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12 mai 2009

Élections européennes : le bal des hypocrites

sieg.gifOn a le droit de soutenir l'actuelle Union Européenne.

On a le droit de la critiquer et de vouloir une autre Europe.

Mais on n'a pas le droit de dire vouloir changer d'Europe lorsqu'on est à l'origine de cette Europe-là ! Sauf à reconaître publiquement ses erreurs.

Or, entre le dernier discours de Nicolas Sarkozy sur l'Europe et la polémique PS-MoDem après la diffusion du petit clip du premier sur le second (voir ci-dessous), on assiste à un véritable bal des hypocrites.

 

Quelques rappels :

- la mise en concurrence des systèmes fiscaux et sociaux des États (Acte Unique Européen) a été votée en 1986 par 100% du groupe socialiste, 100% du groupe UDF et 94,3% du groupe RPR. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leur choix passé !

- l'indépendance de la Banque centrale européenne (traité de Maastricht) a été votée en 1992 par 97% du groupe socialiste, 91,5% des groupes UDF et 54% du groupe RPR. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leur choix passé !

- le Pacte européen de stabilité a été signé en 1997 par Jacques Chirac (RPR) et Lionel Jospin (PS). C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers des anciens cohabitants assument leur choix passé !

- les directives européennes de libéralisation des services publics (services d'intérêt économique général : SIEG) et leurs lois de transposition ont été acceptées et votées indifféremment sous les gouvernement PS et RPR-UDF/UMP. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leurs choix passés !

 

Je détaille ce dernier point, vu que le PS accuse précisément le MoDem (dont les élus sont majoritairement des anciens UDF, je le rappelle) de voter avec l'UMP au Parlement européen en faveur de la libéralisation des services publics :

- gouvernements PS (Rocard, Cresson, Jospin) : directive européenne 90/387/CEE du 28 juin 1990, directive européenne 90/388/CEE du 28 juin 1990, loi du 2 juillet 1990, directive européenne 98/10/CE du 26 février 1998, loi du 2 juillet 1990, directive européenne 97/67/CE du 15 décembre 1997, loi d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire du 25 juin 1999 (article 19), loi du 10 février 2000, directive européenne 98/30/CE du 22 juin 1998, directive européenne 91/440/CEE du 29 juillet 1991, directive européenne 2001/12/CE du 26 février 2001, directive européenne 2001/13/CE du 26 février 2001, directive européenne 2001/14/CE du 26 février 2001.

- gouvernements RPR-UDF (Juppé) : directive européenne 96/19/CE du 13 mars 1996, loi du 26 juillet 1996, directive européenne 96/92/CE du 19 décembre 1996, directive européenne 95/18 CE du 19 juin 1995,  loi du 13 février 1997.

- gouvernements UMP (Raffarin) : directive européenne 2002/77/CE du 16 septembre 2002, directive européenne 2002/39/CE du 10 juin 2002, loi du 20 mai 2005, loi du 3 janvier 2003, directive européenne 2003/54/CE du 26 juin 2003, loi du 9 août 2004, loi du 3 janvier 2003, directive européenne 2003/55/CE du 26 juin 2003, loi du 9 août 2004, directive européenne 2004/49/CE du 29 avril 2004, directive européenne 2004/50/CE du 29 avril 2004, directive européenne 2004/51/CE du 29 avril 2004.

 

Commentaires

Parfaitement d'accord ! PS, Modem et UMP sont les rois de l'enfumage et du mensonge.

Ce sont eux les bâtisseurs de cette Europe et les fossoyeurs de notre liberté et de notre prospérité.

Il faut changer radicalement de modèle. Pour cela, votons national, votons protectionniste, votons patriote, votons libre, loin des diktats des médias et de la pensée unique.

Écrit par : Benji | 12 mai 2009

Je ne vois pas bien le rapport entre le gouvernement en France et les directives européennes. Mettre en cause des gouvernements ou des partis politiques français pour l'adoption de ces directives est ridicule. Ce qui est intéressant c'est de voir comment ces directives ont été adoptés au niveau européen et non pas qui était au pouvoir en France à ce moment là.

Écrit par : Arnaud | 13 mai 2009

@Arnaud. Bien au contraire ! Contrairement à ce que l'on croit parfois, les directives européennes ne sont pas adoptées par la commission (qui a simplement le monopole de l'initiative) mais par le conseil : ce sont donc bien les gouvernements en place qui en portent l'entière responsabilité. J'en ai vraiment marre du double langage des partis qui, au pouvoir, entérinent en catimini à l'échelon européen la libéralisation des services publics avant de pourfendre cette même libéralisation dans le débat politique.

