15 septembre 2014

Des Républicains et Indépendants (RI) à l'Union Républicaine du sénat

Medipart publie ce lundi une liste de plusieurs sénateurs UMP qui bénéficieraient d'une "tirelire secrète" issue d'un "détournement de fonds" au Sénat.

Mon abonnement à Mediapart ayant expiré, j'avoue honteusement ne pas avoir lu l'article en question...

J'apporte donc ce complément historique sans savoir s'il figure ou non dans l'article de ma consœur Mathilde Mathieu.

 

Le groupe UMP a été créé les 10-11 décembre 2002. Il regroupe alors:

- 94 sénateurs du Groupe du Rassemblement pour la République (RPR) sur 94

- 40 sénateurs du Groupe des Républicains et Indépendants (RI) sur 41

- 29 sénateurs du Groupe de l'Union Centriste (UC) sur 54

- 4 du Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE) sur 21

- 1 sénateur de la Réunion administrative des sénateurs ne figurant sur la liste d'aucun groupe (RASNAG).

Les groupes RPR et RI disparaissent alors.

 

Or, une source parlementaire interne à l'UMP m'a affirmé qu'à l'époque le groupe des RI n'avait pas versé au nouveau groupe UMP sa trésorerie.

D'où possiblement la création d'une association destinée à gérer la trésorerie issue de l'ancien groupe des Républicains et Indépendants (RI): l'Union Républicaine du Sénat, déclarée le 1er décembre 2002 et domiciliée chez le dernier président du groupe des RI, Henri de Raincourt (l'avant-dernier étant Jean-Claude Gaudin, actuel président du groupe UMP).

 

 

Auto-présentation du groupe des Républicains et Indépendants (RI) juste avant sa disparition:

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[Ajout] Ayant finalement pu lire l'article de Mediapart, la quasi-totalité des sénateurs cités proviennent bien en décembre 2002 du groupe des Républicains et Indépendants (RI): Joël Bourdin, Jean-Claude Carle, Hubert Falco (alors devenu membre du gouvernement), René Garrec, Jean-Claude Gaudin, Gérard Longuet, Roland du Luart et Ladislas Poniatowski; Gérard Dériot provient en revanche du groupe de l'Union Centriste (UC puis UC-UDF), de même que Gisèle Gautier mais en janvier 2007 seulement.

31 août 2014

Clarification politique?

Le nouveau gouvernement de Manuel Valls marque une rupture davantage symbolique qu'idéologique dans la politique conduite par le PS au pouvoir. Mais ce symbole est important: le PS assume enfin son orientation sociale-libérale. Le parti dominant à gauche ne l'assume certes qu'implicitement et pas encore explicitement, puisque l'étiquette de "sociaux-libéraux" est malheureusement toujours connotée négativement aux yeux de dirigeants qui continuent à se revendiquer "sociaux-démocrates" voire même "socialistes". Ce décalage entre le discours et le pratique est une constante de l'histoire de la SFIO puis du PS: il se disait hier marxiste lorsqu'il avait une pratique sociale-démocrate; il se dit aujourd'hui social-démocrate alors qu'il a une pratique sociale-libérale.

Durant sa campagne présidentielle, François Hollande avait été volontairement ambiguë sur l'axe économique de son programme. Avec un éventail allant au second tour de François Bayrou à Jean-Luc Mélenchon, ses soutiens attendaient bien entendu des politiques économiques radicalement opposées. Dans l'opposition, l'ambiguïté ne se voit pas trop. Au pouvoir, le roi est nu.

L'erreur consiste toutefois à considérer que le nouveau gouvernement de Manuel Valls marquerait une rupture idéologique. François Hollande est issu des réseaux de Jacques Delors au sein du PS. Seuls les gogos pouvaient croire qu'il impulserait une politique économique plus proche de Jean-Luc Mélenchon que de François Bayrou. Dès octobre 2012 la ratification du Pacte budgétaire européen, signé par Nicolas Sarkozy, a sifflé la fin de la récréation en confirmant la ligne sociale-libérale qui est celle du PS depuis le "tournant de rigueur" de 1983. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si c'est à l'occasion de ce vote que s'est pour la première fois manifesté le noyau dur des futurs députés "frondeurs".

Emmanuel Macron est donc un bouc-émissaire un peu facile: si, comme l'a prouvé son entretien au Point juste avant sa nomination au gouvernement, il se situe (à la suite du Manuel Valls de la primaire de 2011) à un degré de libéralisme plus avancé que François Hollande, il ne s'agit en rien d'une différence de nature.

