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15 septembre 2011

Les élections sénatoriales, un enjeu de la bataille au centre et au centre-droit

Le Nouveau Centre et le Parti radical ambitionnent de former un groupe commun de centre droit dont seraient exclus les centristes du MoDem.

Les élections sénatoriales du 25 septembre constituent en quelque sorte le baptême du feu électoral de la nouvelle Alliance républicaine, écologiste et sociale (ARES) d'Hervé Morin, Jean-Louis Borloo et Jean-Marie Bockel. Pour le centre droit, l'enjeu est en effet la constitution d'un groupe commun, alors qu'actuellement ses sénateurs se répartissent entre l'Union centriste (neuf Nouveau centre et un radical), le RDSE (deux Gauche moderne, dont Jean-Marie Bockel, et un radical) et l'UMP (quatre radicaux).

Si la droite devrait globalement perdre des sièges, en son sein le centre droit entend bien progresser. Trois des quatre sénateurs renouvelables du Nouveau Centre sont pourtant dans une situation incertaine: Yves Pozzo di Borgo à Paris (face à la liste UMP de Chantal Jouanno et à la liste UMP dissidente de Pierre Charon), Claude Biwer dans la Meuse et la "borlooiste" Valérie Létard dans le Nord. Cette dernière figure en deuxième position sur la liste dissidente du sénateur UMP sortant Jean-René Lecerf. En compensation, le parti d'Hervé Morin mise sur plusieurs gains: Loir-et-Cher (Maurice Leroy), Maine-et-Loire (Hervé de CharetteChristian Gillet, avec un siège supplémentaire par rapport au dernier renouvellement), Loire-Atlantique (Joël Guerriau), Indre-et-Loire (Pierre Louault) ou encore Seine-Saint-Denis (Vincent Capo-Canellas).

L'unique sortant du Parti radical étant en situation favorable (Jean-Paul Alduy dans les Pyrénées-Orientales), le parti de Jean-Louis Borloo est quasiment assuré de progresser grâce à l'élection dans le Loiret de Brigitte Burdin., en deuxième place, éligible, sur la liste conduite par l'UMP Éric Doligé. Autre espoir de progression: Vincent Delahaye (ex-MoDem) dans l'Essonne, face à une UMP divisée entre Serge Dassault (sortant), Laurent Béteille (sortant) et Xavier Dugoin (ancien sénateur).

La concurrence au centre droit sera par ailleurs serrée entre le Nouveau Centre et le Parti radical dans les départements de Seine-et-Marne (Gérard Ruffin face au député Yves Jégo), de Lot-et-Garonne (Henri Tandonnet face à l'ancien député Alain Merly) et de la Meuse (Claude Biwer, sénateur sortant, face à Christian Namy, président du conseil général). Tandis que le divers droite Gérard Roche, président du conseil général de la Haute-Loire, donné élu, a annoncé qu'il rejoindrait cette frange de l'échiquier politique sénatorial (dans ce départements les sortants sont le Nouveau Centre Jean Boyer et l'UMP Adrien Gouteyron, qui ne se représente pas).

La constitution d'un groupe de l'Alliance aurait pour conséquence de démanteler le groupe Union centriste, où siègent aussi les sept sénateurs du MoDem de François Bayrou. Six d'entre eux sont renouvelables, dont la moitié en situation favorable: Jacqueline Gourault (Loir-et-Cher), Roselle Cros (Yvelines), également soutenue par l'Alliance, et Jean-Marie Vanlerenberghe (Pas-de-Calais), à la tête d'une liste d'union avec l'UMP. Deux sont en revanche menacés par des candidats du Nouveau Centre: Denis Badré (Hauts-de-Seine, face à Hervé Marseille) et Jean-Jacques Jégou (Val-de-Marne, face à Laurent Lafon). Enfin, dans les Pyrénées-Atlantiques, où Didier Borotra ne se représente pas, le MoDem espère au moins l'élection de Jean-Jacques Lasserre, ancien président du conseil général.

 

Laurent de Boissieu
La Croix, 09/09/2011 (article remanié)

05 septembre 2011

Hervé Morin ce week-end: un franc-parler qui fait du bien

Au sein des partis de droite, les divergences idéologiques ou stratégiques sont très rarement publiquement et clairement énoncées: elles le sont généralement sous forme allusive ou de petites phrases assassines et plus ou moins off (sans doute parce que la démocratie interne y est moins développée qu'au sein des partis de gauche: les débats sont alors le plus souvent tranchés entre hauts dirigeants à huis clos et non par le vote des militants).

