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29 mai 2007

Le Nouveau Centre

Le centre en France 2/6

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Le Nouveau Centre

 

Lancé le 29 mai 2007 par les députés UDF sortants ayant décidé de participer à la nouvelle majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy. Ils se présentent aux élections législatives sous l'étiquette Parti social libéral européen (PSLE).

Avec 22 députés sortants, ils espèrent former un groupe parlementaire et prendre, de fait, la succession de l'UDF au centre droit de l'échiquier politique. Ces centristes sont représentés au gouvernement par le ministre de la défense, Hervé Morin, président sortant du groupe UDF de l'Assemblée Nationale.

 

Le Nouveau Centre

Mouvement Démocrate (MoDem)

Le centre en France 1/6

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Mouvement Démocrate (MoDem)

 

Le MoDem a été lancé par François Bayrou, président de l'UDF, le 10 mai 2007 après avoir obtenu 18,57% au premier tour de l'élection présidentielle.

Le MoDem compte 6 députés (sur 29 UDF) sortants : François Bayrou (2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques), Jean Lassalle (Pyrénées-Atlantiques, 4e), Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis, 5e - se représente sous l'étiquette Bobigny-Drancy), Gilles Artigues (Loire, 5e), Gérard Vignoble (Nord, 8e - ne se représente pas), Anne-Marie Comparini (Rhône, 1re).

Outre l'UDF "canal Bayrou", le MoDem présente 25 candidats du parti écologiste Cap 21, présidé par l'ancienne ministre Corinne Lepage, et quelques Verts en rupture de parti, notamment à Paris (Danièle Auffray, Violette Baranda, Olivier Pagès) et à Marseille (Christophe Madrolle, Mohamed Laqhila). S'y ajoute une poignée de personnalités : l'ancien ministre Azouz Begag (Rhône, 3e), l'ancien champion olympique Djamel Bouras (Seine-Saint-Denis, 2e), la présidente de l'association Les Marianne de la diversité, Fadila Mehal (Paris, 19e), le président du Parti Fédéraliste, Christian Chavrier (Vaucluse, 4e)...

 

Mouvement Démocrate (MoDem)

17 mai 2007

François Fillon à Matignon

medium_sarkozyfillon.2.jpgSeptembre 2005, à La Baule, lors de l'université d'été des jeunes de l'UMP. Moment de détente, le soir, pour Nicolas Sarkozy. Accompagné par Didier Barbelivien à la guitare, Nicolas Sarkozy chante sur l'air de la célèbre chanson de Gérard Lenorman : "Si j'étais président de la République (...) Je nommerais bien sûr Fillon premier ministre". Une stature de favori pour Matignon qui devrait être confirmée aujourd'hui.

Il y a cinq ans, pourtant, François Fillon, déjà premier-ministrable, apparaissait comme l'anti-Sarkozy dans la méthode (plus consensuelle) et dans la ligne (davantage sociale et nationale). Né le 4 mars 1954, François Fillon a longtemps été un proche de Philippe Séguin : signature du "manifeste des rénovateurs" en 1989, élection au bureau politique du RPR sur la liste Pasqua-Séguin en 1990, campagne pour le "non" au traité de Maastricht en 1992... Nicolas Sarkozy et François Fillon manquent un premier rendez-vous en 1999, lorsque circule l'idée d'un "ticket" pour la présidence du RPR. François Fillon ira finalement seul à la bataille et arrivera troisième (25%), avant de soutenir Michèle Alliot-Marie.

En juin 2005, l'ancien ministre d'Édouard Balladur (ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche), d'Alain Juppé (ministre délégué chargé de la Poste, des Télécommunications et de l'Espace) et de Jean-Pierre Raffarin (ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité puis ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche) s'est rapproché de Nicolas Sarkozy après que Dominique de Villepin ne lui eut pas confié un portefeuille dans son gouvernement. "Quand on fera le bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien, affirmait-il alors. Sauf de mes réformes."

Sur le fond, son rapprochement avec Nicolas Sarkozy, dont il a été le principal coordinateur de la campagne présidentielle, est l'aboutissement d'une évolution personnelle l'ayant éloigné du gaullisme social de Philippe Séguin (même si François Fillon avait, lui, soutenu Édouard Ballaudr en 1995) pour le rapprocher du gaullisme libéral de Nicolas Sarkozy, estimant que ce dernier "est aujourd'hui le seul espoir d'une rupture avec l'immobilisme qui a caractérisé les années Chirac". Une politique que cet homme, marié à une Anglaise et père de cinq enfants, devrait donc conduire, depuis Matignon.