Le départ du gouvernement d'Arnaud Montebourg marque malgré tout une amorce de clarification. Encore faut-il bien préciser les choses: le Montebourg viré du gouvernement n'est pas le Montebourg de la primaire de 2011 chantre de la "démondialisation". Ce Montebourg-là n'existe plus depuis qu'il a cautionné par sa participation l'orientation économique des gouvernements Ayrault puis Valls. Le Montebourg viré du gouvernement ne demandait en effet que des ajustements au sein de celle-ci, à travers l'application d'une règle des "trois tiers": un tiers des économies affecté à la réduction du déficit public ; un tiers "au soutien des entreprises"; un tiers surtout "aux ménages pour stimuler leur pouvoir d'achat et la croissance".

De fait, les "frondeurs" ne forment pas un groupe homogène. Certains se contentent de vouloir amender dans cette direction la politique gouvernementale. Leurs convictions se jaugent à l'aune de leur approbation du Traité constitutionnel européen (2005) puis du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (2012). Bref, pas de quoi affoler le Medef, qui sait bien que seul le PS peut mener sereinement des réformes libérales, car avec la droite au pouvoir ce même PS dénoncerait hypocritement à cor et à cri l'"ultralibéralisme".

D'autres "frondeurs", en revanche, prônent véritablement "une autre politique". Ces derniers sont très minoritaires, autour d'une poignée de députés seulement (Pouria Amirshahi, Fanélie Carrey-Conte, Nathalie Chabanne, Pascal Cherki, Barbara Romagnan), de la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, du président du conseil général de l'Essonne Jérôme Guedj ou encore de Gérard Filoche.

Si l'on s'en tient à la seule politique économique, le débat d'idée se résume ainsi en cinq positions:
-    une politique antilibérale à l'échelon européen (le Front de Gauche et l'aile gauche du PS)... ce qui nécessiterait de convaincre l'ensemble de nos partenaires européens car le libéralisme n'est pas le "programme de la droite allemande" mais le dogme gravé dans le marbre des traités européens!
-    une politique sociale-libérale selon un dégradé de nuances (le PS, le MoDem et une partie de l'UDI voire de l'UMP)
-    une politique néolibérale (l'UMP et une partie de l'UDI)
-    une politique antilibérale à l'échelon français (FN) ... ce qui commanderait de sortir de l'Union européenne!

La question n'est pas nouvelle. "Il ne peut pas y avoir deux politiques au gouvernement. Mais il peut y en avoir deux à l'intérieur du PS", avait déclaré en 1983 Jean-Pierre Chevènement en démissionnant du gouvernement (il finira néanmoins par quitter le PS en 1992). La première partie de cette phrase est une évidence, la seconde partie est dramatique pour la clarté du débat démocratique. Si les idées et non les partis guidaient la vie politique (ou bien si les frontières partisanes correspondaient aux clivages idéologiques), le MoDem de François Bayrou appartiendrait depuis 2012 à la majorité gouvernementale, tandis qu'à l'inverse l'aile gauche du PS serait dans l'opposition. Dit autrement, la majorité de François Hollande est viciée depuis l'origine.

La pression de Jean-Luc Mélenchon à la gauche du PS, la mystique unitaire au sein de la gauche en générale et du PS en particulier (magnifiquement résumée dans la formule "l'union pour l'union") ainsi que le manque de courage politique n'ont pas permis la clarification que nous sommes nombreux – de convictions opposées et à des postes différents (acteurs ou observateurs) – à attendre depuis longtemps. Le symbole de la nomination du "repoussoir" Emmanuel Macron à Bercy constitue néanmoins peut-être un pas supplémentaire vers une recomposition politique. Malgré l'incompréhensible maintien au gouvernement de la "frondeuse" Christiane Taubira, passée du radicalisme de gauche à la gauche radicale...

27 juillet 2014

Solidarité avec les chrétiens d'Irak et d'Orient ن

Rassemblement pour les chrétiens d'Irak et d'Orient, Notre-Dame de Paris, 27/07/2014 - photos Laurent de Boissieu

 

extrait du "Je vous salue Marie" en araméen chanté à Notre-Dame de Paris

 

 

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Liens:

- Mission Chaldéenne en France

- L'Œuvre d'Orient

- L'Aide à l’'Église en Détresse

- Fraternité en Irak

 

26 juillet 2014

#ManifGaza

 

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Manif de solidarité avec Gaza: décryptage des drapeaux

L'ignorance étant mère de tous les amalgames, faisons le point sur les drapeaux vus (ou pas) dans les manifestations de solidarité avec les Palestiniens de Gaza:

 

 

Drapeaux non idéologiques:

 

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profession de foi de l'islam (shahada, l'équivalent du Credo chez les catholiques); traduction: "Il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et Mahomet est le prophète d'Allah"

 

 

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drapeau de la Palestine

 

 

Drapeaux idéologiques palestiniens:

 

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symbole de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP): regroupe les partis palestiniens non islamistes (Fatah, FPLP, etc.)

