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14 décembre 2014

Laissez-moi ma crèche chrétienne de Noël!

Le tribunal administratif de Nantes a interdit, le 24 octobre 2014, d'installer dans le hall public du conseil général de Vendée une crèche de la Nativité.

L'article 28 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État est en effet très clair:

Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions.

De fait, Maître Henri de Beauregard - avocat notamment de "La Manif Pour Tous" - a souligné lors d'une discussion publique sur Facebook, que "le moyen d'échapper à l'article 28 réside dans l'exception qu'il prévoit lui-même: l'exposition. Il me parait en effet évident que ceux qui venaient voir la crèche du CG85 n'y venaient pas pour s'y recueillir, mais pour admirer une «œuvre d'art» populaire".

En l'espèce, l'intention n'est évidemment pas une exposition, et cela n'a pas été plaidé. Bref, il s'agit bien de la part d'un élu d'apposer (d'imposer) dans un lieu public un symbole de sa religion personnelle (et que ce soit ou non une religion dans laquelle la France puise des racines fondamentales ne change strictement rien à la loi).

 

On a bien entendu parfaitement le droit de vouloir réviser ou abroger la loi de 1905. Reste que cette décision de justice n'a rien de christianophobe, qu'elle n'est que l'application logique et rationnelle de la législation française en vigueur. Comme le confirme au passage Dominique Quinio, directrice du quotidien La Croix, dans un éditorial:

Est-il contraire à la loi de séparation des Églises et de l'État d'installer une crèche dans les bâtiments d'un conseil général, d'une mairie, sur une place? Saisie, la justice répond logiquement par l'affirmative, incitant ces lieux publics à respecter la plus stricte neutralité.

 

Si la réponse est évidente pour un conseil général ou une mairie, je serais néanmoins plus nuancé sur la question d'une place publique: sur les territoires où il existe une tradition ou un usage local, comme le note d'ailleurs l'Observatoire de la laïcité, cela devrait selon moi constituer une exception culturelle au principe général d'interdiction. Tel est le sens, avec quelques ambiguïtés de la part du chantre de la "laïcité positive", de la réponse, en 2007, du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy au sénateur Jean-Luc Mélenchon à propos d'une "crèche géante" sur le parvis de la mairie de Châtillon-sur-Loire:

Le principe de laïcité n'impose pas aux collectivités territoriales de méconnaître les traditions issues du fait religieux qui, sans constituer l'exercice d'un culte, s'y rattachent néanmoins de façon plus ou moins directe. Tel est le cas de la pratique populaire d'installation de crèches, apparue au XIIIe siècle. Tel est le cas aussi de la fête musulmane de l'Aïd-el-Adha. L'intervention publique dans de tels domaines doit toujours se justifier par des considérations d'intérêt général (ordre public, communautés ou traditions locales, animation urbaine, etc.) et elle s'effectue sous le contrôle du juge administratif, que peut saisir tout citoyen ayant intérêt pour agir. (Question écrite n° 25728 du 21/12/2006, réponse du 15/03/2007)

Or, l'installation d'une crèche de la Nativité au conseil général de Vendée ne relève pas d'une tradition locale puisqu'elle ne remonte qu'à 1988, c'est-à-dire à l'élection de Philippe de Villiers à sa présidence. Le tribunal administratif d'Amiens avait déjà jugé de manière identique, le 16 novembre 2010, au sujet d'une crèche sur la place du village de Montiers (Oise).

Concernant l'organisation d'une manifestation religieuse pour les fêtes de Noël (par exemple un spectacle ou une crèche vivante), Le Courrier des maires et des élus locaux rappelait justement, en janvier dernier, qu'"il n'existe pas de réglementation spécifique aux manifestations religieuses dans l'espace public": en la matière "lorsque qu'il use de ses pouvoirs de police, le maire doit tenir compte des libertés de religion, de réunion et de manifester". Avec en outre cette précision:

Le Code de la sécurité intérieure rappelle que les manifestations sur la voie publique peuvent être organisées librement, à la condition d'avoir été préalablement déclarées auprès du maire ou du préfet en cas de police d'État, entre 3 et 15 jours avant la date prévue, en mentionnant l'objet, le lieu et l'itinéraire de la manifestation.
L'exception des sorties
«conformes aux usages locaux» - Les textes permettent de moduler l'intensité du contrôle en dispensant de déclaration les «sorties sur la voie publique conformes aux usages locaux».
Historiquement, cette exception vise au premier chef les processions religieuses, et la jurisprudence admet comme
«conforme aux usages locaux», l'organisation d'une procession qui avait été interrompue pendant 77 ans (CE, 11 fév. 1927, Abbé Veyras: Rec. CE 1927, p. 176; CE, 3 déc. 1954, Rastouil: Rec. CE 1954, p. 639).

 

Cette décision du tribunal administratif de Nantes a suscité de nombreuses réactions. Des maires d'extrême droite ont instrumentalisé la religion en plaçant aussitôt des crèches de Noël dans leur mairie (comment à la fois exiger à juste titre que les musulmans respectent la laïcité et plaider paradoxalement pour que les chrétiens l'enfreignent?). Des croyants, parfois sincèrement, parfois par volonté de durcir le monde catholique en le manipulant, ont extrapolé et raconté n'importe quoi sur les calvaires, les clochers, les processions, des noms de communes ou de rues, des musées ou du vocabulaire qui se trouveraient tout à coup menacés d'éradication. Cela donne parfois de beaux textes enlevés, ravissant cette frange ultra des catholiques qui se voit et se vit comme une minorité persécutée en France. Juridiquement, toutefois, il ne s'agit que de délires.

 

Demeure une question: la crèche de Noël ne serait-elle pas passée au fil du temps du religieux au culturel?

Les racines chrétiennes de la France font en effet que des emblèmes religieux sont aussi devenus des emblèmes d'une fête traditionnelle française, non religieuse bien qu'issue d'un fait religieux (l'exemple de nombreux jours fériés est emblématique). En France, Noël n'est-il pas fêté en famille par des non croyants et des croyants, chrétiens ou d'autres religions? Un Noël déchristianisé – et de plus en plus consumériste... – cohabite aujourd'hui avec le Noël chrétien (le mien). Lors de discussions plutôt animées sur Facebook, je me suis aperçu que des frères chrétiens avaient du mal à séparer ces deux Noëls. Je comprends que pour eux, intimement, il n'existe qu'une seule et même fête. Il s'agit pourtant de s'extraire de notre condition individuelle de chrétien afin de regarder la réalité de la société française dans son ensemble.