10 mai 2007

Mouvement Démocrate

medium_bayrou.2.jpgPour la troisième fois de sa vie, François Bayrou lance ce jeudi, dans la salle de la Mutualité à Paris, un parti politique : le Mouvement démocrate. En 1995, il avait élargi le Centre des démocrates sociaux (CDS), composante d'inspiration démocrate-chrétienne de l'UDF, en le transformant en Force démocrate. En 1998, après la scission de Démocratie libérale (Alain Madelin), il avait unifié la plupart des autres composantes de l'UDF au sein de la Nouvelle UDF. Cette fois, il ne s'agit toutefois ni d'élargissement ni d'unification, mais bel et bien d'une rupture avec le passé.

Une rupture qui, comme toutes les ruptures, ne s'opère pas tranquillement. Sur les 30 députés UDF sortants, 24 ont d'ores et déjà décidé de rejoindre la nouvelle majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy. Entre cinq et six devraient donc participer aujourd'hui au lancement du Mouvement démocrate : Gilles Artigues (1re circonscription de la Loire), François Bayrou (Pyrénées-Atlantiques, 2e), Anne-Marie Comparini (Rhône, 1re), Jean Lassale (Pyrénées-Atlantiques, 4e) et Gérard Vignoble (Nord, 8e). Quant à Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis, 5e), dans la circonscription duquel Ségolène Royal est arrivée en tête au second tour, il tarde à rendre public son choix.

Quoi qu'il en soit, c'est par un vote à bulletins secrets que les 4 600 membres du conseil national de l'UDF vont se prononcer sur la création du Mouvement démocrate, en attendant la tenue d'un véritable congrès fondateur. Préalablement au conseil national, François Bayrou aura réuni l'ensemble des instances de l'UDF : le comité exécutif (45 membres) hier soir, le bureau politique (515 membres) ce matin. "L'UDF dans sa dénomination, ses statuts et son règlement reste totalement intacte", a précisé hier Didier Bariani, vice-président de l'UDF en charge des questions statutaires. Le parti sera en effet "membre fondateur" ou "partie constituante" du nouveau Mouvement démocrate, au même titre que d'autres mouvements politiques. À commencer par le parti écologiste de Corinne Lepage, Cap 21, qui s'était déjà allié avec l'UDF aux élections régionales de 2004. Mercredi, on ne savait en revanche toujours pas ce que comptaient faire les autres personnalités qui avaient soutenu François Bayrou au premier tour de la présidentielle : Jean Peyrelevade (en déplacement à l'étranger cette semaine), ancien directeur adjoint de cabinet de Pierre Mauroy à Matignon, symbole de l'ouverture au centre gauche, et Azouz Begag, ancien ministre du gouvernement Villepin.

Enfin, pour les élections législatives des 10 et 17 juin prochains, les candidats adopteront l'étiquette "UDF - Mouvement démocrate". L'objectif est de geler la marque UDF, déposée à l'Institut national de la propriété industrielle par Hervé de Charette, ex-UDF rallié en 2002 à l'UMP, afin d'éviter qu'elle ne soit utilisée par le futur "pôle centriste" de la nouvelle majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Le Mouvement démocrate connaîtra donc son baptême du feu aux élections législatives. Avec un enjeu majeur : conserver un groupe parlementaire (actuellement 20 membres minimum). Or, avec seulement cinq ou six députés sortants, le pari n'est pas gagné d'avance. Crédité de 12 à 15% d'intentions de vote dans les sondages, le Mouvement démocrate serait assuré d'avoir des élus avec la représentation proportionnelle. Mais en raison de l'actuel mode de scrutin majoritaire, il faudra soit compter sur la dynamique de la création d'un nouveau parti, soit trouver des candidats bien implantés.

Soit, encore, nouer une alliance avec l'UMP ou avec le PS entre les deux tours des législatives. Ce qui correspondrait à la logique du scrutin uninominal majoritaire à deux tours, qui induit des alliances pour le second. L'exemple du FN ayant montré qu'il est quasi impossible, sans alliance, pour un tiers parti de faire élire un député en cas de triangulaire. D'autant plus que François Bayrou est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle dans seulement quatre circonscriptions législatives : la sienne et trois autres des Pyrénées-Atlantiques, dont celle de son ami Jean Lassale. Dans les quatre, c'est Ségolène Royal qui est arrivée en tête du second tour.

Reste à savoir quelle sera la stratégie de François Bayrou aux législatives, après avoir détaché le centre de la droite. Maintien d'une ligne centriste ? Ou alliance avec la gauche, c'est-à-dire, en définitive, passage du centre-droit au centre-gauche ? L'essentiel étant, dans les deux cas, la prochaine présidentielle, seule élection où il est possible de restructurer la vie politique. Toute la difficulté consistant à exister d'ici à 2012 et, s'ils sont électoralement liés à l'un des deux blocs, à composer avec des élus.