 

 

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 symbole du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP, marxiste): Georges Habache (+), Ahmed Jibril (+), Ahmad Saadat; a obtenu 4% et 3 sièges (sur 132) aux élections législatives palestiniennes de 2006

 

 

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 symbole du Fatah (parti non religieux): Yasser Arafat (+), Mahmoud Abbas; a obtenu 41% et 45 sièges (sur 132) aux élections législatives palestiniennes de 2006

 

 

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deux symboles du Hamas (islamistes sunnites, issu des Frères Musulmans); a obtenu 44% et 74 sièges (sur 132) aux élections législatives palestiniennes de 2006 - en France, les partisans du Hamas se retrouvent au sein du Collectif Cheikh Yassine

 

 

Autres drapeaux idéologiques:

 

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symbole du Hezbollah (islamistes chiites), parti libanais collaborant avec le Hamas

 

 

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symbole des Frères Musulmans (islamistes sunnites, mouvement fondé en Égypte par Hassan el-Banna), dont le Hamas est issu

 

 

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drapeau des djihadistes sunnites, avec le sceau du prophète Mahomet (la shahada est alors divisée en deux); utilisé notamment par Al-Qaïda et l'État Islamique en Irak et au Levant (EIIL)

[Ajouts:]

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version du drapeau des djihadistes sunnites utilisée par Al-Qaïda en Irak (avant de s'effacer au profit de l'État Islamique en Irak)

 

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autre drapeau djihadiste sunnite, utilisé par Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI)

 

 

25 juillet 2014

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03 juillet 2014

UDI: quel rapport de force interne entre les composantes?

FÉDÉ: présidents de fédération départementale
PARL: total parlementaires
AN: députés (30; y compris Laurent Degallaix et Maina Sage)
S: sénateurs (28, fictivement 30 car deux sont bicartés; y compris Sophie Joissains qui siège au groupe UMP)
PE: parlementaires européens (3)

AC: Alliance Centristes (Jean Arthuis, François Zocchetto)
FED: Force Européenne Démocrate (Jean-Christophe Lagarde)
AD et autres: adhérents directs et autres (Calédonie Ensemble, Droite Sociale à La Réunion, Rassemblement pour la Guadeloupe...)
NC: Nouveau Centre (Hervé Morin, Philippe Vigier)
PRAD: Parti Radical valoisien (Yves Jégo, Laurent Hénart, Rama Yade)

Qui sont les candidats à la présidence de l'UDI?

[Mise à jour de mon article publié le 29 juin sur La-Croix.com]

 

Après le retrait pour raison de santé de Jean-Louis Borloo, les militants UDI éliront en octobre un nouveau président.

Alors que les candidatures seront closes le 13 juillet, les principaux candidats sont d'ores et déjà en lice.

Leurs positions seront très attendues sur plusieurs points. Tout d’abord, leur vision de la structure du parti : une confédération avec des composantes fortes, à l’image de l’ancienne UDF, ou une formation unifiée ?

Ensuite, les relations avec l’UMP : la droite doit-elle s’unir dès le premier tour des élections ou au contraire ratisser large au premier à travers deux offres distinctes et complémentaires avant de s’unir au second ? Cette question se posera surtout pour les régionales de 2015 puis pour la présidentielle de 2017, avec la question du périmètre de la primaire que devrait organiser l’UMP.

Enfin, symétriquement, les relations avec le MoDem de François Bayrou, avec qui l’UDI a signé en novembre 2013 une charte commune.

Tour d'horizon des candidatures, en attendant les programmes détaillés des candidats.

 

Yves Jégo

C’est lui qui devait assurer l’intérim de la présidence de l’UDI jusqu’au congrès prévu le 15 novembre. Mais Yves Jégo (53 ans) a finalement démissionné à son tour pour se porter lui-même candidat.

S’il a adhéré au Parti radical en 2009, après son éviction du gouvernement, cet ancien sarkozyste est issu du RPR et non de l’UDF. Il a formé un ticket avec Chantal Jouanno, une autre ancienne sarkozyste issue de l’UMP.