Ce Noël déchristianisé a, il est vrai, repris des attributs du Noël chrétien (parfois récents et historiquement controversés, mais là n'est pas le débat). C'est en particulier le cas du sapin ou de l'Étoile de Bethléem en décoration. Ces éléments peuvent être sécularisés puisqu'ils sont détachables de la célébration chrétienne de la Nativité. Ils étaient y compris utilisés lors des "Noëls humaines" organisés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle par l'Association nationale des libres-penseurs de France: "un arbre de Noël était dressé et les enfants recevaient des bonbons et des jouets", raconte Jacqueline Lalouette dans son passionnant ouvrage sur les Jours de fête (2010, Tallandier).

Il en est par nature tout autrement d'une crèche de la Nativité, qui est intrinsèquement religieuse, chrétienne, puisqu'elle illustre la naissance de Jésus Christ, représentant, dans un premier temps, les juifs Marie et Joseph, puis également, à partir du 24 décembre à minuit, l'Enfant Jésus.

 

Certains ont peut-être la volonté de déchristianiser le Christ, souhaitant sans doute qu'on le retrouve demain dans des publicités, trinquant au Coca-Cola avec le Père Noël entre un sapin et une pin-up.

Pas moi: c'est en chrétien que je vous le demande, laissez à ma crèche de Noël son caractère religieux, et retirez-la de vos mairies.

 

 

 

 

24 novembre 2014

Bécon-les-Bruyères contre les familles et les personnes âgées?

poussette.jpgLa gare Transilien de Bécon-les-Bruyères - "ma" gare - est en cours de rénovation avec "mise en conformité pour l'accessibilité des personnes à mobilité réduite d'ici 2015".

Une bonne initiative.

Familles avec poussettes, personnes âgées ou riverains avec valises: ce qui manque en priorité, ce sont des escalators. Je ne suis pas ingénieur, donc je ne sais pas ce qu'il en est pour la place d'un second escalator d'accès aux quais (afin d'en avoir un montant et un descendant), mais il est certain qu'il y aurait déjà aujourd'hui de la place pour deux escaliers mécaniques permettant au moins d'accéder au couloir souterrain.

Nul besoin de revoir toute l'infrastructure existante pour ces travaux de première nécessité.

Au lieu de cela, il a été décidé de rénover toute la gare ...sans aucun escalator si j'ai bien compris!

Bref, de beaux équipements  m o d e r n e s  mais uniquement des escaliers avec - afin sans doute d'apposer le label "accessibilité" - à partir de la nouvelle passerelle un ascenseur qui sera, comme toujours dans ces cas-là, souvent en panne, et, de toute façon, totalement saturé (pas de flux, contrairement à un escalator).

Je ne sais pas quels ont été la volonté et le pouvoir de négociation des deux maires de Courbevoie et d'Asnières-sur-Seine, mais je sais que le choix retenu par la SNCF et RFF s'est effectué contre l'intérêt des familles et des personnes âgées.

 

AJOUT:
contrairement à ce qui m'avait été dit, voici un document prévoyant bien des escalators, dans la mesure du possible en fonction de la configuration des quais:

B3OZI7eIQAA-M1e.jpg:large

 

 

23 novembre 2014

Des convictions, ça se défend aussi avec ses tripes et son cœur, avec des applaudissements et des sifflets

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15 novembre 2014

"Mariage pour tous": résumé des positions de Sarkozy, Le Maire et Mariton

Après les interventions de Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Martion devant l'association UMP anti-"mariage pour tous" Sens Commun, les positions des uns et des autres se précisent ...un peu!

En préalable, rappelons que la question de l'abrogation ou de la non-abrogation de la loi Taubira est essentiellement symbolique: Nicolas Sarkozy a fini par accepter le mot que récuse Bruno Le Maire, alors que l'un et l'autre acceptent de nommer mariage l'institution civile unissant deux personnes de même sexe.

Faisons le point sur ce que proposent concrètement les trois candidats à la présidence de l'UMP.

Avertissement: leur parole n'est malheureusement pas toujours aussi explicite, il s'agit de ce que je comprends.

 

Nicolas Sarkozy

- mariage: pour un mariage homosexuel

- adoption: pas de prise de position

- résumé mariage et adoption: pour un mariage homosexuel a priori sans les mêmes droits que le mariage hétérosexuel mais flou sur le contenu de cette différence de droits

- PMA: contre la Procréation Médicalement Assistées (couples homosexuels)

- GPA: contre la Gestion pour Autrui (couples hétérosexuels et homosexuels)

- PMA et GPA pratiquées à l’étranger: contrer les jurisprudences de la Cour européenne des droits de l'Homme et de la Cour de cassation

 

Bruno Le Maire

- mariage: pour un mariage homosexuel

- adoption: plutôt contre l'adoption plénière des couples homosexuels, pour l'adoption simple des couples homosexuels (donc réécrire la loi Taubira) (1)

- résumé mariage et adoption: pour un mariage homosexuel avec les mêmes droits que le mariage hétérosexuel sauf l'adoption plénière

- PMA: contre la Procréation Médicalement Assistées (couples homosexuels)

- GPA: contre la Gestion pour Autrui (couples hétérosexuels et homosexuels)

- PMA et GPA pratiquées à l’étranger: contrer les jurisprudences de la Cour européenne des droits de l'Homme et de la Cour de cassation

 

Hervé Mariton

- mariage: contre un mariage homosexuel, pour une union civile homosexuelle (donc abroger la loi Taubira)

- adoption: pas d'adoption homosexuelle (donc abroger la loi Taubira)

- résumé mariage et adoption: contre un mariage homosexuel, pour une union homosexuelle avec les mêmes droits que le mariage hétérosexuel sauf l'adoption (plénière et simple)

- PMA: contre la Procréation Médicalement Assistées (couples homosexuels)

- GPA: contre la Gestion pour Autrui (couples hétérosexuels et homosexuels)

- PMA et GPA pratiquées à l’étranger: contrer les jurisprudences de la Cour européenne des droits de l'Homme et de la Cour de cassation

 

En conclusion, au-delà des mots employés, seul Hervé Mariton veut abroger la loi Taubira (plus ni mariage ni adoption homosexuelles), tandis que Bruno Le Maire veut simplement la réécrire pour retirer aux couples homosexuels l'adoption plénière. Enfin, le silence de Nicolas Sarkozy sur l'adoption homosexuelle peut être interprété comme son acceptation (s'il était contre, ne le dirait-il pas?). C'est donc lui qui veut le moins (voire pas du tout) réécrire la loi Taubira. La question des jurisprudences de la Cour européenne des droits de l'Homme et de la Cour de cassation (conséquences des PMA et GPA pratiquées à l'étranger) étant un subterfuge pour sembler vouloir abroger la loi Taubira.

  Sarkozy Le Maire Mariton
Mariage
homosexuel
Oui Oui Non: union homosexuelle
Adoption
homosexuelle
? Adoption simple, pas d'adoption plénière Non
PMA
(homos)
Non Non Non
GPA
(homos et hétéros)
Non Non Non

 

 

Rappel: concernent le recours à l'étranger de la PMA ou de la GPA interdites en France, la Cour de cassation a statué pour l'adoption par l’épouse de la mère biologique, tandis que la Cour européenne des droits de l'Homme a obligé la France à retranscrire dans l’état civil français la filiation étrangère.