Écrit par : Laurent de Boissieu | 13 mai 2009

Suis-je le seul à avoir remarqué que ce soit-disant spot de campagne n'était rien d'autre que le plagia des publicités comparatives Apple "Mac vs Windows" ?

Le PS a pourtant eu beau jeu de dénoncer à grand coups de trémolos le tout aussi visible plagia de publicités qu'était le spot de Nicolas Sarkozy "Ensemble tout devient possible" durant la campagne de 2007... Est-ce là ce qu'est devenue la politique ?

De l'animation publicitaire ?

Et bien j'avais encore quelques doutes, mais c'est décidé, juste pour avoir le plaisir de - peut-être - avoir Dieudonné au parlement européen (histoire qu'on rigole un peu) je vais voter pour la liste "antisioniste" d'Île de France.
C'est d'autant plus délectable que les mêmes qui poussent des cris d'orfraie à propos de l'existence de ces listes sont les mêmes qui, en ratifiant dans un bel ensemble 93% des propositions au parlement européen - je parles des trois formations "majoritaires" PSE, PPE et ALDE -, ont tout fait pour construire l'UE telle qu'elle est actuellement : une pure entitée administrative.

Écrit par : Brath-z | 13 mai 2009

Oui, enfin c'est un peu facile quand même. D'abord si c'est le conseil qui adopte définitivement les directives, il n'est pas composé, que je sache, que du gouvernement français, mais de 12 puis 15 puis 25 gouvernements.
Par ailleurs, tout le fonctionnement politique du parlement est fondé sur le compromis. Je cite un autre bloggeur spécialiste des questions européennes: "pour imposer un amendement au Conseil des ministres, il faut la majorité absolue des membres du PE. Aucun groupe n'atteint même de loin ce seuil. Donc on négocie des compromis entre les grands groupes qui sont ensuite logiquement votés par les groupes qui les ont accepté."
Conclusion:
1)Il n'y a rien de surprenant à ce que les votent soient donc proches, et rien d'infamant.
2)Ce qui est donc intéressant, c'est de bien analyser les 10 ou 15% de fois où les votes PPE,ALDE,PSE et UMP,Modem,PS sont différents...
3)quand on fonctionne dans une culture du compromis, celui qui est le plus fort a le plus de poids pour peser dans le compromis. Voilà pourquoi un changement de majorité au parlement, quelle qu'elle soit, a du sens.

Écrit par : Paul | 13 mai 2009

Sur le conseil. So what ? Bien entendu, le conseil n'est pas composé que du gouvernement français. Mais qu'on ne défende pas en France ce qu'on a accepté de détruire au conseil ! Qu'on assume, qu'on explique ce compromis intergouvernemental ! (et qu'on n'en fasse surtout pas hypocritement un thème de campagne !) Afin que les électeurs puissent voter en toute connaissance de cause (la démocratie, c'est aussi la transparence).

Sur le Parlement européen. Certes, mais cette culture parlementaire du compromis est pour moi une négation de la souveraineté populaire (si je vote pour le parti bidule, c'est pour qu'il défende les idées bidule, pas pour qu'il trouve après l'élection un compromis avec le parti truc). On ne s'est pas débarassé, en France, du régime des partis à l'Assemblée nationale pour le retrouver au Parlement européen...

Écrit par : Laurent de Boissieu | 13 mai 2009

Je découvre votre blog à partir du site de DLR.

Hypocrisie en effet et, comme dit NDA, double langage.
Un autre exemple de ce double langage : la Turquie. Lire notre dernier article : http://spqr7.wordpress.com/2009/05/11/turquie-et-20-questions-sur-l%e2%80%99elargissement/
(dommage qu'on ne puisse pas mettre de vrai lien)

J'ai lu quelque part et je cite de mémoire : l'UMP et le PS ont voté de la même façon 95% (voire 97%) des textes qui leur ont été soumis au Parlement européen ; et encore sur 30 textes sur lesquels ils étaient en désaccord, l'UMP s'est abstenu pour 10 d'entre eux et un seul sur les 30 relevait du domaine législatif.

Peut-on encore parler de "partis opposés" dans ces conditions ??

Écrit par : spqr | 13 mai 2009

Rappel cruel pour les grands partis gouvernementaux... Oui, vous avez raison, demander au PS (et au Modem, et à l'UMP, et aux Verts) de construire "l'Europe sociale", c'est comme demander à Bernard Madhoff de "moraliser le capitalisme". Bien que toujours encarté au PS, je ne fais pas la campagne du parti pour les européennes, et je voterai pour le front de gauche. Et peut-être que je ne serais pas le seul...