Cette origine explique sans doute qu’Yves Jégo joue aujourd’hui à fond la carte du nouveau parti en se réclamant d’une « génération UDI » et en proclamant sa fidélité à Jean-Louis Borloo. « L’UDI ne doit pas se réduire à une juxtaposition de clans », insiste dans sa lettre de candidature celui qui refuse que sa formation « s’enferme dans la seule querelle des centres qui oppose violemment certains d’entre nous ».

Pour l’élection présidentielle de 2017, Yves Jégo milite en faveur d’une primaire de toute l’opposition de droite, « de François Bayrou à Nicolas Dupont-Aignan ».

 

Hervé Morin

Sur le papier, le libéral Hervé Morin (53 ans) possède une longueur d’avance sur ses concurrents. En créant en 2007 le Nouveau Centre, l’ancien ministre de la défense est effectivement celui qui a assuré la continuité d’un centre droit autonome, de l’UDF à l’UDI.

Le Nouveau Centre est donc aujourd’hui une des principales composantes de l’UDI, regroupant à elle toute seule 30 présidents de fédération (contre 40 pour le Parti radical) et 16 des 61 parlementaires (contre 14 pour le Parti radical).

Surtout, selon l’institut de sondage BVA (1), Hervé Morin est le candidat préféré des sympathisants de l’UDI pour l’élection présidentielle de 2017 (29%), devant Rama Yade (23 %), François Bayrou du MoDem (21%), Chantal Jouanno (17%) et Yves Jégo (7%).

Celui qui avait déclaré sa candidature à l’élection présidentielle de 2012 avant d’y renoncer entend mettre l’UDI « en capacité de présenter un candidat pour la présidentielle ».

Être « en capacité de présenter » ne signifie pourtant pas forcément « présenter ». « Si je suis président, l’UDI ne sera pas le responsable d’un nouveau 21 avril et encore moins d’un 21 avril à l’envers », avertit en effet Hervé Morin dans sa déclaration de candidature en s’inquiétant d’une qualification de Marine Le Pen au second tour.

 

Jean-Christophe Lagarde

Comme Hervé Morin, le fédéraliste européen Jean-Christophe Lagarde (46 ans) est issu de l’UDF. Il joua d’ailleurs au sein du Nouveau Centre le rôle de poil à gratter face à son président-fondateur, avant de finalement lancer en 2012 sa propre boutique : Force européenne démocrate (FED).

Le député et maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) défend dans l’idée d’« un travail commun sur le projet » avec le MoDem. Sa petite composante (11 présidents de fédération, 5 parlementaires) a, il est vrai, également attiré des amis de François Bayrou, de l’ancien ministre et sénateur du Rhône Michel Mercier à Philippe Meynard (conseiller régionale d’Aquitaine et maire de Barsac) en passant par Olivier Henno (maire de Saint-André-lez-Lille).

« Fin 2016, nous verrons quel sera le meilleur moyen d’atteindre l’objectif que doit se fixer l’UDI : avoir son candidat au second tour de la présidentielle », estime-il dans Le Journal du Dimanche en ambitionnant sans doute de succéder à François Bayrou sur le créneau électoral centriste…

 

Jean Arthuis

Grand candidat le plus à gauche en concurrence avec Jean-Christophe Lagarde, Jean Arthuis (69 ans) est l'ex-UDF de l'UDI qui est resté le plus longtemps avec François Bayrou, puisqu'il avait participé en décembre 2007 au congrès fondateur du MoDem, qu'il a cependant quitté dès avril 2008.

Celui qui vient d'être élu au Parlement européen se démarque des autres grands candidats à la présidence de l'UDI sur deux points.

D'une part, Jean Arthuis prône une « fusion des composantes » car « la nostalgie de l’UDF ne doit pas nous faire oublier que c’est son caractère confédéral qui a abouti à son éclatement », analyse-t-il dans sa déclaration de candidature.

Cette « maison unique » aura en particulier « un système de financement unifié », alors qu'actuellement l'UDI tire son aide publique de deux structures (2): le Nouveau Centre et l'Union des Radicaux, Centristes, Indépendants et Démocrates (URCID), formée par le Parti radical et Force européenne démocrate (FED). « L’UDI ne peut être une addition de chapelles, regrette Jean Arthuis. J’ai pu mesurer à quel point nous sommes empêtrés dans des considérations de personnes et de financements. »

Sa propre petite composante, l'Alliance centriste (5 présidents de fédération, 11 parlementaires), a déjà déposé une motion en ce sens lors du conseil national du 14 juin 2014. Mais ce texte allait encore plus loin puisqu'il recommandait non seulement d'« approfondir le partenariat avec le MoDem » mais aussi « de programmer la constitution d’un parti unique ». Plus prudente, sa déclaration de candidature se contente de proposer de « s'ouvrir aux militants du MoDem », sans préciser s'il s'agit de les attirer individuellement ou d'une fusion-absorption du MoDem en tant que tel.

