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03 juillet 2014

Qui sont les candidats à la présidence de l'UDI?

[Mise à jour de mon article publié le 29 juin sur La-Croix.com]

 

Après le retrait pour raison de santé de Jean-Louis Borloo, les militants UDI éliront en octobre un nouveau président.

Alors que les candidatures seront closes le 13 juillet, les principaux candidats sont d'ores et déjà en lice.

Leurs positions seront très attendues sur plusieurs points. Tout d’abord, leur vision de la structure du parti : une confédération avec des composantes fortes, à l’image de l’ancienne UDF, ou une formation unifiée ?

Ensuite, les relations avec l’UMP : la droite doit-elle s’unir dès le premier tour des élections ou au contraire ratisser large au premier à travers deux offres distinctes et complémentaires avant de s’unir au second ? Cette question se posera surtout pour les régionales de 2015 puis pour la présidentielle de 2017, avec la question du périmètre de la primaire que devrait organiser l’UMP.

Enfin, symétriquement, les relations avec le MoDem de François Bayrou, avec qui l’UDI a signé en novembre 2013 une charte commune.

Tour d'horizon des candidatures, en attendant les programmes détaillés des candidats.

 

Yves Jégo

C’est lui qui devait assurer l’intérim de la présidence de l’UDI jusqu’au congrès prévu le 15 novembre. Mais Yves Jégo (53 ans) a finalement démissionné à son tour pour se porter lui-même candidat.

S’il a adhéré au Parti radical en 2009, après son éviction du gouvernement, cet ancien sarkozyste est issu du RPR et non de l’UDF. Il a formé un ticket avec Chantal Jouanno, une autre ancienne sarkozyste issue de l’UMP.

Cette origine explique sans doute qu’Yves Jégo joue aujourd’hui à fond la carte du nouveau parti en se réclamant d’une « génération UDI » et en proclamant sa fidélité à Jean-Louis Borloo. « L’UDI ne doit pas se réduire à une juxtaposition de clans », insiste dans sa lettre de candidature celui qui refuse que sa formation « s’enferme dans la seule querelle des centres qui oppose violemment certains d’entre nous ».

Pour l’élection présidentielle de 2017, Yves Jégo milite en faveur d’une primaire de toute l’opposition de droite, « de François Bayrou à Nicolas Dupont-Aignan ».

 

Hervé Morin

Sur le papier, le libéral Hervé Morin (53 ans) possède une longueur d’avance sur ses concurrents. En créant en 2007 le Nouveau Centre, l’ancien ministre de la défense est effectivement celui qui a assuré la continuité d’un centre droit autonome, de l’UDF à l’UDI.

Le Nouveau Centre est donc aujourd’hui une des principales composantes de l’UDI, regroupant à elle toute seule 30 présidents de fédération (contre 40 pour le Parti radical) et 16 des 61 parlementaires (contre 14 pour le Parti radical).

Surtout, selon l’institut de sondage BVA (1), Hervé Morin est le candidat préféré des sympathisants de l’UDI pour l’élection présidentielle de 2017 (29%), devant Rama Yade (23 %), François Bayrou du MoDem (21%), Chantal Jouanno (17%) et Yves Jégo (7%).

Celui qui avait déclaré sa candidature à l’élection présidentielle de 2012 avant d’y renoncer entend mettre l’UDI « en capacité de présenter un candidat pour la présidentielle ».

Être « en capacité de présenter » ne signifie pourtant pas forcément « présenter ». « Si je suis président, l’UDI ne sera pas le responsable d’un nouveau 21 avril et encore moins d’un 21 avril à l’envers », avertit en effet Hervé Morin dans sa déclaration de candidature en s’inquiétant d’une qualification de Marine Le Pen au second tour.

 

Jean-Christophe Lagarde

Comme Hervé Morin, le fédéraliste européen Jean-Christophe Lagarde (46 ans) est issu de l’UDF. Il joua d’ailleurs au sein du Nouveau Centre le rôle de poil à gratter face à son président-fondateur, avant de finalement lancer en 2012 sa propre boutique : Force européenne démocrate (FED).

