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12 mai 2009

Élections européennes : le bal des hypocrites

sieg.gifOn a le droit de soutenir l'actuelle Union Européenne.

On a le droit de la critiquer et de vouloir une autre Europe.

Mais on n'a pas le droit de dire vouloir changer d'Europe lorsqu'on est à l'origine de cette Europe-là ! Sauf à reconaître publiquement ses erreurs.

Or, entre le dernier discours de Nicolas Sarkozy sur l'Europe et la polémique PS-MoDem après la diffusion du petit clip du premier sur le second (voir ci-dessous), on assiste à un véritable bal des hypocrites.

 

Quelques rappels :

- la mise en concurrence des systèmes fiscaux et sociaux des États (Acte Unique Européen) a été votée en 1986 par 100% du groupe socialiste, 100% du groupe UDF et 94,3% du groupe RPR. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leur choix passé !

- l'indépendance de la Banque centrale européenne (traité de Maastricht) a été votée en 1992 par 97% du groupe socialiste, 91,5% des groupes UDF et 54% du groupe RPR. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leur choix passé !

- le Pacte européen de stabilité a été signé en 1997 par Jacques Chirac (RPR) et Lionel Jospin (PS). C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers des anciens cohabitants assument leur choix passé !

- les directives européennes de libéralisation des services publics (services d'intérêt économique général : SIEG) et leurs lois de transposition ont été acceptées et votées indifféremment sous les gouvernement PS et RPR-UDF/UMP. C'était peut-être une bonne chose, mais que les héritiers de ces partis assument leurs choix passés !

 

Je détaille ce dernier point, vu que le PS accuse précisément le MoDem (dont les élus sont majoritairement des anciens UDF, je le rappelle) de voter avec l'UMP au Parlement européen en faveur de la libéralisation des services publics :

- gouvernements PS (Rocard, Cresson, Jospin) : directive européenne 90/387/CEE du 28 juin 1990, directive européenne 90/388/CEE du 28 juin 1990, loi du 2 juillet 1990, directive européenne 98/10/CE du 26 février 1998, loi du 2 juillet 1990, directive européenne 97/67/CE du 15 décembre 1997, loi d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire du 25 juin 1999 (article 19), loi du 10 février 2000, directive européenne 98/30/CE du 22 juin 1998, directive européenne 91/440/CEE du 29 juillet 1991, directive européenne 2001/12/CE du 26 février 2001, directive européenne 2001/13/CE du 26 février 2001, directive européenne 2001/14/CE du 26 février 2001.

- gouvernements RPR-UDF (Juppé) : directive européenne 96/19/CE du 13 mars 1996, loi du 26 juillet 1996, directive européenne 96/92/CE du 19 décembre 1996, directive européenne 95/18 CE du 19 juin 1995,  loi du 13 février 1997.

- gouvernements UMP (Raffarin) : directive européenne 2002/77/CE du 16 septembre 2002, directive européenne 2002/39/CE du 10 juin 2002, loi du 20 mai 2005, loi du 3 janvier 2003, directive européenne 2003/54/CE du 26 juin 2003, loi du 9 août 2004, loi du 3 janvier 2003, directive européenne 2003/55/CE du 26 juin 2003, loi du 9 août 2004, directive européenne 2004/49/CE du 29 avril 2004, directive européenne 2004/50/CE du 29 avril 2004, directive européenne 2004/51/CE du 29 avril 2004.

 

10 avril 2009

Au sujet de l'agression dans le noctilien

ratp.jpgC'est mardi dernier que j'ai eu connaissance sur Internet de la vidéo montrant l'agression dans le bus RATP de nuit. J'avais alors hésité à rédiger une note à ce sujet (je ne voyais pas très bien - outre un voyeurisme mal placé - ce que cette vidéo pouvait apporter). Vu les réactions que ces images ont suscitées mercredi et jeudi, j'ai certainement eu tort...

 

Voilà ce que je retiens principalement de cette affaire :

- il y a toujours de bonnes âmes angéliques pour nier la réalité de l'insécurité (les premiers débats sur Internet ont tourné autour de la réalité ou non de cette vidéo, ce qui est proprement hallucinant)

- il y a toujours de mauvaises âmes racialistes pour faire dire à la réalité ce qu'elle n'est pas (l'individu n'a absolument pas été agressé en raison de la couleur de sa peau mais parce qu'il tente - courageusement - de reprendre son téléphone portable volé*)

 

* il se fait certes ensuite traiter de "sale Français" (au passage : ce n'est pas une race et les agresseurs sont certainement de même nationalité que l'agressé, quoi qu'ils en disent), mais il ne s'agit absolument pas du motif de l'agression; ce qui est vrai, en revanche, c'est que dans le feu d'une altercation on peut impunément traiter quelqu'un de grand de "grand con", quelqu'un de petit de "petit connard" ou quelqu'un de couleur de peau blanche de "sale blanc", alors que le "sale noir" ou le "sale arabe" transforme contre toute logique immédiatement l'agression en agression raciste, même si son origine n'a en réalité absolument rien à voir avec du racisme

 

Ajout : le fait qu'il ne s'agisse pas d'une agression originellement raciste n'exclut pas qu'elle ait ensuite été, effectivement, accompagnée d'unjures racistes. Ces dernières doivent être santionnées en tant que telles, sans pour autant que le vol soit requalifié en agression raciste.