 

(1) Bruno Le Maire: "Il y a adoption simple et adoption plénière, je trouve que l'adoption plénière pose des difficultés", LCP, 12/11/2014. Cette position est déjà celle de Nathalie Kosciusko-Morizet.

03 novembre 2014

Nationalisme contre nationalisme

Il est intéressant en ce moment de suivre sur Twitter les échanges entre militants FN.

Deux lignes incompatibles les opposent. D'un côté, un nationalisme stato-national; de l'autre, un nationalisme racialo-identitaire.

Si les individus piochent parfois dans les deux logiques, présentation théorique de ces deux nationalismes.

 

*
**

La vision du nationaliste stato-national:

- la France est multiraciale (il y a des Français de toutes couleurs de peau) mais n'est pas multiculturelle

- défense de l'identité nationale, c'est-à-dire la culture française

- abrogation du droit du sol: être Français s'hérite (droit du sang) ou se mérite (naturalisations en fonction de la volonté d'assimilation)

- arrêt de l'immigration (abrogation du regroupement familial) car sa masse actuelle rend impossible l'intégration (étrangers n'ayant pas vocation à devenir Français) ou l'assimilation (étrangers ayant vocation à devenir Français); immigration légale éventuelle selon la capacité d'accueil de la France et le potentiel assimilationniste du candidat à l'immigration (langue, culture, etc.)

- au sein de certains quartiers, les Français ne se sentent plus chez eux car des immigrés non culturellement assimilés vivent collectivement comme dans leur pays d'origine

- distinction Français vs étrangers

- préférence nationale pour les emplois, le logement, les aides sociales et les allocations familiales

- (re)départementalisation des CROM au nom de l'unité nationale

- souveraineté nationale et sortie de l'Union européenne

- lutte contre tous les communautarismes: la seule communauté reconnue est la communauté nationale

- laïcité

- jeu favori: ressortir des citations historiques afin de montrer que la gauche a abandonné le peuple et que la droite a abandonné la nation

 

La vision du nationaliste racialo-identitaire:

- la France n'est pas multiraciale (traduction: un Français, c'est blanc de peau), une société multiraciale étant une société multiraciste

- défense de l'identité nationale, c'est-à-dire de l'essence française (culture et sang des ancêtres)

- abrogation du droit du sol: droit du sang car le sang est une composante de l'héritage des ancêtres et donc de l'identité ("To be born in a stable does not make a man a horse"); interdiction des naturalisations d'extra-européens (traduction: non blancs de peau) par essence inassimilables (1)

- abrogation du regroupement familial: arrêt de l'immigration extra-européenne (traduction: non blanche de peau) et dénonciation du "grand remplacement" des peuples européens (traduction: blancs de peau) (2)

- au sein de certains quartiers, les Français de souche (traduction: blancs de peau) ne se sentent plus chez eux car les blancs sont minoritaires par rapport aux immigrés allogènes, noirs, arabes ou asiatiques

- distinction Français de souche (traduction: blancs de peau) vs immigrés extra-européens (traduction: non blancs de peau)

- préférence nationale pour les emplois, le logement et les aides sociales

- préférence européenne (traduction: blanche de peau) pour les allocations familiales

- indépendance des CROM (sauf Saint-Pierre-et-Miquelon) au nom du droit des peuples à la différence

- substituer à l'Union européenne une Union des peuples européens (avec redécoupages transnationaux afin que les frontières correspondent aux patries charnelles ou ethnies) et mise en place d'une véritable protection migratoire aux frontières

- valorisation infra-raciale des ethnies (corses, basques, bretons, occitans, germaniques, etc.) et valorisation de la communauté européenne (traduction: de la communauté des blancs de peau)

- valorisation des "religions européennes": paganisme, voire christianisme ("Europe chrétienne") mais coupé du judaïsme

- jeu favori: photographier des "blacks" et des "beurs" dans le RER afin de prouver la réalité du "grand remplacement" et traiter de "collabo" les antirac(ial)istes, y compris nationalistes

 

(1) L'écrivain Renaud Camus a récemment offert une roue de secours aux racialo-identitaires en opérant une distinction intellectuelle entre les individus, qui sont assimilables, et les peuples, qui le ne sont pas. Cela permet dorénavant à une partie d'entre eux de respectabiliser leur discours, même si concrètement cela ne change rien puisque l'immigration concerne des individus d'origines diverses et non un peuple colonisateur nommé et identifié. Dans la logique racialiste, la "remigration" concernerait donc bien tous les "extra-européens" (traduction: non-blancs de peau).

(2) Les statistiques sur les supposées races étant interdites en France, des racialistes ont récemment lancé un "Observatoire du Grand Remplacement" qui traque tout ce qui prouve (!) la présence en France d'"extra-européens" (traduction: de non-blancs de peau, les racialistes ne distinguant par définition pas s'ils sont par exemple Français ou étrangers, "domiens" ou d'origine immigrée).

 

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- nationalisme stato-national. La France est multiraciale (il y a des Français de toutes couleurs de peau) mais n'est pas multiculturelle

- nationalisme racialo-identitaire. La France n'est pas multiraciale (traduction: un Français, c'est blanc de peau), une société multiraciale étant une société multiraciste

 

- nationalisme stato-national. Défense de l'identité nationale, c'est-à-dire la culture française

- nationalisme racialo-identitaire. Défense de l'identité nationale, c'est-à-dire de l'essence française (culture et sang des ancêtres)

 

- nationalisme stato-national. Abrogation du droit du sol: être Français s'hérite (droit du sang) ou se mérite (naturalisations en fonction de la volonté d'assimilation)

- nationalisme racialo-identitaire. Abrogation du droit du sol: droit du sang car le sang est une composante de l'héritage des ancêtres et donc de l'identité ("To be born in a stable does not make a man a horse"); interdiction des naturalisations d'extra-européens (traduction: non blancs de peau) par essence inassimilables (1)

 

- nationalisme stato-national. Arrêt de l'immigration (abrogation du regroupement familial) car sa masse actuelle rend impossible l'intégration (étrangers n'ayant pas vocation à devenir Français) ou l'assimilation (étrangers ayant vocation à devenir Français); immigration légale éventuelle selon la capacité d'accueil de la France et le potentiel assimilationniste du candidat à l'immigration (langue, culture, etc.)

