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01 mai 2016

Le FN, une secte?

Il existe dans tous les partis des sensibilités. Au FN comme ailleurs, parce que ce ne sont pas des sectes. Sauf qu'au FN, le dire est un crime de lèse-majesté.

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Décryptage.

 

Sophie Montel est élue FN au Parlement européen. Tête de liste aux élections régionales en Bourgogne - Franche-Comté, elle avait frôlé la victoire au second tour.

Sur la ligne de Marine Le Pen sur les questions de société, elle n'avait notamment pas défilé contre l'ouverture du mariage civil aux couples homosexuels.

Pendant la campagne des régionales, elle n'avait pas apprécié la sortie de Marion Maréchal Le Pen, son homologue en Provence-Alpes-Côte d'Azur, contre le planning familial.

Pour ce 1er mai 2016, le FN avait, intéressante initiative, décidé de donner la parole, avant Marine Le Pen, à l'ensemble de ses chefs de file régionaux. J'admets que certains de mes confrères ne suivaient pas tellement ces discours, mais que nous étions tout de même quelques-uns à le faire.

Surtout celui de Sophie Montel, puisque j'avais été averti (hé oui, les journalistes se connaissent et se parlent!) que l'intéressée comptait en profiter pour répondre à Marion Maréchal Le Pen sur les droits des femmes, ce qu'elle n'avait bien entendu pas pu faire dans le contexte d'une campagne électorale. Cela m'a d'ailleurs été ensuite confirmé sur Twitter par un autre confrère:

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Voici mes notes sur l'intervention de Sophie Montel:

"Droits des femmes remis en cause par les flux migratoires" appl+++

"Sanctuarisation de la contraception et non-remise en cause de l'avortement, libre-disposition du corps des femmes" appl+ / sifflets

D'où mon tweet, car il est suffisamment exceptionnel dans ce genre de rassemblement que des divergences internes ressortent pour le signaler.

Inutile de préciser que je maintiens avoir entendu des sifflets à ce passage-là. L'inverse eut d'ailleurs été troublant pour Sophie Montel, puisque cela aurait signifié

- soit qu'elle n'avait finalement pas eu le courage de défendre à la tribune ses convictions (or elle l'a eu).

- soit que les militants, dont Marion Maréchal Le Pen est idéologiquement la favorite, ne s'intéressaient pas à ce qu'elle disait (or il y a bien eu quelques sifflets).

N.B.: Marine Le Pen a apporté dans son discours son soutien à Sophie Montel en déclarant qu'elle "a raison". Ce qui prouve, encore une fois, qu'il n'y a pas une ligne Philippot contre une ligne Marion Maréchal Le Pen, mais une ligne Marine Le Pen (qui est la ligne officielle du FN) contre une ligne Marion Maréchal Le Pen (que j'analyse comme majoritaire à la base).

 

P.S.: En partant, un cadre du FN m'a signalé qu'un orateur avait dit l'inverse de Sophie Montel, ce que j'avoue humblement ne pas avoir remarqué. Sans doute le remplaçant de Pascal Gannat (Pays de la Loire), intervention que je n'ai pas pu bien écouter. L'absent a d'ailleurs répondu sur Twitter à Sophie Montel:

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16 avril 2016

En France, un camp d'été interdit aux blancs

Le racialisme d'extrême droite est bien connu (1), et combattu comme il se doit par tout humaniste donc existentialiste et anti-essentialiste.

Mais il existe aussi un racialisme d'extrême gauche, qui bénéfice, lui, d'une étonnante bienveillance dans une partie de la gauche voire au-delà.

Imaginons que l'extrême droite racialiste organise un évènement réservé aux blancs de peau, sans l'assumer ouvertement en précisant que "le camp d'été est réservé uniquement aux personnes françaises de souche". Ce camp serait logiquement critiqué et sans doute interdit.

En l'espèce, pas besoin d'imagination: l'extrême gauche racialiste organise les 25-26 août 2016 (2) un évènement réservé aux non-blancs de peau, sans l'assumer ouvertement en précisant que "le camp d'été est réservé uniquement aux personnes subissant à titre personnel le racisme d'État en contexte français".

De fait, cette fois le propos va au-delà de la promotion théorique du racialisme (3), puisque cette interdiction d'inscription pour les personnes blanches de peau constitue un acte de discrimination raciale.

