09 juin 2011

Au PS, Marine Le Pen voterait Montebourg

Réponse de Marine Le Pen à une de mes questions lors de sa conférence de presse sur le protectionnisme:

"Si je participais de la famille socialiste, je glisserais un bulletin pour Arnaud Montebourg"

21 avril 2011

À un an de la présidentielle, le spectre d'un "21 avril" pèse sur les stratégies

La perspective d'une présence de Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2012 fait planer, neuf ans après, le spectre d'un nouveau "21 avril", en référence à la qualification de Jean-Marie Le Pen en 2002. Avec une incertitude, en fonction du candidat PS testé dans les sondages (Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, François Hollande ou Ségolène Royale), sur l'éventuelle configuration du second tour: un duel FN-PS ("21 avril à l'envers") ou un duel FN-UMP ("21 avril à l'endroit"). Les états-majors de droite et de gauche s'activent donc afin d'écarter cette perspective.

La première façon de limiter les risques d'un "21 avril" est mécanique: elle consiste à limiter l'offre politique à droite et à gauche. De fait, en 2002, le record du nombre de candidats avait été battu, avec seize prétendants contre neuf en 1988 et 1995, dix en 1981, douze en 1974, sept en 1969 et six en 1965 (douze en 2007). Originellement, en 1962, les candidats devaient au préalable présenter cent parrainages, un chiffre porté en 1976 à cinq cents élus par crainte d'une inflation du nombre de candidatures. Divisée entre Pascal Gauchon (Parti des forces nouvelles) et Jean-Marie Le Pen (Front national), l'extrême droite n'avait ainsi pas pu participer à la présidentielle de 1981; même chose pour l'écologiste indépendant Antoine Waechter en 1995 et 2002, pour le souverainiste Charles Pasqua en 2002 ou encore pour le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan en 2007 (de nouveau sur les rangs pour 2012).

Au-delà de ce filtre juridique, l'idée de mettre en place une primaire afin de présenter un candidat unique à l'élection présidentielle a été régulièrement avancée. Dès 1989, Charles Pasqua fonde ainsi une "association pour les primaires à la française aux élections présidentielles". Le principe de l'organisation de primaires sera bien adopté en 1990, puis une charte signée en 1991, mais le projet sera finalement abandonné en 1994 par le RPR et l'UDF dans le contexte de la division entre Jacques Chirac et Édouard Balladur.

L'idée a toutefois été relancée en 2008, à gauche cette fois, par la fondation Terra nova. encore traumatisé par l'élimination de Lionel Jospin en 2002, le PS a donc décidé, en juillet 2010, d'organiser les 9 et 16 octobre 2011 une primaire "ouverte à tous les citoyen(ne)s qui veulent la victoire de la gauche en 2012 et co-organisée par les formations politiques de gauche qui souhaitent y participer", avec un dépôt des candidatures ouvert du 28 juin au 13 juillet 2011. Pour l'instant, aucun autre parti de gauche n'a toutefois décidé d'y participer: si le MRC de Jean-Pierre Chevènement et le PRG de Jean-Michel Baylet n'ont peut-être pas définitivement fermé la porte, Europe Écologie - Les Verts ainsi que le Front de gauche (PCF et Parti de gauche) ont déjà entamé le processus de désignation de leur propre candidat.

Un ultime "Appel du 21 avril" vient tout de même d'être rendu public, exhortant "tous les partis de gauche à travailler ensemble sur une plateforme commune visant la désignation d'un candidat unitaire dès le premier tour, grâce à des primaires ouvertes". Parmi les signataires figurent notamment Laurianne Deniaud, présidente du Mouvement des jeunes socialistes, et Olivier Ferrand, président-fondateur de Terra nova. "Je pense que c'est une erreur, que cela figerait la vie politique française, cela appauvrirait notre débat démocratique", a répondu, mercredi, sur France 2, Eva Joly, candidate à la candidature au sein d'Europe Écologie - Les Verts.

