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08 janvier 2008

De la monarchie élective

Nicolas Sarkozy (voeux à la presse) : "Monarchie, ça veut dire héréditaire. Vous croyez que je suis donc le fils illégitime de Jacques Chirac, qui m'a mis sur un trône ? Monsieur Joffrin, un homme cultivé comme vous, dire une aussi grosse bêtise. Moi, issu de la monarchie ? Okay, alors si la monarchie c'est l'élection, c'est plus la monarchie, Monsieur Joffrin. Ah non ! Excusez-moi Monsieur Joffrin, les mots ont un sens. Ils doivent l'avoir pour vous s'ils l'ont pour moi. Soit c'est une monarchie, donc c'est l'hérédité. Dans ce cas là j'aimerais qu'on m'explique de qui je suis l'héritier (...) Soit c'est l'élection et dans ce cas là c'est pas la monarchie."

N'en déplaise à Monsieur Sarkozy, une monarchie peut être élective. Ce fut la cas en France et, de façon plus pérenne, en Pologne.

Dur dur de parler sans Henri Guaino pour tenir la plume...

 

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timbre "Hugues Capet élu roi de France" (1967)

02 décembre 2007

Il y a centre et centre...

cacfa14286615eac97c8bd9c851a7e41.jpgAvec la création, ce week-end, du Mouvement démo­crate (MoDem), François Bayrou a achevé sa mutation centriste. Toutes les ambiguïtés sont en effet en passe d'être levées : l'UDF de centre droit est morte. Vive le MoDem centriste !

Une des difficultés pour le commentateur de cet évènement vient de l'utilisation abusive de l'étiquette "centriste" pour qualifier, depuis 1978, l'UDF.

L'UDF n'a jamais eu un positionnement centriste, c'est-à-dire à équidistance de la droite et de la gauche. L'UDF a toujours eu un positionnement de centre droit, s'alliant exclusivement avec la droite. Et, personnellement, j'ai toujours pris soin, même si la facilité me dictait le contraire, de ne jamais qualifier dans mes articles l'UDF de centriste.

Dès lors, le successeur de l'UDF est plus le Nou­veau Centre, de centre droit, que le MoDem, centriste.

Cette utilisation abusive de l'étiquette centriste pour qualifier l'UDF explique pourquoi le député Thierry Benoît (ex-UDF, ni MoDem ni - pour l'instant - Nouveau Centre) et le sénateur Jean Arthuis (ex-UDF, MoDem) continuent à militer pour des retrouvailles entre tous les "centristes" : ceux de l'UMP, du Parti Radical (associé à l'UMP), du Nou­veau Centre et du MoDem. "Centristes", cela signifie, pour eux, ex-UDF. Mais c'est ne pas comprendre la démarche de François Bayrou. Véritablement centriste, elle...

01 décembre 2007

L'UDF dit "au revoir" à la vie politique

Dirigé depuis près de dix ans par François Bayrou, le parti créé en 1978 par Valéry Giscard d'Estaing a choisi de disparaître au profit du Mouvement démocrate

 

08801931b07baafd84942e044c91a8e3.gifL'UDF semblait jusque-là avoir été douée de régénération, cette capacité que possèdent certains êtres vivants à se re­constituer après une amputation. Car l'UDF de 2007 n'était déjà plus qu'un morceau de ce que représentait l'UDF de 1978. Ce qui n'avait pas empêché ce parti de demeurer, malgré les scissions, un acteur incontournable du paysage politi­que. Le congrès extraordinaire qui se déroulait hier à Villepinte (Seine-Saint-Denis) a clos définitivement ce chapitre de l'histoire politique française. Sans surprise, les participants ont voté une résolution prévoyant son absorption par le Mouvement démo­crate (MoDem), qui tient dans la foulée, aujourd'hui et demain, son congrès fondateur. Même si, afin de geler l'utilisation du nom, l'UDF conservera pendant trois ans une existence juridique.

