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25 août 2007

Raymond Barre, ombre et lumière

Raymond Barre, homme politique inclassable :

- centriste, libéral et européen ...mais plus gaulliste que les héritiers du gaullisme sur les institutions (contre la cohabitation, dénonciation du "microcosme politique"...)

- incarnation de la rigueur en politique ...mais auteur de propos ambigus sur Maurice Papon et le "lobby juif"

 

Diaporma sur le site de La Croix :

http://www.la-croix.com/illustrations/Multimedia/Actu/alb...

 

19 juin 2007

Bayrou, isolé mais content

445a9923239844f5af7b6b2f8caecae1.jpgAvant l'élection présidentielle, François Bayrou présidait le troisième parti de l'Assemblée nationale en effectifs, disposant de son propre groupe parlementaire, ce qui lui offrait une tribune et des moyens financiers et matériels. Il préside désormais le sixième parti dans l'Assemblée nationale élue dimanche, derrière l'UMP (319), le PS (191), le Nouveau Centre (21), le PCF (16 et un apparenté) et le PRG (8). Avec cinq élus, le MoDem est en outre loin des vingt élus nécessaires pour constituer un groupe parlementaire.

Dimanche soir, depuis sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques, François Bayrou a toutefois trouvé des sujets de satisfaction. Tout d'abord, sa réélection, avec 61,21 % des suffrages exprimés contre 55,58% en 2002. Ensuite, celle de son ami Jean Lassalle dans la seule triangulaire du second tour, face aux candidats de l'UMP et du PS. Au total, sur les sept circonscriptions où le MoDem était au second tour, cinq candidats du nouveau parti ont été élus. Dans le détail, la situation est toutefois plus complexe. Deux d'entre eux, Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis, 5e) et Thierry Benoît (Ille-et-Vilaine, 6e), bien qu'investis par le MoDem, ont fait campagne sous une autre étiquette et semblent très proches du Nouveau Centre de la majorité présidentielle. Avec 21 élus, ce dernier réussit son pari : succéder à l'UDF au centre droit en formant un groupe parlementaire allié mais distinct de l'UMP.

Le cinquième élu du MoDem est Abdoulatifou Aly, membre du courant Force de l'alternance du Mouvement départementaliste mahorais. Il a rejoint le MoDem entre les deux tours des législatives, le parti de François Bayrou ayant originellement investi Daroussi Zainadini, non qualifié au second tour, membre d'un autre courant du Mouvement départementaliste mahorais. Enfin, les deux candidats du MoDem battus au second tour sont Élisabeth Doineau (48,20% dans la 2e circonscription de la Mayenne) et Jean-Marie Cavada (45,77% dans la 1re circonscription du Val-de-Marne).

"Nous allons représenter à l'Assemblée nationale tous ceux qui en sont injustement écartés, a expliqué François Bayrou. Qui ont leur place et à qui le mode de scrutin ne donne pas la représentation à laquelle auraient droit tous les citoyens français. Nous allons représenter ce pluralisme et cette diversité pour trouver un jour un meilleur équilibre dans notre pays." En réalité, seuls les partis extrémistes (FN, LO, LCR) ne sont pas représentés à l'Assemblée nationale. Quoi qu'il en soit, François Bayrou entend donc plus que jamais "construire" le "grand courant politique dont la France a besoin" : "On voit ce soir qu'il peut gagner, y compris au scrutin majoritaire, a-t-il ajouté. Il gagnera d'autant mieux quand les scrutins seront plus justes." En vigueur aux élections législatives, le scrutin uninominal majoritaire à deux tours est en effet le pire pour une force politique souhaitant incarner une troisième voie indépendante des blocs de droite et de gauche.

Il n'en reste pas moins que le MoDem a joué dans ces législatives un rôle plus important que le nombre de ses élus peut le laisser penser. En insistant, dans l'entre-deux-tours, sur la "défense du pluralisme", François Bayrou et ses proches ont, de fait, donné un coup de pouce à la gauche. Contrairement à l'UDF, positionnée au centre droit, le MoDem s'arrime donc au centre gauche. Mais il faudra certainement attendre l'entre-deux-tours des prochaines municipales pour savoir si François Bayrou en tirera ou non toutes les conséquences en termes d'alliance.

