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30 septembre 2009

Le FDP, centre ou droite ?

La présentation du nouveau Bundestag dans la presse française, après les élections en Allemagne ce dimanche, est intéressante : tantôt le FDP est placé au centre (Libération, La Croix, L'Humanité), entre le SPD et l'union CDU/CSU, tantôt il est placé à la droite de cette dernière (Le Figaro, Le Monde, Les Echos).

Ces hésitations illustre le fait que le clivage droite-gauche ne signifie idéologiquement rien en soi. Si le clivage retenu est la critère économique, le FDP est effectivement "plus à droite" que l'union CDU/CSU. Si, en revanche, le critère sociétal est retenu, le FDP est cette fois "plus à gauche" que l'union CDU/CSU.

En réalité, il me semble plus pertinent de classer le FDP au centre, non pas pour des raisons idéologiques (variables en fonction du clivage retenu), mais pour une raison géographique : son positionnement historique centriste, gouvernant tantôt avec le SPD, tantôt avec l'union CDU/CSU (les "grandes coalitions" SPD-CDU/CSU étant subies et non issues d'une alliance pré-électorale).

Enfin, sur les questions idéologiques, à noter que les libéraux allemands et autrichiens ont historiquement oscillé entre le centre et l'extrême droite (nationa-libéralisme). À l'exemple du FPÖ autrichien, qui a finalement basculé dans l'extrémisme et rompu avec son aile centriste (Liberale Forum et Junge Liberale Österreich).

28 septembre 2009

Analyse des élections législatives en Allemagne

Les élections législatives se sont déroulées le 27 septembre en Allemagne :

- Défaite historique du SPD (sociaux-démocrates) de Frank-Walter Steinmeier et victoire de l'alliance de la CDU/CSU (démocrates-chrétiens conservateurs) d'Angela Merkel et du FDP (libéraux) de Guido Westerwelle.

- Le SPD obtient son plus faible score historique depuis 1949 (23,0% contre 34,2% en 2005). Surtout, pour la première fois, à sa gauche un parti obtient plus de la moitié de ses sièges : 146 SPD pour 76 Die Linke (ex-communistes et dissidents de gauche du SPD). Après avoir gouverné quatre ans en grande coalition avec la CDU/CSU, le SPD n'a pas trouvé sa place entre la chancelière sortante Angela Merkel (CDU) et les oppositions.

- Dans un paysage politique fortement bipolarisé, trois partis obtiennent leur plus fort score historique et dépassent 10% des suffrages exprimés : le FDP (14,6%), Die Linke (11,9%) et Die Grünen (écologistes, 10,7%). Fait inédit, les deux grands blocs (CDU/CSU et SPD) ne représentent plus que 62% des sièges du Bundestag (73% en 2005), la représentation parlementaire n'ayant jamais été autant éclatée (même en 1949, où un nombre record de partis avait été représenté au Bundestag).

- Dans ce contexte, la nouvelle majorité CDU/CSU-FDP ne dispose que de 21 sièges d'avance. La CDU gagne quelques élus par rapport à 2005 mais stagne électoralement (27,3% contre 27,8%), non loin de son plancher historique de 1949 (25,2%). Seul le succès du FDP lui permet de ne pas devoir reconduire la "grande coalition" avec le SPD.

 

Résultats des élections législatives en Allemagne depuis 1949