- nationalisme racialo-identitaire. Abrogation du regroupement familial: arrêt de l'immigration extra-européenne (traduction: non blanche de peau) et dénonciation du "grand remplacement" des peuples européens (traduction: blancs de peau) (2)

 

- nationalisme stato-national. Au sein de certains quartiers, les Français ne se sentent plus chez eux car des immigrés non culturellement assimilés vivent collectivement comme dans leur pays d'origine

- nationalisme racialo-identitaire. Au sein de certains quartiers, les Français de souche (traduction: blancs de peau) ne se sentent plus chez eux car les blancs sont minoritaires par rapport aux immigrés allogènes, noirs, arabes ou asiatiques

 

- nationalisme stato-national. Distinction Français vs étrangers

- nationalisme racialo-identitaire. Distinction Français de souche (traduction: blancs de peau) vs immigrés extra-européens (traduction: non blancs de peau)

 

- nationalisme stato-national. Préférence nationale pour les emplois, le logement, les aides sociales et les allocations familiales

- nationalisme racialo-identitaire. Préférence nationale pour les emplois, le logement et les aides sociales; préférence européenne (traduction: blanche de peau) pour les allocations familiales

 

- nationalisme stato-national. (Re)départementalisation des CROM au nom de l'unité nationale

- nationalisme racialo-identitaire. Indépendance des CROM (sauf Saint-Pierre-et-Miquelon) au nom du droit des peuples à la différence

 

- nationalisme stato-national. Souveraineté nationale et sortie de l'Union européenne

- nationalisme racialo-identitaire. Substituer à l'Union européenne une Union des peuples européens (avec redécoupages transnationaux afin que les frontières correspondent aux patries charnelles ou ethnies) et mise en place d'une véritable protection migratoire aux frontières

 

- nationalisme stato-national. Lutte contre tous les communautarismes: la seule communauté reconnue est la communauté nationale

- nationalisme racialo-identitaire. Valorisation infra-raciale des ethnies (corses, basques, bretons, occitans, germaniques, etc.) et valorisation de la communauté européenne (traduction: de la communauté des blancs de peau)

 

- nationalisme stato-national. Laïcité

- nationalisme racialo-identitaire. Valorisation des "religions européennes": paganisme, voire christianisme ("Europe chrétienne") mais coupé du judaïsme

 

(1) L'écrivain Renaud Camus a récemment offert une roue de secours aux racialo-identitaires en opérant une distinction intellectuelle entre les individus, qui sont assimilables, et les peuples, qui le ne sont pas. Cela permet dorénavant à une partie d'entre eux de respectabiliser leur discours, même si concrètement cela ne change rien puisque l'immigration concerne des individus d'origines diverses et non un peuple colonisateur nommé et identifié. Dans la logique racialiste, la "remigration" concernerait donc bien tous les "extra-européens" (traduction: non-blancs de peau).

(2) Les statistiques sur les supposées races étant interdites en France, des racialistes ont récemment lancé un "Observatoire du Grand Remplacement" qui traque tout ce qui prouve (!) la présence en France d'"extra-européens" (traduction: de non-blancs de peau, les racialistes ne distinguant par définition pas s'ils sont par exemple Français ou étrangers, "domiens" ou d'origine immigrée).

29 octobre 2014

Congrès de l'UDI: cartes exclusives des adhérents et de la participation

L'UDI n'a malheureusement pas comptabilisé les résultats du vote pour sa présidence par départements.

Grâce aux données exclusives collectées, j'ai toutefois pu réaliser quelques cartes:

Tous droits réservés Laurent de Boissieu

Tous droits réservés Laurent de Boissieu

Tous droits réservés Laurent de Boissieu

 

En conclusion, les bastions militants de l'UDI sont:

Département ADH ADH
rang
PART PART
rang
 PROP
93 Seine-Saint-Denis 10,58% 1 75,98% 13 457
92 Hauts-de-Seine 6,96% 2 62,86% 53 291
75 Paris 6,52% 3 53,99% 79 192
34 Hérault 4,00% 4 47,99% 88 249
13 Bouches-du-Rhône 3,38% 5 59,39% 59 113
30 Gard 2,98% 6 58,25% 65 274
06 Alpes-Maritimes 2,48% 7 55,18% 72 152
83 Var 2,28% 9 54,18% 77 149
59 Nord 2,26% 10 57,63% 66 58
80 Somme 2,07% 11 69,50% 29 239
77 Seine-et-Marne 1,95% 12 87,59% 2 96
33 Gironde 1,95% 13 50,56% 84 88
78 Yvelines 1,88% 14 66,47% 34 88
69 Rhône 1,79% 15 62,70% 54 68
27 Eure 1,66% 16 80,13% 7 187
41 Loir-et-Cher 1,01% 27 73,09% 19 201

ADH: pourcentage du total des adhérents de l'UDI
PART: pourcentage de participation au premier tour
PROP: adhérents de l'UDI proportionnellement à la population du département - moyenne nationale: indice 100

N.B. le Loir-et-Cher est mentionné en raison du fort pourcentage d'adhérents de l'UDI proportionnellement à la population de ce département; le plus fort taux de participation est dans le Tarn (90,48% des 126 adhérents).

28 octobre 2014

[Mise à jour] Qui sont les "frondeurs" du PS?

Mise à jour de mon infographie sur les "frondeurs" du PS (rappel: au 21 octobre 2014, le Groupe socialiste, Républicain et Citoyen compte 289 membres, dont 3 MRC).

À ce jour, le noyau dur des "frondeurs" est constitué de 33 députés, tantôt élargi à 8 (41 "frondeurs" au total) voire à 18 (51 au total). Ces "frondeurs" intermittents sont la chance du gouvernement.

frondeurs-20141028.png

09/10/2012: projet de loi autorisant la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire (TSCG), signé par Nicolas Sarkozy.
08/04/2014: déclaration de politique générale du gouvernement de Manuel Valls (I).
29/04/2014: déclaration du gouvernement sur le projet de programme de stabilité pour 2014-2017.
08/07/2014: projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2014
16/09/2014: déclaration de politique générale du gouvernement de Manuel Valls (II).
21/10/2014p: projet de loi de programmation des finances publiques 2014-2019.
21/10/2014: projet de loi de finances pour 2015 (première partie).
28/10/2014: ensemble du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2015.

Pour mémoire, aucun député PS ne s'était abstenu sur le projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2012 à 2017 (23/10/2012).

P: vote pour.
A: abstention volontaire.
C: vote contre.

23 octobre 2014

Députés PS: le jeu des sept familles

Dans une précédente note, j'ai imaginé le jour où Manuel Valls perdra la majorité à l'Assemblée nationale. L'intérêt de cet exercice de vote-fiction était de dresser une typologie des 286 députés socialistes (le groupe SRC en compte 289, dont trois chevènementistes du MRC).