Une semaine avant l'université d'été de l'Alliance républicaine, écologiste et sociale, Hervé Morin a pourtant clairement placé Jean-Louis Borloo au pied du mur, ce week-end, à l'occasion de son "rassemblement normand", en posant concrètement deux conditions à leur alliance:

"UN: Cela veut dire que nous aurons un candidat à l'élection présidentielle d'avril 2012, et je dis bien un candidat pour le printemps 2012 pas un candidat seulement pour l'hiver 2011. Celui qui sera désigné, en clair Jean Louis Borloo ou moi, devra prendre l'engagement d'aller jusqu'au bout. Quels que soient les sondages. Quelles que soient les pressions. Quelles que soient les difficultés d'une campagne. Moi, en avril prochain, je veux voir des bulletins de vote avec le nom de notre candidat. Je ne me contenterai pas d'une belle annonce de candidature en octobre ou novembre et ensuite pschitt, plus rien.

DEUX: Il faut que ce candidat soit réellement indépendant de l'UMP. Indépendant financièrement. Indépendant intellectuellement. Mais aussi indépendant politiquement. Si je dis ça, ce n'est pas tout à fait par hasard. Savez-vous combien de députés radicaux ont quitté le groupe UMP à l'Assemblée nationale depuis les grandes déclarations d'indépendance du printemps? Je vais vous le dire, ce n'est pas difficile à calculer. Zéro. Aucun. Je leurs dis à nouveau, comme le leur disait François Sauvadet, notre porte est grande ouverte pour un groupe commun.

Et surtout je vous pose la question quelle sera la crédibilité d'un candidat soutenu par des élus qui auront une jambe dans chaque parti?"

 

C'est clair, net et précis. C'est ce que tout analyste politique ne peut que constater, mais quel plaisir d'entendre un tel franc-parler de la part d'un responsable politique de droite! (ou de le lire après coup, car j'étais à Marseille pour l'UMP et non en Normandie).

À Jean-Louis Borloo maintenant d'apporter une réponse aussi claire, nette et précise...

31 août 2011

Théorie du genre: non, il ne s'agit pas de "80 députés UMP" de La Droite populaire

C'est une chose entendue: "80 députés UMP" ont écrit à Luc Chatel pour demander le retrait des manuels scolaires qui présentent la "théorie du genre sexuel".

Aussitôt, ces 80 députés ont été présentés comme l'émanation du collectif de "La Droite populaire", aile droite de l'UMP.

Il est vrai que le député UMP à l'origine de l'initiative est bien un des fondateurs de ce collectif (Richard Mallié). Mais - outre le fait qu'ils sont 76 et non 80 - il ne s'agit pas que de députés UMP et tous ne sont pas, loin de là, membres de  "La Droite populaire": il se trouve même des représentants de l'aile gauche de l'UMP, comme la radicale Françoise Hostalier, ainsi que le député UMP qui planche actuellement pour Jean-Louis Borloo sur les questions d'éducation nationale (Henri Plagnol)...

 

En exclusivité, voici une petite présentation des signataires:

 

Appartenance partisane

UMP + Parti radical 70
Nouveau centre 4
MPF 2

 

Composantes de l'UMP + Parti radical

Les Réformateurs 25
La Droite Populaire 20
Le Chêne 15
Centristes de l'UMP 11
Parti radical 3
République Solidaire 1

N.B.: y compris les multi-appartenances

 

Radioscopie des députés UMP
axe libéraux / autoritaires (1)

autoritaires 27
marais / inclassables 18
libéraux 25

(1)  http://www.ipolitique.fr/archive/2010/10/10/courants-ump....

30 août 2011

Dominique de Villepin ambitionne de "recommencer la France"

Un livre de Dominique de Villepin n'est jamais un livre politique comme les autres. Il faut d'abord apprivoiser son style, emphatique et lyrique, afin d'en dégager "la substantifique moelle", détacher le concret du romanesque.

Le fil rouge de Notre vieux pays (Plon, 225 pages, 17 €) - titre issu de l'expression gaullienne "notre cher et vieux pays" - est sa proposition phare d'un "revenu citoyen", indépendant du travail et avec service civique en contrepartie. À la lecture, sa véritable signification se révèle en effet: celle d'une proposition davantage politique qu'économique et sociale.