Le député et maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) défend dans l’idée d’« un travail commun sur le projet » avec le MoDem. Sa petite composante (11 présidents de fédération, 5 parlementaires) a, il est vrai, également attiré des amis de François Bayrou, de l’ancien ministre et sénateur du Rhône Michel Mercier à Philippe Meynard (conseiller régionale d’Aquitaine et maire de Barsac) en passant par Olivier Henno (maire de Saint-André-lez-Lille).

« Fin 2016, nous verrons quel sera le meilleur moyen d’atteindre l’objectif que doit se fixer l’UDI : avoir son candidat au second tour de la présidentielle », estime-il dans Le Journal du Dimanche en ambitionnant sans doute de succéder à François Bayrou sur le créneau électoral centriste…

 

Jean Arthuis

Grand candidat le plus à gauche en concurrence avec Jean-Christophe Lagarde, Jean Arthuis (69 ans) est l'ex-UDF de l'UDI qui est resté le plus longtemps avec François Bayrou, puisqu'il avait participé en décembre 2007 au congrès fondateur du MoDem, qu'il a cependant quitté dès avril 2008.

Celui qui vient d'être élu au Parlement européen se démarque des autres grands candidats à la présidence de l'UDI sur deux points.

D'une part, Jean Arthuis prône une « fusion des composantes » car « la nostalgie de l’UDF ne doit pas nous faire oublier que c’est son caractère confédéral qui a abouti à son éclatement », analyse-t-il dans sa déclaration de candidature.

Cette « maison unique » aura en particulier « un système de financement unifié », alors qu'actuellement l'UDI tire son aide publique de deux structures (2): le Nouveau Centre et l'Union des Radicaux, Centristes, Indépendants et Démocrates (URCID), formée par le Parti radical et Force européenne démocrate (FED). « L’UDI ne peut être une addition de chapelles, regrette Jean Arthuis. J’ai pu mesurer à quel point nous sommes empêtrés dans des considérations de personnes et de financements. »

Sa propre petite composante, l'Alliance centriste (5 présidents de fédération, 11 parlementaires), a déjà déposé une motion en ce sens lors du conseil national du 14 juin 2014. Mais ce texte allait encore plus loin puisqu'il recommandait non seulement d'« approfondir le partenariat avec le MoDem » mais aussi « de programmer la constitution d’un parti unique ». Plus prudente, sa déclaration de candidature se contente de proposer de « s'ouvrir aux militants du MoDem », sans préciser s'il s'agit de les attirer individuellement ou d'une fusion-absorption du MoDem en tant que tel.

D'autre part, seconde caractéristique de sa candidature, selon l'ancien ministre Jean Arthuis le président de l'UDI « n’a pas vocation à promouvoir sa candidature à la présidence de la République ». Son objectif: « rompre avec une pratique qui a transformé les partis politiques en instrument de promotion personnelle, avec tous les phénomènes d’écurie, de cour et de clan ».

 

Jean-Christophe Fromantin

Maire de Neuilly-sur-Seine depuis 2008, Jean-Christophe Fromantin (52 ans) a longtemps été étiqueté divers droite, avant de participer en 2012 à la création de l’Union des démocrates et indépendants (UDI).

Sur son site de campagne interne, sa biographie souligne néanmoins qu’il « reste très attaché à cette ligne politique libre et indépendante et revendique souvent le « i » de UDI ». Au sein de son équipe on retrouve ainsi le maire du IIe arrondissement de Lyon au profil proche, l’ancien milloniste Denis Broliquier.

Candidat le plus à droite, Jean-Christophe Fromantin n’est pas favorable à la stratégie d’alliance avec François Bayrou, considérant que l’UDI est « sur un positionnement clair, de centre-droit ». Contrairement en effet au MoDem, qui a été fondé sur un positionnement de centre, à équidistance de la droite et de la gauche, et dont certains élus municipaux sont toujours localement alliés avec le PS.

Jean-Christophe Fromantin a reçu le soutien d’une figure de l’ancienne UDF : Nicole Fontaine, ex-présidente du Parlement européen de 1999 à 2002, mais aussi déléguée générale de l’enseignement catholique de 1981 à 1984. De fait, son engagement contre l’ouverture du mariage civil aux couples homosexuels lui vaut la sympathie de catholiques à l’exemple du blogueur Erwan Le Morhedec (Koz).