 

1. L'aile gauche du PS (10 députés)

  • Pouria Amirshahi (Un Monde d'Avance)
  • Fanélie Carrey-Conte (Un Monde d'Avance)
  • Nathalie Chabanne (Un Monde d'Avance)
  • Pascal Cherki (Un Monde d'Avance)
  • Jean-Pierre Dufau (Un Monde d'Avance)
  • Henri Emmanuelli (Un Monde d'Avance)
  • Philippe Noguès (aubryste)
  • Barbara Romagnan (Un Monde d'Avance)
  • Gérard Sebaoun
  • Suzanne Tallard (Maintenant La Gauche)

Généralement membres des courants de l'aile gauche du PS ("Maintenant La Gauche" d'Emmanuel Maurel ou "Un Monde d'Avance" d'Henri Emmanuelli et Benoït Hamon), ces députés PS défendent une autre politique économique et sociale. Leur point commun: ils se sont tous les dix (onze avec l'ancien député Jérôme Guedj) abstenus le 8 avril 2014 sur la déclaration de politique générale du gouvernement Valls I.
Sur le fond, ils sont donc idéologiquement plus proches de Jean-Luc Mélenchon que de François Hollande et Manuel Valls. L'exécutif n'a d'ailleurs qu'une crainte: qu'ils passent, comme le Front de Gauche, de l'abstention au vote contre. Dès octobre 2012, sept d'entre eux avaient déjà voté contre la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire.

 

2. Les frondeurs radicaux (18 députés)

  • Serge Bardy
  • Laurent Baumel
  • Jean-Pierre Blazy
  • Kheira Bouziane-Laroussi
  • Dominique Chauvel
  • Anne-Lise Dufour-Tonini
  • Hervé Féron
  • Jean-Marc Germain
  • Daniel Goldberg
  • Linda Gourjade
  • Edith Gueugneau
  • Mathieu Hanotin
  • Christophe Léonard
  • Kléber Mesquida
  • Christian Paul
  • Michel Pouzol
  • Denys Robiliard
  • Michel Vergnier
Ces dix-huit députés ont voté en avril 2014 pour la déclaration de politique générale du gouvernement Valls I mais se sont par contre abstenus, en septembre 2014, sur celle du gouvernement Valls II. Il s'agit du noyau dur des "frondeurs" qui, contrairement à l'aile gauche du PS, ne réclament pas une autre politique mais souhaitent des ajustements à la politique économique suivie. Parmi eux se trouvent six membres d'"Un Monde d'Avance" ainsi que six aubrystes.
 
 

3. Les frondeurs modérés (11 députés)

  • Delphine Batho
  • Philippe Baumel
  • Jean-Louis Bricout
  • Geneviève Gaillard
  • Aurélie Filippetti (ministre du gouvernement Valls I)
  • Jean-Patrick Gille
  • Benoît Hamon (ministre du gouvernement Valls I)
  • Régis Juanico
  • Arnaud Leroy
  • Pierre-Alain Muet
  • Patrice Prat
Ces onze frondeurs (dont deux membres d'"Un Monde d'Avance", deux aubrystes et deux proches d'Arnaud Montebourg) se sont abstenus le 21 octobre 2014 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2015, bien qu'ils aient tous voté le 16 septembre 2014 pour la déclaration de politique générale du gouvernement Valls II. Figurent également dans cette catégorie les deux députés "virés" du gouvernement Valls, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti (Arnaud Montebourg ne siège pas au Parlement), dans l'attente de leurs votes futurs (ils n'ont retrouvé les bancs de l'Assemblée nationale que le 27 septembre, après le vote de confiance).
 

4. Les frondeurs intermittents (12 députés)

  • Christian Assaf
  • Isabelle Bruneau
  • Florence Delaunay
  • Sandrine Doucet
  • Richard Ferrand
  • Chantal Guittet
  • Chaynesse Khirouni
  • François Lamy
  • Michel Lesage
  • Stéphane Travert
  • Catherine Troallic
  • Paola Zanetti

Si ces douze députés (dont quatre aubrystes) ont voté la première partie du projet de loi de finances pour 2015, ils s'étaient en revanche précédemment abstenus sur la déclaration du gouvernement sur le projet de programme de stabilité jusqu'en 2017 (29 avril) et/ou sur le projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale (8 juillet). L'un d'entre eux, l'aubryste François Lamy, avait voté ces deux textes mais s'était abstenu sur la déclaration de politique générale du gouvernement Valls II (16 septembre).

 

5. Les aubrystes non frondeurs (14 députés)

  • Gwenegan Bui
  • Laurent Cathala
  • Romain Colas
  • Catherine Coutelle
  • Pascale Crozon
  • Laurence Dumont
  • Olivier Dussopt
  • Conchita Lacuey
  • Audrey Linkenheld
  • Jean-René Marsac
  • Philippe Martin
  • Maud Olivier
  • Dominique Potier
  • Fabrice Verdier

Si Martine Aubry a souhaité à son tour, comme les frondeurs, des ajustements à la politique économique du gouvernement de Manuel Valls, quatorze des vingt-sept députés aubrystes ont en réalité toujours soutenu par leurs votes la ligne sociale-libérale de l'exécutif. Ce qui confirme, comme lors du congrès de Reims de 2008, que Martine Aubry ne représente pas vraiment l'aile gauche du PS mais plutôt une passerelle entre l'aile gauche et l'aile droite.

 

6. Le marais (189 députés)

Le gros des troupes du groupe PS soutient la politique sociale-libérale déterminée par François Hollande et conduite par Manuel Valls.

 

7. L'aile droite (32 députés)

  • Nathalie Appéré
  • Alexis Bachelay
  • Luc Belot
  • Yves Blein
  • Alain Calmette
  • Christophe Caresche
  • Jean-David Ciot
  • Philippe Doucet
  • Corinne Erhel
  • Sophie Errante
  • Alain Fauré
  • Hugues Fourage
  • Michel Francaix
  • Jean-Louis Gagnaire
  • Yves Goasdoué
  • Marc Goua
  • Estelle Grelier
  • David Habib
  • Monique Iborra
  • Anne-Christine Lang
  • Pierre-Yves Le Borgn'
  • Frédérique Massat
  • Patrick Mennucci
  • Nathalie Nieson
  • Pascal Popelin
  • Dominique Raimbourg
  • Bernard Roman
  • Odile Saugues
  • Gilles Savary
  • Pascal Terrasse
  • Jean-Louis Touraine
  • Patrick Vignal

Ces députés, qui ont signé en avril 2014 un appel pro-gouvernemental et/ou en octobre 2014 la contribution du "Pôle des réformateurs" aux États généraux du socialisme, constituent le noyau dur des soutiens de Manuel Valls.

 

N.B. Les "aubrystes" sont les signataires de la contribution "Pour réussir" de Martine Aubry aux États généraux du socialisme.

22 octobre 2014

Le jour où Manuel Valls perdra la majorité à l'Assemblée nationale

Mardi 28 avril 2015. La Commission européenne, par la voix de Jonathan Hill, a de nouveau alerté la France: "Appartenir à l'Union européenne, c'est en accepter les droits et les devoirs. Soit la France respecte ses engagements budgétaires et lance enfin ses réformes structurelles libérales, soit elle quitte l'Union européenne".