Où sont les critiques? Où sont les demandes d'interdiction?

 

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(1) Représenté par les mouvances Nouvelle Droite et Identitaires: GRECE, Terre et Peuple, Institut Iliade, Bloc Identitaire, Ligue du Midi, Ligue du Sud, Alsace d'Abord, Parti de l'In-nocence etc.

(2) Repéré sur Twitter par Tefy Andriamanana.
Coordination générale: Sihame Assbague (du collectif Mafed: Marche des Femmes pour la Dignité, proche du Parti des Indigènes de la République) et Fania Noël (du collectif Mwasi, réservé aux "femmes cisgenres et transgenres noires/métisses africaines et afro-descendantes").
[Ajout du 18/04/2016: Sihame Assbague et Fania Noël ont cosigné avec Houria Bouteldja (porte-parole du Parti des Indigènes de la République), Ismahane Chouder (membre du Collectif des féministes pour l'égalité), Nabil Ennasri (président du Collectif des musulmans de France), Amadou Ka (président des Indivisibles), Leyla Larbi (membre du Labo décolonial) et Marwan Muhammad (directeur exécutif du Collectif contre l'islamophobie en France) une tribune contre Manuel Valls (premier ministre), Laurence Rossignol (ministre), Gilles Clavreul (délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme) et Laurent Joffrin (journaliste) en considérant que leur "antiracisme est un racisme".]

(3) Ce que se contente de promouvoir le Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN), qui a colonne ouverte dans la presse alors qu'un Conseil Représentatif des Associations Blanches de France (CRAB) serait logiquement aussitôt interdit.

15 avril 2016

Primaire de gauche, un appel à sortir du flou

Les promoteurs d’une primaire de gauche somment les partis à sortir du flou

 

11 avril 2016

Les bizarreries de "La primaire des Français"

Que des formations politiques (CAP21-LRC de Corinne Lepage, Nous Citoyens de Nicolas Doucerain, Génération Citoyens de Jean Marie Cavada, La Transition de Claude Posternak) lancent une primaire présidentielle entre elles, rien à dire.

Que ces partis qui n'ont jamais dépassé 2% des suffrages exprimés l'intitulent "La primaire des Français", rien à dire.

Mais il y a deux bizarreries.

D'une part, que mes confrères recopient sans réfléchir les éléments de langage de ces partis en les appelant "mouvements citoyens". Or, CAP21-LRC, Nous Citoyens, Génération Citoyens et La Transition sont autant des partis politiques que Les Républicains ou le PS.

D'autre part, que soient cosignataires de l'initiative des associations civiques comme "Bleu Blanc Zèbre" d'Alexandre Jardin et "Le Pacte Civique" de Jean-Baptiste de Foucauld.

De fait, tous les Zèbres ou Zébrillons se trouvent ainsi embarqués malgré eux dans cette aventure partisane. De même que tous les signataires du Pacte Civique. Parmi eux, on trouve par exemple EELV, la CFTC, le CJD, la JOC, ATD Quart Monde ou encore François Bayrou (MoDem) et Anne Hidalgo (PS)!

 

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02 avril 2016

Pétition "Dire non au verrouillage de la démocratie!"

J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer que le journalisme commandait de ne pas être partisan, mais n'était pas une castration civique. Rarement, mais il m'est ainsi arrivé depuis que je suis journaliste de manifester ou de signer une pétition. C'est ce que je viens de faire et ce que je vous invite exceptionnellement à faire avec l'appel du Comité Orwell "Dire non au verrouillage de la démocratie!".

En 2012, j'avais en effet rédigé une note ("Cachez ces candidats que je ne saurais voir") où j'appelais à "étendre la période d'égalité des temps d'antenne au jour de la publication de la liste des candidats à l'élection présidentielle par le Conseil constitutionnel".

J'insistais en outre: "Quoi, Jacques Cheminade au même niveau ou en débat face à Nicolas Sarkozy? Hé bien oui, à partir du moment où il est candidat. Peu importe ce que l'on pense de cette candidature: les élus qui l'ont parrainé en portent seuls la pleine et entière responsabilité. C'est à eux qu'il faut demander des comptes."
Tous les ans, lors d'une séance de mon cours sur les enjeux politiques au Celsa, j'ouvre d'ailleurs une discussion sur le sujet entre mes étudiants en journalisme.