 

Emmanuel Pasco-Viel

Successivement passé par Cap21 de Corinne Lepage puis l’Alliance centriste de Jean Arthuis, Emmanuel Pasco-Viel (27 ans) est un adhérent direct de l’UDI. Ce militant de base n’est toutefois pas certain d’obtenir les 500 parrainages d’adhérents issus de 10 fédérations différentes au moins.

Comme Jean Arthuis, il veut « aller vers la fusion des chapelles à l’intérieur de l’UDI »… à l’exception du Parti radical en reconnaissance de sa « légitimité historique ». Là où les grands candidats demeurent pour l’instant silencieux, lui milite pour des listes UDI-MoDem aux prochaines élections régionales. En attendant une fusion-absorption du MoDem: « Les reproches envers le MoDem existent, mais le retour de François Bayrou au centre droit doit permettre d’arriver à une candidature centriste nous regroupant tous pour 2017, en se rapprochant et en absorbant le MoDem », écrit-il.

 

LAURENT DE BOISSIEU

 

(1) Sondage BVA pour L'Express et France Inter réalisé les 19 et 20 juin 2014 auprès d’un échantillon représentatif de 952 personnes.

(2) L'Alliance centriste de Jean Arthuis n'a en revanche pas rempli les critères d'accès au financement public.

19 novembre 2013

UDI - MoDem: de "grand centre" à "l'alternative"

L'UDI et le MoDem ont bien hésité sur la dénomination de leur rassemblement.

Plusieurs marques ont en effet été déposées:

- le 22 octobre: "UDI Modem Le Grand Centre" et "Le Grand Centre"

- le 25 octobre: "L'Alternative"

Ces dépôts se sont effectués à chaque fois pour le compte de l'UDI, le parti de Jean-Louis Borloo.

La notion de "grand centre" appartient toutefois au vocabulaire de François Bayrou depuis le milieu des années 1990. Et le MoDem avait déjà déposé, dès le 22 décembre 2009, la marque "GRAND CENTRE".

06 novembre 2013

Charte d'union UDI-MoDem

Je vous invite à lire mon analyse sur La-Croix.com

François Bayrou et Jean-Louis Borloo veulent refonder un centre droit fort

 

 

29 octobre 2013

UDI-MoDem, en attendant la charte: ambiguïté et lectures divergentes

Je vous invite à lire mon article dans La Croix:

Le MoDem en passe de renoncer à sa position centriste

 

Complément:

Ce matin, sur iTélé, François Bayrou a défendu la prise en compte des circonstances locales afin de pouvoir renouveler des alliances PS-MoDem aux élections municipales (sauf villes "emblématiques", dont bien entendu Marseille où le MoDem penche pourtant à gauche):

"On ne doit pas nationaliser toutes les élections municipales de France. Il y a une réalité, qu'il faut voir en face: il y a un petit nombre de villes – trois, quatre, cinq – qui sont très politiques, très emblématiques, dans ce petit nombre de villes-là, il est évident qu'on doit faire attention à la signification des choix que l'on fait. Mais il y a 36.000 communes en France. Et dans ces 36.000 communes-là, il faut pouvoir avoir de la souplesse et la prise en compte des personnalités: il y a des équipes, il y a des projets qui n'entrent pas dans le cadre de la bipolarisation nationale, et il est bon qu'il en soit ainsi. Je défends donc l'idée que les élections locales doivent prendre en compte le fait urbain, territorial, ville par ville."

Ce qui signifie que la charte est suffisamment floue - et "quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup" - afin de permettre deux lectures divergentes:

- Côté UDI, on insiste sur une stratégie locale conforme "à la cohérence nationale qui place [le rassemblement UDI-MoDem] dans l'opposition". Bref, dorénavant plus aucune alliance PS-MoDem (donc le MoDem quitte le centre pour aller à droite).

- Côté MoDem, on insiste sur les "spécificités individuelles" et le "fait territorial". Ce qui laisse éventuellement encore une porte ouverte à des listes PS-MoDem (donc le MoDem reste au centre).

Mais une union politique peut-elle tenir dans la durée sans trancher au préalable une telle ambiguïté?