 

Laurent de Boissieu

© La Croix, 10/05/2007

(article remanié et exceptionnellement publié le matin même de sa parution dans La Croix)

09 mai 2007

Des députés bayrouistes en peau de chagrin

medium_morincomparini.jpgFrançois Bayrou avait raison : l'élection présidentielle peut effectivement être l'occasion d'une recomposition du paysage politique français. Sauf que, non élu, cette recomposition risque de s'organiser à ses dépens. Sur les trente parlementaires UDF sortants, seule une poignée n'a pas encore rallié la nouvelle majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy. La rupture entre François Bayrou et ses élus s'est effectuée en plusieurs temps.

Le 4 octobre 2006, un premier député UDF, Pierre-Christophe Baguet, annonce qu'il soutiendra Nicolas Sarkozy. "Homme libre au sein de l'UDF, j'entends être un homme libre aux côtés de Nicolas Sarkozy", affirme l'élu de Boulogne-Billancourt. Les 10 et 11 octobre 2006, Pierre-Christophe Baguet est exclu du groupe UDF de l'Assemblée nationale puis suspendu du parti. Il demeure toutefois président du groupe UDF et apparenté au conseil général des Hauts-de-Seine.

Le 11 février 2007, le second député UDF des Hauts-de-Seine, André Santini, apporte à son tour son soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy. "Je ne rallie pas un parti, je rallie un homme, je rallie un projet, explique le maire d'Issy-les-Moulineaux. Je demeure libre dans un parti qui se dit libre." Dix jours plus tard, André Santini est suspendu de l'UDF.

Les proches de François Bayrou ne s'inquiètent alors pas de ces défections et insistent sur l'"effet Hauts-de-Seine", dont Nicolas Sarkozy préside le conseil général. André Santini et Pierre-Christophe Baguet ont en outre en commun d'être issus de la même ancienne composante de l'UDF, le Parti social-démocrate, qu'ils ont relancé le 24 janvier 2007 sous le nom de Cercle démocrate, républicain et social. Au même moment, Christian Blanc se rapproche également de Nicolas Sarkozy, mais le député n'est pas membre de l'UDF : il n'est qu'apparenté au groupe parlementaire.

Jusqu'au premier tour de l'élection présidentielle, dopée par les bons sondages, la maison Bayrou reste donc en ordre de bataille. Rien à voir avec ce qui s'était passé en 2002, lorsqu'une petite moitié des parlementaires UDF avaient soutenu dès le premier tour la candidature de Jacques Chirac. En aparté, les proches de François Bayrou se déclarent même "soulagés" par le ralliement, le 31 mars, de Gilles de Robien à Nicolas Sarkozy, tant ils craignaient que le ministre de l'éducation nationale ne contrarie l'offensive de François Bayrou au sein de l'électorat enseignant.

Les murs de l'UDF commencent toutefois à trembler au soir du premier tour. Dès 22 h 20, des parlementaires UDF appellent dans un communiqué "à se rassembler autour de la candidature de Nicolas Sarkozy" : "C'est une chance, pour nous, UDF, de défendre nos valeurs au sein d'une nouvelle majorité présidentielle, unie et forte de sa diversité", écrivent-ils. Figure parmi les signataires, outre le suppléant de Gilles de Robien (Olivier Jardé), Francis Hillmeyer, seul député alsacien resté fidèle à l'UDF en 2002. Finalement, entre les deux tours, la quasi-totalité des députés UDF annoncent qu'ils voteront, contrairement à François Bayrou, pour le président de l'UMP : Pierre Albertini (maire de Rouen), Nicolas Perruchot (maire de Blois), Maurice Leroy (président du conseil général du Loir-et-Cher), François Sauvadet, Hervé Morin, Charles de Courson...

Avec l'élection, dimanche, de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, et alors que les candidatures pour les élections législatives de juin doivent être déposées entre le 14 et le 18 mai, l'heure du choix a sonné pour les députés UDF sortants. Ou bien rejoindre Gilles de Robien et André Santini au sein du futur "pôle centriste" de la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy. Un choix déjà fait par des députés très proches de François Bayrou comme Hervé Morin, président du groupe UDF à l'Assemblée nationale, François Sauvadet, porte-parole de l'UDF, ou Maurice Leroy. Ou bien préparer l'élection présidentielle de 2012 autour de François Bayrou en participant, jeudi, à la fondation d'une nouvelle maison : le Mouvement démocrate. Au risque d'affronter, au premier tour des législatives, à la fois le PS et l'UMP. Et, en raison du mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours, de devoir de toute façon nouer une alliance avec l'un ou l'autre entre les deux tours.

 

Laurent de Boissieu

© La Croix, 09/05/2007