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30 avril 2014

Radioscopie des députés Écologistes

Quelle a été l'attitude des 17 députés membres du Groupe écologiste sur les votes clefs de la législature?

Remarques:
- Paul Molac est apparenté Union démocratique bretonne (UDB).
- Noël Mamère a quitté EELV le 25 septembre 2013.
- Isabelle Attard a quitté EELV le 5 décembre 2013 pour adhérer au parti Nouvelle Donne de Pierre Larrouturou.
- EELV ne participe plus au gouvernement depuis la nomination de Manuel Valls à Matignon; Cécile Duflot étant auparavant membre du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, elle est donc réputée au nom de la solidarité gouvernementale avoir soutenu tous les textes.

ecolo.jpg

09/10/2012: projet de loi autorisant la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire (TSCG), signé par Nicolas Sarkozy.
09/04/2013: projet de loi relatif à la sécurisation de l'emploi (accord national interprofessionnel, non signé par les syndicats CGT et FO).
15/10/2013: projet de loi garantissant l'avenir et la justice du système de retraites.
GVT: vote interne sur la participation ou non au gouvernement de Manuel Valls; sous toutes réserves car le scrutin n'était pas public.
08/04/2014: déclaration de politique générale du gouvernement de Manuel Valls.
29/04/2014: déclaration du gouvernement sur le projet de programme de stabilité pour 2014-2017.

P: vote pour.
A: abstention volontaire.
C: vote contre

05 juin 2012

Bilan des candidatures soutenues par le PS aux élections législatives

Tableau récapitulatif des candidatures soutenues par le PS aux élections législatives (calculs personnels):

 

Parti Candidats
PS 452  
divers écologiste 1  
EELV 63 66
MEI 1
UDB 1
POc 1
PRG 30 31
GE 1
MRC 9  
MUP 1  
TAVINI 3  
divers gauche 6  
total 569  
aucun soutien* 8  
total 577  

* circonscriptions 1303, 97202, 97203, 97204, 97301, 977/97801, 98801 et 98802


N.B.: chiffres susceptibles d'être affinés

17 avril 2012

Profession de foi d'Eva Joly

http://www.cnccep.fr/les-candidats/pdf/Eva_Joly.pdf

25 novembre 2011

Siège de l'UE à l'ONU: l'UMP sur la même ligne que le PS et EELV

L'accord entre le PS et EELV indique qu'en cas de victoire électorale "la France fera des propositions précises pour réformer et démocratiser l'ONU afin qu'elle structure un ordre juridique et normatif global: siège européen, suppression du droit de véto, meilleure représentativité des pays du Sud au sein du Conseil de Sécurité, renforcement du rôle des ONG".

"En clair le PS et les Verts laissent supposer qu'un siège européen, sans droit de veto, pourrait remplacer les sièges permanents avec droit de veto occupés aujourd'hui par la France et la Grande-Bretagne au Conseil de Sécurité de l'ONU", s'est aussitôt alarmé l'UMP.

Or:

1) Le texte de l'accord PS-EELV ne dit absolument pas que ce "siège européen" de membre permanent remplacerait les sièges actuels de membres permanents de la France et du Royaume-Uni.

2) Le texte de l'accord PS-EELV propose exactement la même chose que le rapport Laschet adopté en 2004 par le Parlement européen... avec les voix de l'UMP!

Extraits:

"...demande instamment aux États membres de l’UE de se mettre de toute urgence d’accord sur la réforme institutionnelle du système des Nations unies, dans la perspective de l’acquisition prochaine, par l’UE, de la personnalité juridique, et conformément aux principes suivants:
- augmentation du nombre de membres du Conseil de sécurité (membres permanents et non permanents) qui devrait mieux refléter l’état du monde actuel, en ce comprise l’Union européenne comme membre permanent à part entière aussitôt que sa personnalité juridique aura été reconnue, et l’attribution d’un siège supplémentaire pour chacune des régions suivantes : Afrique, Asie, Amérique latine,
- amélioration du processus décisionnel au sein du Conseil de sécurité, en remplaçant l’actuel système de veto par le double veto (le veto ne vaudrait que s’il est émis par deux membres permanents), mais uniquement dans les cas visés au chapitre VII de la Charte des Nations unies (menaces pour la paix, actes de guerre et d’agression), (...)"