26 octobre 2013

Ci-gît le centre

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Un rapprochement durable de l'UDI et du MoDem portait par nature en germe un passage du MoDem à droite, puisqu'un passage de l'UDI au centre était inenvisageable (1). Une "maison commune" ne peut en effet pas avoir deux positionnements politiques différents, c'est-à-dire avoir des alliances électorales différentes. Soit on est au centre (et on s'allie avec personne ou avec tout le monde, aussi bien la droite de gouvernement que la gauche de gouvernement) soit on est à droite.

J'avais parié que l'heure de vérité pour le MoDem viendrait aux élections régionales de 2015. Selon l'adage de François Bayrou "à élections locales, majorités locales" et en raison du caractère territorialement dispersé des municipales, je pensais en effet que le MoDem pourrait encore rester un an de plus au centre.

Or, selon un article de mon confrère Abel Mestre du Monde, la charte UDI-MoDem a été finalisée cette semaine et contient l'interdiction d'alliances avec le PS. Des membres du MoDem pourront certes toujours être candidats à titre individuel sur des listes de gauche sans être sanctionnés, mais le MoDem en tant que tel ne soutiendra pas ces listes.

C'est donc la ligne "Sauvadet" qui a gagné à l'UDI. Cette ligne victorieuse consistait à conditionner la création d'une "maison commune" au passage du MoDem non seulement dans l'opposition mais aussi à droite, ce qui signifie concrètement de mettre fin dès les municipales de mars 2014 aux alliances locales avec la gauche. Parti centriste, le MoDem avait en effet conclu aux élections municipales de 2008 des alliances aussi bien avec l'UMP qu'avec le PS.

Il s'agit d'un revirement de la part de François Bayrou. Comme je l'avais alors expliqué, le MoDem aurait probablement connu une scission lors de son université de rentrée, il y a un mois, si son président n'avait pas promis aux militants qu'"il n'y aura aucun jeu d'alliance systématique". Bref, que le parti resterait au centre en continuant à pouvoir s'allier aussi bien avec la droite (UMP, UDI) qu'avec la gauche (PS, PRG, EELV), ou bien entendu former des listes centristes indépendantes.

Les adhérents du MoDem qui souhaitaient s'allier aux municipales avec le PS - or, j'en ai rencontré beaucoup lors de cette université de rentrée - se trouvent donc au pied du mur. Quitter leur parti (mais pour aller où?). Ou être de simples individus ralliés à des listes de gauche, clandestinement membres du MoDem.

Reste que pour lui-même le pari de François Bayrou n'est pas forcément perdu pour autant: troquer l'"aile gauche" du MoDem contre l'UDI en espérant prendre - en vue de l'élection présidentielle de 2017, quoi qu'il en dise - le leadership sur la nouvelle confédération de droite modérée. Bref, retour à la case UDF.

 

(1) Pour deux raisons qui tiennent aux deux principales composantes de l'UDI. D'une part, le Nouveau Centre a été créé par les ex-UDF qui sont restés à droite en 2007, c'est-à-dire ceux qui ont justement refusé de suivre François Bayrou dans son passage au centre. D'autre part, lorsque le Parti Radical a quitté l'UMP, en 2011, son président Jean-Louis Borloo a averti qu'il ne s'agissait pas d'un changement d'alliance; de fait, plusieurs élus radicaux jouent encore localement l’ambiguïté sur leur appartenance à l'UMP.

24 octobre 2013

Droit du sol: lepénisation de l'UMP ...ou républicanisation du FN?

Quelques réflexions sur le débat autour du droit du sol.

Il convient selon moi de distinguer:

- Les partisans d'un droit du sol "passif", celui actuellement en vigueur (en sus du droit du sang). Tout enfant né en France de parents étrangers acquiert, de plein droit et de façon automatique, la nationalité française à ses 18 ans (s'il respecte certaines conditions liées à la durée de sa résidence en France).

- Les partisans d'un droit du sol "actif", tel qu'il fut appliqué entre 1993 et 1998. Tout enfant né en France de parents étrangers acquiert, de plein droit et s'il en manifeste la volonté, la nationalité française à ses 18 ans (s'il respecte certaines conditions liées à la durée de sa résidence en France). Il s'agit depuis longtemps de la position de la droite.

