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06 mai 2012

Estimations résultats élection présidentielle 2012: second tour

  SOFRES Harris
Interactive
CSA IPSOS
François Hollande  52,0% 52,0%  51,8% 51,9%
Nicolas Sarkozy  48,0% 48,0% 48,2% 48,1%

TNS Sofres / Sopra Group pour TF1, LCI et RTL

Harris Interactive / Viadeo pour M6

CSA pour BFM-TV, RMC, 20 Minutes, i-Télé et Canal+

IPSOS / Logica Business Consulting pour France Télévisions et Radio France

Élection présidentielle 2012: participation à 17h (second tour)

Présidentielle

Participation
17h
Participation
définitive
 

2012
6 mai
(second tour)

71,96%    

2012
22 avril
(premier tour)

70,59% 81,37% +10,78

2007
6 mai
(second tour)

75,11% 85,31% +10,20

2002
5 mai
(second tour)

67,62% 80,95% +13,33

1995
7 mai
(second tour)

66,80% 80,28% +13,48

1988
8 mai
(second tour)

70,13% 84,10% +13,97

1981
10 mail
(second tour)

72,10% 85,90% +13,80

 (métropole)

Élection présidentielle 2012: participation à 12h (second tour)

Présidentielle

Participation
12h
Participation
définitive
 

2012
6 mai
(second tour)

30,66%    

2012
22 avril
(premier tour)

28,29% 81,37% +53,08

2007
6 mai
(second tour)

34,11% 85,31% +51,20

2002
5 mai
(second tour)

26,19% 80,95% +54,76

1995
7 mai
(second tour)

29,58% 80,28% +50,70

1988
8 mai
(second tour)

28,50% 84,10% +55,60

1981
10 mail
(second tour)

30,22% 85,90% +55,68

 (métropole)

04 mai 2012

Pourquoi l'UMP n'éclatera pas

Je suis étonné par le nombre de commentateurs que j'entends prédire un éclatement de l'UMP en cas de défaite de Nicolas Sarkozy. Je n'y crois pas du tout. Pour des raisons politiques (masse critique atteinte par l'UMP), mais également pour une raison matérielle: l'argent, le nerf de la guerre également en politique.

Première hypothèse: l'éclatement de l'UMP avant les élections législatives. J'écarte cette hypothèse car le parti en général et les députés sortants en particulier concentreront alors toutes leurs forces pour sauver les meubles aux législatives: à partir du moment où la question de l'alliance avec le FN est tranchée négativement, ni l'aile droite ("Droite Populaire") ni l'aile gauche ("Humanistes") de l'UMP n'auront intérêt à s'en séparer. En 2007, l'UDF avait certes éclaté entre l'élection présidentielle et les élections législatives. Mais c'est parce que François Bayrou avait rompu avec la droite en ne soutenant pas Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle: la majorité des élus sont restés à droite en créant en catastrophe le Nouveau Centre, tandis que François Bayrou confirmait son passage au centre en lançant le MoDem. Or, il n'y a pas aujourd'hui semblable rupture politique au sein de l'UMP, malgré les divergences idéologiques et stratégiques.

Second hypothèse: l'éclatement de l'UMP après les législatives. J'écarte aussi cette hypothèse ne serait-ce qu'en raison des règles de financement des partis politiques. Afin d'y avoir droit, une formation doit présenter aux législatives précédentes un minimum de 50 candidats en métropole obtenant au moins 1% des suffrages exprimés. Bref, en cas d'éclatement, le tronçon qui ne prendrait pas juridiquement la suite de l'UMP ne recevrait aucun financement public direct, l'autre continuant à percevoir la part correspondant aux voix obtenues aux législatives par les dissidents (comme ce fut le cas pour le MNR après la scission du FN et comme c'est le cas aujourd’hui du Parti Radical après la rupture de son contrat d'association avec l'UMP). La seule possibilité pour les parlementaires dissidents consisterait à se rattacher (seconde fraction du financement public) à un autre parti ayant droit au financement public (première fraction), en métropole ou outre-mer (où le seuil du nombre de candidatures ne s'applique pas), à l'exemple du Nouveau Centre depuis 2007. C'est également pour cette raison que l'Alliance républicaine, écologiste et sociale n'est selon moi pas morte, même si le Parti radical a trahi le Nouveau Centre (lui-même divisé) en ne soutenant pas Hervé Morin après la non-candidature de Jean-Louis Borloo: sans avoir forcément d'existence publique, il pourrait au moins s'agir d'une structure commune destinée à recevoir le financement public, avant reversement à leur association de financement respective (Association de Financement Politique du Parti Radical: AFPPR et Association de Financement du Parti Social Libéral Européen: AFPSLE).