À défaut de "double veto" à l'ONU (donc de suppression de l'actuel système de veto), il s'agit bel et bien de la part de l'UMP d'un double langage entre Strasbourg et Paris...

 

Note citée sur LeMonde.fr et LePoint.fr

21 avril 2011

À un an de la présidentielle, le spectre d'un "21 avril" pèse sur les stratégies

La perspective d'une présence de Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2012 fait planer, neuf ans après, le spectre d'un nouveau "21 avril", en référence à la qualification de Jean-Marie Le Pen en 2002. Avec une incertitude, en fonction du candidat PS testé dans les sondages (Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, François Hollande ou Ségolène Royale), sur l'éventuelle configuration du second tour: un duel FN-PS ("21 avril à l'envers") ou un duel FN-UMP ("21 avril à l'endroit"). Les états-majors de droite et de gauche s'activent donc afin d'écarter cette perspective.

La première façon de limiter les risques d'un "21 avril" est mécanique: elle consiste à limiter l'offre politique à droite et à gauche. De fait, en 2002, le record du nombre de candidats avait été battu, avec seize prétendants contre neuf en 1988 et 1995, dix en 1981, douze en 1974, sept en 1969 et six en 1965 (douze en 2007). Originellement, en 1962, les candidats devaient au préalable présenter cent parrainages, un chiffre porté en 1976 à cinq cents élus par crainte d'une inflation du nombre de candidatures. Divisée entre Pascal Gauchon (Parti des forces nouvelles) et Jean-Marie Le Pen (Front national), l'extrême droite n'avait ainsi pas pu participer à la présidentielle de 1981; même chose pour l'écologiste indépendant Antoine Waechter en 1995 et 2002, pour le souverainiste Charles Pasqua en 2002 ou encore pour le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan en 2007 (de nouveau sur les rangs pour 2012).

Au-delà de ce filtre juridique, l'idée de mettre en place une primaire afin de présenter un candidat unique à l'élection présidentielle a été régulièrement avancée. Dès 1989, Charles Pasqua fonde ainsi une "association pour les primaires à la française aux élections présidentielles". Le principe de l'organisation de primaires sera bien adopté en 1990, puis une charte signée en 1991, mais le projet sera finalement abandonné en 1994 par le RPR et l'UDF dans le contexte de la division entre Jacques Chirac et Édouard Balladur.

L'idée a toutefois été relancée en 2008, à gauche cette fois, par la fondation Terra nova. encore traumatisé par l'élimination de Lionel Jospin en 2002, le PS a donc décidé, en juillet 2010, d'organiser les 9 et 16 octobre 2011 une primaire "ouverte à tous les citoyen(ne)s qui veulent la victoire de la gauche en 2012 et co-organisée par les formations politiques de gauche qui souhaitent y participer", avec un dépôt des candidatures ouvert du 28 juin au 13 juillet 2011. Pour l'instant, aucun autre parti de gauche n'a toutefois décidé d'y participer: si le MRC de Jean-Pierre Chevènement et le PRG de Jean-Michel Baylet n'ont peut-être pas définitivement fermé la porte, Europe Écologie - Les Verts ainsi que le Front de gauche (PCF et Parti de gauche) ont déjà entamé le processus de désignation de leur propre candidat.

Un ultime "Appel du 21 avril" vient tout de même d'être rendu public, exhortant "tous les partis de gauche à travailler ensemble sur une plateforme commune visant la désignation d'un candidat unitaire dès le premier tour, grâce à des primaires ouvertes". Parmi les signataires figurent notamment Laurianne Deniaud, présidente du Mouvement des jeunes socialistes, et Olivier Ferrand, président-fondateur de Terra nova. "Je pense que c'est une erreur, que cela figerait la vie politique française, cela appauvrirait notre débat démocratique", a répondu, mercredi, sur France 2, Eva Joly, candidate à la candidature au sein d'Europe Écologie - Les Verts.