- Les partisans du droit sol (qu'il soit "passif" ou "actif"), à l'exception des enfants nés de parents étrangers en situation illégale sur le territoire français. Cette idée fait l'objet de la récente pétition lancée par Jean-François Copé en tant que président de l'UMP: "Je pense qu'une personne entrée illégalement en France n'a pas vocation à y rester. La question du droit du sol pour les enfants de clandestins doit à cet égard être posée. Il ne s'agit bien sûr pas de supprimer le droit du sol, mais de l'interdire pour ceux qui ne respectent pas la loi. La nationalité ne doit pas récompenser l'illégalité".
Il est donc malhonnête de faire croire que l'UMP proposerait de supprimer le droit du sol alors qu'elle propose uniquement de le conditionner à une présence légale sur le territoire français.

- Les opposants au droit du sol. Telle est depuis longtemps la position du FN, le projet de Marine Le Pen proposant la "suppression du droit du sol". Cette position est contraire à la tradition républicaine française depuis la Deuxième République (reprenant là la tradition monarchique).
À noter d'ailleurs que l'ex-chevènementiste Florian Philippot, vice-président du FN, semble vouloir infléchir ce qui constitue pourtant un des fondamentaux du lepénisme: "Il convient ainsi de mettre fin à l'attribution automatique de la nationalité pour les enfants nés de parents étrangers" (communiqué). Or, mettre fin au droit du sol automatique, ce n'est pas ou plus le supprimer purement et simplement. En étant provocateur, on pourrait donc moins parler de "lepénisation de l'UMP" que d'amorce, sur ce point précis, de républicanisation d'une partie du FN. Un militant politique anti-FN le regrettera, mais le citoyen non partisan que je suis ne peut que s'en féliciter.

 

[Ajout 26/10/2013. Entretien intéressant sur le sujet avec la juriste Marie-Laure Basilien-Gainche: "Le projet de l’UMP est très flou"]

16 septembre 2013

FN: François Fillon ravive les divisions à droite

Alors que le FN tenait son université d'été à Marseille, l'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy a relancé la question des relations entre la droite et l’extrême droite

http://www.la-croix.com/Actualite/France/Francois-Fillon-...

30 août 2013

Élections européennes: l'UDI et le MoDem se rapprochent

Alors que son congrès fondateur n'a toujours pas été organisé, les dirigeants de l'UDI se divisent déjà sur la stratégie à adopter aux prochaines élections européennes, dans le contexte d'un rapprochement avec le MoDem.

Listes UDI autonomes, listes UDI-MoDem voire listes UMP-UDI: les dirigeants de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), lancée l'année dernière par Jean-Louis Borloo, s'opposent en cette rentrée politique sur la stratégie à adopter aux élections européennes de mai 2014.

Deux logiques s'affrontent : l'une se rattache à l'idée d’une vie politique européenne autonome; l'autre se conforme aux clivages de la vie politique française.

Lire la suite sur La-Croix.com

 

 

Commentaire

Un rapprochement de l'UDI et du MoDem dans la perspective des élections européennes serait parfaitement cohérent au regard de cette seule échéance. C'est même peut-être l'unique moyen pour ces deux partis fédéralistes d'obtenir des élus, l'un et l'autre se disputant le même électorat et risquant donc en cas de concurrence de se neutraliser mutuellement.

Ce rapprochement ne peut en revanche pas se prolonger au-delà, sauf bien entendu à ce que l'un des deux partenaires change de positionnement politique:

- Soit l'UDI quitte la droite pour aller au centre, c'est-à-dire pour devenir comme le MoDem un parti à équidistance de la droite (UMP) et de la gauche (PS). Dans cette hypothèse, il est bien évident que la majorité des élus UDI voudrait rester à droite, aux côtés de l'UMP, et romprait alors avec Jean-Louis Borloo. Bref, l'UDI connaîtrait exactement la même scission que l'UDF-MoDem en 2007!

- Soit le MoDem quitte le centre pour aller à droite, c'est-à-dire pour devenir comme l'UDI un parti allié de l'UMP. Dans cette hypothèse, il est bien évident que la majorité des militants et la poignée d'élus MoDem qui ne viennent pas de la droite, c'est-à-dire de l'UDF, rompraient alors avec François Bayrou.

