23 octobre 2014

Députés PS: le jeu des sept familles

Dans une précédente note, j'ai imaginé le jour où Manuel Valls perdra la majorité à l'Assemblée nationale. L'intérêt de cet exercice de vote-fiction était de dresser une typologie des 286 députés socialistes (le groupe SRC en compte 289, dont trois chevènementistes du MRC).

 

1. L'aile gauche du PS (10 députés)

  • Pouria Amirshahi (Un Monde d'Avance)
  • Fanélie Carrey-Conte (Un Monde d'Avance)
  • Nathalie Chabanne (Un Monde d'Avance)
  • Pascal Cherki (Un Monde d'Avance)
  • Jean-Pierre Dufau (Un Monde d'Avance)
  • Henri Emmanuelli (Un Monde d'Avance)
  • Philippe Noguès (aubryste)
  • Barbara Romagnan (Un Monde d'Avance)
  • Gérard Sebaoun
  • Suzanne Tallard (Maintenant La Gauche)

Généralement membres des courants de l'aile gauche du PS ("Maintenant La Gauche" d'Emmanuel Maurel ou "Un Monde d'Avance" d'Henri Emmanuelli et Benoït Hamon), ces députés PS défendent une autre politique économique et sociale. Leur point commun: ils se sont tous les dix (onze avec l'ancien député Jérôme Guedj) abstenus le 8 avril 2014 sur la déclaration de politique générale du gouvernement Valls I.
Sur le fond, ils sont donc idéologiquement plus proches de Jean-Luc Mélenchon que de François Hollande et Manuel Valls. L'exécutif n'a d'ailleurs qu'une crainte: qu'ils passent, comme le Front de Gauche, de l'abstention au vote contre. Dès octobre 2012, huit d'entre eux avaient déjà voté contre la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire.

 

2. Les frondeurs historiques (18 députés)

  • Serge Bardy
  • Laurent Baumel
  • Jean-Pierre Blazy
  • Kheira Bouziane-Laroussi
  • Dominique Chauvel
  • Anne-Lise Dufour-Tonini
  • Hervé Féron
  • Jean-Marc Germain
  • Daniel Goldberg
  • Linda Gourjade
  • Edith Gueugneau
  • Mathieu Hanotin
  • Christophe Léonard
  • Kléber Mesquida
  • Christian Paul
  • Michel Pouzol
  • Denys Robiliard
  • Michel Vergnier
Ces dix-huit députés ont voté en avril 2014 pour la déclaration de politique générale du gouvernement Valls I mais se sont par contre abstenus, en septembre 2014, sur celle du gouvernement Valls II. Il s'agit du noyau dur des "frondeurs" qui, contrairement à l'aile gauche du PS, ne réclament pas une autre politique mais souhaitent des ajustements à la politique économique suivie. Parmi eux se trouvent également six membres d'"Un Monde d'Avance" ainsi que six aubrystes.
 
 

3. Les nouveaux frondeurs (11 députés)

  • Delphine Batho
  • Philippe Baumel
  • Jean-Louis Bricout
  • Geneviève Gaillard
  • Aurélie Filippetti (ministre du gouvernement Valls I)
  • Jean-Patrick Gille
  • Benoît Hamon (ministre du gouvernement Valls I)
  • Régis Juanico
  • Arnaud Leroy
  • Pierre-Alain Muet
  • Patrice Prat
Ces onze frondeurs (dont un membre d'"Un Monde d'Avance" et deux aubrystes) se sont abstenus le 21 octobre 2014 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2015, bien qu'ils aient tous voté le 16 septembre 2014 pour la déclaration de politique générale du gouvernement Valls II. Figurent également dans cette liste les deux ministres "virés" du gouvernement Valls, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti (Arnaud Montebourg ne siège pas au Parlement), dans l'attente de leurs votes futurs (ils n'ont retrouvé les bancs de l'Assemblée nationale que le 27 septembre, après le vote de confiance).
 

4. Les frondeurs intermittents (12 députés)

  • Christian Assaf
  • Isabelle Bruneau
  • Florence Delaunay
  • Philippe Doucet
  • Richard Ferrand
  • Chantal Guittet
  • Chaynesse Khirouni
  • François Lamy
  • Michel Lesage
  • Stéphane Travert
  • Catherine Troallic
  • Paola Zanetti

Si ces douze députés (dont quatre aubrystes) ont voté la première partie du projet de loi de finances pour 2015, ils s'étaient en revanche précédemment abstenus sur la déclaration du gouvernement sur le projet de programme de stabilité jusqu'en 2017 (29 avril) et/ou sur le projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale (8 juillet). L'un d'entre eux, l'aubryste François Lamy, avait voté ces deux textes mais s'était abstenu sur la déclaration de politique générale du gouvernement Valls II (16 septembre).

 

5. Les aubrystes non frondeurs (14 députés)

  • Gwenegan Bui
  • Laurent Cathala
  • Romain Colas
  • Catherine Coutelle
  • Pascale Crozon
  • Laurence Dumont
  • Olivier Dussopt
  • Conchita Lacuey
  • Audrey Linkenheld
  • Jean-René Marsac
  • Philippe Martin
  • Maud Olivier
  • Dominique Potier
  • Fabrice Verdier

Si Martine Aubry a souhaité à son tour, comme les frondeurs, des ajustements à la politique économique du gouvernement de Manuel Valls, quatorze des vingt-sept députés aubrystes ont en réalité toujours soutenu par leurs votes la ligne sociale-libérale de l'exécutif. Ce qui confirme, comme lors du congrès de Reims de 2008, que Martine Aubry ne représente pas vraiment l'aile gauche du PS mais plutôt une passerelle entre l'aile gauche frondeuse et l'aile droite gouvernementale.

