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27 décembre 2008

Français, sans commentaire !

indivisibles.jpg

J'ai atterri par hasard sur le site Internet d'une association : Les Indivisibles.

Quel bonheur, sur le fond et sur la forme ! À l'opposé du discours racialiste de plus en plus dominant (qui n'épargne même pas un Éric Zemmour, que j'appréciais pourtant du temps où je fréquentais comme lui la Fondation Marc-Bloch), le message de cette association, qui ne manque pas d'humour, est simple : quelle que soit notre couleur de peau ou notre religion, nous sommes "Français, sans commentaire !".

Une évidence au sein de la France Républicaine, qu'il convient malheureusement de rappeler aujourd'hui.

 

L'occasion pour moi de pousser un coup de gueule sémantique : marre de ceux qui confondent "immigrés" et "étrangers", marre de ceux qui parlent de "Français de souche" ou de "noirs de France", marre des préjugés (pour paraphraser Gaston Kelman, on peut être noir de peau et ne pas aimer le manioc...), marre, enfin, du discours racialiste qui se réclame de Barack Obama tout en tournant le dos au discours post-racial du futur président des États-Unis !

 

http://www.lesindivisibles.fr


21 décembre 2008

Malek Boutih qui dit oui, qui dit non

boutih.jpgMalek Boutih a dit "oui" (ce qu'il nie), puis, finalement, "non" à Nicolas Sarkozy pour occuper la fonction de commissaire à la diversité et à l'égalité des chances. Il s'en explique ce dimanche dans le JDD :

 

Le JDD : Pourquoi avoir refusé ?

Malek Boutih : Pas par idéologie. Il y avait d'autres candidats très compétents. Yazid Sabeg fera très bien l'affaire (...) J'ai l'ambition - ce n'est pas un gros mot - de devenir l'un des principaux dirigeants du PS.

 

Bref, que dit implicitement le secrétaire national du PS ? Qu'il a refusé non pas en raison de divergences idéologiques avec la majorité de droite, mais simplement parce que son plan de carrière passe par le PS. Les militants dudit parti doivent s'en étrangler : voilà un de leurs dirigeants qui affirme publiquement ne pas avoir de divergences idéologiques avec Nicolas Sarkozy !

 

J'ai beaucoup d'estime pour Malek Boutih, son parcours et ses idées : il fait partie de la gauche républicaine qui n'hésite pas à parler sans tabou ni langue de bois de sécurité, de quartiers difficiles ou d'immigration. En tant qu'un des premiers signataires de l'Appel contre la statistique ethnique, il aurait cependant pu mettre en avant une bonne raison de s'opposer idéologiquement à Nicolas Sarkozy, qui a ressorti cette idée, mercredi dernier, dans son discours sur la "diversité". Pourquoi ne le fait-il pas ?

Et, personnellement, je pense que Yazid Sabeg ne fera justement pas l'affaire, en tant que premier signataire d'un autre appel, le Manifeste pour l'égalité réelle, qui, contrairement au ton général du discours d'Henri Guaino de Nicolas Sarkozy, penche plus du côté de la notion de diversité raciale que de celle de diversité sociale.

À ce propos, je tiens à tordre le cou à une idée fausse qui commence à gagner du terrain, consistant à opposer l'égalité réelle à l'égalité supposée formelle de la République. Selon Yazid Sabeg, cette dernière justifierait donc "l'injustice par le principe d'égalité". D'où l'appel à "l'avènement de politiques publiques volontaristes en faveur de l'égalité".

Or, au contraire, la République c'est par définition la mise en oeuvre de politiques publiques volontaristes ! Et c'est plutôt l'absence de République, au nom d'une idéologie néolibérale dominante, qui pose problème plus qu'un prétendu trop plein de République. Ce que la République n'est pas, en revanche, et ne sera jamais sauf à ne plus être la République, c'est la mise en oeuvre de la discrimination positive (c'est-à-dire, je le rappelle, de politiques publiques fondées sur une différenciation raciale, les indispensables mesures d'égalité sociale et territoriale relevant d'une toute autre logique, bien républicaine celle-là).