Cette petite phrase, de la part d'un membre du si eurosceptique Parti conservateur britannique, a eu l'effet d'une bombe. D'autant plus qu'en France, dans un nouveau sondage, Marine Le Pen se hissait encore au second tour de l'élection présidentielle de 2017. "Trop loin de l'échéance", "on ne connait pas encore tous les candidats": publiquement, personne ne s'inquiétait.

En privé, il en était tout autrement. En particulier lors de cette réunion à l'Élysée, réunissant François Hollande, Manuel Valls, Michel Sapin, Emmanuel Macron, François Rebsamen, Jean-Pierre Jouyet, Stéphane Le Foll, Bruno Le Roux, Jean-Christophe Cambadélis et, en toute discrétion, le commissaire européen Pierre Moscovici.

"Autant assumer dans une déclaration de politique générale le social-libéralisme qui est depuis longtemps la politique de la gauche au pouvoir et lancer un appel au centre", plaident Valls, Jouyet, Rebsamen et Moscovici. "Non, continuons comme si de rien n'était à présenter notre politique comme socialiste, ou sociale-démocrate, et mettons en avant l'unité de la gauche et du PS face au danger fasciste aux portes du pouvoir", rétorquent Le Foll, Le Roux et Cambadélis.

Finalement, alors qu'Emmanuel Macron et Michel Sapin demeurent silencieux, le président de la République tranche: "Une nouvelle déclaration de politique générale, mais pas d'appel au centre". "Sauf au centre gauche, hein", ajoute-il avec humour.

"La gauche de gouvernement change son logiciel idéologique mais refuse toujours de changer son logiciel partisan, analyse François Bayrou. À défaut de VIe République parlementaire et de représentation proportionnelle, sous la Ve République une nouvelle majorité se construit lors des élections présidentielles et législatives, pas au milieu d'un quinquennat. Quand c'est tard, c'est trop tard: le centre ne sera pas aujourd'hui la bouée de sauvetage d'une gauche enfin devenue pragmatique et réformiste mais prisonnière pour cinq ans de la gauche passéiste". De toute façon, avec seulement deux députés MoDem, le centre ne serait sans doute pas en mesure de compenser les défections à la gauche du PS.

 

Ce mardi 28 avril 2015, donc, les députés votent.

Nombre de votants : 577

Nombre de suffrages exprimés : 498

Majorité absolue : 250

Pour l'adoption : 242

Contre : 256

L'Assemblée nationale n'a pas adopté.

 

Analyse du scrutin:

 

Groupe socialiste, républicain et citoyen (289 membres)

Pour: 221

  • Ibrahim Aboubacar
  • Patricia Adam
  • Sylviane Alaux
  • Jean-Pierre Allossery
  • François André
  • Nathalie Appéré
  • Joël Aviragnet
  • Pierre Aylagas
  • Jean-Marc Ayrault
  • Alexis Bachelay
  • Guillaume Bachelay
  • Jean-Paul Bacquet
  • Dominique Baert
  • Gérard Bapt
  • Ericka Bareigts
  • Claude Bartolone (président de l'Assemblée nationale)
  • Christian Bataille
  • Marie-Noëlle Battistel
  • Nicolas Bays
  • Catherine Beaubatie
  • Jean-Marie Beffara
  • Luc Belot
  • Karine Berger
  • Chantal Berthelot
  • Gisèle Biémouret
  • Philippe Bies
  • Erwann Binet
  • Yves Blein
  • Jean-Luc Bleunven
  • Patrick Bloche
  • Daniel Boisserie
  • Christophe Borgel
  • Florent Boudié
  • Marie-Odile Bouillé
  • Christophe Bouillon
  • Brigitte Bourguignon
  • Malek Boutih
  • Émeric Bréhier
  • Jean-Jacques Bridey
  • François Brottes
  • Sabine Buis
  • Jean-Claude Buisine
  • Sylviane Bulteau
  • Vincent Burroni
  • Alain Calmette
  • Jean-Christophe Cambadélis
  • Colette Capdevielle
  • Yann Capet
  • Christophe Caresche
  • Marie-Arlette Carlotti
  • Martine Carrillon-Couvreur
  • Christophe Castaner
  • Jean-Yves Caullet
  • Guy Chambefort
  • Jean-Paul Chanteguet
  • Marie-Anne Chapdelaine
  • Guy-Michel Chauveau
  • Jean-David Ciot
  • Alain Claeys
  • Jean-Michel Clément
  • Marie-Françoise Clergeau
  • Philip Cordery
  • Valérie Corre
  • Jean-Jacques Cottel
  • Jacques Cresta
  • Frédéric Cuvillier
  • Seybah Dagoma
  • Yves Daniel
  • Carlos Da Silva
  • Pascal Deguilhem
  • Michèle Delaunay
  • Guy Delcourt
  • Pascal Demarthe
  • Sébastien Denaja
  • Françoise Descamps-Crosnier
  • Sophie Dessus
  • Jean-Louis Destans
  • Michel Destot
  • Fanny Dombre-Coste
  • René Dosière
  • Philippe Doucet
  • Françoise Dubois
  • Françoise Dumas
  • William Dumas
  • Jean-Louis Dumont
  • Jean-Paul Dupré
  • Yves Durand
  • Philippe Duron
  • Corinne Erhel
  • Sophie Errante
  • Marie-Hélène Fabre
  • Martine Faure
  • Olivier Faure
  • Alain Fauré
  • Hugues Fourage
  • Jean-Marc Fournel
  • Valérie Fourneyron
  • Michèle Fournier-Armand
  • Michel Françaix
  • Christian Franqueville
  • Jean-Claude Fruteau
  • Jean-Louis Gagnaire
  • Yann Galut
  • Guillaume Garot
  • Hélène Geoffroy
  • Jean Glavany
  • Yves Goasdoué
  • Geneviève Gosselin-Fleury
  • Pascale Got
  • Marc Goua
  • Laurent Grandguillaume
  • Estelle Grelier
  • Jean Grellier
  • Élisabeth Guigou
  • David Habib
  • Razzy Hammadi
  • Joëlle Huillier
  • Sandrine Hurel
  • Monique Iborra
  • Françoise Imbert
  • Michel Issindou
  • Éric Jalton
  • Serge Janquin
  • Henri Jibrayel
  • Armand Jung
  • Laurent Kalinowski
  • Marietta Karamanli
  • Philippe Kemel
  • Bernadette Laclais
  • Anne-Christine Lang
  • Colette Langlade
  • Jean Launay
  • Pierre-Yves Le Borgn'
  • Jean-Yves Le Bouillonnec
  • Patrick Lebreton
  • Gilbert Le Bris
  • Anne-Yvonne Le Dain
  • Jean-Yves Le Déaut
  • Viviane Le Dissez
  • Michel Lefait
  • Dominique Lefebvre
  • Annie Le Houérou
  • Annick Le Loch
  • Patrick Lemasle
  • Catherine Lemorton
  • Annick Lepetit
  • Jean-Pierre Le Roch
  • Bruno Le Roux
  • Bernard Lesterlin
  • Serge Letchimy
  • Michel Liebgott
  • Martine Lignières-Cassou
  • François Loncle
  • Gabrielle Louis-Carabin
  • Lucette Lousteau
  • Victorin Lurel
  • Jean-Pierre Maggi
  • Jacqueline Maquet
  • Marie-Lou Marcel
  • Martine Martinel
  • Frédérique Massat
  • Sandrine Mazetier
  • Michel Ménard
  • Patrick Mennucci
  • Philippe Nauche
  • Nathalie Nieson
  • Robert Olive
  • Monique Orphé
  • Michel Pajon
  • Luce Pane
  • Rémi Pauvros
  • Germinal Peiro
  • Hervé Pellois
  • Jean-Claude Perez
  • Sébastien Pietrasanta
  • Martine Pinville
  • Christine Pires Beaune
  • Philippe Plisson
  • Élisabeth Pochon
  • Napole Polutélé
  • Pascal Popelin
  • Émilienne Poumirol
  • Régine Povéda
  • Christophe Premat
  • Joaquim Pueyo
  • François Pupponi
  • Catherine Quéré
  • Valérie Rabault
  • Monique Rabin
  • Dominique Raimbourg
  • Marie Récalde
  • Marie-Line Reynaud
  • Eduardo Rihan Cypel
  • Alain Rodet
  • Marcel Rogemont
  • Frédéric Roig
  • Bernard Roman
  • Gwendal Rouillard
  • René Rouquet
  • Alain Rousset
  • Boinali Said
  • Béatrice Santais
  • Odile Saugues
  • Gilbert Sauvan
  • Gilles Savary
  • Christophe Sirugue
  • Julie Sommaruga
  • Sylvie Tolmont
  • Jean-Louis Touraine
  • Cécile Untermaier
  • Jean-Jacques Urvoas
  • Daniel Vaillant
  • Jacques Valax
  • Clotilde Valter
  • Michel Vauzelle
  • Olivier Véran
  • Patrick Vignal
  • Jean-Michel Villaumé
  • Jean Jacques Vlody