Les diverses sensibilités de l'UMP ont donc intérêt - ce qui a du reste déjà commencé - non pas à casser l'UMP mais à se mettre en ordre de bataille afin de tenter d'en prendre le contrôle en son entier, à l'occasion du congrès prévu à la fin de cette année. Avec l'élection d'un président, et un éventuel affrontement interne pour ce poste entre Jean-François Copé et François Fillon.

03 mai 2012

Bayrou choisit Hollande... mais à moitié

J'avais exposé dans un article de La Croix "l'embarras des choix pour François Bayrou" au second tour de l'élection présidentielle, que l'on pouvait ainsi résumer:

- retourner à droite (tout ça pour ça!) en soutenant Nicolas Sarkozy et en s'alliant avec l'UMP aux élections législatives.

- passer à gauche en soutenant François Hollande et en s'alliant avec le PS aux élections législatives.

- rester au centre en votant blanc et en continuant à être laminé par des élections au scrutin majoritaire à deux tours (à commencer par les législatives) qui éliminent les tiers partis.

 

Finalement, François Bayrou a choisi François Hollande ("Reste le vote pour François Hollande. C'est le choix que je fais") mais à moitié ("je ne donnerai pas de consigne de vote. Chacun de mes amis, chacun de mes électeurs s'exprimera en conscience. Je sais qu'il y aura des expressions différentes. Et je les respecterai. Je veux donc vous dire mon jugement personnel").

J'avais pressenti ce choix en faveur de François Hollande dans une note de ce blog, vu que l'intéressé avait déjà indiqué qu'"entre un candidat auquel il s'oppose sur les valeurs (Nicolas Sarkozy) et un candidat auquel il s'oppose sur le programme (François Hollande), c'est pour lui la première opposition qui l'emporterait".

J'ajoute que cela me semble d'autant plus logique que même sur le programme, on ne peut que constater qu'au-delà des déclarations de campagne (refus d'inscrire la règle d'or budgétaire dans la Constitution française), le candidat de gauche soutient en réalité la règle d'or via l'Union européenne, puisque, même s'il souhaite les compléter, il ne remet pas en cause ce principe fondateur des traités budgétaires européens. Et qu'à partir de là, quelles qu'aient été ses promesses électorales, ce "bébé Delors" restera bien dans les clous de la politique union-européenne de rigueur (tant pis pour Jean-Luc Mélenchon).

 

Ajout 04/05/2012 16h10: lire mon article dans La Croix " François Bayrou se décentre vers la gauche".

Quoi qu'il en soit, nul ne sait, en définitive, si Bayrou restera au centre ou s'il passera à gauche. À partir du moment où il votera pour François Hollande, la cohérence politique consisterait en effet à négocier une participation du MoDem à son éventuelle future majorité. Bref, à passer à gauche en vue des élections législatives.

Peur du mot "gauche"? Que François Bayrou se rassure: la majorité de mes confrères ne vont pas plus loin que les positionnements affichés, classant par exemple la Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel à gauche ou le Nouveau Centre d'Hervé Morin au centre. "Je ne suis pas et ne deviendrai pas un homme de gauche. Je suis un homme du centre et j’entends le rester", aurait-il donc pu pareillement déclarer en délivrant une consigne de vote qui aurait valu proposition de participer à une alliance avec le PS.

Il n'en a rien été, opérant un choix ...à moitié.

02 mai 2012

Pourquoi voter Hollande engage davantage que voter Sarkozy

Il existe plusieurs critères de choix du vote:

-          le programme

-          la personnalité

-          le bilan

-          le calcul tactique

 

En s'en tenant au programme, toutes les mesures ne se valent pas. Certaines semblent en effet irréversibles, sauf circonstances exceptionnelles, en ce qu'elles constituent des ruptures fondamentales.

Or, ce qui ressort des programmes des deux candidats qualifiés au second tour de l'élection présidentielle, c'est que Nicolas Sarkozy n'avance aucune mesure à caractère "irréversible", alors que François Hollande en propose pas moins de trois:

-          "Je ferai ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires."

-          "J'accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans."

-          "J'ouvrirai le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels."

 

Quoi qu'on pense de ces propositions (en bloc ou séparément), et quel que soit l'ordre dans lequel on les hiérarchise, le fait est que voter François Hollande engage davantage que voter Nicolas Sarkozy. Seul en effet François Hollande propose de véritables ruptures sociétales et politiques susceptibles de constituer des principes non négociables aux yeux d'électorats très divers (des démocrates-chrétiens aux républicains jacobins).

À chaque électeur de se déterminer, librement, en son âme et conscience.