Il s'agit tout d'abord d'une condition d'accès à la citoyenneté, l'auteur répétant à satiété la formule du révolutionnaire franco-américain Thomas Paine: "Sans revenu, point de citoyen". Car le président du parti "République solidaire" l'affirme haut et fort: "Les Français n'ont jamais été citoyens". Et ils ne pourront le devenir qu'en adoptant sa proposition, permettant ainsi de "terminer la Révolution française".

Il s'agit ensuite de redonner sa première place au "sentiment commun d'appartenance à la nation", dénié aussi bien par un "repli communautaire" que par une mondialisation qui "aplanit les différences politiques au profit des seules différences sociales", à travers l'émergence d’un "esprit de clan, en haut comme en bas de la société". Retrouver, grâce à un revenu universel réservé aux seuls citoyens français, "le sentiment d’une différence légitime - c'est-à-dire fondée sur la capacité politique - entre le fait d'être étranger et le fait d'être français" permettrait alors de réaliser le "rassemblement des Français", y compris ces "enfants de l’immigration, français et insidieusement présentés comme étrangers".

"Nous en sommes à nouveau à un point - j'assume l'expression - où le pronostic vital de la nation est engagé", s'alarme l'ancien premier ministre chiraquien. Il y a donc urgence et la tâche est immense car il s'agit rien de moins que de "recommencer la France". Reste à savoir si celui qui sera fixé en appel sur son sort le 14 septembre dans l'affaire Clearstream tentera, cette fois, de passer de l'incantation à la réalisation en déclarant sa candidature à l'élection présidentielle. Et ce, quel que soit le nombre de ses soutiens, puisque Dominique de Villepin dit assumer "un combat au risque de la solitude".

 

Laurent de Boissieu
La Croix, 30 août 2011

02 août 2011

Petit arrangement avec la vérité dans un portrait officiel de Jean-Louis Borloo

Sur le "site officiel de soutien à Jean-Louis Borloo pour l’élection présidentielle de 2012", qui dépend de l'association O comme Oxygène, figure un portrait de l'intéressé, dont le parcours partisan est décrit de la façon suivante:

Jean-Louis Borloo cofonde Génération Ecologie en 1990, notamment aux côtés de Brice Lalonde, Haroun Tazieff et Noël Mamère. Au fil des ans, il se rapproche de l’UDF: déjà participant indépendant à la liste de Simone Veil pour les élections européennes de 1989, député apparenté à la formation en 1997, il décide d’adhérer en 1998 à la Nouvelle UDF et en devient porte-parole en 2001. Dans le contexte du 21-Avril, il soutient Jacques Chirac au second tour de l’élection présidentielle. Appelé à entrer au gouvernement au ministère de la Ville, probablement du fait de son bilan sur le terrain à Valenciennes, il décide de quitter l’UDF pour l’UMP. Dès 2005, il choisit d’affirmer davantage sa sensibilité centriste au sein de la majorité en quittant l’UMP pour le Parti Radical, parti associé à l’UMP dont il devient co-président, puis président en 2007.

 

Or, le début de la dernière phrase est une contre-vérité: "...Dès 2005, il choisit d’affirmer davantage sa sensibilité centriste au sein de la majorité en quittant l’UMP pour le Parti Radical...".

En vérité, ce n'est pas en 2005 mais cette année, précisément le 7 avril 2011, que Jean-Louis Borloo a quitté l'UMP, dont il fut d'ailleurs vice-président du conseil national jusqu'en novembre 2010... (le fait d'adhérer en 2005 au Parti Radical n'ayant eu aucune incidence sur son appartenance à l'UMP vu que, s'agissant d'un parti associé, la double appartenance était autorisée).

Une petite "erreur" stratégique de six ans certainement destinée à minimiser, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012, son appartenance passée à l'UMP, pendant neuf ans (et non trois ans!), de 2002 à 2011.

 

[Suite à cette note, phrase corrigée sur le site officiel de soutien à Jean-Louis Borloo: "Dès 2005, il choisit d’affirmer davantage sa sensibilité centriste au sein de la majorité en rejoignant le Parti Radical, parti associé à l’UMP dont il devient co-président, puis président en 2007."]