Or, à l'inverse, le Parlement vient d'adopter une proposition de loi du PS restreignant l'égalité des temps de parole à la seule campagne officielle (deux semaines avant le premier tour) au lieu du jour de la publication de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel (cinq semaines avant le premier tour).

"Cette courte période de respiration démocratique semble encore trop grande pour l'oligarchie politico-médiatique", écrivais-je en 2012. Malheureusement, on y est pour 2017.

signer la pétition

 

À noter néanmoins une avancée dans ce texte: la publication de tous les élus (et non plus cinq cents tirées au sort) qui ont parrainé un candidat.

 

Résumé des modifications sur le temps d'antenne et le temps de parole:

Présidentielle 2012:

- période intermédiaire:

- temps de parole: égalité
- temps d'antenne: équité

- campagne officielle:

- temps de parole: égalité
- temps d'antenne: égalité


Présidentielle 2017:

- période intermédiaire:

- temps de parole: équité
- temps d'antenne: équité

- campagne officielle:

- temps de parole: égalité
- temps d'antenne: égalité

"À compter de la publication de la liste des candidats et jusqu'à la veille du début de la campagne, les éditeurs de services de communication audiovisuelle respectent, sous le contrôle du Conseil supérieur de l'audiovisuel, le principe d’équité en ce qui concerne la reproduction et les commentaires des déclarations et écrits des candidats et la présentation de leur personne.
Dans l'exercice de cette mission de contrôle, le Conseil supérieur de l'audiovisuel tient compte:
1° De la représentativité des candidats, appréciée, en particulier, en fonction des résultats obtenus aux plus récentes élections par les candidats ou par les partis et groupements politiques qui les soutiennent et en fonction des indications de sondages d'opinion;
2° De la contribution de chaque candidat à l'animation du débat électoral.
À compter du début de la campagne et jusqu’au tour de scrutin où l’élection est acquise, les éditeurs de services de communication audiovisuelle respectent, sous le contrôle du Conseil supérieur de l'audiovisuel, le principe d'égalité en ce qui concerne la reproduction et les commentaires des déclarations et écrits des candidats et la présentation de leur personne."

 

Définitions:

- Période intermédiaire: jour de la publication de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel (cinq semaines avant le premier tour).
- Campagne officielle: deux semaines avant le premier tour.
- Temps de parole: temps consacrés aux interventions directes des différents candidats ou de leurs soutiens.
- Temps d'antenne: temps consacrés aux différents candidats et à leurs soutiens (y compris les temps de parole).

25 février 2016

De Guy Mollet à Martine Aubry

Martine Aubry et Daniel Cohn-Bendit ont cosigné, le 24 février 2016, dans Le Monde, une tribune contre l'élargissement de la déchéance de nationalité et contre la libéralisation du code du travail (avant-projet de loi "El Khomri").

Si cette prise de position est attendue sur son volet déchéance de la nationalité, il en est tout autrement de son volet code du travail:

- Daniel Cohn-Bendit est le représentant d'une écologie à la fois libertaire et libérale (économiquement à la droite du PS), aux antipodes d'une écologie antilibérale (économiquement à la gauche du PS).

- Martine Aubry incarne le nouveau "mollétisme": un discours de rupture antilibérale mais une pratique consistant à soutenir finalement les traités européens d'inspiration libérale ainsi que les motions majoritaires au PS (motion Harlem Désir au congrès de Toulouse en 2012, motion Jean-Christophe Cambadélis au congrès de Poitiers en 2015).

 

De fait, même si on peut vouloir libéraliser le Code du travail sans lien avec la construction européenne, on ne peut pas - sauf à encore tromper les Français - proposer une autre politique, antilibérale, sans, en conséquence, remettre en cause les traites européens.

Bref, Martine Aubry à la présidence de la République ce serait exactement comme François Hollande en 2012 avec sa promesse forcément non respectée de "renégociation" du traité budgétaire européen signé sous Nicolas Sarkozy.

 

Pour anticiper le projet de loi "El Khomri", il suffisait d'ailleurs de lire les recommandations 2015 de la Commission européenne pour la France:

 

23 février 2016

FN-Farage contre FN-Cameron

S'il était selon moi trompeur d'écrire des articles faisant croire que le FN était divisé sur la question de la sortie de l'euro, le FN est en revanche bel et bien divisé sur la question de la sortie de l'Union européenne.