Écrit par : Fabien | 14 mai 2009

Bonjour,
Oui, bien sur, merci pour votre remarque, en principe, je place toujours les auteurs et les liens mais par manque de temps, je n'ai pas fait attention, veuillez m'en excuser.
J'ai corrigé mon erreur.
Salutation républicaine

Écrit par : luzié | 14 mai 2009

Oui, enfin, il y a quand même des différences importantes sur des sujets importants. Alors moi, le tous pareil, j'y souscris modérément (je précise que je ne suis encarté nulle part, et ne suis qu'un sympathisant PS, parfois excédé par le parti que je soutiens, mais conscient de ses différences avec la droite, qui ont tous voté pour).

Un ou deux exemples:
- sur la libéralisation totale du service du courrier en Europe, qui est très dangereuse potentiellement pour le maintien de ce service dans les zones rurales. Vote au parlement le 11 juillet 2007. Les députes européens du PS français ont tous voté contre, à la différence des députés PPE et ALDE (c’est-à-dire UMP et Modem).

- et pourquoi ne jamais parler de la proposition de directive cadre sur les services publics, visant à les préserver et à les différencier des services marchands, proposée par le PSE dans son ensemble, et rejetée par le PPE et la ALDE (avec les votes des députés européens UMP et d’une bonne partie de ceux Modem, les autres modem s’étant abstenus, dont marielle de sarnez, qui a le toupet maintenant de redemander cette directive).

L’UE est un sujet complexe, et on avance pas à pas, et on avancera pas en accumulant les simplifications voire les contre-vérité.

Écrit par : Paul | 14 mai 2009

Je constate simplement qu'au pouvoir le PS a mené exactement la même politique de libéralisation des services publics que la droite (RPR-UDF puis UMP). Le reste, désolé, mais ce n'est que du vent (cela ne mange pas de pain lorsqu'on est dans l'opposition). Ce que vous reprochez au MoDem vaut donc également pour le PS : comment avoir le toupet de réclamer une directive-cadre sur les "services publics" après avoir participé au démantèlement de ces mêmes services publics ?

Par ailleurs, comme vous dites, l'UE est un sujet complexe et on n'avancera pas en accumulant les simplifications voire les contre-vérités. Or la première simplification ou contre-vérité sur les services publics, c'est précisément de faire croire que les services d'intérêt économique général (SIEG) sont des services publics. Alors qu'il s'agit bien d'activités marchandes concurrentielles et non de services publics, même si un filet de sécurité est autorisé (le service universel). Ce n'est que sur la taille des mailles de ce filet de sécurité que porte le débat PSE/PPE-ADLE au Parlement européen.

Écrit par : Laurent de Boissieu | 14 mai 2009

Bonjour Laurent,

Et désolé de m'être absenté aussi longtemps de votre blog que j'apprécie énormément. Toutefois, disons que cela tombe bien puisque les débats sur l'Europe reprennent. Aussi, je tiens à dire que je ne vous rejoins toujours pas sur le fond qui consiste à pratiquer cette analyse franco-française de la place de la France en Europe. Si le débat est flou, c'est justement parce qu'il y a un réel manque pédagogique en France sur la question européenne. Les partis politiques qui critiquent un jour et soutiennent l'autre tiennent un double discours adapté à une double situation.

Cette double situation, quelle est elle au juste ? La France en elle même raisonne dans une conception politique centralisatrice et arrogante (arrogance que l'on peut cependant comprendre de par son histoire). Les politiques tiennent donc un discours adapté à ce cadre. Par contre, quelques kilomètres plus loin, chacun range sa fierté historique au profit du consensus et de l'échange. L'objectif étant justement la constitution progressive d'une super puissance européenne fondée sur le respect des lois démocratiques. On ne peut pas accuser l'Europe d'attaquer toutes nos organisations, parce qu'il n'en est pas ainsi. L'idéologie néolibérale qui semblent être celle de l'UE en matière d'organisation est contre balancée par plusieurs pays ayant adoptée des organisations sociales originales. Comment peut on attaquer ainsi l'Europe ?

Notre propre système social est mourant, il suffit de se pencher quelques instants sur les dépenses publiques pour pouvoir constater du déficit considérable que nous entretenons depuis des années. En 2010, le déficit devrait dépasser les 70% du PIB. Quand au statistique sur le nombre de malade en France, n'en parlons pas. On a besoin de se réformer ! On a besoin de changer tout cela, et nous ne pouvons pas le faire seul. Afin de procéder à cette réforme il fut, malheureusement, nécessaire d'utiliser la puissance juridique de l'Europe car notre propre pays a bien du mal à s'adapter dans le monde actuel. C'est une des cohérences des différentes démarches de nos gouvernants tout au long du temps et de l'alternance.