 

6. et 7. La majorité (221 députés)

Le gros des troupes du groupe PS soutient la politique sociale-libérale déterminée par François Hollande et conduite par Manuel Valls. Reste à déterminer dans cette masse le "marais" (6.) de l'aile droite du PS (7.).

22 octobre 2014

Le jour où Manuel Valls perdra la majorité à l'Assemblée nationale

Mardi 28 avril 2015. La Commission européenne, par la voix de Jonathan Hill, a de nouveau alerté la France: "Appartenir à l'Union européenne, c'est en accepter les droits et les devoirs. Soit la France respecte ses engagements budgétaires et lance enfin ses réformes structurelles libérales, soit elle quitte l'Union européenne".

Cette petite phrase, de la part d'un membre du si eurosceptique Parti conservateur britannique, a eu l'effet d'une bombe. D'autant plus qu'en France, dans un nouveau sondage, Marine Le Pen se hissait encore au second tour de l'élection présidentielle de 2017. "Trop loin de l'échéance", "on ne connait pas encore les candidats": publiquement, personne ne s'inquiétait.

En privé, il en était tout autrement. En particulier lors de cette réunion à l'Élysée, réunissant François Hollande, Manuel Valls, Michel Sapin, Emmanuel Macron, François Rebsamen, Jean-Pierre Jouyet, Stéphane Le Foll, Bruno Le Roux, Jean-Christophe Cambadélis et, en toute discrétion, le commissaire européen Pierre Moscovici.

"Autant assumer dans une déclaration de politique générale le social-libéralisme qui est depuis longtemps la ligne du PS au pouvoir et lancer un appel au centre", plaident Manuel Valls, François Rebsamen et Jean-Pierre Jouyet. "Non, continuons comme si de rien n'était à présenter notre politique comme socialiste, ou sociale-démocrate, et mettons en avant l'unité de la gauche et du PS face au danger fasciste aux portes du pouvoir", rétorquent Stéphane Le Foll, Bruno Le Roux et Jean-Christophe Cambadélis. Finalement, alors qu'Emmanuel Macron et Michel Sapin demeurent silencieux, François Hollande tranche: "Une nouvelle déclaration de politique générale, mais pas d'appel au centre". "Sauf au centre gauche, hein", ajoute-il avec humour.

 

Ce mardi 28 avril 2015, donc, les députés votent.

Nombre de votants : 577

Nombre de suffrages exprimés : 498

Majorité absolue : 250

Pour l'adoption : 242

Contre : 256

L'Assemblée nationale n'a pas adopté.

 

Analyse du scrutin:

 

Groupe socialiste, républicain et citoyen (289 membres)