 

Laurent de Boissieu

© La Croix, 19/06/2007

15 juin 2007

Les sept questions clés du second tour des législatives

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De quelle ampleur sera la victoire de L'UMP ?
La majorité présidentielle est sereine. D'une part, l'UMP est assurée d'obtenir la majorité absolue des députés. Reste à savoir avec quelle ampleur. Après les législatives de 2002, le groupe UMP, à lui seul, détenait 63,5% des sièges, dépassant les 60% de l'UDR (gaullistes) en 1968 et les 58% du groupe socialiste en 1981. D'après les projections, l'UMP serait en mesure de battre, dimanche, son propre record. D'autre part, le Nouveau Centre est dans la majorité présidentielle et devrait, comme prévu, réussir son pari de succéder à l'UDF au centre droit en formant son propre groupe parlementaire. Sept députés UDF et apparentés sortants ont, en effet, été élus ou réélus au premier tour, dont le nouveau ministre de la défense Hervé Morin. Sur les 15 candidats du Nouveau Centre en lice au second tour, seuls deux semblent dans une situation difficile : Rodolphe Thomas dans la 2e circonscription du Calvados, face à Laurence Dumont (PS), et Bernard Bosson dans la 2e de Haute-Savoie, dans un duel incertain avec un divers droite, Lionel Tardy (UMP dissident).

 

Le PS peut-il surnager dans la vague bleue ?
La défaite est consommée, la déroute peut encore être évitée : voilà le mot d'ordre en vigueur au siège du PS. Certes, bien des personnalités du parti sont en danger : Dominique Strauss-Kahn (Val-d'Oise, 8e), Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire 6e), Vincent Peillon (Somme, 3e), Julien Dray (Essonne, 10e), Michel Vauzelle (Bouches-du-Rhône, 16e), Jean-Louis Bianco (Alpes-de-Haute-Provence, 1re) ou encore Patrick Mennucci (Bouches-du-Rhône, 3e). Mais le PS est loin du scenario catastrophe de 1993, où son groupe parlementaire n'avait réuni que 57 rescapés (moins de 10% des sièges de l'Assemblée nationale). L
e PS espère même prendre quelques circonscriptions à l'UMP ou au Nouveau Centre, celles de Jacques Domergue (qui ne se représentait pas dans la 2e circonscription de l'Hérault), d'Alain Marsaud (Haute-Vienne, 1re), de Jean Lemière (Manche, 5e) ou de Rodolphe Thomas (Calvados, 2e). Au total, le PS espère retrouver un nombre d'élus relativement proche de celui de 2002 (141).

 

François Bayrou peut-il espérer ne pas être le seul député du MoDem ?
Le MoDem n'a pas réussi son pari. Qualifié pour le second tour dans seulement sept circonscriptions, il ne concourra finalement que dans six. L'un de ses candidats, Michel Canévet, s'est en effet retiré dans la 7e circonscription du Finistère. Sur le papier, seul François Bayrou (Pyrénées-Atlantiques, 2e) et Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis, 5e) sont en ballottage favorable. Ce dernier entretient toutefois l'ambiguïté sur son appartenance ou non à la majorité présidentielle et se présente comme candidat "Bobigny-Drancy". Rien ne dit qu'il ne rejoindra pas, au final, le Nouveau Centre dans la majorité présidentielle. Il en est de même en ce qui concerne le candidat du MoDem suivant le mieux placé : Thierry Benoît, dans la 6e circonscription d'Ille-et-Vilaine, face à l'ancien ministre UMP Marie-Thérèse Boisseau. Le conseiller général du canton de Fougères-Sud a appelé à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle et l'étiquette MoDem n'apparaît pas sur ses documents de campagne. Quant aux deux autres candidats du MoDem confrontés à un UMP, Jean-Marie Cavada (Val-de­-Marne, 1re) et surtout Élisabeth Doineau (Mayenne, 2e), ils auront du mal, même avec le soutien des électeurs de gauche, à rattraper leur retard sur leur rival UMP. Enfin, Jean Lassalle (Pyrénées-Atlantiques, 4e) joue son va-tout dans une triangulaire incertaine avec l'UMP et le PS.

 

Le PCF peut-il limiter ses pertes ?
Sauf surprise, le PCF ne disposera plus d'un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. Il y a cinq ans, le parti n'avait fait élire que 20 députés (le minimum pour avoir un groupe), auxquels s'étaient ajoutés deux divers gauche: le communiste "rénovateur" Jean-Pierre Brard et l'ancien «chevènementiste» Jacques Desallangre. Il faut remonter à 1958 pour trouver un précédent, les dix députés communistes ayant été contraints de siéger parmi les non-inscrits. En 1988, la gauche avait toutefois été obligée de diminuer de 30 à 20 le nombre de députés nécessaires pour constituer un groupe afin de permettre au PCF de conserver le sien. La perte de son groupe à l'Assemblée nationale constituerait une étape de plus dans le déclin électoral du parti créé en 1920, des 15,35% de Georges Marchais à la présidentielle de 1981 aux 1,93% de Marie-George Buffet cette année. Sur les 23 candidats PCF (dont un dissident : Maxime Gremetz) en lice pour le second tour, à peine une quinzaine sont en position d'être élus ou réélus dimanche, dont la secrétaire nationale Marie-George Buffet (Seine-Saint-Denis, 4e).