Je ne comprends pas pourquoi vous jouez la carte de la surprise sur cette question. Ces choix politiques sont logiques. Pour une fois qu'une vision à long terme est adoptée en politique, il faut que vous la critiquiez ?! A mon sens, le débat prendrait beaucoup plus son sens si les propositions liées à un démantèlement de la centralisation étatique était mené. Comment pourrait on organisé un système social européen cohérent ? Comment ce système social pourrait il dépendre de tout individu sans pour autant être pénalisant ? Là nous avons de vraies questions à résoudre.

Bien Cordialement Laurent,
Au plaisir de vous lire.

Écrit par : Mysanthropian | 16 mai 2009

juste une remarque a propos du vote du PS , pourquoi n'y a t il pas d'exemple de vote postérieur à 2001 ?

car si vous étiez objectif, vous observeriez que depuis 2001 , la position des socialistes a considérablement évolué et les votes de ces dernières années et de ces derniers mois ne laissent aucun doute sur leurs choix politiques

d'autant que , et c'est la première fois dans l'histoire, les socialistes sont unis avec les 27 partis de tous les pays europeens autou du Manifesto

ce qui est reproché au MODEM, c'est d'avoir depuis quelques semaines un disours "très a gauche" alors que les députés européens ont voté avec le PPE "très libéral " ces dernières semaines

Écrit par : espoir | 17 mai 2009

@espir. Il n'y a rien sur le PS depuis 2001, non pas par manque d'objectivité, mais tout simplement parce que le PS n'est plus au gouvernement depuis 2002 ! Il ne s'agit en effet pas dans ma note de votes ou de programmes (encore une fois, cela ne mange pas de pain lorsqu'on est dans l'opposition de se poser en défenseur des services publics) mais d'action et d'orientation politiques concrères et vérifiables lorsque le PS est au pouvoir.
Bref, ce qui est reproché au MoDem peut aussi l'être au PS : défendre aujourd'hui ce que, au pouvoir, ils ont contribué à démanteler.

Sur le Manifesto, ce n'est qu'un programme. Et encore, que dit-il concrètement, au-delà des déclarations d'intention, sur les services publics ? Presque rien !
1) "Les politiques de libéralisation déjà adoptées doivent faire l’objet d'une évaluation sociale". Il s'agit donc simplement d'évaluer et non de remettre en cause par principe ces politiques.
2) "Nous proposons d’établir un cadre européen pour les services publics, qui garantira aux citoyens le droit d’accès universel et égal à ces services, la qualité, l'autonomie locale et la transparence des services publics, et qui maintiendra leur intégrité telle qu’elle est définie nationalement". Rien de concret sur ce "cadre européen pour les services publics". Pire, sans doute : la référence au "service universel" renvoie a priori plus aux SIEG, marchands et de droit privé, qu'aux services publics, non marchands et de droit public.

Enfin, pour enfoncer le clou, je rappelle que :
- le PSOE espagnol et le Labour britannique soutiennent José Manuel Barroso pour la présidence de la Commission européenne, le même Barroso accusé par le PS français d'être un ultra-libéral...
- le MoDem soutient Mario Monti, ancien commissaire européen chargé du marché intérieur puis de la concurrence (1995-2004), ou Guy Verhofstadt, chef de file des néolibéraux néerlandais et surnommé "Baby Thatcher" !
Bref, sans trancher et donc sans faire de procès d'intention, on peut légitimement se poser des questions sur la volonté réelle des uns et des autres de remettre en cause les politiques de libéralisation déjà adoptées.

Écrit par : Laurent de Boissieu | 17 mai 2009

@Mysanthropian. Bonjour ! Nous sommes donc bien d'accord sur le constat : il y a un double discours de la majorité des partis français sur l'Europe.
La différence entre nous, c'est toutefois que vous, vous trouvez ce double discours "logique", alors que moi, il me met, justement, hors de moi, au nom de la haute idée que je me fais du débat démocratique.

Enfin, tout ceci renvoie au débat que nous avons déjà eu ici : qu'on s'en félicite ou qu'on s'en désole, le fait est que l'actuelle construction européenne est incompatible avec l'identité constitutionnelle française (identifiez-la comme vous voulez : républicanisme, jacobinisme, etc.). Il se produit donc un choc culturel profond pour les Français, formatés pour un État-nation unitaire, contrairement aux autres grands peuples européens, formatés pour des États fédéraux ou quasi-fédéraux. D'ailleurs, à ce sujet, cela me fait bien rire d'entendre les souverainistes dénoncer la création d'un "super-État" européen (sous-entendu : unitaire), alors que cela irait moins à l'encontre de l'identité constitutionnelle française que la construction d'un (véritable) État fédéral européen.
Cordialement !