19 décembre 2008

"Label diversité" : attention danger !

diversite.jpgUn décret relatif à la création d'un label en matière de promotion de la diversité et de prévention des discriminations dans le cadre de la gestion des ressources humaines vient d'être publié au JO :

 

Il est créé un label en matière de promotion de la diversité et de prévention des discriminations dans le cadre de la gestion des ressources humaines, dénommé "label diversité". Il a pour objet de promouvoir les bonnes pratiques de recrutement, d'évolution professionnelle et de gestion des ressources humaines des entreprises ou des employeurs de droit public ou privé, en vue de développer la diversité et de prévenir les discriminations. (décret du 17 décembre 2008)

 

Question essentielle : quelle "diversité" ce nouveau label va-t-il récompenser ? Mystère...

 

Car, même dans son glossaire, le cahier des charges de labellisation établi par l'Afnor botte en touche dès qu'il est question de définir la diversité (ce qui est pour le moins génant s'agissant d'un "label diversité" !) :

Management de la diversité : Ensemble de l’organisation, des procédures, des processus, des moyens nécessaires à l’organisme pour mettre en oeuvre le management relatif à l’égalité des chances et à la prévention des discriminations.

Politique diversité : Axes et objectifs déterminés en matière d’égalité des chances et de prévention des discriminations dans le but d’améliorer le système de management mis en oeuvre sur ces thèmes.

 

En lieu et place de la diversité, il n'est donc question que de favoriser l'égalité des chances et de prévenir les discriminations. Ce qui est juste et nécessaire, ce qui constitue un combat ancien devant être mené sans pitié et sans relâche par tout républicain, mais ce qui n'a strictement rien à voir avec le nouveau concept de diversité, que ni la loi ni les organismes d'homologation ne définissent.

 

Reste une seule piste pour définir cette diversité qu'il s'agit de récompenser. Dans le décret, la "promotion de la diversité" est mise en parallèle avec la "prévention des discriminations". Or, là au moins, nous savons exactement de quoi il s'agit :

Constitue une discrimination directe la situation dans laquelle, sur le fondement de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sa religion, ses convictions, son âge, son handicap, son orientation sexuelle ou son sexe, une personne est traitée de manière moins favorable qu'une autre ne l'est, ne l'a été ou ne l'aura été dans une situation comparable. (loi du 27 mai 2008)

 

Bref, faute de définition, ce label va logiquement récompenser dans l'entreprise la diversité de ce qui peut, a contrario, être constitutif d'une discrimination :

  • diversité "ethnoraciale"
  • diversité religieuse
  • diversité de convictions
  • diversité d'âges
  • diversité de handicaps
  • diversité d'orientations sexuelle
  • diversité de sexes

 

D'où un certains nombre de questions, inquiétantes et pour l'heure sans réponse :

  1. Pour mesurer la diversité, il faut forcément comptabiliser, classer les personnes par "etnnie" ou "race", par religion, par convictions, par âge, par handicaps, par orientation sexuelle, par sexe. Or il est justement interdit de collecter des données aussi sensibles que la "race" ou l'"ethnie", les opinions politiques, philosophiques et religieuses, ou encore les données relatives à la vie sexuelle. Dès lors, comment procéder pour mesurer cette diversité ?
  2. Une fois cette collecte et ce classement effectués, à partir de quel seuil considère-t-on qu'il y a ou non diversité ? (combien d'athés, de juifs, de chrétiens, de musulmans par entreprise ? combien de noirs de peau, de blancs de peau, de jaunes de peau par entreprise ? combien d'hétéros, de bis, d'homos par entreprise ? etc.)
  3. Enfin, mesurer la diversité "ethnoraciale" (puisque je sais bien que c'est uniquement de cela qu'il s'agit, même si personne n'ose l'écrire), n'est-ce pas entériner sans le dire la théorie de la pluralité des races humaines en conférant à ces dernières plus d'importance que la nationalité et la citoyenneté républicaine ?

16 décembre 2008

Discrimination positive : le vrai recul de Nicolas Sarkozy

egalite.jpgOn entend partout parler de "premier recul" de Nicolas Sarkozy au sujet de la réforme du lycée (reportée d'un an). Peut-être. Mais il ne s'agit pas d'une réforme participant de la "rupture" avec le "modèle français" promise par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle.

Autrement plus révélateur est en revanche son recul sur la libéralisation du travail le dimanche et, surtout, car touchant au fondement même de la République, son recul attendu demain sur la discrimination positive.

Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait dans un premier temps adhéré à l'idée de discrimination positive et de quotas raciaux : "Les administrations sont obligées par la loi d'avoir 6% de leurs collaborateurs avec un handicap. Qu'est-ce que c'est, sinon un quota ? J'aimerais qu'on me dise pourquoi il serait normal de faire de la discrimination positive pour les femmes ou les handicapés, et pourquoi ce serait anormal pour les compatriotes de couleur" (Le Parisien, 20 octobre 2006).