Certes, l'ensemble du FN se retrouve sur le calendrier en cas d'élection de Marine Le Pen à la présidence de la République en 2017:

- renégociation des traités européens

- référendum:

- si la renégociation aboutit: le FN appelle à approuver le nouveau traité européen

- si la renégociation échoue: le FN appelle à sortir de l'actuelle Union européenne

 

Sauf que le diable se cache dans les détails...

Tout dépend en effet sur quoi porte ces renégociations. C'est ici que deux FN s'opposent:

- le FN-Cameron (Marion Maréchal Le Pen, Bernard Monot) veut négocier, comme plusieurs États membres en bénéficient déjà (Royaume-Uni, Irlande, Danemark, Pologne), des clauses de non-participation à certaines politiques européennes. Ce sont ces clauses que David Cameron vient de renégocier pour le Royaume-Uni.
L'Union européenne serait maintenue, mais deviendrait une Union européenne à la carte. Concrètement, il s'agirait pour la France de rester au sein de l'Union européenne mais de:

- sortir de l'espace Schengen (recouvrer la souveraineté territoriale)

- sortir de la zone euro (recouvrer la souveraineté monétaire et la souveraineté budgétaire)

 

- le FN-Farage (Marine Le Pen, Florian Philippot) ajoute le recouvrement d'une quatrième souveraineté: la souveraineté législative, c'est-à-dire que la loi française redevienne au-dessus des normes européennes. Or, il ne s'agit là plus seulement de participer ou non à telle ou telle politique européenne, aussi importante soit-elle (espace Schengen, zone euro), mais de refuser le caractère supranational de la construction européenne, c'est-à-dire sa nature même.
Rappelons que la primauté du droit européen a été affirmée dès 1963-1964 (arrêts Van Gend en Loos et Costa c/ENEL de la Cour de justice des Communautés européennes), puis accepté en France entre 1975 (arrêt Jacques Vabre de la Cour de cassation) et 1989 (arrêt Nicolo du Conseil d'État).
Bref, mettre la souveraineté législative dans la renégociation, c'est y mettre un élément qu'on sait d'avance inacceptable pour nos partenaires européens. C'est donc en réalité dissimuler sa volonté de sortir de l'Union européenne afin de cacher ses divisions internes sur le sujet.

 

19 février 2016

Medef 1 - France 0

C'est le 18 janvier 2000 que l'assemblée générale du Medef lança, sous la présidence d'Ernest-Antoine Seillière, son grand chantier de "refondation sociale".

Au cœur de ce projet figurait la volonté de redéfinir la place respective de la Loi et de la négociation, et donc de l'État et des partenaires sociaux, en renversant la hiérarchie des normes sociales:

"La refondation sociale vise à revitaliser le dialogue au plus près du terrain, c'est-à-dire dans l'entreprise et dans les branches professionnelles, en renversant la hiérarchie des normes sociales: d'abord le contrat en entreprise, puis, à défaut, le contrat collectif de la branche c'est-à-dire du métier, et cela dans le cadre de principes généraux fixés au départ par la loi."
Ernest-Antoine Seillière devant l'Académie des sciences morales et politiques, 4 décembre 2000 (Henri Jacot, "La «refondation sociale» n'est pas un long fleuve tranquille", Mouvements, numéro 14, 2/2001, p. 8-14).

À l'époque, en dehors du Medef, seules les personnalités de droite les plus libérales avaient soutenu ce projet remettant en cause la place primordiale qu'occupe la Loi, expression de la volonté générale et garante de l'égalité, dans l'identité française.

Quinze ans après, tout a changé. Non seulement la quasi-totalité des présidentiables de droite s'y sont ralliés, mais le projet de loi qui sera examiné le 9 mars 2016 par un conseil des ministres de gauche devrait s'y rapprocher.

Reste à savoir si c'est notre modèle politique et social qui n'est plus tenable au XXIe siècle, ou si ce sont ceux que nous élisons qui ne sont pas prêts - par idéologie, par manque de courage ou de volonté - à tout faire pour défendre ce qui fait aussi que la France est la France.