 

Les ténors des petits partis de gauche peuvent-ils être élus ?
Avec neuf députés sortants, le PRG est le troisième parti de gauche dans l'Assemblée nationale sortante. Parmi ses 19 membres en lice pour le second tour, seule la députée sortante Christiane Taubira (Guyane, 1re) est en ballottage favorable. À l'inverse, les anciens ministres François Huwart (Eure-et-Loir, 3e) et Émile Zuccarelli (Haute­-Corse, 1re), figure emblématique du parti, sont en ballottage défavorable. Tandis que l'issue du scrutin est incertaine pour cinq de leurs collègues. Le PRG rêve toutefois de réussir l'exploit de battre deux députés UMP sortants, Michel Roumegoux avec Dominique Orliac (Lot, 1re) et Jacques Briat avec Sylvie Pinel (Tarn-et-Garonne, 2e). La clé du scrutin appartiendra généralement aux électeurs centristes du MoDem, qui pourraient logiquement préférer le PRG, positionné au centre gauche, à l'UMP. Autre allié du PS, Les Verts n'ont plus que quatre candidats en lice, dont trois sortants. Si Noël Mamère (Gironde, 3e) est en ballottage favorable, Yves Cochet (Paris, 11e) et surtout Martine Billard (Paris, 1re) sont dans une situation incertaine. Enfin, le MRC devrait retrouver le chemin de l'Assemblée nationale, non pas grâce à Jean-Pierre Chevènement (Territoire-de-Belfort, 2e), en ballottage défavorable, mais avec le gaulliste de gauche Christian Hutin (Nord, 12e).

 

Marine Le Pen peut-elle sauver l'honneur du FN ?
La nouvelle droite de Nicolas Sarkozy a siphonné l'électorat FN à la présidentielle et aux législatives. En 1993, le parti d'extrême droite avait aligné 100 candidats au second tour. Chiffre qui atteindra 132 en 1997, avant de chuter à 37 en 2002. Cette année, seule Marine Le Pen, dans la 14e circonscription du Pas-de-­Calais, s'est qualifiée avec 24,47% des suffrages exprimés. Excepté celui du MNR (0,51%), tous les candidats du premier tour ont appelé à voter au second pour le député PS sortant, Albert Facon. Si la fille de Jean-Marie Le Pen a donc peu de chance d'être élue dimanche, elle a déjà remporté une victoire personnelle, qui la place en position de force pour la succession de son père à la tête du parti. Mais aussi, localement, pour les élections municipales à Hénin-Beaumont, première ville de la circonscription, où elle est arrivée en tête avec 33,4%.

 

Pourquoi une seule triangulaire ?
Le nombre de triangulaires n'aura jamais été aussi faible depuis 1988. Sur 12 triangulaires possibles, une seule se déroulera effectivement dimanche, dans la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques entre UMP (Hervé Lucbereilh, 31,36%), MoDem (Jean Lassalle, 29,54%) et PS (Jean-Pierre Domecq, 19,86%). Ailleurs, le moins bien placé à droite et à gauche s'est systématiquement retiré en faveur du mieux placé. Tandis que l'UMP a voulu "tendre la main" au MoDem en retirant son candidat face à François Bayrou (Pyrénées­-Atlantiques, 2e), de toute façon en ballottage favorable. Enfin, le MoDem Michel Canévet s'est également retiré dans la 7e cir­conscription du Finistère, sans donner de consigne de vote. Le fait de retrouver le nombre de triangulaires de 1978 et de 1981 confirme la bipolarisation de la vie politique française, le FN ayant perdu sa capacité de nuisance aux législatives. À titre de comparaison, en 1973 il y avait eu 96 triangulaires. C'était avant que le "centre d'opposition" ne rallie la droite. Une configuration que François Bayrou aurait rêvé de faire renaître.