Pour: 221

  • Ibrahim Aboubacar
  • Patricia Adam
  • Sylviane Alaux
  • Jean-Pierre Allossery
  • François André
  • Nathalie Appéré
  • Joël Aviragnet
  • Pierre Aylagas
  • Jean-Marc Ayrault
  • Alexis Bachelay
  • Guillaume Bachelay
  • Jean-Paul Bacquet
  • Dominique Baert
  • Gérard Bapt
  • Ericka Bareigts
  • Claude Bartolone (président de l'Assemblée nationale)
  • Christian Bataille
  • Marie-Noëlle Battistel
  • Nicolas Bays
  • Catherine Beaubatie
  • Jean-Marie Beffara
  • Luc Belot
  • Karine Berger
  • Chantal Berthelot
  • Gisèle Biémouret
  • Philippe Bies
  • Erwann Binet
  • Yves Blein
  • Jean-Luc Bleunven
  • Patrick Bloche
  • Daniel Boisserie
  • Christophe Borgel
  • Florent Boudié
  • Marie-Odile Bouillé
  • Christophe Bouillon
  • Brigitte Bourguignon
  • Malek Boutih
  • Émeric Bréhier
  • Jean-Jacques Bridey
  • François Brottes
  • Sabine Buis
  • Jean-Claude Buisine
  • Sylviane Bulteau
  • Vincent Burroni
  • Alain Calmette
  • Jean-Christophe Cambadélis
  • Colette Capdevielle
  • Yann Capet
  • Christophe Caresche
  • Marie-Arlette Carlotti
  • Martine Carrillon-Couvreur
  • Christophe Castaner
  • Jean-Yves Caullet
  • Guy Chambefort
  • Jean-Paul Chanteguet
  • Marie-Anne Chapdelaine
  • Guy-Michel Chauveau
  • Jean-David Ciot
  • Alain Claeys
  • Jean-Michel Clément
  • Marie-Françoise Clergeau
  • Philip Cordery
  • Valérie Corre
  • Jean-Jacques Cottel
  • Jacques Cresta
  • Frédéric Cuvillier
  • Seybah Dagoma
  • Yves Daniel
  • Carlos Da Silva
  • Pascal Deguilhem
  • Michèle Delaunay
  • Guy Delcourt
  • Pascal Demarthe
  • Sébastien Denaja
  • Françoise Descamps-Crosnier
  • Sophie Dessus
  • Jean-Louis Destans
  • Michel Destot
  • Fanny Dombre-Coste
  • René Dosière
  • Françoise Dubois
  • Françoise Dumas
  • William Dumas
  • Jean-Louis Dumont
  • Jean-Paul Dupré
  • Yves Durand
  • Philippe Duron
  • Corinne Erhel
  • Sophie Errante
  • Marie-Hélène Fabre
  • Martine Faure
  • Olivier Faure
  • Alain Fauré
  • Hugues Fourage
  • Jean-Marc Fournel
  • Valérie Fourneyron
  • Michèle Fournier-Armand
  • Michel Françaix
  • Christian Franqueville
  • Jean-Claude Fruteau
  • Jean-Louis Gagnaire
  • Yann Galut
  • Guillaume Garot
  • Hélène Geoffroy
  • Jean Glavany
  • Yves Goasdoué
  • Geneviève Gosselin-Fleury
  • Pascale Got
  • Marc Goua
  • Laurent Grandguillaume
  • Estelle Grelier
  • Jean Grellier
  • Élisabeth Guigou
  • David Habib
  • Razzy Hammadi
  • Joëlle Huillier
  • Sandrine Hurel
  • Monique Iborra
  • Françoise Imbert
  • Michel Issindou
  • Éric Jalton
  • Serge Janquin
  • Henri Jibrayel
  • Armand Jung
  • Laurent Kalinowski
  • Marietta Karamanli
  • Philippe Kemel
  • Bernadette Laclais
  • Anne-Christine Lang
  • Colette Langlade
  • Jean Launay
  • Pierre-Yves Le Borgn'
  • Jean-Yves Le Bouillonnec
  • Patrick Lebreton
  • Gilbert Le Bris
  • Anne-Yvonne Le Dain
  • Jean-Yves Le Déaut
  • Viviane Le Dissez
  • Michel Lefait
  • Dominique Lefebvre
  • Annie Le Houérou
  • Annick Le Loch
  • Patrick Lemasle
  • Catherine Lemorton
  • Annick Lepetit
  • Jean-Pierre Le Roch
  • Bruno Le Roux
  • Bernard Lesterlin
  • Serge Letchimy
  • Michel Liebgott
  • Martine Lignières-Cassou
  • François Loncle
  • Gabrielle Louis-Carabin
  • Lucette Lousteau
  • Victorin Lurel
  • Jean-Pierre Maggi
  • Jacqueline Maquet
  • Marie-Lou Marcel
  • Martine Martinel
  • Frédérique Massat
  • Sandrine Mazetier
  • Michel Ménard
  • Patrick Mennucci
  • Philippe Nauche
  • Nathalie Nieson
  • Robert Olive
  • Monique Orphé
  • Michel Pajon
  • Luce Pane
  • Rémi Pauvros
  • Germinal Peiro
  • Hervé Pellois
  • Jean-Claude Perez
  • Sébastien Pietrasanta
  • Martine Pinville
  • Christine Pires Beaune
  • Philippe Plisson
  • Élisabeth Pochon
  • Napole Polutélé
  • Pascal Popelin
  • Émilienne Poumirol
  • Régine Povéda
  • Christophe Premat
  • Joaquim Pueyo
  • François Pupponi
  • Catherine Quéré
  • Valérie Rabault
  • Monique Rabin
  • Dominique Raimbourg
  • Marie Récalde
  • Marie-Line Reynaud
  • Eduardo Rihan Cypel
  • Alain Rodet
  • Marcel Rogemont
  • Frédéric Roig
  • Bernard Roman
  • Gwendal Rouillard
  • René Rouquet
  • Alain Rousset
  • Boinali Said
  • Béatrice Santais
  • Odile Saugues
  • Gilbert Sauvan
  • Gilles Savary
  • Christophe Sirugue
  • Julie Sommaruga
  • Sylvie Tolmont
  • Jean-Louis Touraine
  • Cécile Untermaier
  • Jean-Jacques Urvoas
  • Daniel Vaillant
  • Jacques Valax
  • Clotilde Valter
  • Michel Vauzelle
  • Olivier Véran
  • Patrick Vignal
  • Jean-Michel Villaumé
  • Jean Jacques Vlody

Contre: 9

  • Pouria Amirshahi
  • Fanélie Carrey-Conte
  • Nathalie Chabanne
  • Pascal Cherki
  • Jean-Pierre Dufau
  • Henri Emmanuelli
  • Barbara Romagnan
  • Gérard Sebaoun
  • Suzanne Tallard
Abstention: 44
  • Christian Assaf
  • Serge Bardy
  • Delphine Batho
  • Laurent Baumel
  • Philippe Baumel
  • Marie-Françoise Bechtel (MRC)
  • Jean-Pierre Blazy
  • Kheira Bouziane-Laroussi
  • Jean-Louis Bricout
  • Isabelle Bruneau
  • Dominique Chauvel
  • Florence Delaunay
  • Philippe Doucet
  • Anne-Lise Dufour-Tonini
  • Hervé Féron
  • Richard Ferrand
  • Aurélie Filippetti
  • Geneviève Gaillard
  • Jean-Marc Germain
  • Jean-Patrick Gille
  • Daniel Goldberg
  • Linda Gourjade
  • Edith Gueugneau
  • Chantal Guittet
  • Benoît Hamon
  • Mathieu Hanotin
  • Christian Hutin (MRC)
  • Régis Juanico
  • Chaynesse Khirouni
  • Jean-Luc Laurent (MRC)
  • Christophe Léonard
  • Arnaud Leroy
  • Michel Lesage
  • Kléber Mesquida
  • Pierre-Alain Muet
  • Philippe Noguès
  • Christian Paul
  • Michel Pouzol
  • Patrice Prat
  • Denys Robiliard
  • Stéphane Travert
  • Catherine Troallic
  • Michel Vergnier
  • Paola Zanetti