Écrit par : Laurent de Boissieu | 17 mai 2009

Je signale qu'à gauche nombre de militants communistes ne se retrouvent pas dans la position du PCF et de son Front de Gauche.
Ils appellent comme le fait le PRCF( Pôle de Renaissance Communiste en France) à l'abstention, dénonçant les illusions diffusées par la gauche de la gauche sur l'Europe Sociale.

Écrit par : revizor | 18 mai 2009

En démocratie, désolé, mais on vote. Et si aucune liste ne nous convient : on se présente. On ne s'abstient pas.

Écrit par : Laurent de Boissieu | 19 mai 2009

Félicitations à Laurent de Boissieu pour ses éditos et ses réponses argumentées toutes très pertinentes !

Si seulement nos "journalistes" au niveau national avaient cette culture politique, les français seraient alors mieux informés et nous n'en serions pas là ...

Écrit par : Caballero | 23 mai 2009

@Caballero. Merci...
Sinon, quelques chiffres pour votre information sur la presse française nationale (OJD 2008) :
- Le Parisien/Aujourd'hui en France : 524 558 exemplaires
- Le Monde : 340 131 exemplaires
- Le Figaro : 336 939 exemplaires
- Les Echos : 137 935 exemplaires
- Libération : 130 456 exemplaires
- La Croix : 104 223 exemplaires
- La Tribune : 81 937 exemplaires
- L'Humanité : 52 359 exemplaires
- France Soir : 26 883 exemplaires
Juste pour vous dire que La Croix est un quotidien "au niveau national"...

Écrit par : Laurent de Boissieu | 23 mai 2009

Bonjour Laurent,

A mon avis, il n'y a pas réellement de choc culturel, il y a simplement une erreur dans le processus de développement européen. L'Allemagne a su tirer le maximum de l'Europe qu'elle a contribuer à construire, et en fait le double langage provient d'une incertitude quand aux missions véritables de l'Union Européenne. Dans notre culture de l'écrit, si une chose n'est pas écrite, elle n'existe pas. Notre psychologie sociale nous impose de vouloir nous rassurer par des méthodes positivistes, mais le problème reste entier : que souhaitons nous faire ?

De ce fait, je vous rejoins sur le fait que la création d'un véritable Etat européen aurait de bonnes répercussions sur le plan politique, social et certainement économique. Mais lorsque l'on constate que l'ensemble du système européen est construit sur l'hésitation, on ne peut que comprendre la frustration de ceux qui apprécient les choses clarifiées. La zone euro, par exemple, est une anomalie et une oeuvre inachevée. Le double discours tenu permet à des individus en manque d'un volonté affirmée pour construire un système symétrique de, toutefois, satisfaire leurs instincts premiers : se maintenir en tant que politiques (puisqu'ils sont rémunérés pour cela). Je ne pense pas que l'on puisse ainsi condamner l'Europe ou le double discours sans condamner la France et les Occidentaux en règle générale. Ni l'une ni l'autre ne sont réellement responsable, ils sont simplement des méthodes orchestrées par des nations en pleine crise dubitative.

Quand au fait d'être contraint d'allé voter, je ne suis guère de votre avis. Si certaines forces ont en effet un poids à plus ou moins grande échelle et s'invite plus ou moins dans les foyers et locaux professionnels, la gestion de ces forces ne relève pas de l'entière responsabilité citoyenne. D'ailleurs, vous le savez aussi bien que moi, la Haute Politique est une politique de salons et d'antichambres. La démocratie est un leurre. La seule chose qui existe réellement et que l'on pourrait estimer comme un système démocratique se révèle être la négociation, ce qui est tout à fait logique dans un système marchand. Par conséquent, si quelqu'un veut faire de la politique, qu'il fasse du commerce. Le vote n'est qu'un exutoire, à l'heure qu'il est, et c'est bien dommage qu'il soit considéré comme quelque chose d'autre. Quelque chose de plus important et sacré...

France ! France ! Quand quitteras tu le monde du rêve ? Quand prendras tu confiance en toi et en tes capacités ?