Dans un second temps, le candidat avait heureusement fait machine arrière, abandonnant provisoirement toute idée de racialisation de la vie publique.

Le nouveau président de la République a ensuite ressorti cette idée en confiant à Simone Veil, en janvier dernier, la présidence d'une commission chargée de rédiger un projet de texte complétant le préambule de la Constitution notamment "pour assurer le respect de la diversité" et "pour rendre possible de véritables politiques d'intégration". Bref, il envisageait à nouveau implicitement de mettre en place des mesures de discrimination positive visant à promouvoir la diversité raciale.

Patatra ! Ladite commission devrait, demain, en remettant son rapport, proposer de ne pas remettre en cause l'universalime républicain. Bref, de ne pas modifier le Préambule de la Constitution. Et Nicolas Sarkozy, dans son discours, devrait du coup officiellement renoncer à la discrimination positive. Même si, pour faire bonne figure, le président de la République pourrait conserver le mot pour qualifier des mesures d'égalité sociale et territoriale, tel un pompier-pyromane qui parle d'égalité des chances après avoir supprimé la carte scolaire !

Mais, sauf à parler pour ne rien dire, il ne devrait donc plus être question de mesures racialistes au sein des partis politiques (en modifiant la loi sur le financement de la vie politique) ou à la télévision, ce qui n'aurait concrètement pu passer que par une révision constitutionnelle.

Un recul pour Nicolas Sarkozy. Une avancée pour la République.

09 décembre 2008

NEP ou НЭП ?

hue.jpgLe sénateur du Val-d'Oise Robert Hue, ancien secrétaire national puis président du PCF, ne manque pas d'humour.

Démissionnaire des instances dirigeantes du parti, mais non du parti en lui-même, il a en effet lancé aujourd'hui son propre club (un de plus !) sous le nom de Nouvel Espace Progressiste (NEP).

NEP, voilà qui rappelle la Nouvelle politique économique (NEP en russe, pour НЭП : Новая Экономическая Политика) impulsée en 1921 par Lénine !

 

(remarque : il ne s'agit pas d'un nouveau parti politique mais d'un club, contrairement à ce qu'on peut lire ici ou là...)

05 décembre 2008

Centre archivistique et documentaire du Parlement européen

Petite anecdote...

 

Afin de vérifier certaines informations que j'avais mises en ligne sur mon site Europe Politique, j'ai profité de la proximité entre l'Assemblée nationale et le bureau d'information du Parlement européen en France pour aller me renseigner auprès de leur centre de documentation.

J'arrive, je pose ma question. Trois clics, et mon interlocutrice m'imprime un document ...qui se trouve être, justement, la page de mon site avec les informations que je souhaitais vérifier ! ...

Que cela ne tienne, la documentaliste me dit qu'elle va se renseigner auprès de ses collègues du Parlement européen.

 

Aujourd'hui, je reçois un premier message à 12h15 :

(...) Vous trouverez en pièce jointe la réponse du Centre archivistique du Parlement européen aux demandes que j'avais formulées le jour de notre entretien.  J'espère que les documents fournis répondront utilement à votre attente (...)

 

Puis je reçois un second message à 12h20 :

(...) Je reviens vers vous car je n'avais pas remarqué que le document joint par le Centre archivistique du Parlement européen était en fait votre tableau... Comme quoi vous êtes vraiment "LE" spécialiste sur la question puisque même le Parlement renvoie sur vos documents !!!!!!! J'adresse un nouveau courriel au centre archivistique pour leur indiquer qu'il nous faut une information plus précise sur ce sujet et reviens vers vous dès que j'obtiens la réponse (...)

 

Remarquez, cela aurait pu être pire : le Parlement Européen aurait pu me renvoyer une des pages de Wikipédia ayant pompé mon site !

04 décembre 2008

Les élections européennes se préparent aussi... en Europe

p-pde.jpg

Après le Parti Socialiste Européen (PSE), lundi et mardi à Madrid, c'est au tour du Parti Démocrate Européen (PDE) d'organiser son congrès, aujourd'hui et demain à Bruxelles, dans la perspective des élections européennes de 2009. Le PDE est le parti politique européen centriste créé en décembre 2004 sous la présidence d'honneur de Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne, et la coprésidence de François Bayrou et Francesco Rutelli.