Non-votant: 15

  • Gwenegan Bui
  • Laurent Cathala
  • Romain Colas
  • Catherine Coutelle
  • Pascale Crozon
  • Laurence Dumont
  • Olivier Dussopt
  • Conchita Lacuey
  • François Lamy
  • Audrey Linkenheld
  • Jean-René Marsac
  • Philippe Martin
  • Maud Olivier
  • Dominique Potier
  • Fabrice Verdier

 

Groupe de l'union pour un mouvement populaire (199 membres)

Contre: 199

  • Damien Abad
  • Elie Aboud
  • Bernard Accoyer
  • Yves Albarello
  • Nicole Ameline
  • Laurence Arribagé
  • Julien Aubert
  • Olivier Audibert-Troin
  • Patrick Balkany
  • Jean-Pierre Barbier
  • Jacques Alain Bénisti
  • Sylvain Berrios
  • Xavier Bertrand
  • Étienne Blanc
  • Marcel Bonnot
  • Jean-Claude Bouchet
  • Valérie Boyer
  • Xavier Breton
  • Philippe Briand
  • Bernard Brochand
  • Dominique Bussereau
  • Olivier Carré
  • Gilles Carrez
  • Yves Censi
  • Jérôme Chartier
  • Luc Chatel
  • Gérard Cherpion
  • Guillaume Chevrollier
  • Alain Chrétien
  • Jean-Louis Christ
  • Dino Cinieri
  • Éric Ciotti
  • Philippe Cochet
  • Jean-François Copé
  • François Cornut-Gentille
  • Jean-Louis Costes
  • Édouard Courtial
  • Jean-Michel Couve
  • Marie-Christine Dalloz
  • Gérald Darmanin
  • Olivier Dassault
  • Marc-Philippe Daubresse
  • Bernard Debré
  • Jean-Pierre Decool
  • Bernard Deflesselles
  • Lucien Degauchy
  • Rémi Delatte
  • Patrick Devedjian
  • Nicolas Dhuicq
  • Sophie Dion
  • Jean-Pierre Door
  • Dominique Dord
  • David Douillet
  • Marianne Dubois
  • Virginie Duby-Muller
  • Christian Estrosi
  • Daniel Fasquelle
  • Georges Fenech
  • François Fillon
  • Marie-Louise Fort
  • Yves Foulon
  • Marc Francina
  • Yves Fromion
  • Laurent Furst
  • Claude de Ganay
  • Sauveur Gandolfi-Scheit
  • Hervé Gaymard
  • Annie Genevard
  • Guy Geoffroy
  • Bernard Gérard
  • Alain Gest
  • Daniel Gibbes
  • Franck Gilard
  • Georges Ginesta
  • Charles-Ange Ginesy
  • Jean-Pierre Giran
  • Claude Goasguen
  • Jean-Pierre Gorges
  • Philippe Gosselin
  • Philippe Goujon
  • Claude Greff
  • Anne Grommerch
  • Arlette Grosskost
  • Serge Grouard
  • Henri Guaino
  • Françoise Guégot
  • Jean-Claude Guibal
  • Jean-Jacques Guillet
  • Christophe Guilloteau
  • Michel Heinrich
  • Michel Herbillon
  • Antoine Herth
  • Patrick Hetzel
  • Philippe Houillon
  • Guénhaël Huet
  • Sébastien Huyghe
  • Christian Jacob
  • Denis Jacquat
  • Christian Kert
  • Nathalie Kosciusko-Morizet
  • Jacques Kossowski
  • Patrick Labaune
  • Valérie Lacroute
  • Marc Laffineur
  • Jacques Lamblin
  • Jean-François Lamour
  • Laure de La Raudière
  • Guillaume Larrivé
  • Charles de La Verpillière
  • Thierry Lazaro
  • Alain Leboeuf
  • Isabelle Le Callennec
  • Frédéric Lefebvre
  • Marc Le Fur
  • Pierre Lellouche
  • Bruno Le Maire
  • Dominique Le Mèner
  • Jean Leonetti
  • Pierre Lequiller
  • Philippe Le Ray
  • Céleste Lett
  • Geneviève Levy
  • Véronique Louwagie
  • Lionnel Luca
  • Gilles Lurton
  • Jean-François Mancel
  • Laurent Marcangeli
  • Thierry Mariani
  • Hervé Mariton
  • Alain Marleix
  • Olivier Marleix
  • Franck Marlin
  • Alain Marsaud
  • Philippe Armand Martin
  • Patrice Martin-Lalande
  • Alain Marty
  • Jean-Claude Mathis
  • François de Mazières
  • Damien Meslot
  • Philippe Meunier
  • Jean-Claude Mignon
  • Pierre Morange
  • Yannick Moreau
  • Pierre Morel-A-L'Huissier
  • Alain Moyne-Bressand
  • Jacques Myard
  • Dominique Nachury
  • Yves Nicolin
  • Patrick Ollier
  • Valérie Pécresse
  • Jacques Pélissard
  • Bernard Perrut
  • Édouard Philippe
  • Jean-Frédéric Poisson
  • Bérengère Poletti
  • Axel Poniatowski
  • Josette Pons
  • Christophe Priou
  • Didier Quentin
  • Frédéric Reiss
  • Jean-Luc Reitzer
  • Bernard Reynès
  • Franck Riester
  • Arnaud Robinet
  • Camille de Rocca Serra
  • Sophie Rohfritsch
  • Martial Saddier
  • Paul Salen
  • François Scellier
  • Claudine Schmid
  • André Schneider
  • Jean-Marie Sermier
  • Fernand Siré
  • Thierry Solère
  • Michel Sordi
  • Éric Straumann
  • Claude Sturni
  • Alain Suguenot
  • Michèle Tabarot
  • Lionel Tardy
  • Jean-Charles Taugourdeau
  • Guy Teissier
  • Michel Terrot
  • Jean-Marie Tetart
  • Dominique Tian
  • François Vannson
  • Catherine Vautrin
  • Patrice Verchère
  • Jean-Sébastien Vialatte
  • Jean-Pierre Vigier
  • Philippe Vitel
  • Michel Voisin
  • Jean-Luc Warsmann
  • Laurent Wauquiez
  • Éric Woerth
  • Marie-Jo Zimmermann

