commentaire: l'Église catholique a le droit (voire même le devoir!), comme tout un chacun, d'être "injonctive", de ne pas seulement questionner mais aussi d'apporter ses réponses, donc de s'engager pour ce qu'elle souhaite et contre ce qu'elle refuse au nom de sa conception de la personne humaine, au caractère sacré et à la dignité inaliénable ("Dieu créa l'Homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme", Genèse 1, 26-27). Emmanuel Macron le dit d'ailleurs lui-même plus loin: "Questionner, ce n'est pas pour autant refuser d'agir; c'est au contraire tenter de rendre l'action conforme à des principes qui la précèdent et la fondent et c'est cette cohérence entre pensée et action qui fait la force de cet engagement que la France attend de vous." 

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Des passages que certains n'ont pas incompris;

Ce qu'a dit Emmanuel Macron: "...le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, il nous importe à vous comme à moi de le réparer."

Ce que certains - de bonne ou de mauvaise foi - ont compris: "...le lien entre l’Église et l’État s'est abîmé avec la loi de 1905, il nous importe à vous comme à moi de le réparer."

Commentaire: deux éléments permettent de décrypter que le président de la République vise le quinquennat de son prédécesseur, François Hollande (et non pas, bien entendu, la loi de 1905 en remettent en cause la laïcité!).
D'une part, un autre extrait de son discours: "...la situation actuelle est moins le fruit d’une décision de l’Eglise que le résultat de plusieurs années pendant lesquelles les politiques ont profondément méconnu les catholiques de France. Ainsi, d’un côté, une partie de la classe politique a sans doute surjoué l’attachement aux catholiques, pour des raisons qui n’étaient souvent que trop évidemment électoralistes. Ce faisant, on a réduit les catholiques à cet animal étrange qu’on appelle l’"électorat catholique" et qui est en réalité une sociologie. Et l’on a ainsi fait le lit d’une vision communautariste contredisant la diversité et la vitalité de l’Eglise de France, mais aussi l’aspiration du catholicisme à l’universel – comme son nom l’indique – au profit d’une réduction catégorielle assez médiocre. Et de l’autre côté, on a trouvé toutes les raisons de ne pas écouter les catholiques, les reléguant par méfiance acquise et par calcul au rang de minorité militante contrariant l’unanimité républicaine."
D'autre part, ses propos dans L'Obs du 16 février 2017: "Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d’ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes. C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là. Il ne faut jamais humilier, il faut parler, il faut "partager" des désaccords. Sinon, des lieux comme le Puy-du-Fou seront des foyers d’irrédentisme."

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Ce qu'a dit Emmanuel Macron: "Tous les jours, tous les jours, les mêmes associations catholiques et les prêtres, accompagnent des familles monoparentales, des familles divorcées, des familles homosexuelles, des familles recourant à l’avortement, à la fécondation in vitro, à la PMA, des familles confrontées à l’état végétatif d’un des leurs, des familles où l’un croit et l’autre non, apportant dans la famille la déchirure des choix spirituels et moraux. Et cela, je le sais, c’est votre quotidien aussi. L’Église accompagne inlassablement ces situations délicates et tente de concilier ses principes et le réel."

Commentaire: le catéchisme de l'Église catholique condamne des pratiques et des actes, mais pas les personnes, que des croyants, religieux ou laïcs, accompagnent effectivement sur le terrain. Emmanuel Macron s'est borné à constater une réalité que certains, ayant sans doute sur ces sujets des positions contraires à celles adoptées par l'Église catholique, ne veulent pas voir.

 

Enfin, s'il était invité par la Conférence des évêques de France, le président de la République a pris soin, d'emblée, d'élargir son propos: "...cette même indifférence je ne l’ai pas davantage à l’égard de toutes les confessions qui aujourd’hui habitent notre pays."

 

12 mars 2018

Au sujet de la marque Rassemblement national

Fil Twitter (à dérouler) au sujet de la marque Rassemblement National:

https://twitter.com/ldeboissieu/status/973081471945707520

 

 

06 février 2018

Que peuvent espérer obtenir les régionalistes corses?