À droite également, la volonté de limiter le nombre de candidats est un leitmotiv de Nicolas Sarkozy. Pour l'Élysée, il s'agit non seulement d'éloigner le spectre d'un "21 avril", mais également d'afficher la conviction que la victoire s'obtient en distançant au premier tour son adversaire du second. en 2007, Nicolas Sarkozy avait en effet obtenu 31 % au premier tour, contre 26 % pour Ségolène royal. Or, les éventuelles candidatures du radical Jean-Louis Borloo et du gaulliste Dominique de Villepin, tous les deux membres de l'UMP jusqu'à cette année, risqueraient de porter un coup fatal à cette stratégie. L'ancien ministre Alain Lamassoure suggère donc, dans une tribune publiée ce jeudi dans Le Monde que le président sortant prenne "lui-même l'initiative de proposer des primaires à droite, en annonçant sa propre candidature". Selon ce parlementaire européen UMP issu de l'UDF, "les ambitions seraient mises au défi de se dévoiler" et "si personne n'ose sortir du bois, la preuve sera faite que, pour représenter la majorité actuelle, Nicolas Sarkozy n'est peut-être pas le meilleur candidat, mais que c'est le seul possible".

La seconde façon de limiter les risques d'un "21 avril" est de s'adresser directement aux électeurs tentés par un vote en faveur de Marine Le Pen, notamment dans les catégories populaires. C'est dans cet objectif de reconquête de l'électorat d'extrême droite, qu'il avait en partie capté en 2007, que Nicolas Sarkozy a redroitisé son image depuis le discours prononcé en juillet 2010, à Grenoble, sur la sécurité. Les récents propos controversés sur l'islam et l'immigration de Claude Guéant, ministre de l'intérieur, s'inscrivent également dans cette logique. Même chose en ce qui concerne le déplacement effectué mardi par le président de la République à Charleville-Mézières (Ardennes), là où celui qui se voulait "le président du pouvoir d'achat" avait prononcé en 2006 son discours sur "la France qui souffre".

À gauche, telle est également la stratégie d'Arnaud Montebourg (PS), candidat déclaré à la primaire, à travers le concept antilibéral de "démondialisation". En rupture avec la politique menée par tous les gouvernements de droite et de gauche depuis le "tournant de la rigueur" de 1983, ce concept est défendu par les économistes Jean-Luc Gréau et Jacques Sapir ...sur les analyses desquels s'appuie également le FN.

La récupération de travaux d'économistes extérieurs à l'extrême droite participe en effet de l'ambition de Marine Le Pen de crédibiliser son programme et de respectabiliser son image. "Les grands serviteurs de l'État réellement soucieux de l'intérêt général n'ont aucune raison de redouter notre arrivée au pouvoir et l'application des idées que je porte", a même écrit Marine Le Pen aux préfets, dans une lettre dévoilée sur le site Marianne2. Selon Rue89, le parti d'extrême droite a en outre donné des consignes afin d'interdire de son traditionnel défilé du 1er mai "tout ce qui ressemble de près ou de loin à un ‘‘skinhead''", ainsi que les "tenues vestimentaires type treillis, rangers, etc.". Enfin, mardi dernier, Alexandre Gabriac, l'un de ses trois élus proches du groupuscule pétainiste l'Œuvre française, a été exclu du parti. Preuve que le FN veut devenir une formation comme une autre. Mais preuve, aussi, que ce n'est pas encore le cas.