Tout est parti, entre 1976 et 1978, de la volonté de Valéry Giscard d'Estaing de contrebalancer le poids du RPR de Jacques Chirac en coordonnant les autres composantes de sa majorité. En 1978, l'Union pour la démocratie française (UDF) naît donc en tant que confédération de partis issus principalement de trois familles politiques historiquement opposées. L'ancien centre d'inspiration démocrate-chrétienne, avec Jean Lecanuet (décédé en 1993), André Diligent (décédé en 2002), René Monory ou Jean-Marie Vanlerenberghe, toujours sénateur Union centriste-UDF du Pas-de-Calais. L'aile droite du centre républicain radical, autour de Jean-Jacques Servan-Schreiber (décédé en 2006), Didier Bariani et André Rossinot. Et la droite libérale, avec Valéry Giscard d'Estaing lui-même, Roger Chinaud ou Bernard Lehideux, actuel parlementaire européenne UDF-MoDem.

Durant vingt ans, à droite, un double équilibre s'établit alors à l'Assemblée nationale. D'une part un bipartisme UDF-RPR. D'autre part, au sein de l'UDF, une réparti­tion relativement stable entre 1978 et 1997 : les libéraux du Parti répu­blicain représentaient la moitié des députés, le Centre des démocrates sociaux (CDS) un tiers, les autres composantes se partageant le reste. Tout semblait pouvoir conti­nuer longtemps ainsi. Sauf que, en 1988 puis en 1995, l'UDF n'a pas été en mesure de présenter de candidat à l'élection présidentielle. Certes, en 1988, elle soutient Raymond Barre, qui en est apparenté. Mais en 1995 elle se trouve réduite à trancher entre deux candidats issus du RPR, Édouard Balladur et Jacques Chirac.

Cette situation, un homme ne l'ac­cepte pas. C'est François Bayrou. Il n'a alors qu'une obsession : mettre l'UDF en situation de présenter un candidat et de remporter l'élection présidentielle. Dans son esprit, ce candidat c'est bien entendu ...François Bayrou. En 1998, l'UDF se trouve toutefois amputée de son aile libérale. Présidée par Alain Madelin, Démocratie libérale (ex-Parti républicain) quitte la con­fédération. L'équilibre créé en 1978 est rompu, même si une vingtaine de personnalités libérales restent à l'UDF (François Léotard, Gérard Longuet, Gilles de Robien, François Sauvadet...). L'UDF est morte, vive la nouvelle UDF ! C'est cette rupture qui va en effet permet­tre à François Bayrou de prendre la présidence du parti et de poursui­vre son unification. Avec en ligne de mire l'élection présidentielle de 2002...

Cette année-là, François Bayrou obtient 6,84% des suffrages expri­més. L'UDF connaît cependant une nouvelle dissidence : la majorité de ses élus, dont une partie avait sou­tenu Jacques Chirac dès le premier tour, participe à la création de l'UMP (Philippe Douste-Blazy, Pierre Méhaignerie, Gérard Longuet, Hervé de Charette, Pierre-André Wiltzer, le Parti radical...). Aux élections législatives, l'UDF n'est plus que l'ombre d'elle-même avec un groupe parlementaire de 29 dépu­tés. Contre 113 en 1997, puis 82 après la scission de Démocratie libérale.

À l'époque, l'UDF s'est toutefois maintenue autour d'une ambiguïté qui a resurgi lors de la dernière élec­tion présidentielle. Pour certains, il s'agissait de refuser le monopartisme à droite et au centre droit en main­tenant l'UDF. Telle était la ligne de Gilles de Robien et celle des députés qui ont rompu avec François Bayrou pour créer, dans le contexte des der­nières élections législatives, le Nou­veau Centre (Hervé Morin, François Sauvadet, André Santini...). Disposant d'un groupe parlementaire, alors que François Bayrou et Jean Lassalle siègent désormais parmi les députés non-inscrits, le Nou­veau Centre aspire à prendre la succession de l'UDF au centre droit. Pour Fran­çois Bayrou, en revanche, l'objectif demeure l'élection présidentielle et la stratégie centriste qu'il a adoptée dans cette perspective, à équidis­tance de l'UMP et du PS. Une stra­tégie qui passe dorénavant par la création d'un nouveau parti : le Mouvement démo­crate (MoDem). Après avoir obtenu 18,57% à l'élec­tion présidentielle, François Bayrou dispose enfin d'une machine mi­litante créée par et pour lui.