À droite également, la volonté de limiter le nombre de candidats est un leitmotiv de Nicolas Sarkozy. Pour l'Élysée, il s'agit non seulement d'éloigner le spectre d'un "21 avril", mais également d'afficher la conviction que la victoire s'obtient en distançant au premier tour son adversaire du second. en 2007, Nicolas Sarkozy avait en effet obtenu 31 % au premier tour, contre 26 % pour Ségolène royal. Or, les éventuelles candidatures du radical Jean-Louis Borloo et du gaulliste Dominique de Villepin, tous les deux membres de l'UMP jusqu'à cette année, risqueraient de porter un coup fatal à cette stratégie. L'ancien ministre Alain Lamassoure suggère donc, dans une tribune publiée ce jeudi dans Le Monde que le président sortant prenne "lui-même l'initiative de proposer des primaires à droite, en annonçant sa propre candidature". Selon ce parlementaire européen UMP issu de l'UDF, "les ambitions seraient mises au défi de se dévoiler" et "si personne n'ose sortir du bois, la preuve sera faite que, pour représenter la majorité actuelle, Nicolas Sarkozy n'est peut-être pas le meilleur candidat, mais que c'est le seul possible".

La seconde façon de limiter les risques d'un "21 avril" est de s'adresser directement aux électeurs tentés par un vote en faveur de Marine Le Pen, notamment dans les catégories populaires. C'est dans cet objectif de reconquête de l'électorat d'extrême droite, qu'il avait en partie capté en 2007, que Nicolas Sarkozy a redroitisé son image depuis le discours prononcé en juillet 2010, à Grenoble, sur la sécurité. Les récents propos controversés sur l'islam et l'immigration de Claude Guéant, ministre de l'intérieur, s'inscrivent également dans cette logique. Même chose en ce qui concerne le déplacement effectué mardi par le président de la République à Charleville-Mézières (Ardennes), là où celui qui se voulait "le président du pouvoir d'achat" avait prononcé en 2006 son discours sur "la France qui souffre".

À gauche, telle est également la stratégie d'Arnaud Montebourg (PS), candidat déclaré à la primaire, à travers le concept antilibéral de "démondialisation". En rupture avec la politique menée par tous les gouvernements de droite et de gauche depuis le "tournant de la rigueur" de 1983, ce concept est défendu par les économistes Jean-Luc Gréau et Jacques Sapir ...sur les analyses desquels s'appuie également le FN.

La récupération de travaux d'économistes extérieurs à l'extrême droite participe en effet de l'ambition de Marine Le Pen de crédibiliser son programme et de respectabiliser son image. "Les grands serviteurs de l'État réellement soucieux de l'intérêt général n'ont aucune raison de redouter notre arrivée au pouvoir et l'application des idées que je porte", a même écrit Marine Le Pen aux préfets, dans une lettre dévoilée sur le site Marianne2. Selon Rue89, le parti d'extrême droite a en outre donné des consignes afin d'interdire de son traditionnel défilé du 1er mai "tout ce qui ressemble de près ou de loin à un ‘‘skinhead''", ainsi que les "tenues vestimentaires type treillis, rangers, etc.". Enfin, mardi dernier, Alexandre Gabriac, l'un de ses trois élus proches du groupuscule pétainiste l'Œuvre française, a été exclu du parti. Preuve que le FN veut devenir une formation comme une autre. Mais preuve, aussi, que ce n'est pas encore le cas.

Laurent de Boissieu
La Croix, 21/04/2011 (version légèrement modifiée)

23 mars 2011

Les 20 meilleurs scores départementaux du PS aux élections cantonales

Moyenne nationale : 24,94%

LANDES (40) 46,84
ARIEGE (09) 43,09
GERS (32) 41,76
AUDE (11) 39,47
NIEVRE (58) 39,06
CREUSE (23) 38,75
DORDOGNE (24) 38,38
GIRONDE (33) 37,87
DEUX SEVRES (79) 37,87
HAUTE GARONNE (31) 36,54
COTES D'ARMOR (22) 34,89
ALPES DE HAUTE PROVENCE (04) 34,88
LOIRE ATLANTIQUE (44) 34,80
HAUTE VIENNE (87) 34,34
CHARENTE (16) 34,28
ILLE ET VILAINE (35) 33,94
CORREZE (19) 33,94
LOT (46) 32,21
ARDECHE (07) 32,01
SAONE ET LOIRE (71) 31,31

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11 mars 2011

Question primaire

De plus en plus de voix s'élèvent au PS afin d'exhorter la direction du parti à renoncer à l'organisation de la primaire, ouverte à tous les sympathisants de gauche (notion dont, au passage, j'attends toujours la définition), qui doit désigner le candidat à l'élection présidentielle de 2012.

Mais encore?

