26 septembre 2014
Un Sénat à droite, une bonne nouvelle pour... Hollande et Valls!
Sauf surprise, dimanche 28 septembre la droite devrait reconquérir la majorité des sièges au Sénat (lire mon article dans La Croix).
Paradoxalement, cette défaite de la gauche serait selon moi une bonne nouvelle pour François Hollande et Manuel Valls!
Certes pas dans l'immédiat, car il s'agirait de la troisième défaite électorale de l'année pour l'exécutif, après les municipales de mars et les européennes de juin. Mais dans la durée, jusqu'à la fin de la législature.
Entre septembre 2011 et juin 2012, la majorité de gauche au Sénat était dans une opposition classique à la majorité nationale de droite. En votant contre les projets de loi d'un gouvernement de droite, ses profondes divisions ne se voyaient pas.
Mais depuis juin 2012 la donne a changé: le gouvernement est désormais de gauche. Or, la majorité de gauche au Sénat ne coïncide pas sur les questions économiques et sociales avec la majorité gouvernementale.
D'où le rejet de plusieurs textes. Au grand étonnement sans cesse renouvelé de ceux qui analysent la vie politique sous le seul prisme de la gauche et de la droite. La situation est pourtant simple: les gauches sont certes majoritaires au Sénat, mais pas le gouvernement de gauche.
Bref, il pourrait être désormais moins dommageable pour un exécutif de gauche, en termes d'image, d'être mis en minorité au sein d'un Sénat de droite qu'au sein d'un Sénat de gauche!
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22 septembre 2014
Droite: Sarkozy répète l'erreur de Fillon en 2012
"Je ne me situe pas sur un axe gauche-droite", a plaidé Nicolas Sarkozy, dimanche 21 septembre 2014, au journal télévisé de France 2.
"Je suis à droite et je ne m'en excuse pas", a aussitôt répliqué sur Twitter Hervé Mariton.
"Certains disent qu'il n'y a plus de clivage gauche-droite, moi je crois au contraire que ce clivage gauche-droite existe (...) moi je veux prouver, comme futur président de l'UMP, que nous sommes un parti de droite républicaine qui ira jusqu'au bout de ses idées et de ses convictions", a renchéri Bruno Le Maire, lundi 22 septembre 2014, au journal télévisé de TF1.
Donc, des trois candidats à la présidence de l'UMP, seul Nicolas Sarkozy récuse de se dire "de droite". Ce qui est d'autant plus paradoxal qu'il est justement à l'origine d'une droite décomplexée qui se réclame de droite!
Dans son livre publié en 2001, Libre (Robert Laffont/XO Éditions), Nicolas Sarkozy s'en prenait en effet aux autres membres du RPR qui ne se disaient pas de droite:
"Quant à se dire de droite, une bonne partie de mes amis s'y refusent obstinément. J'avoue avoir du mal à comprendre cette forme de pudeur qui n'est rien d'autre qu'une façon de céder à la mode du moment. Tandis que la gauche ne cesse d'affirmer sa fierté d'exister en tant que telle, nombre de responsables de l'opposition considèrent comme quasi infamant d'être catalogués à droite, tout en s'abstenant de préciser ce qu'ils sont. Ce faisant, ils organisent les conditions de notre défaite idéologique avant même l'engagement de la bataille. Car enfin, pourquoi donc serait-il noble d’être de gauche et faudrait-il s’excuser d’être de droite?"
Nicolas Sarkozy a finalement remporté cette victoire sémantique au sein de l'UMP, puisque ses courants se disent majoritairement de droite jusque dans leur intitulé: La Droite Forte sarkozyste, La Droite Sociale de Laurent Wauquiez, La Droite Populaire.
Pourtant, l'ancien président de la République se refuse aujourd'hui à se dire de droite. Sans doute par souci de s'adresser à tous les Français dans la perspective de la présidentielle de 2017.
Seulement voilà, il s'agit pour l'heure de l'élection interne pour la présidence de l'UMP. Bref, Nicolas Sarkozy commet aujourd'hui la même erreur que François Fillon en 2012: chercher à rassembler large là où il convient de (re)mobiliser le noyau dur. Hervé Mariton et Bruno Le Maire reprenant alors le flambeau de la droite décomplexée que Nicolas Sarkozy avait transmis à Jean-François Copé, avant que ce dernier ne soit sifflé hors-jeu.
21:44 | Lien permanent | Commentaires (2) |
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