Contre: 9

  • Pouria Amirshahi
  • Fanélie Carrey-Conte
  • Nathalie Chabanne
  • Pascal Cherki
  • Jean-Pierre Dufau
  • Henri Emmanuelli
  • Barbara Romagnan
  • Gérard Sebaoun
  • Suzanne Tallard
Abstention: 44
  • Christian Assaf
  • Serge Bardy
  • Delphine Batho
  • Laurent Baumel
  • Philippe Baumel
  • Marie-Françoise Bechtel (MRC)
  • Jean-Pierre Blazy
  • Kheira Bouziane-Laroussi
  • Jean-Louis Bricout
  • Isabelle Bruneau
  • Dominique Chauvel
  • Florence Delaunay
  • Sandrine Doucet
  • Anne-Lise Dufour-Tonini
  • Hervé Féron
  • Richard Ferrand
  • Aurélie Filippetti
  • Geneviève Gaillard
  • Jean-Marc Germain
  • Jean-Patrick Gille
  • Daniel Goldberg
  • Linda Gourjade
  • Edith Gueugneau
  • Chantal Guittet
  • Benoît Hamon
  • Mathieu Hanotin
  • Christian Hutin (MRC)
  • Régis Juanico
  • Chaynesse Khirouni
  • Jean-Luc Laurent (MRC)
  • Christophe Léonard
  • Arnaud Leroy
  • Michel Lesage
  • Kléber Mesquida
  • Pierre-Alain Muet
  • Philippe Noguès (a voté contre mais a fait savoir qu'il avait voulu "s'abstenir volontairement")
  • Christian Paul
  • Michel Pouzol
  • Patrice Prat
  • Denys Robiliard
  • Stéphane Travert
  • Catherine Troallic
  • Michel Vergnier
  • Paola Zanetti

Non-votant: 15

  • Gwenegan Bui
  • Laurent Cathala
  • Romain Colas
  • Catherine Coutelle
  • Pascale Crozon
  • Laurence Dumont
  • Olivier Dussopt
  • Conchita Lacuey
  • François Lamy
  • Audrey Linkenheld
  • Jean-René Marsac
  • Philippe Martin
  • Maud Olivier
  • Dominique Potier
  • Fabrice Verdier

 

Groupe de l'union pour un mouvement populaire (199 membres)