Cette deuxième hypothèse est la moins improbable. François Bayrou pourrait en effet être tenté par un retour à droite en jouant tactiquement le jeu du nouveau pôle militant autour de Jean-Louis Borloo, mais en misant sur une (nouvelle) non-candidature de ce dernier à l'élection présidentielle de 2017, ce qui lui permettrait au final d'emporter la mise. Un pari qu'opère sans doute déjà Hervé Morin.

 

 

 

13 décembre 2012

Fracture au sein de l'UMP: Patrick Buisson a raison

Patrick Buisson a provoqué une polémique en déclarant, mardi 11 décembre, sur Europe 1, que "la fracture n’est pas entre François Fillon et Jean-François Copé; la vraie fracture est entre la base et sa représentation parlementaire."

Je serais bien mal placé pour dire qu'il a tort, puisque c'est exactement ce que j'ai analysé, utilisant même dès le 20 novembre la notion de "fracture politique entre l'UMP d'en haut et l'UMP d'en bas".

Rappel de mes décryptages.

(N.B.: merci d'éviter les commentaires hors sujet du style "l'UMP est un rassemblement de sensibilités diverses"; certes, mais ce que je démontre c'est le décalage entre parlementaires et militants dans leur préférence entre ces sensibilités)

 

***

Des militants UMP beaucoup plus à droite que leurs parlementaires

(note du 20 novembre 2012)

 

La comparaison entre le parrainage des motions par les parlementaires d'une part, et le vote des adhérents sur ces mêmes motions d'autre part, révèle une véritable fracture politique entre l'UMP d'en haut et l'UMP d'en bas.

Motions UMP Copé Fillon

La motion positionnée la plus à gauche du parti, "France Moderne et Humaniste" (Jean-Pierre Raffarin, Luc Chatel, Jean Leonetti), a reçu le parrainage de 39% des parlementaires ayant parrainé mais le vote de 18% des adhérents ayant voté.

À l'autre extrême, les deux motions les plus à droite ("La Droite populaire" de Thierry Mariani et "La Droite forte" de Guillaume Peltier) ont totalisé seulement 15% des parrainages de parlementaires contre 39% du vote des adhérents.

Bref, il existe un décalage idéologique entre les grands élus et la base de l'UMP, nettement plus à droite.

 

***

Cartes du vote sur les motions UMP

(extrait de ma note du 22 novembre 2012)

 

Le vote sur les six motions de l'UMP, dont cinq d'entre elles ayant dépassé 10% des suffrages exprimés ont immédiatement été reconnues comme courants internes, a malheureusement été éclipsé par la prolongation du duel Copé - Fillon.

Ce scrutin permet pourtant bien plus que l'élection du président de mesurer l'orientation plus ou moins à droite des adhérents de l'UMP. Je m'explique:

  • Les deux candidats ont reçu des soutiens de toutes les motions. Jean-François Copé a même reçu davantage de soutiens que François Fillon au sein de la motion la plus à gauche, France Moderne et Humaniste (43% des signataires contre 30%). Symétriquement, 35% des signataires de la motion la plus à droite, La Droite Forte, ont soutenu François Fillon (47% Jean-François Copé). Cf. mon infographie exclusive.

UMP-2012-CopeFillon-motions.gif

  • François Fillon s'est démarqué de Jean-François Copé bien plus sur le style et la stratégie que sur le fond des propositions. C'est même sans doute l'ancien premier ministre qui a avancé durant la campagne la proposition, certes passé inaperçue, la plus à droite: "réserver l'accès aux prestations sociales aux étrangers ayant séjourné régulièrement sur le territoire pendant plus d'un an", c'est-à-dire appliquer pendant un an la préférence nationale chère au FN.

 

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 Quelques infographies complémentaires:

UMP Copé Fillon

 

Motion en tête

 

Copé Fillon candidat en tête par département

12 décembre 2012

Jean-François Copé joue la montre contre François Fillon

Jean-François Copé, président de l'UMP, dira "au début du mois de janvier" ce qu'il propose "très concrètement" pour sortir de la crise interne. François Fillon, lui, mise sur le vote par les parlementaires, mardi 18 décembre, d'une motion de Bernard Accoyer en faveur d'un nouveau scrutin "au printemps 2013".

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Jean-...