05 mai 2013
Exclusif: échange de courriel entre Jean-Marc Ayrault et Jean-Luc Mélenchon
(résumé de la manifestation du Front de Gauche et de l'entretien télévisé du Premier ministre)
From: jean-marc.ayrault@matignon-gouvernance.gouv.eu
To: jean-luc.melenchon@revolution-fr-int-fr-int.ve
Subject: Avec toi?
Je marchais les yeux fermés
Je ne voyais plus mes pieds
Je rêvais réalité
Ma réalité m'a alité
From: jean-luc.melenchon@revolution-fr-int-fr-int.ve
To: jean-marc.ayrault@matignon-gouvernance.gouv.eu
Subject: Re: Avec toi?
Je rêvais d'une autre terre
Qui resterait un mystère
Une terre moins terre à terre
Oui je voulais tout foutre en l'air
23:04 | Lien permanent | Commentaires (0) |
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30 avril 2013
Le Pen contre Le Pen: la guerre des deux FN
Le débat interne sur le positionnement n'est pas nouveau au FN.
Il ressurgit toutefois aujourd'hui de façon inédite car, pour la première fois, il divise publiquement le "clan Le Pen" avec l'opposition de deux lignes:
FN ni droite ni gauche
Pour les uns, le FN doit représenter "l'alternative au système UMPS", c'est-à-dire à la droite et à la gauche, renvoyés dos à dos en tant que partis d'une même "mondialisation ultralibérale".
Les partisans de ce positionnement "ni droite ni gauche" ne souhaitent pas d'alliance avec l'UMP, voire même refusent de manifester aux côtés des parlementaires de droite (cf. la position officielle du FN face aux manifestations contre le "mariage pour tous").
Ils ciblent l'électorat populaire - y compris les déçus de François Hollande - et défendent une ligne sociale et étatiste ("État stratège") au sein de laquelle, dans un paradoxe qui n'est qu'apparent, se retrouvent des militants issus aussi bien de la gauche républicaine chevènementiste que de l'extrême droite nationaliste révolutionnaire.
Ce positionnement est défendu par Marine Le Pen et, bien entendu puisqu'il en est la cheville ouvrière, Florian Philippot (ancien chevènementiste).
FN à la droite de la droite
Pour les autres, le FN doit au contraire représenter "la vraie droite" face à la "fausse droite" incarnée par l'UMP. Pour eux, le FN est donc le prolongement de la droite, la différence avec cette dernière étant perçue comme une question de degré et non de nature.
Comme le FN au début des années 1980, ils défendent une ligne anti-étatiste et veulent s'adresser à l'électorat de droite exaspéré par l'élection de François Hollande et le retour de la gauche au pouvoir. Les partisans de ce positionnement à la droite de la droite sont logiquement favorables à des alliances avec l'UMP et auraient voulu que le FN appelle officiellement à manifester aux côtés de Jean-François Copé derrière le collectif "La Manif pour tous".
Ce positionnement est défendu par Jean-Marie Le Pen (qui, rappelons-le, fut réélu en 1958 sous l'étiquette des Indépendants de Paris et siégea alors au sein du même groupe que Valéry Giscard d'Estaing), Louis Aliot (ce dernier semble toutefois s'être rapproché de la première ligne) et Marion Maréchal - Le Pen (lire à ce sujet son entretien dans Le Monde daté de ce jour).
(comme à chaque article mentionnant des débats internes au FN, je sais par avance de qui je vais recevoir les habituels démentis).
11:33 | Lien permanent | Commentaires (4) |
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29 avril 2013
L'Union nationale: définition et faux amis
Qu'est-ce que l'Union nationale?
L'Union nationale correspond à la formation d'un gouvernement unissant l'ensemble des forces politiques face à une situation exceptionnelle, en particulier lorsque l'indépendance nationale, l'intégrité du territoire ou la continuité de l'État sont menacées.
François Bayrou récusait d'ailleurs au départ l'expression qui lui est maintenant accolée en expliquant que l'Union nationale "suppose que l'on embarque tout le monde" (2012 état d'urgence, Plon, 2011), de l'extrême droite à l'extrême gauche, aux antipodes donc de son souhait d'une majorité rassemblant les "modérés" de gauche et de droite en passant par le centre.
Exemple d'Union nationale: l'Union sacrée durant la première guerre mondiale, avec la participation au gouvernement de personnalités allant de l'extrême droite catholique et royaliste (Denys Cochin) à l'extrême gauche socialiste unifiée (Jules Guesde). "En temps de paix, nous sommes divergents et bruyants ...mais il n'y a plus qu'une armée quand l'ennemi se montre", expliquait ainsi Denys Cochin (Le Dieu allemand, Bloud et Gay, 1917).
Union nationale et faux amis
En France, l'expression "gouvernement d'union nationale" correspond historiquement au gouvernement de droite dirigé en 1926 par Raymond Poincaré. Ce gouvernement n'est pas directement issu des urnes, mais est la conséquence du retournement d'alliance d'une partie du centre (la Gauche radicale), qui abandonne en cours de législature la gauche pour s'allier avec la droite.
À l'étranger, les "grandes coalitions" sont souvent assimilées par erreur en France à une situation d'Union nationale. Mais il s'agit en fait d'un gouvernement regroupant le principal parti de droite et le principal parti de gauche. Ces coalitions sont des coalitions par défaut, en raison d'une représentation proportionnelle ne permettant pas de dégager une majorité nette.
Exemples:
- en Allemagne, le gouvernement CDU-CSU - SPD d'Angela Merkel entre 2005 et 2009, duquel le centre (FDP) était écarté.
- en Italie, le nouveau gouvernement (28 avril 2013) d'Enrico Letta regroupant des partis de gauche (Partito Democratico), du centre (Scelta Civica) et de droite (Il Popolo della Libertà).
Bref, un gouvernement d'Union nationale ne signifierait rien aujourd'hui en France, où le PS dispose à lui tout seul de la majorité absolue à l'Assemblée nationale (qui bénéficie face au Sénat du dernier mot dans la procédure législative).
Ce qui aurait en revanche une signification, ce serait:
- a minima une recomposition du paysage politique, l'aile droite du PS (dont est issu François Hollande) étant en réalité idéologiquement plus proche du centre que de l'aile gauche du PS (reste à savoir s'il existerait une majorité alternative dans l'hypothèse d'une défection de cette dernière).
- a maxima la formation d'une majorité rassemblant toutes les forces politiques soutenant l'actuelle construction européenne (majorité du PS, MODEM, UDI et quasi-totalité de l'UMP), c'est-à-dire favorables à une politique de rigueur, en cas de montée en puissance lors des échéances électorales de 2017 des partisans d'une autre politique.
10:15 | Lien permanent | Commentaires (1) |
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