Laurent de Boissieu
La Croix, 21/04/2011 (version légèrement modifiée)

06 avril 2011

Bilan des élections cantonales pour les écologistes (hors EELV)

Les résultats détaillés (tris et calculs personnels):

nuance candidats voix % (1) % (2)
Cap21 (3) 26 16.660 0,18 10,47
AEI 16 3.339 0,04 3,74
GE (4) 10 2.171 0,02 3,20
MEI (5) 4 4.073 0,04 19,47
LT-NEHNA 14 3.460 0,04 3,20
MHAN 4 489 0,01 1,46
RE 1 62 0,00 1,08
PPLD 10 468 0,01 1,10
BE (6) 1 1.085 0,01 16,31
AE 2 220 0,00 5,18
LVVDM 3 415 0,00 3,24
divers 24 10.892 0,12 9,93
Total 115 43.334 0,47  

(1) moyenne nationale

(2) moyenne sur les cantons présents

(3) Y compris les candidats Cap21 soutenus par EELV

(4) Y compris les candidats GE soutenus par le MoDem

(5) Dont un candidat MEI soutenu par EELV

(6) Soutenu et avec remplaçante PS

 

AEI - Alliance Écologiste

GE - Génération Écologie

MEI - Mouvement Écologiste Indépendant

LT-NEHNA - Le Trèfle - Les Nouveaux Écologistes Homme, Nature, Animaux

MHAN - Mouvement Homme, Animaux, Nature

RE - Renouveau Écologique

PPLD - Parti Pour La Décroissance

BE - Bretagne Écologie

AE - Ajaccio Énergie

LVVDM - Ligue Verte (Val-de-Marne)

 

Les élus:

nuance département canton élu sortant
Cap21 (1) Haut-Rhin Huningue Max Delmond non
divers (2) Alpes-Maritimes Grasse-Sud Jean-Raymond Vinciguerra oui

(1) Cap21 soutenu par EELV, le PS et le MoDem

(2) Divers écologiste avec soutien EELV et PS

 

[la publication de cette note a tardé car j'attends toujours que GE me confirme ses dix candidats - d'autres notes sont en préparation mais dans l'attente de quelques retours de partis politiques]

04 avril 2011

Bilan des élections cantonales pour les régionalistes

Les résultats détaillés (tris et calculs personnels):

nuance candidats voix % (1) % (2)
FEMU 13

24

7.541

11.717

0,08

0,13

22,77
CL 8 2.017 0,02 9,01
div Corse 3 2.159 0,02 29,00
UDB 29

46

11.855

22.269

0,13

0,24

7,77
PB 10 1.770 0,02 2,79
MBP 5 8.213 0,09 31,37
EAB 2 431 0,00 2,45
EHBAI 9

15

3.771

4.277

0,04

0,05

12,09
PNB 5 346 0,00 1,98
AB+PNB 1 160 0,00 2,84
POC 18

19

6.013

6.119

0,07

0,07

7,68
LIBERTAT 1 106 0,00 3,25
CDC 12 12 754 754 0,01 0,01 1,07
PN 3 3 465 465 0,01 0,01 2,19
MRS 6

11

3.532

4.188

0,04

0,05

13,79
LS 5 656 0,01 2,49
UL 7 7 2.811 2.811 0,03 0,03 5,92
  137 52.600 0,57  

(1) moyenne nationale

(2) moyenne sur les cantons présents

N.B.: partis régionalistes en métropole uniquement, non compris les comités Breizhistance (alliés au NPA) et la Fédération Identitaire (extrême droite); y compris les candidats soutenus par EELV (tous les MRS, certains UDB et POC), le MoDem (certains PB), l'Alliance Écologiste (certains PB), le PS ou le PCF (certains MBP).