L'UDF était auparavant affiliée au Parti Populaire Européen (PPE), dont le Centre des Démocrates Sociaux, le premier parti de François Bayrou, fut un des membres fondateurs en 1976. Le PPE regroupe originellement les partis démocrates-chrétiens, mais, sous l'impulsion de la CDU allemande, il s'est progressivement élargi en direction de partis de droite sans distinction idéologique. L'objectif, atteint en 1999, était de former le premier groupe au Parlement européen. Présidé depuis l'an dernier par l'UMP Joseph Daul, ce groupe comprend même en son sein une composante eurosceptique, les Démocrates Européens, constituée autour du Parti conservateur britannique.

Les démocrates-chrétiens opposés à cette dérive droitière du PPE ont formé en interne le Groupe d'Athènes (1998), puis le Groupe Schuman (2000), réunissant environ un cinquième du groupe. Mais sa stratégie présidentielle centriste de rupture avec la droite a conduit François Bayrou à quitter en 2004 le PPE pour fonder le Parti démocrate européen, en compagnie notamment du centre gauche italien.

Or, la création en Italie, en 2007, du Parti démocrate, réunissant le centre gauche (Francesco Rutelli) et les successeurs de l'ancien Parti communiste (Walter Veltroni, Piero Fassino), a failli priver François Bayrou de son principal partenaire européen. Jusqu'à cette semaine, les débats ont en effet été âpres au Parti démocrate entre partisans et adversaires de l'adhésion en bloc du nouveau parti italien au Parti socialiste européen (PSE). En signe d'ouverture, ce dernier avait révisé fin 2006 ses statuts afin de s'adresser non seulement aux "socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes", mais également aux "démocrates progressistes". Le PS français militait pour cette adhésion, qui aurait isolé François Bayrou en Europe. "Le Parti démocrate est le grand parti de la gauche italienne, il faut l'accepter dans la famille sans changer l'objet du PSE", expliquait-on au siège du PS.

En vain. "Je ne veux pas mourir socialiste", a martelé Francesco Rutelli, le 22 novembre, dans les colonnes de l'hebdomadaire italien Panorama. Le Parti démocrate italien n'a donc finalement pas adhéré cette semaine au PSE, même si Piero Fassino a encore plaidé lors de son congrès en faveur de la création au Parlement européen d'un "groupe des socialistes et des démocrates pour unir toutes les forces progressistes" face à la droite. Une hypothèse, d'emblée écartée par Marielle de Sarnez, présidente de la délégation MoDem au Parlement Européen, qui placerait le parti de François Bayrou devant une terrible alternative : siéger dans le même groupe que le PS ou se couper de ses alliés italiens.

En attendant les élections européennes, les autres partis issus de l'UDF sont également à la recherche de partenaires en Europe. Le parlementaire européen Jean-Marie Cavada a ainsi réussi le tour de force de faire adhérer son minuscule parti, Avenir Démocrate, au Parti Européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs (ELDR), le troisième parti politique européen après le PPE et le PSE. Quant au Nouveau Centre, il ambitionne, explique François Sauvadet, de "rassembler le 19 janvier à Paris l'ensemble des partis de centre et de centre droit de tous les pays d'Europe". Pour l'instant, une première rencontre a eu lieu, à Rome, le 14 novembre, avec la Nouvelle Démocratie chrétienne de Giuseppe Pizza. Un parti qui s'inscrit, certes, dans un fort héritage historique, mais qui n'a obtenu que 0,2 % aux dernières élections européennes en Italie.

 

Laurent de Boissieu

© La Croix, 04/12/2008

 

 

parti politique européen parti français
Alliance des Démocrates Indépendants en Europe (ADIE) MPF
Alliance pour une Europe des Démocraties (EUD) Debout la République
Alliance pour l'Europe des Nations (AEN) -
Parti Populaire Européen (PPE) UMP
Parti Européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs (ELDR) (1)

Avenir Démocrate

Parti Démocrate Européen (PDE) (1) MoDem
Parti Socialiste Européen (PSE) PS
Parti Vert Européen (PVE) (2) VERTS
Alliance Libre Européenne (ALE) (2) plusieurs partis régionalistes
Parti de la Gauche Européenne (PGE) PCF

(1) alliés au Parlement Européen au sein du Groupe Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe (ADLE)
(2) alliés au Parlement Européen au sein du Groupe des Verts - Alliance Libre Européenne (V-ALE)