D'autre part, seconde caractéristique de sa candidature, selon l'ancien ministre Jean Arthuis le président de l'UDI « n’a pas vocation à promouvoir sa candidature à la présidence de la République ». Son objectif: « rompre avec une pratique qui a transformé les partis politiques en instrument de promotion personnelle, avec tous les phénomènes d’écurie, de cour et de clan ».

 

Jean-Christophe Fromantin

Maire de Neuilly-sur-Seine depuis 2008, Jean-Christophe Fromantin (52 ans) a longtemps été étiqueté divers droite, avant de participer en 2012 à la création de l’Union des démocrates et indépendants (UDI).

Sur son site de campagne interne, sa biographie souligne néanmoins qu’il « reste très attaché à cette ligne politique libre et indépendante et revendique souvent le « i » de UDI ». Au sein de son équipe on retrouve ainsi le maire du IIe arrondissement de Lyon au profil proche, l’ancien milloniste Denis Broliquier.

Candidat le plus à droite, Jean-Christophe Fromantin n’est pas favorable à la stratégie d’alliance avec François Bayrou, considérant que l’UDI est « sur un positionnement clair, de centre-droit ». Contrairement en effet au MoDem, qui a été fondé sur un positionnement de centre, à équidistance de la droite et de la gauche, et dont certains élus municipaux sont toujours localement alliés avec le PS.

Jean-Christophe Fromantin a reçu le soutien d’une figure de l’ancienne UDF : Nicole Fontaine, ex-présidente du Parlement européen de 1999 à 2002, mais aussi déléguée générale de l’enseignement catholique de 1981 à 1984. De fait, son engagement contre l’ouverture du mariage civil aux couples homosexuels lui vaut la sympathie de catholiques à l’exemple du blogueur Erwan Le Morhedec (Koz).

 

Emmanuel Pasco-Viel

Successivement passé par Cap21 de Corinne Lepage puis l’Alliance centriste de Jean Arthuis, Emmanuel Pasco-Viel (27 ans) est un adhérent direct de l’UDI. Ce militant de base n’est toutefois pas certain d’obtenir les 500 parrainages d’adhérents issus de 10 fédérations différentes au moins.

Comme Jean Arthuis, il veut « aller vers la fusion des chapelles à l’intérieur de l’UDI »… à l’exception du Parti radical en reconnaissance de sa « légitimité historique ». Là où les grands candidats demeurent pour l’instant silencieux, lui milite pour des listes UDI-MoDem aux prochaines élections régionales. En attendant une fusion-absorption du MoDem: « Les reproches envers le MoDem existent, mais le retour de François Bayrou au centre droit doit permettre d’arriver à une candidature centriste nous regroupant tous pour 2017, en se rapprochant et en absorbant le MoDem », écrit-il.

 

LAURENT DE BOISSIEU

 

(1) Sondage BVA pour L'Express et France Inter réalisé les 19 et 20 juin 2014 auprès d’un échantillon représentatif de 952 personnes.

(2) L'Alliance centriste de Jean Arthuis n'a en revanche pas rempli les critères d'accès au financement public.

14 juin 2014

Qui dirige les fédérations de l'UDI?

L'Union des Démocrates et Indépendants (UDI) organise ce samedi son conseil national, avant d'élire à l'automne prochain un successeur de Jean-Louis Borloo à sa présidence.

Je vous propose une carte inédite de l'appartenance partisane des présidents de fédération départementale:

Tous droits réservés Laurent de Boissieu

N.B.: la fédération de la Haute-Marne n'a pas de président (site de l'UDI consulté le 14 juin 2014)

AC: Alliance Centristes (Jean Arthuis, François Zocchetto)
FED: Force Européenne Démocrate (Jean-Christophe Lagarde)
NC: Nouveau Centre (Hervé Morin, Philippe Vigier)
AD et autres: adhérents directs et autres (Calédonie Ensemble, Droite Sociale à La Réunion, Rassemblement pour la Guadeloupe...)
PRAD: Parti Radical valoisien (Yves Jégo, Laurent Hénart, Rama Yade)