 

Groupe de l'union des démocrates et indépendants (30 membres)

Contre: 30

  • Thierry Benoit
  • Charles de Courson
  • Laurent Degallaix
  • Stéphane Demilly
  • Yannick Favennec
  • Philippe Folliot
  • Jean-Christophe Fromantin
  • Philippe Gomès
  • Meyer Habib
  • Francis Hillmeyer
  • Yves Jégo
  • Sonia Lagarde
  • Jean-Christophe Lagarde
  • Maurice Leroy
  • Hervé Morin
  • Bertrand Pancher
  • Michel Piron
  • Franck Reynier
  • Arnaud Richard
  • François Rochebloine
  • Maina Sage
  • Rudy Salles
  • André Santini
  • François Sauvadet
  • Jonas Tahuaitu
  • Jean-Paul Tuaiva
  • Francis Vercamer
  • Philippe Vigier
  • François-Xavier Villain
  • Michel Zumkeller

 

Groupe écologiste (18 membres)

Pour: 3

  • Éric Alauzet
  • François-Michel Lambert
  • Paul Molac

Contre: 1

  • Isabelle Attard (Nouvelle Donne)

Abstention: 14

  • Laurence Abeille
  • Brigitte Allain
  • Danielle Auroi
  • Denis Baupin
  • Michèle Bonneton
  • Christophe Cavard
  • Sergio Coronado
  • Cécile Duflot
  • Noël Mamère
  • Véronique Massonneau
  • Barbara Pompili
  • Jean-Louis Roumégas
  • François de Rugy
  • Eva Sas

 

Groupe radical, républicain, démocrate et progressiste (17 membres)

Pour: 14

  • Ary Chalus
  • Gérard Charasse
  • Stéphane Claireaux
  • Jeanine Dubié
  • Olivier Falorni
  • Paul Giacobbi
  • Joël Giraud
  • Gilda Hobert
  • Jacques Krabal
  • Jacques Moignard
  • Dominique Orliac
  • Stéphane Saint-André
  • Roger-Gérard Schwartzenberg
  • Alain Tourret

Abstention: 2

  • Jean-Noël Carpentier (MUP)
  • Jérôme Lambert (ex-PS)

Non-votant: 1

  • Thierry Robert (MoDem)

 

Groupe de la gauche démocrate et républicaine (15 membres)

Pour: 2

  • Bruno Nestor Azérot
  • Gabriel Serville

Contre: 11

  • François Asensi
  • Alain Bocquet
  • Marie-George Buffet
  • Jean-Jacques Candelier
  • Patrice Carvalho
  • Gaby Charroux
  • André Chassaigne
  • Marc Dolez
  • Jacqueline Fraysse
  • Alfred Marie-Jeanne
  • Nicolas Sansu

Abstention: 2

  • Huguette Bello
  • Jean-Philippe Nilor

 

Non inscrits (9 membres)

Pour: 2

  • Sylvie Andrieux (ex-PS)
  • Thomas Thévenoud (ex-PS)

Contre: 6

  • Véronique Besse (MPF)
  • Jacques Bompard (Ligue du Sud)
  • Gilles Bourdouleix (CNIP)
  • Gilbert Collard (FN apparenté)
  • Nicolas Dupont-Aignan (DLF)
  • Marion Maréchal-Le Pen (FN)

Non-votant: 1

  • Jean Lassalle (MoDem)

 

 

[ce scénario n'est bien entendu pas crédible, les intérêts partisans et électoraux finissant toujours par l'emporter sur les convictions]

21 octobre 2014

Qui sont les "frondeurs" du PS?