Pour faire avancer le schmilblick, il serait en effet honnête de la part de tous ceux qui formulent cette demande d'expliquer quelle solution alternative ils proposent pour désigner le candidat du PS à la présidentielle.

Une primaire interne au parti?

Les sondages?

Mme Irma?

10 mars 2011

D'une présidentielle l'autre [Ifop]

Il m'a été reproché d'avoir utilisé dans une précédente note le fameux sondage controversé d'Harris Interactive. Même si personnellement je ne remets pas en cause sa représentativité, voici la même note avec le sondage Ifop publié ce jeudi dans France Soir.

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Quelles sont les intentions de vote pour l'élection présidentielle de 2012 des électorats 2007 de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen? (hypothèse d'une candidature PS de Dominique Strauss-Kahn)

 

1) François Bayrou: l'éparpillement façon puzzle

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(à mettre en parallèle avec ma note d'avril 2007 sur les cinq électorats de François Bayrou)

Attention, pour l'électorat 2007 de François Bayrou, les intentions de vote pour 2012 sont très dépendantes du candidat PS; comparaison avec l'hypothèse Ségolène Royal:

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2) Nicolas Sarkozy: le grignotage lepéniste

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3) Jean-Marie Le Pen: la fidélité familiale

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4) Ségolène Royal: petite concurrence à gauche

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Pour info, hypothèse d'une nouvelle candidature PS de Ségolène Royal:

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Sondage Ifop réalisé par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing) du 7 au 9 mars 2.011 auprès d'un échantillon de 1046 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon national représentatif de 1.162 personnes.

30 août 2010

Aubry propose une "autre France" face à Sarkozy

La première secrétaire du PS a clos dimanche l’université de son parti en faisant valoir sa qualité de présidentiable aux côtés de Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal

 

Pour afficher l'unité du PS, rien de plus simple : il suffit de cogner, fort, sur Nicolas Sarkozy. "Incompétence et cynisme", avait lancé Ségolène Royal, vendredi, en ouvrant les universités du PS à La Rochelle. "Ce n'est pas une présidence, c'est une épreuve pour la France et les Français, a renchéri dimanche Martine Aubry dans son discours de clôture. Nicolas Sarkozy promettait la rupture, la réalité c'est la cassure."

C'est donc son idée d'"une autre France" que la première secrétaire, endossant un peu plus l'habit de présidentiable, a défendu tout au long de ces trois jours. Tout en tirant à boulets rouges sur le bilan de la droite et l'"automne difficile" qui attend selon elle les citoyens : budget "d'une austérité inouïe", réforme des retraites qui "accroît les injustices" et "ne règle pas les problèmes", pouvoir d'achat "en berne", République plus "abîmée" qu'irréprochable, insécurité qui "gagne du terrain". Sans oublier les "charters de Roms" en situation irrégulière, ou la "proposition exécrable de déchéance de la nationalité", les uns et l'autre qualifiés d'"indignes".

Reste que la perspective des primaires, qui désigneront l'année prochaine le ou la candidat(e) du PS à l'élection présidentielle de 2012, était au cœur de bien des conversations dans les couloirs. Au-delà de la querelle sur le calendrier – les strauss-kahniens souhaitant qu'elles aient lieu le plus tard possible, Ségolène Royal et François Hollande le plus tôt possible – tous les candidats supposés se sont livrés à une guerre de positions, évitant ainsi de briser l'unité et l'espoir de victoire retrouvé dans les sondages.

Parmi eux, un grand absent, Dominique Strauss-Kahn. Le mutisme du directeur général du FMI laisse la voie libre aux initiatives individuelles de ses soutiens. François Patriat, sénateur de la Côte-d'Or et président du conseil régional de Bourgogne, a lancé dès avril dernier un appel en faveur de la candidature du favori des sondages. De son côté, Pierre Moscovici a confirmé à La Rochelle que son courant, Besoin de Gauche (B2G), soutiendrait le moment venu la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Tandis qu'un ancien cadre parisien du MoDem rallié au PS, Antonio Duarte, a créé son propre Club DSK. "L'heure est au collectif, pas aux sous-courants et aux écuries présidentielles", prévient toutefois Christophe Borgel, un des lieutenants de Dominique Strauss-Kahn au sein de la direction du parti.

