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07 mars 2011

Marine Le Pen: questions autour d'un sondage

Tout le monde a commenté ce week-end un sondage (1) plaçant Marine Le Pen à 23% des intentions de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle de 2012, devant Nicolas Sarkozy et Martine Aubry à 21%.

 

1) Que penser de ce sondage?

Outre les recommandations habituelles (marge d'erreur, photographie de l'opinion à l'instant T et non prédiction du vote, etc.), deux remarques:

- Les sondeurs avaient l'habitude de redresser à la hausse le score de Jean-Marie Le Pen. Or, la parole s'étant libérée en ce qui concerne Marine Le Pen, de tels redressements se justifient-ils encore?

- Seule Martine Aubry a été testée. Or, les autres sondages testent généralement au moins Dominique Strauss-Kahn, avec comme résultat au premier tour un ordre différent en ce qui concerne le candidat du PS et le président de la République sortant: Nicolas Sarkozy est toujours devant Martine Aubry mais toujours derrière Dominique Strauss-Kahn. Je regrette donc que ce sondage n'ait pas testé dans un même mouvement l'hypothèse d'une candidature DSK.

Quoi qu'il en soit, ce sondage confirme que Marine Le Pen est aujourd'hui dans le trio de tête des intentions de vote, dont l'ordre d'arrivée - mais nous sommes encore très loin du scrutin! - demeure actuellement incertain.

 

2) L'UMP fait-il monter Marine Le Pen en lançant un débat sur la laïcité en général et l'islam en particulier?

C'est l'accusation de la gauche. Honnêtement, je ne sais pas trop quoi en penser. Il semble a priori logique que placer le débat sur le terrain d'une thématique forte de l'extrême droite ne peut qu'être porteur pour le FN. Mais:

- Ce qui fait monter le FN, est-ce en soi de parler de laïcité ou est-ce la réponse qu'apporte l'UMP? Même si ses dirigeants tournent autour du pot, il s'agit bel et bien pour eux de remettre en cause la laïcité en aboutissant à un financement public de la construction de lieux de culte (via un contournement hypocrite de la loi de 1905 en subventionnant des fondations ou des associations à visage culturel mais à finalité cultuelle). J'ai ainsi été atterré jeudi 3 mars du débat sur France 2 (émission À vous de juger), où les invités (Jean-François Copé, François Bayrou, Pierre Moscovici, Dominique de Villepin) ont abandonné à Marine Le Pen le monopole de la défense de la laïcité. Il aurait été pourtant facile de lui dire: "Vous brandissez l'étendard de la laïcité? Chiche! Alors, êtes-vous pour la remise en cause du statut d'exception - concordataire - en Alsace-Moselle?"

- Surtout, le principal moteur du vote FN est-il la thématique immigration/islamisation ou la thématique économique et sociale (désindustrialisation et délocalisations, chômage et pouvoir d'achat, peur du déclassement des classes moyennes, etc.)? Question clef, dont seule la réponse donnera les armes efficaces à ceux qui veulent vraiment lutter contre la montée de l'extrême droite.

 

(1) sondage Harris Interactive pour Le Parisien/Aujourd'hui en France réalisé du 28 février au 3 mars 2011 auprès d'un échantillon représentatif de 1.618 personnes issu de l'access panel Harris Interactive.

03 mars 2011

"Bouclier fiscal" et ISF: la droite ment

Petits rappels sur le "bouclier fiscal" version Sarkozy, afin de ne pas tomber dans le piège de la désinformation de droite consistant à faire croire qu'il aurait été instauré en réponse à l'ISF (et donc qu'une suppression réforme du second aurait pour conséquence une abrogation du premier):

 

"L'objectif qui consiste à limiter les prélèvements de l'État à un maximum de 50% doit être considéré comme un minimum. En l'occurrence, il ne s'agit ni d'économie, ni de politique, ni même de fiscalité... mais tout simplement de bon sens. Parce que, enfin, si l'on croit que toute peine mérite salaire et que chacun a le droit de profiter librement de ce qu'il a chèrement acquis, alors on doit se fixer comme règle que jamais la somme des prélèvements de l'État ne dépasse 50% de ce qu'un individu a pu gagner par son travail."
Nicolas Sarkozy, Libre (Robert Laffont/Xo Éditions, 2001)

 

"Poser le principe que nul ne peut se voir confisquer plus de 50% de son revenu par l'impôt direct, y compris la CSG et la CRDS, c'est aussi encourager le travail et la réussite. C'est mettre un terme à une fiscalité confiscatoire."
Nicolas Sarkozy, Ensemble (Xo Éditions, 2007)

 

"L'idée que l'on n'abandonne pas plus de la moitié de ses revenus aux impôts fait partie de la structuration politique et idéologique du quinquennat. La crise exige une priorité en sa faveur, mais rien ne serait pire que de renier des valeurs fondamentales parce qu'il y a la crise."
Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée, cité dans L'Express, 25/03/2009

 

"Je ne toucherai pas au bouclier fiscal car je crois au principe selon lequel on ne peut prendre à quelqu'un plus de la moitié de ce qu'il gagne. Si on laisse passer une exception, comme par exemple la CSG, ce n'est plus un bouclier."
Nicolas Sarkozy, Le Figaro, 15/10/2009

 

Bref, ne voulant pas assumer son renoncement au dogme libéral du "bouclier fiscal" à 50%, la majorité de droite tente de faire croire qu'il aurait été instauré juste pour contrer l'ISF!