Élus en décembre 2015 puis confirmés en décembre 2017 à la tête de la Collectivité territoriale de Corse, les régionalistes considèrent que leur mandat consiste, non seulement à administrer un territoire, mais aussi à ouvrir un "dialogue politique avec Paris" afin de négocier une "émancipation" autour de plusieurs revendications, considérant que l'île serait "un peuple et une nation sans État".

 

1. Un statut d'autonomie dans la Constitution

L'état des lieux. La Corse est actuellement une "collectivité à statut particulier" mais régie, comme les autres collectivités territoriales métropolitaines, par l'article 72 de la Constitution.

La revendication. Les régionalistes souhaiteraient que l'île soit désormais mentionnée dans la Constitution en étant régie par l'article 74, qui confère aux collectivités d'outre-mer (Saint Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, îles Wallis et Futuna, Polynésie française) un statut tenant compte d'un "intérêt propre".
L'autonomie qu'ils revendiquent irait jusqu'à inclure "la dévolution progressive du pouvoir législatif, réglementaire et fiscal de plein droit et de plein exercice dans les domaines non régaliens".
Pour les autonomistes, majoritaires derrière Gilles Simeoni (Femu a Corsica), il s'agirait d'un aboutissement. Pour les indépendantistes, minoritaires autour de Jean-Guy Talamoni (Corsica Libera), il ne s'agirait en revanche que d'une étape vers l'indépendance.

La procédure. Inscrire dans la Constitution la Corse avec un statut d'autonomie approfondie commanderait par nature une révision constitutionnelle. C'est-à-dire son adoption par les deux assemblées en termes identiques, puis par référendum ou par les trois cinquièmes du Parlement convoqué en Congrès.

Analyse. Dans un discours à Furiani, le 7 avril 2017, le candidat Emmanuel Macron n'avait pas fermé la porte à une révision constitutionnelle: "Est-ce qu'il faudra aller plus loin, modifier le cadre législatif et réglementaire, réviser la Constitution pour permettre de nouvelles adaptations? (…) Je n'éluderai pas la question. Sur ce sujet, comme sur tous les autres, je suis ouvert au dialogue".
Le degré d'autonomie revendiqué remettrait toutefois en cause l'aspect unitaire de l'État, les principes constitutionnels d'égalité devant la loi et d'indivisibilité de la République. Il est donc peu concevable que l'exécutif concède à un territoire métropolitain un statut de type fédéraliste, dont seule la Nouvelle-Calédonie bénéficie avec ses "lois du pays". Les "lois du pays" de la Polynésie française, à l'inverse, ne revêtent pas le caractère d'un pouvoir législatif. D'une part, elles conservent la valeur d'actes administratifs assujettis au contrôle du Conseil d'État. D'autre part, toute intervention dans le domaine de la loi nécessite au préalable un décret d'approbation, puis la ratification de ce dernier par le Parlement.

 

2. La co-officialité de la langue corse

L'état des lieux. Le corse est une langue régionale appartenant au patrimoine de la France. Depuis 1974, l'éducation nationale propose ainsi un enseignement facultatif de la langue et de la culture corses.

La revendication. La co-officialité de la langue corse avec la langue française reconnaîtrait, en Corse, à tout administré le droit de pratiquer cette langue régionale dans la vie publique, c'est-à-dire dans les administrations ou les services publics. Elle impliquerait en outre son enseignement obligatoire sur le territoire.

La procédure. Reconnaître la co-officialité de la langue corse nécessiterait également de réviser la Constitution. D'abord, son article premier, puisque donner un tel droit spécifique aux locuteurs de langue corse, à l'intérieur de la Corse, méconnaîtrait les principes constitutionnels d'indivisibilité de la République, d'égalité devant la loi et d'unicité du peuple français. Ensuite, son article 2, qui dispose que "la langue de la République est le français".