Mise à jour de mon infographie sur les "frondeurs" du PS (rappel: au 21 octobre 2014, le Groupe socialiste, Républicain et Citoyen compte 289 membres, dont 3 MRC).

frondeurs-201410.png

09/10/2012: projet de loi autorisant la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire (TSCG), signé par Nicolas Sarkozy.
08/04/2014: déclaration de politique générale du gouvernement de Manuel Valls (I).
29/04/2014: déclaration du gouvernement sur le projet de programme de stabilité pour 2014-2017.
08/07/2014: projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2014
16/09/2014: déclaration de politique générale du gouvernement de Manuel Valls (II).
21/10/2014p: projet de loi de programmation des finances publiques 2014-2019.
21/10/2014: projet de loi de finances pour 2015 (première partie).

Pour mémoire, aucun député PS ne s'était abstenu sur le projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2012 à 2017 (23/10/2012).

P: vote pour.
A: abstention volontaire.
C: vote contre.

 

18 octobre 2014

Synode de l'Église catholique sur la famille: les trois points qui font débat

[Avertissement: note d'un journaliste... politique, pour une analyse de journalistes spécialisés, je vous invite à lire mes confrères et consœurs "vaticanistes" de La Croix ICI]

 

 

Trois points du Relatio Synodi n'ont pas obtenu la majorité qualifiée des deux tiers des 183 pères synodaux, c'est-à-dire l'approbation d'au moins 122 d'entre eux.

 

Point 52: accès aux sacrements d'eucharistie et de réconciliation pour les divorcés remariés

104 votes pour, 74 contre et 5 abstentions (57% pour, manquent 18 voix)

"Si è riflettuto sulla possibilità che i divorziati e risposati accedano ai sacramenti della Penitenza e dell’Eucaristia. Diversi Padri sinodali hanno insistito a favore della disciplina attuale, in forza del rapporto costitutivo fra la partecipazione all’Eucaristia e la comunione con la Chiesa ed il suo insegnamento sul matrimonio indissolubile. Altri si sono espressi per un’accoglienza non generalizzata alla mensa eucaristica, in alcune situazioni particolari ed a condizioni ben precise, soprattutto quando si tratta di casi irreversibili e legati ad obblighi morali verso i figli che verrebbero a subire sofferenze ingiuste. L’eventuale accesso ai sacramenti dovrebbe essere preceduto da un cammino penitenziale sotto la responsabilità del Vescovo diocesano. Va ancora approfondita la questione, tenendo ben presente la distinzione tra situazione oggettiva di peccato e circostanze attenuanti, dato che «l’imputabilità e la responsabilità di un’azione possono essere sminuite o annullate» da diversi «fattori psichici oppure sociali» (Catechismo della Chiesa Cattolica, 1735)."

 

Point 53: communion spirituelle pour les divorcés remariés

112 pour, 64 contre et 7 abstentions (61% pour, manquent 10 voix)

"Alcuni Padri hanno sostenuto che le persone divorziate e risposate o conviventi possono ricorrere fruttuosamente alla comunione spirituale. Altri Padri si sono domandati perché allora non possano accedere a quella sacramentale. Viene quindi sollecitato un approfondimento della tematica in grado di far emergere la peculiarità delle due forme e la loro connessione con la teologia del matrimonio."

 

Point 55: accueil des homosexuels dans l'Église catholique

118 pour, 62 contre et 3 abstentions (64% pour, manquent 4 voix)

"Alcune famiglie vivono l’esperienza di avere al loro interno persone con orientamento omosessuale. Al riguardo ci si è interrogati su quale attenzione pastorale sia opportuna di fronte a questa situazione riferendosi a quanto insegna la Chiesa: «Non esiste fondamento alcuno per assimilare o stabilire analogie, neppure remote, tra le unioni omosessuali e il disegno di Dio sul matrimonio e la famiglia». Nondimeno, gli uomini e le donne con tendenze omosessuali devono essere accolti con rispetto e delicatezza. «A loro riguardo si eviterà ogni marchio di ingiusta discriminazione» (Congregazione per la Dottrina della Fede, Considerazioni circa i progetti di riconoscimento legale delle unioni tra persone omosessuali, 4)."

 

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Un autre paragraphe a été adopté de justesse:

Point 41: accueil des couples non mariés selon le rite catholique

125 pour, 54 contre et 4 abstentions (68% pour, 3 voix de majorité)

"Mentre continua ad annunciare e promuovere il matrimonio cristiano, il Sinodo incoraggia anche il discernimento pastorale delle situazioni di tanti che non vivono più questa realtà. È importante entrare in dialogo pastorale con tali persone al fine di evidenziare gli elementi della loro vita che possono condurre a una maggiore apertura al Vangelo del matrimonio nella sua pienezza. I pastori devono identificare elementi che possono favorire l’evangelizzazione e la crescita umana e spirituale. Una sensibilità nuova della pastorale odierna, consiste nel cogliere gli elementi positivi presenti nei matrimoni civili e, fatte le debite differenze, nelle convivenze. Occorre che nella proposta ecclesiale, pur affermando con chiarezza il messaggio cristiano, indichiamo anche elementi costruttivi in quelle situazioni che non corrispondono ancora o non più ad esso."