Au plaisir de vous lire

Écrit par : Mysanthropian | 23 mai 2009

@Mysanthropian. Je suis bien d'accord sur le constat de la nature empirique de la construction européenne. Pour le reste, je ne vous suis pas. Sur la démocratie par exemple : les Français ont entre leurs mains un bulletin de vote révolutionnaire, celui de l'élection du président de la République. Cette élection au suffrage universel direct permet potentiellement de casser le ron-ron politique des petites ententes entre amis, pour le meilleur ou pour le pire, comme en 2002 avec la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour. C'est ce qu'a bien compris François Bayrou (peu importe ce qu'on pense par ailleurs de l'homme et de ses idées) en misant tout sur cet appel au peuple, quitte à s'être coupé progressivement (2002 puis 2007) de la quasi-totalité de ses élus.

Écrit par : Laurent de Boissieu | 23 mai 2009

Laurent,

Cette idée que vous évoqué, à savoir le bulletin de vote, n'est qu'une illusion. Tout d'abord parce que la centralisation nationale est en échec, la preuve en est que le système juridique français, après avoir glorifié cette centralisation et concentration du pouvoir, est en train de s'inverser. Même si on ne préfère pas le reconnaitre pleinement, les faits sont pourtant là. Ils dénaturent en ce sens l'importance du vote présidentielle et de toutes interfaces ayant un poids national.

De plus, les démarches entreprises par la droite sarkoziste concernant la purge des fonctionnaires intensifie cette réalité. Progressivement, le système soviétique français (je vois mal comment le qualifier autrement) est en train de se transformer en douleur. On ne peut pleinement considérer que l'élection du président de la République est un moyen d'excellence de la représentativité de la volonté citoyenne. A commencé parce que le système des partis empêche justement l'alternance que vous revendiqué.

Les différents noms que vous avez cité, ne sont que des marionnettes sur un échiquier médiatique que l'on agite occasionnellement. Mais au fond, les français restent accroché à une considération manichéenne de la politique, entretenant le bipartisme apparent pour masquer en réalité la toute puissance d'un corps politique professionnel, qui de ce fait est oligarchique. Les milieux d'affaire ne s'y sont pas trompés. Voilà pourquoi j'insistais sur le fait que la seule trace démocratique qui puisse exister en France relève en fait de la négociation, en tant que base d'un système marchand.

Ces différents constats sont les fondements sur lesquels j'appuie mon discours : la France n'est plus une démocratie (l'a-t-elle été ? Peut être...), mais pire encore la France ne dispose plus d'une interface politique réelle. S'en est fini de l'Etat français. Le seul avenir politique dépend, à mon avis, de la désintégration totale de la centralisation au profit des régions. La création d'une nouvelle conception de ce qu'est un pays juridiquement, et, de la mise en relation de ces nouvelles entités politiques avec l'ensemble des autres régions des pays d'Europe. Lorsque l'on devient trop grand, il est important de savoir changer de forme. Malheureusement, cela nécessite quelques adaptations que la France ne semble pas être en mesure de faire.

En clair, ce que je dis est la chose suivante : Pour empêcher le règne oligarchique qui détruit en plein coeur la vraie politique (la vie de la cité), il me semble important d'atomiser le corps oligarchique en empêchant en fait que se maintienne un pouvoir centralisé : donc recréer une démocratie. Voilà pourquoi l'Europe est une chance ! Voilà aussi pourquoi il est dommage que le peuple européen ne cherche pas plus avant à s'intéresser aux autres civilisations et à exister dans le consensus libéral. Au risque de me répéter : France, France, quand te réveilleras tu ?

Écrit par : Mysanthropian | 23 mai 2009

En résumé, vous souhaitez revenir à la France et à l'Europe féodales ? Rassurez-vous, on y va effectivement...
Par ailleurs, je ne comprends pas comment vous pouvez en même temps appeler au "réveil" de la France et à sa destruction (par le bas : régionalisme et par le haut : supranationalisme). J'entends bien que vous pourfendez la France telle qu'elle s'est construite depuis la monarchie absolue et que la République une et indivisible a couronné (si je puis dire !). Mais, que vous le vouliez ou non, la res publica française, c'est cela. Et, au nom de la démocratie, j'aimerais bien que ceux qui participent à cette dérépublicanisation l'assument devant les citoyens tout autant que vous le revendiquez sur mon blog !

Écrit par : Laurent de Boissieu | 23 mai 2009

Laurent,

La féodalité est certainement se qui se rapproche le plus de ma pensée, mais je ne considère pas qu'elle soit réellement une solution et l'exact représentation de ce que je défends.

