09 octobre 2010
Le Nouveau Centre pris en flagrant délit de contradiction
Le conseil national du Nouveau Centre a adopté ce samedi, "à l'unanimité", une motion intitulée "Le choix du centre en 2012".
Magnifique ! Toutes les contradictions que je mettais en avant dans ma note intitulée Hervé Morin veut incarner un centre de droite y figurent :
- tantôt l'aveu d'un positionnement à droite et non au centre : "Il y a trois ans, nous nous sommes fixés tous ensemble l'objectif de reconstruire le grand parti de centre-droit qui manquait à notre pays", "Depuis la candidature de Jean Lecanuet en 1965, la diversité de candidatures a toujours un formidable atout pour le centre-droit et la droite"...
- tantôt la revendication - donc paradoxale et contradictoire - d'un positionnement centriste : "Pour nous, la question des alliances de second tour est claire et déjà tranchée : les alliés du centre sont à droite"...
Afin de ne pas répéter encore ce que je répète inlassablement depuis des années, voici un extrait du disours de clôture de François Bayrou lors de la dernière université de rentrée du MoDem, qui rejoint ma pensée :
"(...) Aujourd'hui, les vocations de "centre" se multiplient (...) Vous vous souvenez, ceux qui (...) ne juraient que par le "centre-droit", manière que l'adjectif démente le substantif, que l'adjectif dise le contraire du nom. Puisque si vous êtes centre, c'est que vous n'acceptez pas que le monde se résume à la lutte droite contre gauche. Donc quand vous dites centre-droit (...) : dans le nom "centre" vous dites non au bipartisme, et dans l'adjectif "droit" vous dites oui ! Dans le nom vous résistez, et dans l'adjectif vous signez la capitulation !"
François Bayrou sait d'ailleurs de quoi il parle puisque, avant la création du MoDem, tout ce qu'il dénonce aujourd'hui à propos du Nouveau Centre d'Hervé Morin était valable pour l'UDF ...de François Bayrou !
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06 octobre 2010
Les villepinistes espèrent toujours former un groupe à l'Assemblée nationale
C'est un échec politique pour Dominique de Villepin. Alors que vient de s'ouvrir cette semaine la session parlementaire 2010-2011, les députés villepinistes ne sont finalement pas parvenus à trouver suffisamment d'alliés pour former un nouveau groupe. Depuis mai 2009, il suffit pourtant de réunir quinze membres sur un total de 577 députés. Or, si un groupe peut se constituer à tout moment, il lui faut en revanche impérativement exister au début de la session s'il veut bénéficier des droits spécifiques aux groupes d'opposition ou minoritaires et être représenté dans les organes de l'Assemblée nationale. C'est donc raté pour cette session, voire pour la législature. Qu'à cela ne tienne : les villepinistes ne renoncent pas. "Le besoin d'expression libre et indépendante des républicains sociaux se consolide de jour en jour, expose sereinement Marie-Anne Montchamp. Il faut le temps que chacun fasse son chemin, mais je suis absolument certaine que nous y arriverons."
La constitution de ce nouveau groupe se heurte pour l'instant à deux écueils. Le premier est interne : combien d'élus villepinistes sont vraiment prêts à rompre avec le groupe UMP ? Huit députés UMP adhèrent au parti de Dominique de Villepin, République solidaire, auxquels s'ajoute le non-inscrit Daniel Garrigue. Or, sur la réforme des retraites, sept villepinistes se sont abstenus (Marc Bernier, Daniel Garrigue, François Goulard, Jean-Pierre Grand, Jacques Le Guen, Marie-Anne Montchamp et Jean Ueberschlag), tandis que deux autres (Guy Geoffroy et Michel Raison) votaient pour.
Le second écueil est externe : avec qui s'allier pour atteindre le seuil de quinze membres ? Les villepinistes possèdent comme allié naturel le parti gaulliste Debout la République, qui compte deux députés : Nicolas Dupont-Aignan et François-Xavier Villain. Marie-Anne Montchamp avance en outre une "compatibilité" avec l'unique député et président du CNI, Gilles Bourdouleix. Mais ce dernier n'est aujourd'hui "pas prêt à franchir le Rubicon". Un autre député pourrait compléter le dispositif : le "gaulliste social de centre droit" Philippe Folliot (apparenté au groupe Nouveau Centre et porte-parole de l'Alliance centriste). Enfin, quelque huit députés sociaux du groupe UMP, gaullistes ou démocrates-chrétiens, seraient potentiellement intéressés… mais souhaitent attendre et conserver pour l'instant leur anonymat. Tout au moins "jusqu'au remaniement ministériel", confie l'un d'eux. En clair : tout dépendra de l'orientation, plus ou moins sociale, du futur premier ministre.
Cet été, les villepinistes avaient même proposé, non sans débats internes, une alliance technique avec les trois élus du MoDem. Mais François Bayrou - qui aurait également pu renouer à cette occasion avec le député Nouveau Centre Nicolas Perruchot - avait posé comme condition une rupture totale avec l'UMP, aussi bien avec le groupe parlementaire qu'avec le parti. Une condition irrecevable alors que Dominique de Villepin, en tant qu'ancien premier ministre encarté, est lui-même actuellement membre du bureau politique de l'UMP.
Laurent de Boissieu
La Croix, 6 octobre 2010
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