 

nuance département(s)
FEMU Femu a Corsica 2A, 2B
CL Corsica Libera 2A, 2B
divers   2B
MBP Mouvement Bretagne et Progrès 29, 56
UDB Union Démocratique Bretonne 22, 29, 35, 44, 56
PB Parti Breton 29, 35, 44, 56
EAB En avant Bretagne (UDB + PB + MBP) 56
EHBAI Euskal Herria Bai (AB + EA + BATASUNA) 64
PNB Parti Nationaliste Basque 64
AB+PNB Angeluzain + Abertzaleen Batasuna + PNB 64
POC Partit Occitan 04, 09,11, 31, 40, 43, 64, 81, 83, 84
LIBERTAT Libertat! 64
CDC Convergence Démocratique de Catalogne 66
PN Parti Niçois 06
MRS Mouvement Région Savoie 73, 74
LS Ligue Savoisienne 73, 74
UL Unser Land 67, 68

 

 

Les élus:

nuance département canton élu sortant
FEMU Corse-du-Sud Porto-Vecchio Jean-Christophe Angelini non
MBP Finistère Carhaix-Plouguer Christian Troadec non
Morbihan Gourin-Plouguer Christian Derrien non
UL Bas-Rhin Sarre-Union David Heckel non

23 mars 2011

Les 20 meilleurs scores départementaux d'Europe Écologie Les Verts aux élections cantonales

Moyenne nationale : 8,22%

LOIRE ATLANTIQUE (44) 15,35
ILLE ET VILAINE (35) 15,11
HAUTE SAVOIE (74) 14,70
RHONE (69) 14,25
VAL DE MARNE (94) 14,09
YVELINES (78) 13,91
ISERE (38) 13,52
DROME (26) 13,03
TERRITOIRE DE BELFORT (90) 12,79
BAS RHIN (67) 12,47
HAUTE GARONNE (31) 12,01
SAVOIE (73) 11,60
ESSONNE (91) 11,53
GIRONDE (33) 11,37
FINISTERE (29) 11,27
HAUTS DE SEINE (92) 11,16
VENDEE (85) 11,16
ARDECHE (07) 11,07
VAL D'OISE (95) 10,07
GARD (30) 10,04

Tous droits réservés Laurent de Boissieu

09 février 2011

Manifeste pour une écologie antirépublicaine

Le 27 janvier dernier a été publié dans Libération un "Manifeste pour une écologie de la diversité", cosigné par Esther Benbassa (directrice d'études à l'EPHE-Sorbonne), Noël Mamère (député) et Eva Joly (parlementaire européen).

La lecture m'avait immédiatement suscité cette réaction sur Twitter: "Eva Joly - Les Identitaires: même anti-républicanisme, même confusion nature/culture".

 

Que dit cette tribune? Qu'il faut "sauver et la laïcité et la République, à condition qu'elles soient revisitées":

  • "Une laïcité raisonnée qui reconnaisse la part de l'appartenance ethnique, culturelle, religieuse, linguistique".
  • "Une République équilibrée en harmonie avec la mixité réelle", la société devant être "le creuset naturel d'une diversité positive, à savoir d'une véritable mixité sociale et culturelle".

 

En fait, à force de revisiter la République, il n'en reste plus rien. Les auteurs cachent d'ailleurs à peine leur dessein antirépublicain lorsqu'ils dénoncent le "piège où la laïcité et les valeurs de la République se confondent avec ces dérives que sont le laïcisme et le républicanisme". Concrètement, il s'agit pour eux de remplacer la définition individualiste et universaliste de la citoyenneté (sans distinction d'origine, de race ou de religion) par une approche holiste et communautariste (selon les appartenances ethnique, culturelle, religieuse, linguistique). "Intégration, assimilation sont des mouvements venus d'en haut, autoritaires, ne prenant pas en considération les réalités humaines, et les dénigrant sous l'étiquette commode de ‘communautarisme’", écrivent ainsi les membres d'Europe écologie – Les Verts (sans oublier, au passage, d'agiter à trois reprises l'épouvantail du nationalisme).

À l'appartenance considérée comme artificielle à la communauté politique nationale est donc substituée une appartenance naturelle (conforme à sa nature essentielle) à des communautés. Parmi les communautés reconnues au sein de cette société multiculturelle figure la communauté religieuse. D'où une rupture avec la loi de 1905, qui dispose que "la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte", c'est-à-dire avec la laïcité (comme du reste à chaque fois qu'on lui accole un adjectif: "laïcité positive", "laïcité ouverte", etc.).