02 mars 2009

Lorsque le CRIF importe le conflit israélo-palestinien en France

Mais quelle mouche a piqué le CRIF ?

Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) organise ce soir son dîner annuel, auquel sont invitées de nombreuses personnalités politiques. Or, cette année, le PCF en tant que tel n'a pas été invité. Motif : il a participé aux manifestations contre l'offensive israélienne à Gaza.

En quoi la prise de position d'un parti politique (le PCF) à propos de la politique d'un État étranger (Israël) peut-il motiver l'invitation ou non à la soirée d'une association qui se veut le porte-parole des Français de confession juive ?

Quelle que soit la religion concernée et quel que soit l'État concerné, c'est une décision indéfendable.

Ne pas importer le conflit israélo-palestinien en France, disiez-vous ?...

19 février 2009

La République dans les DOM, les DOM dans la République

Ce qui se passe en Guadeloupe prouve, une fois encore, que plus la République tourne le dos à ses valeurs et à une partie de ses citoyens, plus les antirépublicains prospèrent.

La Guadeloupe est un département français.

Alors, que la République se comporte vis-à-vis de la Guadeloupe et de tous les autres DOM comme vis-à-vis de tout département français !

 

- Pourquoi avoir autorisé dans les DOM jusqu'en 1993 l'utilisation de l'insecticide chlordécone, interdit dès 1990 en métropole ?

 

- Pourquoi accepter dans des DOM l'existence de monopoles économiques qui engendreraient immédiatement une nouvelle Révolution française en métropole ?

 

- Pourquoi dans les statistiques publiques l'INSEE sépare-t-elle les DOM des autres départements français ?

 

- Que justifie aujourd'hui la taxe d'Octroi de Mer, qui gonfle les prix autant qu'elle protège les entreprises locales ? (il y aurait bien d'autres moyens de favoriser la consommation de proximité, dans les DOM comme en métropole !)

 

- Pourquoi avoir à l'origine décalé l'application du RSA dans les DOM (2010 au lieu de 2009) ?

 

- Pourquoi avoir omis les DOM dans les nouveaux passeports biométriques français franco-européens ?

 

- Pourquoi à la rubrique Élections du ministère de l'Intérieur figure la consultation des électeurs de Corse en 2003 et non celles des électeurs de Guadeloupe et de Martinique la même année ?

 

 - Pourquoi maintenir l'existence d'un ministère de l'Outre-Mer ?

 

- Pourquoi certains médias ont traité de la crise sociale dans un département français comme s'il s'agissait de la crise sociale dans une État étranger (reportages sur les "touristes français" (sic) bloqués, etc.)  ?

 

- Nicolas Sarkozy ne se serait-il pas immédiatement rendu sur place si une crise sociale semblable avait éclaté dans n'importe quel département métropolitain ?

 

Faute de République et face à toutes ces humiliations, ce sont les antirépublicains qui se frottent les mains. À commencer par les antidépartementalistes zélateurs de la diversité institutionnelle (dont Nicolas Sarkozy, avant qu'il ne se prenne, en 2003, une châtaigne en Corse), les autonomistes ou les indépendantistes de tous poils.

 

La preuve par les élections prud'homales de 2008 en Guadeloupe...

Indépendantiste et racialiste, l'Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe (UGTG) a progressé de neuf sièges (26 élus sur 44 à pourvoir). Elie Domota, son secrétaire général, est justement le porte-parole du Lyannaj Kont Pwofitasyon (LKP, Collectif contre l'exploitation).

Tandis que la Confédération Générale du Travail de Guadeloupe (CGTG, séparée de la CGT depuis 1961) est arrivée deuxième avec 14 élus. Son patron, Jean-Marie Nomertin, étant par ailleurs un militant de Combat Ouvrier, équivalent local de Lutte Ouvrière.

27 décembre 2008

Français, sans commentaire !

indivisibles.jpg

J'ai atterri par hasard sur le site Internet d'une association : Les Indivisibles.

Quel bonheur, sur le fond et sur la forme ! À l'opposé du discours racialiste de plus en plus dominant (qui n'épargne même pas un Éric Zemmour, que j'appréciais pourtant du temps où je fréquentais comme lui la Fondation Marc-Bloch), le message de cette association, qui ne manque pas d'humour, est simple : quelle que soit notre couleur de peau ou notre religion, nous sommes "Français, sans commentaire !".

Une évidence au sein de la France Républicaine, qu'il convient malheureusement de rappeler aujourd'hui.

 

L'occasion pour moi de pousser un coup de gueule sémantique : marre de ceux qui confondent "immigrés" et "étrangers", marre de ceux qui parlent de "Français de souche" ou de "noirs de France", marre des préjugés (pour paraphraser Gaston Kelman, on peut être noir de peau et ne pas aimer le manioc...), marre, enfin, du discours racialiste qui se réclame de Barack Obama tout en tournant le dos au discours post-racial du futur président des États-Unis !

 

http://www.lesindivisibles.fr