 

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30 janvier 2016

Déchéance de la nationalité: avant et après

Comparaison du régime de la déchéance de la nationalité avant et après - si elle est adoptée - la révision constitutionnelle de François Hollande et Manuel Valls:

 

1. Régime actuel:

Article 25 du Code civil
L'individu qui a acquis la qualité de Français peut, par décret pris après avis conforme du Conseil d'État, être déchu de la nationalité française, sauf si la déchéance a pour résultat de le rendre apatride:
1° S'il est condamné pour un acte qualifié de crime ou délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou pour un crime ou un délit constituant un acte de terrorisme;
2° S'il est condamné pour un acte qualifié de crime ou délit prévu et réprimé par le chapitre II du titre III du livre IV du code pénal [atteintes à l'administration publique commises par des personnes exerçant une fonction publique, NDLR];
3° S'il est condamné pour s'être soustrait aux obligations résultant pour lui du code du service national;
4° S'il s'est livré au profit d'un État étranger à des actes incompatibles avec la qualité de Français et préjudiciables aux intérêts de la France.
Article 25-1 du Code civil
La déchéance n'est encourue que si les faits reprochés à l'intéressé et visés à l'article 25 se sont produits antérieurement à l'acquisition de la nationalité française ou dans le délai de dix ans à compter de la date de cette acquisition.
Elle ne peut être prononcée que dans le délai de dix ans à compter de la perpétration desdits faits.
Si les faits reprochés à l'intéressé sont visés au 1° de l'article 25, les délais mentionnés aux deux alinéas précédents sont portés à quinze ans.

 

2. Avant-projet de réforme Hollande/Valls:

Article 34 de la Constitution
La loi fixe les règles concernant ...la nationalité, y compris les conditions dans lesquelles une personne peut être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu'elle est condamnée pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la Nation;

Article 25 du Code civil
Toute personne peut être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu'elle est définitivement condamnée pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la Nation dans les conditions prévues à l'article 131-18-1 du code pénal.

Nouvel article 131-18-1 du Code pénal
I. La peine complémentaire de déchéance de nationalité ou des droits attachés à la nationalité est encourue pour:
1° Les crimes d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation prévus par les articles 411-2 à 411-4, 412-1, 412-2, 412-7 et 412-8;
2° Les crimes constituant des actes de terrorisme;
3° Les délits constituant des actes de terrorisme punis d'au moins 10 ans d'emprisonnement;
4° Les délits d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nations punis d'au moins 10 ans d'emprisonnement.
II. La peine complémentaire prévue au I emporte déchéance de la nationalité française, sauf si elle a pour résultat de rendre la personne condamnée apatride.
(...)

Code pénal (articles non modifiés)
Article 411-2 (livraison de tout ou partie du territoire national, de forces armées ou de matériel à une puissance étrangère) Le fait de livrer à une puissance étrangère, à une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents soit des troupes appartenant aux forces armées françaises, soit tout ou partie du territoire national est puni de la détention criminelle à perpétuité et de 750 000 euros d'amende. (...)
Article 411-3 (livraison de tout ou partie du territoire national, de forces armées ou de matériel à une puissance étrangère) Le fait de livrer à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents des matériels, constructions, équipements, installations, appareils affectés à la défense nationale est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d'amende.
Article 411-4 (intelligences avec une puissance étrangère) Le fait d'entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d'agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d'amende.
Est puni des mêmes peines le fait de fournir à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents les moyens d'entreprendre des hostilités ou d'accomplir des actes d'agression contre la France.
Article 412-1 (attentat et complot) Constitue un attentat le fait de commettre un ou plusieurs actes de violence de nature à mettre en péril les institutions de la République ou à porter atteinte à l'intégrité du territoire national. (...)
Article 412-2 (attentat et complot) Constitue un complot la résolution arrêtée entre plusieurs personnes de commettre un attentat lorsque cette résolution est concrétisée par un ou plusieurs actes matériels. (...)
Article 412-7 (usurpation de commandement, levée de forces armées et provocation à s'armer illégalement) Est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d'amende le fait :
1° Sans droit ou sans autorisation, de prendre un commandement militaire quelconque ou de le retenir contre l'ordre des autorités légales;
2° De lever des forces armées, sans ordre ou sans autorisation des autorités légales.
Article 412-8 (usurpation de commandement, levée de forces armées et provocation à s'armer illégalement) Le fait de provoquer à s'armer contre l'autorité de l'État ou contre une partie de la population est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.
Lorsque la provocation est suivie d'effet, les peines sont portées à trente ans de détention criminelle et à 450 000 euros d'amende.
Lorsque la provocation est commise par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.