Un tel essentialisme anti-républicain est également présent dans un courant d'extrême droite, la Nouvelle Droite. Théorisé par Alain de Benoist, ce courant affirme le droit à la différence à travers le concept d'"ethno-différentialisme" ou d'"ethno-pluralisme". Ce qui se traduit par "une réflexion critique sur les défauts d'un modèle français d'inspiration jacobine qui ne sait ‘intégrer’ que les individus et leur propose immanquablement de renoncer à leurs racines pour s'assimiler" (Alain de Benoist, "Citoyenneté, nationalité, intégration", Éléments, numéro 77, avril 1993). La Nouvelle Droite a directement inspiré sur ce point le corpus idéologique de la mouvance "identitaire".

En ce qui concerne l'écologie, voici ce qu'écrivait Alain de Benoist: "Quant à la biodiversité, dont il est beaucoup question aujourd'hui (le terme n'est apparu qu'en 1986), il est important de bien faire comprendre qu'elle doit s'exercer à tous les niveaux: écosystèmes, espèces, cultures, gènes (…) L'existence de cultures et de peuples différenciés est elle-même indissociable de l'avenir de l'humanité, tout simplement parce qu'il n'y a pas d'appartenance ‘immédiate' à l'humanité: tout être humain, parce qu'il est un animal social, n'appartient à l'humanité que de façon médiate, au travers de son appartenance première à une culture ou une société donnée. Le maintien de la biodiversité implique donc une pensée de la différence et de l'altérité" (Fare Verde, mars-avril 2002).

Or, la tribune d'Esther Benbassa, Noël Mamère et Eva Joly est jalonnée d'un naturalisme anti-humaniste (application des lois de la nature aux sociétés humaines) qui rappelle de façon troublante la Nouvelle Droite:

  • "Lorsque le nombre d’espèces diminue dans la nature, les maladies infectieuses, elles, se multiplient. Et pour les endiguer, des efforts doivent être déployés afin de préserver les écosystèmes naturels et leur variété. Qu'on nous pardonne le rapprochement, mais une société monoethnique (il n'en existe heureusement pas beaucoup) est une société condamnée".
  • "Si les monocultures appauvrissent les sols, elles assèchent aussi les nations".
  • "Le refus de l'altérité et l'aspiration à l'‘authenticité nationale’ asphyxient la nation elle-même, comme certains produits toxiques notre atmosphère et nos sols".

Eva Joly, Alain de Benoist: même combat?

12 mars 2010

Élections régionales : les enjeux pour Europe - Écologie

Daniel Cohn-Bendit espère bien avec Europe - Écologie réussir là où Antoine Waechter puis Dominique Voynet ont échoué avec les Verts : inscrire durablement l'écologie dans le paysage politique. Longtemps habitués aux succès électoraux sans lendemain (européennes de 1989 et 1999, régionales de 1992), les écologistes entendent cette fois confirmer leur succès des élections européennes de 2009 : 16,28%, avec seulement 30 000 voix de moins que le PS (16,48%).

Un grand bond par rapport aux scores cumulés de Dominique Voynet et José Bové à la présidentielle de 2007 (2,89%). Surtout, Europe - Écologie était arrivé en tête de la gauche dans plusieurs régions : Île-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Alsace, Pays de la Loire, etc. Cet exploit semble de nouveau à la portée des écologistes en Alsace – où ils talonnent le PS dans les sondages –, voire en Rhône-Alpes. Une victoire leur permettrait de diriger un exécutif régional, ce qui n'était arrivé aux Verts que de 1992 à 1998 dans le Nord-Pas-de-Calais.

Région par région, de l'écart avec le PS dépendra la capacité des écologistes à peser sur l'orientation idéologique de la gauche, puis des éventuelles majorités régionales. Europe - Écologie a d'ailleurs commencé à faire monter les enchères dans la perspective des négociations toujours délicates de l'entre deux tours...

 

Laurent de Boissieu
© La Croix, 12/03/2010

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