 

Selon mes calculs, au total 29 paragraphes sur 62 ont été votés par plus de 95% des pères synodaux, 21 par 87 à 94% d'entre eux et 12 par moins de 85%, dont trois rejetés et un adopté de justesse.

En confrontant chaque vote avec le sujet concerné, il serait possible de dresser une sorte de cartographie "politique" des pères synodaux, mais je laisse ce travail à mes confrères et consœurs vaticanistes (à la louche: une centaines de "progressistes" sur la ligne du pape François, une cinquantaine de "conservateurs" et une trentaine d'"ultra-conservateurs").

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Twitter, si imprévisible, si prévisible

Twitter si imprévisible! En tweetant cela...

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...je ne m'attendais absolument pas à une telle réponse:

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Twitter si prévisible! En tweetant cela en réponse...

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...je savais en revanche que certains me sortiraient des débilités du genre "mais cela ne justifie pas d'agresser et de dégrader", comme si c'était le cas dans mon tweet!
(je ne mets pas les tweets en question, car ils provenaient souvent de personnes que j'apprécie par ailleurs)

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N.B.: les heures correspondent à la capture d'écran et non au tweet...

Les sondeurs fâchés avec le centre

Après l'Ifop, encore un sondage biaisé sur le centre, cette fois réalisé par l'institut Odoxa de Gaël Sliman (ex-BVA).

La question suivante était posée: "Parmi les personnalités suivantes, laquelle incarne le mieux le centre selon vous?"
- François Bayrou (MoDem)
- Jean-Louis Borloo (UDI)
- Jean-Christophe Fromantin (UDI)
- Yves Jégo (UDI)
- Jean-Christophe Lagarde (UDI)
- Hervé Morin (UDI)

Bref, la question porte sur le centre mais ne sont testées que des personnalités du centre (MoDem, même si en chemin vers le centre-droit) et du centre-droit (UDI).

Or, même si on considère que le centre-droit est au centre et non à droite (ce qui n'est pas mon cas, mais admettons-le provisoirement ici), il manque le centre-gauche, car cela signifie aussi que, sauf à être totalement illogique, le centre-gauche est symétriquement au centre et non à gauche.

PS PRG, RC, FD
MoDem UDI UMP
gauche centre gauche centre centre droit droite
gauche centre droite

 

Voici comment aurait donc dû être posée la question: "Parmi les personnalités suivantes, laquelle incarne le mieux le centre selon vous?"
- Jean-Michel Baylet (PRG) - centre gauche
- François Bayrou (MoDem) - centre/centre droit
- Jean-Luc Bennahmias (FD) - centre gauche
- Jean-Louis Borloo (UDI) - centre droit
- Jean-Christophe Fromantin (UDI) - centre droit
- Yves Jégo (UDI) - centre droit
- Jean-Christophe Lagarde (UDI) - centre droit
- Corinne Lepage (RC) - centre gauche
- Hervé Morin (UDI) - centre droit

 

16 octobre 2014

Brève analyse du premier tour de l'élection à la présidence de l'UDI

Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin sont qualifiés pour le second tour de l'élection à la présidence de l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI). Brève analyse.

 

iPolitique.fr

 iPolitique.fr

 

Je vous invite à lire mon analyse sur La-Croix.com:
http://www.la-croix.com/Actualite/France/Jean-Christophe-...

 

 

FED: Force Européenne Démocrate
AC: Alliance Centristes
NC: Nouveau Centre
PRAD: Parti Radical valoisien (dont La Gauche Moderne)
AD: adhérents directs

 

N.B.. Les comparaisons se font en poids relatif (base: 28.521 adhérents; 49 parlementaires soutenant un candidat; 16.381 suffrages exprimés). Les soutiens parlementaires sont calculés par rapport aux parlementaires soutenant un candidat (49) et non par rapport à l'ensemble des parlementaires UDI (75). J'arrive à un total de 28.521 membres de l'UDI contre en réalité 28.305 en raison de 216 "doublons", comme confirmé par la Commission Nationale d'Arbitrage et de Transparence (CNAT).

15 octobre 2014

Sondage: ces biais qui font pencher le centre à droite

L'Ifop vient de publier un sondage sur "Les Français et le centre" (1). Deux biais dans les questions viennent cependant selon moi altérer les réponses.

 

1. Il est d'abord demandé de s'autopositionner sur un axe gauche-droite. Les six choix sont les suivants:
- très à gauche
- à gauche
- au centre
- à droite
- très à droite
- ni à gauche, ni à droite

Or, le problème c'est que par définition une personne qui s'autopositionne "au centre" ne se positionne ni à gauche, ni à droite. Même si toutes celles qui ne s'autopositionnent "ni à gauche, ni à droite" ne se positionnent bien entendu pas au centre!

Il aurait donc mieux fallu proposer les six choix suivants:
- très à gauche
- à gauche
- au centre
- à droite
- très à droite
- ni à gauche, ni au centre, ni à droite

 

2. Le sondage porte ensuite sur la stratégie de l'UDI en matière de candidature à la prochaine élection présidentielle.

La question est la suivante: "L'UDI est un parti politique qui rassemble différents courants et personnalités du centre, comme Jean-Louis Borloo, Hervé Morin et Yves Jégo. Vous personnellement, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, de laquelle des deux affirmations suivantes êtes-vous le plus proche?". Soit "L'UDI devrait présenter son propre candidat à l'élection présidentielle de 2017", soit "L'UDI devrait participer à des primaires pour désigner un candidat commun de l'UDI et de l'UMP à l'élection présidentielle de 2017".