Contre: 199

  • Damien Abad
  • Elie Aboud
  • Bernard Accoyer
  • Yves Albarello
  • Nicole Ameline
  • Laurence Arribagé
  • Julien Aubert
  • Olivier Audibert-Troin
  • Patrick Balkany
  • Jean-Pierre Barbier
  • Jacques Alain Bénisti
  • Sylvain Berrios
  • Xavier Bertrand
  • Étienne Blanc
  • Marcel Bonnot
  • Jean-Claude Bouchet
  • Valérie Boyer
  • Xavier Breton
  • Philippe Briand
  • Bernard Brochand
  • Dominique Bussereau
  • Olivier Carré
  • Gilles Carrez
  • Yves Censi
  • Jérôme Chartier
  • Luc Chatel
  • Gérard Cherpion
  • Guillaume Chevrollier
  • Alain Chrétien
  • Jean-Louis Christ
  • Dino Cinieri
  • Éric Ciotti
  • Philippe Cochet
  • Jean-François Copé
  • François Cornut-Gentille
  • Jean-Louis Costes
  • Édouard Courtial
  • Jean-Michel Couve
  • Marie-Christine Dalloz
  • Gérald Darmanin
  • Olivier Dassault
  • Marc-Philippe Daubresse
  • Bernard Debré
  • Jean-Pierre Decool
  • Bernard Deflesselles
  • Lucien Degauchy
  • Rémi Delatte
  • Patrick Devedjian
  • Nicolas Dhuicq
  • Sophie Dion
  • Jean-Pierre Door
  • Dominique Dord
  • David Douillet
  • Marianne Dubois
  • Virginie Duby-Muller
  • Christian Estrosi
  • Daniel Fasquelle
  • Georges Fenech
  • François Fillon
  • Marie-Louise Fort
  • Yves Foulon
  • Marc Francina
  • Yves Fromion
  • Laurent Furst
  • Claude de Ganay
  • Sauveur Gandolfi-Scheit
  • Hervé Gaymard
  • Annie Genevard
  • Guy Geoffroy
  • Bernard Gérard
  • Alain Gest
  • Daniel Gibbes
  • Franck Gilard
  • Georges Ginesta
  • Charles-Ange Ginesy
  • Jean-Pierre Giran
  • Claude Goasguen
  • Jean-Pierre Gorges
  • Philippe Gosselin
  • Philippe Goujon
  • Claude Greff
  • Anne Grommerch
  • Arlette Grosskost
  • Serge Grouard
  • Henri Guaino
  • Françoise Guégot
  • Jean-Claude Guibal
  • Jean-Jacques Guillet
  • Christophe Guilloteau
  • Michel Heinrich
  • Michel Herbillon
  • Antoine Herth
  • Patrick Hetzel
  • Philippe Houillon
  • Guénhaël Huet
  • Sébastien Huyghe
  • Christian Jacob
  • Denis Jacquat
  • Christian Kert
  • Nathalie Kosciusko-Morizet
  • Jacques Kossowski
  • Patrick Labaune
  • Valérie Lacroute
  • Marc Laffineur
  • Jacques Lamblin
  • Jean-François Lamour
  • Laure de La Raudière
  • Guillaume Larrivé
  • Charles de La Verpillière
  • Thierry Lazaro
  • Alain Leboeuf
  • Isabelle Le Callennec
  • Frédéric Lefebvre
  • Marc Le Fur
  • Pierre Lellouche
  • Bruno Le Maire
  • Dominique Le Mèner
  • Jean Leonetti
  • Pierre Lequiller
  • Philippe Le Ray
  • Céleste Lett
  • Geneviève Levy
  • Véronique Louwagie
  • Lionnel Luca
  • Gilles Lurton
  • Jean-François Mancel
  • Laurent Marcangeli
  • Thierry Mariani
  • Hervé Mariton
  • Alain Marleix
  • Olivier Marleix
  • Franck Marlin
  • Alain Marsaud
  • Philippe Armand Martin
  • Patrice Martin-Lalande
  • Alain Marty
  • Jean-Claude Mathis
  • François de Mazières
  • Damien Meslot
  • Philippe Meunier
  • Jean-Claude Mignon
  • Pierre Morange
  • Yannick Moreau
  • Pierre Morel-A-L'Huissier
  • Alain Moyne-Bressand
  • Jacques Myard
  • Dominique Nachury
  • Yves Nicolin
  • Patrick Ollier
  • Valérie Pécresse
  • Jacques Pélissard
  • Bernard Perrut
  • Édouard Philippe
  • Jean-Frédéric Poisson
  • Bérengère Poletti
  • Axel Poniatowski
  • Josette Pons
  • Christophe Priou
  • Didier Quentin
  • Frédéric Reiss
  • Jean-Luc Reitzer
  • Bernard Reynès
  • Franck Riester
  • Arnaud Robinet
  • Camille de Rocca Serra
  • Sophie Rohfritsch
  • Martial Saddier
  • Paul Salen
  • François Scellier
  • Claudine Schmid
  • André Schneider
  • Jean-Marie Sermier
  • Fernand Siré
  • Thierry Solère
  • Michel Sordi
  • Éric Straumann
  • Claude Sturni
  • Alain Suguenot
  • Michèle Tabarot
  • Lionel Tardy
  • Jean-Charles Taugourdeau
  • Guy Teissier
  • Michel Terrot
  • Jean-Marie Tetart
  • Dominique Tian
  • François Vannson
  • Catherine Vautrin
  • Patrice Verchère
  • Jean-Sébastien Vialatte
  • Jean-Pierre Vigier
  • Philippe Vitel
  • Michel Voisin
  • Jean-Luc Warsmann
  • Laurent Wauquiez
  • Éric Woerth
  • Marie-Jo Zimmermann

 

Groupe de l'union des démocrates et indépendants (30 membres)

Contre: 30

  • Thierry Benoit
  • Charles de Courson
  • Laurent Degallaix
  • Stéphane Demilly
  • Yannick Favennec
  • Philippe Folliot
  • Jean-Christophe Fromantin
  • Philippe Gomès
  • Meyer Habib
  • Francis Hillmeyer
  • Yves Jégo
  • Sonia Lagarde
  • Jean-Christophe Lagarde
  • Maurice Leroy
  • Hervé Morin
  • Bertrand Pancher
  • Michel Piron
  • Franck Reynier
  • Arnaud Richard
  • François Rochebloine
  • Maina Sage
  • Rudy Salles
  • André Santini
  • François Sauvadet
  • Jonas Tahuaitu
  • Jean-Paul Tuaiva
  • Francis Vercamer
  • Philippe Vigier
  • François-Xavier Villain
  • Michel Zumkeller

 

Groupe écologiste (18 membres)

Pour: 3

  • Éric Alauzet
  • François-Michel Lambert
  • Paul Molac

Contre: 1

  • Isabelle Attard (Nouvelle Donne)

Abstention: 14

  • Laurence Abeille
  • Brigitte Allain
  • Danielle Auroi
  • Denis Baupin
  • Michèle Bonneton
  • Christophe Cavard
  • Sergio Coronado
  • Cécile Duflot
  • Noël Mamère
  • Véronique Massonneau
  • Barbara Pompili
  • Jean-Louis Roumégas
  • François de Rugy
  • Eva Sas

 

Groupe radical, républicain, démocrate et progressiste (17 membres)

Pour: 14

  • Ary Chalus
  • Gérard Charasse
  • Stéphane Claireaux
  • Jeanine Dubié
  • Olivier Falorni
  • Paul Giacobbi
  • Joël Giraud
  • Gilda Hobert
  • Jacques Krabal
  • Jacques Moignard
  • Dominique Orliac
  • Stéphane Saint-André
  • Roger-Gérard Schwartzenberg
  • Alain Tourret

Abstention: 2

  • Jean-Noël Carpentier (MUP)
  • Jérôme Lambert (ex-PS)

Non-votant: 1

  • Thierry Robert (MoDem)

 

Groupe de la gauche démocrate et républicaine (15 membres)

Pour: 2

  • Bruno Nestor Azérot
  • Gabriel Serville

Contre: 11

  • François Asensi
  • Alain Bocquet
  • Marie-George Buffet
  • Jean-Jacques Candelier
  • Patrice Carvalho
  • Gaby Charroux
  • André Chassaigne
  • Marc Dolez
  • Jacqueline Fraysse
  • Alfred Marie-Jeanne
  • Nicolas Sansu

Abstention: 2

  • Huguette Bello
  • Jean-Philippe Nilor

 

Non inscrits (9 membres)

Pour: 2

  • Sylvie Andrieux (ex-PS)
  • Thomas Thévenoud (ex-PS)

Contre: 6

  • Véronique Besse (MPF)
  • Jacques Bompard (Ligue du Sud)
  • Gilles Bourdouleix (CNIP)
  • Gilbert Collard (FN apparenté)
  • Nicolas Dupont-Aignan (DLF)
  • Marion Maréchal-Le Pen (FN)

Non-votant: 1

  • Jean Lassalle (MoDem)

 

 

[ce scénario n'est bien entendu pas crédible, les intérêts partisans et électoraux finissant toujours par l'emporter sur les convictions]