 

Laurent de Boissieu

© La Croix, 15/06/2007

14 juin 2007

Géographie électorale

quelques cartes sur l'élection présidentielle :

 

l'évolution du vote d'extrême droite :

http://francepolitique.free.fr/PFN3.htm

 

l'évolution du vote communiste :

http://francepolitique.free.fr/PPCF3.htm

 

le vote Bayrou en 2002 et 2007 comparés au vote Lecanuet en 1965 :

http://francepolitique.free.fr/centre.htm

 

13 juin 2007

Les candidats du MoDem adoptent des positions divergentes pour le second tour

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Comme dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle, les centristes se trouvent confrontés au choix entre la droite et la gauche, à l'exception bien entendu des six circonscriptions où des candidats du MoDem sont encore en lice. "Nous sommes indépendants, a martelé hier François Bayrou sur RTL. Il n'y a pas besoin de négociation avec le Parti socialiste. Il n'y a pas besoin de négociation avec l'UMP." Ajoutant, comme le 25 avril dernier : "Je ne donnerai pas de consigne de vote."

Autant il avait laissé entendre durant la campagne présidentielle que la balance penchait en faveur de Ségolène Royal ("Je ne voterai pas pour Sarkozy"), autant se garde-t-il bien, aujourd'hui, de marquer sa préférence pour l'un ou l'autre bloc. "Je n'ai pas rappelé Ségolène Royal", a-t-il ainsi indiqué à propos du message que lui a laissé, lundi, l'ex-candidate. "Non pas par manque de respect mais pour éviter toute ambiguïté, a-t-il expliqué. Parce que, évidemment, si j'avais appelé Ségolène Royal (...), on aurait cru que j'entamais un processus destiné à faire en sorte que le PS et le MoDem se retrouvent pour cette élection." La décision, hier, de l'UMP de retirer son candidat face à François Bayrou dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, ne l'a pas non plus incité à se rapprocher de ses anciens alliés de droite.

Localement, les candidats du MoDem éliminés ont adopté des positions divergentes. Il y a, d'abord, ceux qui, comme François Bayrou, se positionnent à équidistance de la droite et de la gauche. "Les électeurs ont voté pour moi parce que je suis indépendant et responsable, je les considère eux aussi comme responsables et indépendants, souligne ainsi Jean-François Pernin (Paris, 8e circonscription). Je leur laisse donc la liberté de vote pour le second tour."

Il y a, ensuite, ceux qui adoptent une attitude proche de celle de François Bayrou à la présidentielle : pas de consigne de vote, mais un penchant pour la gauche. "Je sais que les électeurs qui ont choisi les candidats du MoDem exerceront leur jugement pour choisir leur futur député en fonction des deux critères qui me paraissent les plus justes : la personnalité des candidats et la défense du pluralisme", plaide Marielle de Sarnez (Paris, 11e). L'expression "défense du pluralisme" permettant au MoDem et au PS de marquer leur préférence réciproque face à un candidat UMP. Lundi, le premier secrétaire du PS, François Hollande, avait déjà appelé les électeurs de son parti à "favoriser le pluralisme" dans les trois circonscriptions où l'UMP et le MoDem s'affrontent.

Dans l'Isère, le MoDem a, en outre, appelé "à faire battre tout candidat condamné par la justice", ce qui vise l'ancien maire de Grenoble Alain Carignon (UMP). D'autres candidats sont allés plus loin, comme l'ancien ministre Azouz Begag (Rhône, 3e) ou l'ex-PRG Richard Morales (Rhône, 6e), qui ont appelé à voter pour le candidat PS.

Enfin, il y a ceux qui, au contraire, voteront UMP. "Dans le respect du choix de chacun, nous appelons pour notre part à un rassemblement autour du candidat de la majorité parlementaire telle que la veulent les Français", indiquent dans un communiqué Thierry Cornillet (Drôme, 2e) et son suppléant, Claude Aurias. Sans donner de consigne de vote, Michel Canévet (Finistère, 7e) précise, lui aussi, qu'il votera "à titre personnel pour la députée sortante UMP", Hélène Tanguy. Michel Canévet est le seul candidat MoDem qui, pouvant se maintenir au second tour, a décidé de se retirer. Dans la même situation en 2002, le candidat UDF s'était alors désisté en faveur de l'UMP.

Outre ces divergences, des critiques ont déjà commencé à se faire entendre au sein du nouveau parti. Didier Bariani, président du groupe UDF-MoDem au Conseil de Paris, et Jean-Christophe Lagarde, qualifié pour le second tour dans la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis, reprochant à François Bayrou de s'intéresser trop au centre gauche et de délaisser le centre droit.

 

Laurent de Boissieu

© La Croix, 13/06/2007