25 août 2011
François Bayrou et Alain Minc, même combat?
Dans Le Point, François Bayrou répond avec saveur aux critiques formulées la semaine dernière dans le même hebdomadaire par Alain Minc. Ce dernier avait notamment accusé François Bayrou de défendre un protectionnisme européen… alors que le président du MoDem consacre à l'inverse tout un chapitre de son livre (2012 état d'urgence, Plon) à attaquer le "mirage" du protectionnisme européen.
La "majorité centrale" souhaitée par François Bayrou consisterait d'ailleurs à réunir, autour du centre, la droite et la gauche "modérées", c'est-à-dire détachées de la droite et de la gauche "extrémistes" prônant la démondialisation, le protectionnisme (national comme européen) ou la sortie de l'euro (voire de l'Union européenne).
Conclusion: Alain Minc ne semblait tout simplement pas avoir lu l'ouvrage de François Bayrou...
Dans sa réponse, le président du MoDem qualifie Alain Minc de "boussole méridianopète", c'est-à-dire qui indique le Sud et non le Nord. Bref, d'avoir toujours tort.
Or, cette démonstration pourrait bien se retourner contre François Bayrou:
- Alain Minc a été le premier à théoriser l'idée d'un gouvernement central à travers le concept de "cercle de la raison", même si le tropisme populiste (démocrate) de François Bayrou l'éloigne de l'élitisme d'Alain Minc.
- Alain Minc et François Bayrou ont toujours défendu et défendent au fond les mêmes grandes orientations politiques, du Traité de Maastricht à la règle d'or budgétaire en passant pas le rejet de la démondialisation et du protectionnisme.
Alors, Alain Minc et François Bayrou: même combat?...
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23 août 2011
François Bayrou pour un gouvernement UMP-PS sans le MoDem?
J'ai chroniqué la semaine dernière dans La Croix le nouveau livre de François Bayrou, 2012 état d'urgence (Plon).
Petit retour sur deux points.
1) François Bayrou ne prône pas un gouvernement d'union nationale:
L'union nationale, comme l'écrit le dirigeant centriste, "suppose que l'on embarque tout le monde" (p.148), de l'extrême droite à l'extrême gauche. Par exemple en temps de guerre.
Or, ce qu'ambitionne François Bayrou, c'est de détacher les modérés des deux camps: "Dans les deux camps, le poids des extrêmes est maintenant déterminant. Je nomme "extrêmes" non pas des subversifs, décidés à renverser l'ordre établi et à prendre le pouvoir, mais des tendances qui sont incompatibles avec le gouvernement volontaire et modéré dont a besoin un pays en état d'urgence" (p.141). "Tendances qui appellent à la sortie de l'euro, ou, plus carrément, à la sortie de l'Europe" et qui "existent des deux côtés de l'échiquier, à la droite de la droite, comme à la gauche de la gauche" (p.142). "....l'action suppose la cohérence, exige un accord profond sur les principes, sur les grands axes qui est par nature impossible avec les plus radicaux. Peut-être aussi d'ailleurs avec les plus timorés", insiste-t-il plus loin (p.148).
"Il n'y a qu'une seule majorité possible si on veut trouver des solutions: une majorité large du centre gauche au centre droit", explicite le président du MoDem dans L'Express, parallèlement à la publication de son livre.
Dès le milieu des années 1990, François Bayrou prônait ainsi la création d'un "grand centre" allant d'Édouard Balladur à Jacques Delors. La différence majeure, c'est qu'à l'époque il parlait depuis la droite, alors qu'aujourd'hui il parle du centre, à équidistance de la droite et de la gauche.
2) Le mauvais exemple allemand de François Bayrou:
Pour illustrer sa "majorité centrale", François Bayrou met en avant l'exemple allemand, c'est-à-dire selon lui "l'alliance centre-droit centre-gauche" (p.147). Une idée qu'il développe également dans L'Express: "...le plan du chancelier social-démocrate Schröder, a été combattu par la gauche de la gauche. Il a été réalisé par Angela Merkel grâce à une majorité centrale, centre gauche-centre droit, la grande coalition CDU-SPD".
Or, s'il y a bien eu en Allemagne une grande coalition entre la droite (CDU-CSU) et la gauche (SPD) - au passage, subie davantage que voulue - le centre (FDP) en a été écarté!
Bref, transposé en France, le modèle de coalition sans cesse mis en avant par François Bayrou serait une coalition UMP-PS ...sans le MoDem!
Tout le monde aura bien compris ce que le dirigeant centriste voulait dire, mais l'illustration choisie apparaît plutôt comme un mauvais exemple pour lui.
10:33 | Lien permanent | Commentaires (16) |
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