Ségolène Royal, elle, a pu mesurer à La Rochelle qu'elle disposait encore d'un fort capital de sympathie chez les militants socialistes. "L'union n'a de la valeur que si chacun garde sa liberté, sinon c'est une union de façade", a-t-elle martelé en revendiquant sa "liberté de parole", sa "liberté de pensée" et sa "liberté de proposition". Sur le fond, l'ancienne candidate à l'élection présidentielle a profité de la surenchère sécuritaire à droite pour ressortir son concept d'"ordre juste", en particulier sa proposition d'un encadrement militaire des mineurs délinquants. Martine Aubry a toutefois tenu à ne pas laisser à sa concurrente potentielle le monopole de la lutte contre l'insécurité, affirmant qu'en la matière "la crédibilité a changé de camp". De quoi satisfaire un des seuls candidats déclarés à ce jour aux primaires : Manuel Valls, député et maire d'Évry (Essonne). "Pour être crédible sur l'ensemble, il faut être crédible sur la sécurité", expose l'intéressé.

Sur les questions économiques et sociales, également, les clivages internes semblent s'estomper. Sauf surprise, l'aile gauche du parti, affaiblie par la dissidence de Jean-Luc Mélenchon (fondateur du Parti de gauche), ne devrait d'ailleurs pas être représentée dans ces primaires. "La personne qui occupe le poste de premier secrétaire a vocation à être candidate à l'exécutif", explique Henri Emmanuelli… qui, à ce poste, se vit pourtant en 1995 souffler sa candidature par Lionel Jospin. Or en ce qui concerne l'orientation politique, seules des nuances différencient les sociaux-libéraux Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal ou François Hollande. Quant à Martine Aubry, si elle bénéficie d'une image plus à gauche et sociale-démocrate en raison de son passage au ministère de l'emploi et de la solidarité (la "dame des 35 heures"), elle n'a jamais signé les motions de la gauche du PS.

La première secrétaire du PS a même brisé un tabou de l'aile gauche du parti en tendant la main au centre et à la droite non sarkozyste. "Nous sommes malheureux de voir la France à ce point abîmée par une certaine droite et nous sommes désireux de la relever avec toute la gauche et, au-delà, avec celles et ceux que rassemblent une certaine vision de la nation, un amour commun de la République, un attachement à l'éthique en politique", a-t-elle avancé. Faisant ensuite référence à "une certaine idée de la France" et à "la France du général de Gaulle et de Pierre Mendès France". Presque du Bayrou ou du Villepin dans le texte.

 

Laurent de Boissieu
La Croix, 30 août 2010

28 juillet 2010

PS et UMP : des relations financières différentes avec les "micro-partis"

Pas de jaloux ! après avoir publié hier en exclusivité la liste des 37 structures politiques financées par l'UMP, voici la publication inédite de l'ensemble des versements entre le PS et d'autres structures politiques :

 

1. Contributions reçues d'autres formations politiques en 2008 par le PS :

- La Volonté de Vivre Ensemble (20.050€) : ancienne association locale de Jean-Marie Bockel à Mulhouse

- Union des Socialistes pour Midi-Pyrénées (24.835€) : associaton locale des conseillers régionaux PS de la région

- Fédération PCF des Bouches-du-Rhône (42.400€)

- Les Verts de la Sarthe (2.600€)

 

2.1. Aides financières versées à d'autres formations politiques en 2008 par le PS :

- Parti Radical de Gauche - PRG (418.233€)

- Fédération PCF d'Indre-et-Loire (3.200€)

- Tävini Huira'atira no te Ao Mä'ohi - Front de libération de la Polynésie (40.000€) : Polynésie française (parti d'Oscar Temaru)

- Mouvement Populaire Franciscain (44.493€) : Martinique

2.2. Aides financières versées à d'autres organismes :

- L'OURS (90.000€)

- Internationale Socialiste (57.585€)

- Parti Socialiste Européen (95.950€)

- Fondation Jean Jaurès (50.000€)

 

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Commentaire

 

Le contraste avec l'UMP est saisissant : le PS ne finance ni club de réflexion lié à une personnalité ou à un courant (ils sont pourtant statutairement reconnus) ni association locale. Cette différence de pratique entre la droite et la gauche rejoint le constat de ma consœur de Medipart, Mathilde Mathieu : Partis de poche: l'UMP très loin devant (accès réservé aux abonnés).

(on remarquera tout de même au passage que le PS finance en Polynésie française un parti indépendantiste...)