En effet, la féodalité est l'équivalent d'une structure monarchique à petite échelle. Cela ne m'intéresse pas. Par contre, reconnaitre les divergences comportementales des régions et des moeurs, et les protéger, tant dans leur expression sociale que politique, oui. A mon avis, la démocratie n'est pas une si mauvaise chose. Mais je regrette seulement son détournement contemporain. Je crois qu'en fait, nous ne sommes pas complètement d'accord et conscient de ce que l'autre considère comme démocratique. La démocratie n'est pas ce que notre système à mis sur pied. Je l'ai déjà maintes fois exprimé en évoquant la gouvernance des partis, l'oligarchie des milieux d'affaires et la professionnalisation du monde politique, et j'aurais encore beaucoup à dire sur ce que j'identifie être une prolongation du Système Versaille. Mais j'ai la sensation que vous considéré pourtant que la République française est une démocratie. Pourquoi ?

Vous savez, je crois bien que les partisans de cette transformation sociale que vous semblez appeler d'un ton péjoratif "dérépublicanisation" ne sont pas réellement connu. A mon avis, comme ce fut souvent le cas depuis que la politique est politique, tout se joue dans la coulisse. Les quelques agités médiatiques, politiques-peoples vidés de sens, parlent au nom d'idéologues ayant, certainement, une influence plus ou moins importante. Je ne parle pas de complot, mais de constat juridique. Une coutume, un usage, des moeurs ont le pouvoir de transformer le droit et les créateurs de droit. C'est un cycle, un échange de flux qui s'opère dans le psychique politique que l'on pourrait sans doute qualifier d'inconscient. Mais pas pour autant d'immature. Vous et moi, Laurent, dissertons et analysons ici, sur votre blog. C'est par ce travail d'analyse qu'il est possible de concrétiser par des mots une pensée. Vous qui côtoyez les politiques dans le cadre de votre profession, pouvez vous me dire s'ils pratiquent le même exercice ?

J'en doute, quelque peu. Voilà pourquoi, on ne peut guère attendre une confirmation de cette "dérépublicanisation" (je n'aime décidément pas ce mot). On ne peut que la constater.

Au plaisir de vous lire

Écrit par : Mysanthropian | 23 mai 2009

Bonsoir, une précision avant d'aller dîner : le terme "dérépublicanisation" vient de Charles Péguy et a été récemment repris par Alain-Gérard Slama (La société d'indifférence, Plon). Bonne soirée !

Écrit par : Laurent de Boissieu | 23 mai 2009

Laurent,

Suite à quelques recherches, j'ai découvert ce que vous nommé "dérépublicanisation" et la première pensée que j'ai est qu'il est dommage de considérer les choses de la sorte. A mon avis, il est préférable de laisser l'individu libre de choisir les communautés dans lesquels il souhaite s'investir que de le contraindre à intégrer une communauté (qu'elles soient religieuses, familiales ou étatique). La "dérépublicanisation" m'apparait comme une phraséologie dissimulant la frustration de ne pouvoir assouvir le délire schizophrène du contrôle absolu sur les masses.

On ne peut pas qualifier ainsi les démarches en cours sans chercher au fond à se rassurer, masquer ses angoisses. A mon avis, qualifier les flux politiques actuelles de la sorte revient à clamer haut et fort que l'on a peur pour sa vie et que l'on refuse l'harmonisation. Bref, on est dans l'exact opposition de la philosophie libérale exprimée par ces Lumières fondatrices.

Pire encore, on vient de la sorte confirmer la pensée de Hobbes, et témoigner ouvertement que l'espèce humaine, dans son arrogance, tente désespérement de masquer ses propres faiblesses. C'est une idée intolérante, discriminatoire qui me fait très penser au racisme d'une certaine manière. Elle par ailleurs l'engrais de toute structure extrémiste. Pas étonnant que la France puisse avoir certains penchant vers l'autoritarisme. C'est triste...

Au plaisir de vous lire.

Écrit par : Mysanthropian | 24 mai 2009

Il est peut-être tard, mais je vous avoue que j'ai parfois du mal à vous suivre...

Écrit par : Laurent de Boissieu | 24 mai 2009

Si vous le souhaitez, je veux bien expliquer mes idées. Mais il faudrait que vous m'informiez de ce qui vous parait... "obscure" ?

Si cela vous intéresse.

Écrit par : Mysanthropian | 24 mai 2009

L'assimilation "idéologie française"/totalitarisme n'est pas originale (Bernard-Henri Lévy, 1981). N'y adhérant pas, je suis, pour tout dire, totalement abasourdi par vos interprétations pseudo-psychologiques (vous parlez de "frustration", de "délire schizophrène" etc.), sans même parler de vos raccourcis très BHLiens (républicanisme = racisme). Voilà !

Écrit par : Laurent de Boissieu | 24 mai 2009

On peut rajouter Le Pen dans la liste des hypocrites, qui disait à J.F. Khan : "Je ne suis pas d'extrême droite".