Analyse. Il est peu probable que l'exécutif accepte de conférer à la langue corse un statut qu'aucune autre langue régionale ne possède, y compris outre-mer. Tout en consacrant un article entier à la langue tahitienne, le statut d'autonomie de la Polynésie française confirme en effet que "le français est la langue officielle de la Polynésie française". Même chose pour la loi organique relative à la Nouvelle-Calédonie, qui se contente de proclamer que "les langues kanak sont reconnues comme langues d'enseignement et de culture".

 

3. Un "statut de résident corse"

L'état des lieux. À défaut de reconnaissance d'un "peuple corse" (censurée par le Conseil constitutionnel en 1991), tous les Français sont égaux devant la loi en général et les conditions d'accès à la propriété foncière en particulier.

La revendication. Les régionalistes soutiennent l'idée d'un "statut de résident" qui conditionnerait l'accès à la propriété à une résidence préalable de cinq ans ou à la détention sur l'île du "centre de ses intérêts matériels et moraux". Dans un document, Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, indique que cette notion serait déterminée par "un faisceau d'indices concordants: lieu de naissance, lieu de résidence des parents ou des ascendants, propriété, inscription sur les listes électorales, scolarité, etc."

La procédure. Rompre l'égalité des citoyens français devant la loi nécessiterait, encore une fois, de réviser la Constitution.

Analyse. Il est peu plausible que l'exécutif s'aventure vers une révision constitutionnelle remettant en cause l'un des trois termes de la devise de la République. Les seules exceptions reconnues à l'égalité sont la parité femmes-hommes et, outre-mer, un héritage de la colonisation: le "statut personnel" ou "coutumier" dont peuvent jouir les Kanaks de Nouvelle-Calédonie, les Wallisiens et les Futuniens.

 

4. Le rapprochement familial des détenus

L'état des lieux. L'association régionaliste "Sulidarità" comptabilise onze "prisonniers politiques corses": trois détenus à Borgo, sur l'île, et huit sur le continent.

La revendication. Les régionalistes demandant le "rapprochement immédiat de tous les prisonniers politiques corses".

La procédure. L'affectation des personnes arrêtées est de la compétence du directeur régional de l'administration pénitentiaire ou, notamment dans le cas des actes terroristes, du ministre de la justice.

Analyse. Les situations judiciaires sont individuelles. Mais, en raison de leur inscription sur le répertoire des "détenus particulièrement signalés", il est impossible que les trois condamnés à perpétuité pour l'assassinat de Claude Érignac obtiennent un rapprochement familial: Yvan Colonna, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi ne peuvent purger leur peine que dans une maison centrale. Or, cette catégorie d'établissement pénitentiaire n'existe pas en Corse.

 

5. L'amnistie des condamnés et des recherchés

L'état des lieux. Contrairement aux autonomistes, les indépendantistes ont engagé depuis les années 1970 une lutte armée "de libération nationale" contre l'État, voyant la France comme un colonisateur. Cette vision a conduit à l'assassinat du préfet Claude Érignac, le 6 février 1998. Plusieurs activistes sont emprisonnés ou recherchés.

La revendication. Les groupes armés ayant "unilatéralement" cessé leurs actions militaires depuis 2014 (FLNC - Union des Combattants) ou 2016 (FLNC du 22 Octobre), les régionalistes exigent en réciprocité "une loi d'amnistie" afin de "tourner la page".

La procédure. Une "amnistie" passerait soit par le droit de grâce, à titre individuel, du président de la République, soit par une loi d'amnistie. À l'exemple de celle ayant amnistié, en 1990, "les infractions commises avant le 20 août 1988 [accords de Matignon-Oudinot] à l'occasion des événements d'ordre politique, social ou économique en relation avec la détermination du statut de la Nouvelle-Calédonie ou du régime foncier du territoire".

Analyse. Lors de la cérémonie d'hommage au préfet Claude Érignac, le 6 février 2018, Emmanuel Macron a d'emblée rejeté cette revendication en vantant une justice "sans complaisance, sans oubli, sans amnistie". Dominique Érignac, sa veuve, a même clairement répondu aux régionalistes que "la page n'est pas tournée" parce qu'elle est "tachée de sang".

 

 

Ajout:

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