Or, le problème c'est que l'UDI n'est pas au centre, contrairement à ce que prétend l'intitulé de la question: "L'Union des Démocrates et Indépendants (UDI) est un parti politique qui rassemble différents courants et personnalités du centre".

On voit bien que la réponse à ces deux questions (en substance) est potentiellement différente:
- "L'UDI est un parti du centre, doit-il présenter son propre candidat ou participer à une primaire pour désigner un candidat commun de l'UDI et de l'UMP?"
- "L'UDI est un parti de droite, doit-il présenter son propre candidat ou participer à une primaire pour désigner un candidat commun l'UDI et de l'UMP?"

Il est en effet incohérent de demander à un parti du centre - ou à un parti de gauche - s'il veut ou non participer à une primaire présidentielle avec un parti de droite, puisque les  positionnements sur l'échiquier politique ne sont pas les mêmes. Il est en revanche cohérent de demander à un parti de droite s'il veut ou non participer à une primaire présidentielle avec un autre parti de droite.

 

(1) Réalisé pour Atlantico du 10 au 13 octobre 2014 auprès d’un échantillon représentatif de 1.409 personnes

14 octobre 2014

Zemmour contre la France

Je viens enfin de lire les quelques pages du dernier livre d'Éric Zemmour consacrées au régime de Vichy (Le Suicide français, Albain Michel, pages 87 à 94).

L'essayiste y dénonce "l'équation paxtonienne: Vichy est le mal absolu; Vichy, c'est la France; donc la France est le mal absolu".

 

Tout comme Zemmour, je suis contre cette "équation paxtonienne", car je soutiens que Vichy n'était pas la France. Je l'ai déjà écrit sur ce blog, "invoquer la responsabilité de la France dans le crime contre l'Humanité jugé au Tribunal de Nuremberg, comme cela a pu être fait jusqu'au plus haut sommet de l'État, c'est nier le 18 Juin 1940".

 

Mais, contrairement à Zemmour, je ne pense pas qu'il y ait eu une quelconque "efficacité de l'échange immoral, Juifs français contre Juifs étrangers, voulu et obtenu par Vichy". Si je suis globalement critique envers le soi-disant Conseil représentatif des institutions juives de France, sur son site figure une courte et salutaire mise au point: "Le gouvernement antisémite de Vichy n'a jamais réellement cherché à protéger les Juifs français".

 

Bref, l'erreur d'Éric Zemmour consiste à expliquer que Vichy n'était pas la France (position gaulliste) en passant par une réhabilitation du régime de Vichy (position néo-pétainiste). Plus qu'une erreur, c'est une faute: confondre la responsabilité du régime de Vichy avec celle de la France. À quoi bon en effet expliquer inlassablement que la continuité française était à Londres et non à Vichy, si ce dernier régime doit finalement, comme le plaide Éric Zemmour, ne pas être "reconnu à la fois responsable et coupable"? Une vraie faute contre la France de la part de quelqu'un qui prétend la défendre.

 

P.S. Conséquence énervante: Zemmour dit un truc vrai (Vichy n'est pas la France) et un truc faux (Vichy a conduit une politique de sauvetage des Français juifs). En dénonçant le truc faux, certains attaquent aussi le truc vrai. Mais si tu défends le truc vrai, on t'accuse bien vite de défendre le truc faux!

 

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L'historien Jacques Semelin a analysé comment 75% des juifs vivant en France et 90% des Français juifs ont échappé à la déportation (Persécutions et entraides dans la France occupée, Les Arènes - Seuil, 912 pages).

Contrairement à ce qu'écrit Éric Zemmour, ce n'est pas la conséquence d'une "stratégie adoptée par les Pétain et Laval face aux demandes allemandes: sacrifier les Juifs étrangers pour sauver les Juifs français". Même si la nationalité fut un facteur important: "Les Français juifs étaient intégrés dans la société, ils parlaient français, avaient davantage de moyens financiers et pouvaient faire appel à de la famille, des amis, des voisins", soulignait ainsi Jacques Semelin dans un entretien qu'il m'avait accordé pour La Croix.

Je lui posais d'ailleurs la question suivante :

La Croix: L'argument du nombre de Français juifs sauvés n'est-il pas, déjà, le principal argument des défenseurs du maréchal Pétain ?

Jacques Semelin: Constater que 75% des juifs de France ont été sauvés ne revient pas à exonérer le maréchal Pétain. Berlin avait stratégiquement besoin de Vichy – qu'il s’agisse du maintien de l’ordre ou de l'économie de guerre –, et Vichy aurait donc sans doute pu s'opposer aux déportations. Il n'en demeure pas moins, quelles qu'aient été les intentions d'un régime pratiquant l'antisémitisme d'État, qu'en soi, le maintien d'un appareil étatique a eu un effet positif pour la survie des juifs de France.

 

Il y a donc eu un effet collatéral du maintien d'un appareil étatique en zone dite "libre", et non le résultat d'une politique volontaire de sauvetage des Français juifs.