Écrit par : Marv' | 24 mai 2009

J.F. Kahn en fait.

Écrit par : Marv' | 24 mai 2009

Tout d'abord, je ne partage pas la pensée de BHL qui s'imagine pratiquer un discours réfléchis sur des bases... vaseuses. Ensuite, mon interprétation n'en est pas une puisqu'il s'agit d'une simple observation des faits.

Je n'assimile pas la république à un comportement racisme, j'établis simplement un constat : le système républicain français n'est pas une république, si on parle de république française on parle d'un ersatz du système Versaille institué par Louis XIV en son temps. Ce système est le suivant : instrumentalisé les puissances en orientant leurs préoccupations sur l'apparence et les guerres de clochet. L'idée étant d'empêcher que la sphère politique, le pouvoir, puisse être mis à la porté de la noblesse et de la bourgeoisie (ce qui résulte à les priver d'une conscience et d'une expérience politique réelle).

Cela témoigne du génie politique d'un homme, l'impact de cette organisation politique fut tel que la bourgeoisie, après avoir trahi la noblesse qui l'avait soutenu durant la révolution française contre la monarchie de droit divin, n'a fait que reproduire ces usages enseigné à la noblesse tant enviée. Depuis, plutôt que d'utiliser le vil mot d'apparence on parle de "statut social". Mais concrètement, rien ne change.

Or, si vous prenez le temps de lire le philosophe des Lumières, qui a mon sens fut le plus porté par le génie, auteur de l'Esprit des Lois, vous pourrez découvrir que le simple concept démocratique relève tout bonnement de l'imaginaire. Montesquieu a ainsi estimé que l'équilibre entre la Monarchie et la Démocratie devait être institué afin de garantir une certaine stabilité rationnelle en France. Ce que fit Napoléon 1er en instituant le Premier Empire.

Mais les différentes perturbations politiques de notre histoire, ajoutée à la montée en puissance de l'antisémitisme, particulièrement avec l'affaire Dreyfus, a poser les germes d'une psychologie sociale instable. Un compromis malsain s'est constitué entre un rapport de force vertical (pour ne pas dire monarchiste) et une idée soi-disant démocratique, le tout à la sauce "supériorité de race" (vous ne pouvez méconnaitre les crimes commis en l'Afrique, ni même le comportement moyen des français lorsque les pieds noirs sont revenus dans leur pays originel).

Depuis, on pratique en France le fameux "fait ce que je dis, mais ce que je fais". A savoir, porter haut les couleurs d'une idéologie en apparence tolérante, ouverte, démocratique, et pratiquer malgré ça des discours, en privée, qui relèvent de l'intolérance et d'un racisme à peine voilé. Notre système est en crise depuis près de deux cents ans ! La seule porte lumineuse qu'il a pu ouvrir fut celle de l'Europe, or la montée en puissance des Etats comme la Chine, et le retour sur la scène de la Russie grâce à Poutine, font, qu'avec les Etats-Unis et le Japon, des tensions apparaissent au niveau des pays dominants et l'Europe, seule issue possible à la consécration d'une idée encore en cours de développement, est critiquée sans relâche par des peuples perdus dans une instabilité indéniable ! D'où l'émanation d'une pensée anti-Europe, pro-national, et du vote contestataire qui plombe une institution déjà mal en point.

Pourtant, si le Système Versaille était mis de coté, avec ses cotillons et ses tenues de soirée, avec son étiquette de plus en plus ridicule, alors et seulement alors, la France pourrait elle devenir quelque chose. Car à l'heure actuelle, la France n'est plus rien. D'ailleurs, faites une recherche sur Google Vidéo et regardez la vidéo de Obama et Brown lorsqu'on leur parle de la menace du président de la République M. Sarkozy de boycotter le G20. Ils sont hilares ! Voilà les faits !

Est ce qu'avec cet argumentaire cela vous parait être moins un raccourci qu'une réflexion construite ?!

Écrit par : Mysanthropian | 24 mai 2009

"mon interprétation n'en est pas une puisqu'il s'agit d'une simple observation des faits" : phrase totalitaire s'il en est !!!

par ailleurs, et j'espère que vous comprendrez car je dis cela sans aucune animosité personnelle, je suis tout à fait dispo pour répondre aux commentaires de mes notes, donner des précisions, argumenter, mais pas pour disserter autour d'une réinterprétation de l'histoire et d'une philosophie personnelle, en l'occurence la vôtre, surgie de nulle part.

j'en suis désolé, mais, outre mon boulot, mon blog et mes sites me prennent déjà trop de temps...

Écrit par : Laurent de Boissieu | 24 mai 2009

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