19 février 2011

La laïcité revient dans le débat politique

La laïcité revient dans le débat politique

La Croix, 18/02/2011

01 février 2011

Ceci n'est pas un parti politique

 

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Il faut inlassablement répéter la même chose: les partis politiques ne sont pas tous des partis politiques.

 

Il convient en effet de distinguer:

- les partis politiques au sens commun, qui présentent des candidats aux élections.

- les partis politiques au sens de la loi: association à but politique ayant bénéficié de l'aide publique ou ayant désigné pour recueillir des fonds un mandataire financier.

 

Bref, au sens de la loi la notion de parti politique englobe des réalités diverses, en particulier:

- les partis politiques au sens commun (exemple de l'UMP).

- les clubs de réflexion (exemple de France.9 de François Fillon).

 

Or, le regard sur les clubs de réflexion ayant adopté le statut de parti politique a considérablement évolué:

- hier, adopter pour son club le statut de parti était considéré comme un gage de vertu et de transparence, puisque son financement est alors encadré, ses comptes contrôlés et publiés; en témoignent les noms des premières personnalités politiques à avoir adopté ce statut pour leur club: Raymond Barre en 1990 (Convention libérale européenne et sociale), Michel Rocard en 1992 (clubs Convaincre), Jacques Delors en 1993 (club Témoin) ou encore Philippe Séguin en 1994 (Association pour une République citoyenne).

- aujourd'hui, le fait même de posséder un club au statut de parti politique est qualifié de conflits d'intérêts!

 

Retour en arrière. Pourquoi Éric Woerth a-t-il été soupçonné de conflits d'intérêts:

- cumul ministre du budget + époux de la directrice des investissements de Clymène, société de gestion de la fortune de Liliane Bettencourt.

- cumul ministre du budget + trésorier de l'UMP.

- cumul trésorier de l'UMP + possesseur d'une structure de soutien local (l'Association de soutien à l'action d'Éric Woerth) financée par l'UMP.

 

Revenons à François Fillon: en quoi le fait qu'il possède un club de réflexion est-il en soi constitutif d'un conflit d'intérets? J'ai beau chercher, je ne vois pas...

31 janvier 2011

Radioscopie du groupe Union Centriste (UC) du Sénat

J'avais rédigé en avril 2009 une radioscopie du groupe Union Centriste (UC) du Sénat. En voici la mise à jour :

MoDem 7
MDM 1
AC 10
NC 9
se 2

 

BADRÉ Denis MoDem
BOROTRA Didier MoDem
CROS Roselle MoDem
DENEUX Marcel MoDem
GOURAULT Jacqueline MoDem
JÉGOU Jean-Jacques MoDem
VANLERENBERGHE Jean-Marie MoDem
PAYET Anne-Marie se
GIRAUD Adrien MDM
ARTHUIS Jean AC
DÉTRAIGNE Yves AC
DINI Muguette AC
FÉRAT Françoise AC
KERGUERIS Joseph AC
MERCERON Jean-Claude AC
PIGNARD Jean-Jacques AC
SOULAGE Daniel AC
ZOCCHETTO François AC
JARLIER Pierre AC-RAD-RS
AMOUDRY Jean-Paul NC
BIWER Claude NC
BOYER Jean   NC
DUBOIS Daniel NC
DUPONT Jean-Léonce NC
LÉTARD Valérie NC
MAUREY Hervé NC
MORIN-DESAILLY Catherine NC
POZZO di BORGO Yves NC
GOULET Nathalie se

 

Quelques précisions et interrogations :

 

Adrien Giraud : revendiqué à la fois par le MoDem et l'Alliance Centriste, il est surtout membre du Mouvement Départementaliste Mahorais (MDM).

 

Pierre Jarlier : revendiqué par l'Alliance Centriste, membre du Parti Radical et de République Solidaire. Cette triple appartenance est contraire aux statuts du Parti Radical (article 3: "L'adhésion au parti radical est exclusive de toute adhésion à un autre parti").

 

Daniel Soulage : revendiqué par l'Alliance Centriste mais appartient au bureau de l'UDF sans en avoir été agréé membre associé (contrairement à Jean Arthuis, Yves Detraigne et Françoise Férat), ce qui signifie soit qu'il n'est en réalité pas membre de l'Alliance Centriste, soit qu'il est en infraction avec les statuts de l'UDF (article 4: "L'appartenance à l'UDF est exclusive de toute adhésion à une autre formation politique").

 

[rectificatif 01/02/2011: contrairement à ce qui m'avait été indiqué hier, l'assistante parlementaire d'Anne-Marie Payet m'a précisé aujourd'hui que cette dernière n'appartenait ni au MoDem ni à l'Alliance Centriste]