 

Laurent de Boissieu

© La Croix, 30/11/2007 (version mise à jour)

 

Pour aller plus loin :

histoire de l'UDF

biographie de François Bayrou

Mouvement Démocrate

09 novembre 2007

Nicolas Sarkozy et le général de Gaulle : le fond contre la forme

"Les héritiers politiques de la famille gaulliste ont une tendance certaine à la nostalgie, qui s'illustre notamment dans le pélerinage annuel à Colombey. Depuis la mort du général de Gaulle, c'est en effet tous les 9 novembre un rituel pour les gaullistes que de se rendre sur sa tombe, de dire une messe, d'aller se recueillir au pied de la Croix de Lorraine et même certaines années de visiter La Boisserie (...) Je m'en veux d'ailleurs d'avoir sacrifié cette année encore à cette forme de totem. J'ai pourtant clairement cosncience que nous entretenons ainsi une caricature, chaque jour plus désuète".

 

L'auteur de ces lignes n'est autre que Nicolas Sarkozy dans son livre Libre (XO Éditions, 2001). Il y qualifie également de "simagrées", ayant "perdu toute signification", "le pèlerinage" des parlementaires du RPR. On peut se féliciter que Nicolas Sarkozy, élu à la présidence de la République, s'adonne finalement à cette "nostalgie" en se rendant aujourd'hui sur la tombe de Charles de Gaulle.

d6c895ea58bba1e10969515587396aa9.jpgEncore faut-il que cet hommage rendu soit cohérent avec ses propos et ses actes. Or, hasard malheureux du calendrier pour le président de la République, quelques jours plus tôt il prononçait à Washington un discours devant le congrès des États-Unis d'Amérique dont le ton atlantiste a été de nature à faire se retourner le général de Gaulle dans sa tombe.

Autant est-il honorable et légitime de commémorer la sacrifice des soldats américains qui ont contribué à la libération de la France, après l'entrée en guerre des États-Unis d'Amérique pour défendre leurs intérêts (attaque sur Pearl Harbor, le 7 décembre 1941). Autant la "dette éternelle" de la France ne signifie-t-elle pas donner quitus à la politique étrangère américaine partout et jusqu'à la fin des temps.

"Chaque fois que dans le monde tombe un soldat américain, je pense à ce que l'armée d'Amérique a fait pour la France, a déclaré Nicolas Sarkozy. Je pense à eux et je suis triste, comme on est triste de perdre un membre de sa famille. Cela, c'est plus important que tous les désaccords que nous avons pu avoir et que tous les désaccords que nous pourrons avoir".

Non, monsieur le président de la République française, en ce qui me concerne je ne pense pas "à ce que l'Amérique a fait pour la France" lorsqu'un soldat américain meurt en Irak. Je pense plutôt à la gandeur de la France qui s'est opposée, peut-être contre vos propres convictions et celle de votre ministre des affaires étrangères, à cette invasion illégitime.

11 octobre 2007

L'honnêteté de Fillon

dd21de4511f07342daed3159000e3996.jpgCela ne figurait pas dans son discours écrit, mais au moins le premier ministre François Fillon aura-t-il eu, mercredi soir, devant Les Réformateurs (sensibilité la plus libérale de l'UMP), le courage de présenter avec franchise les conséquences de la politique de réformes libérales menée par son gouvernement :

 

"Je dois le dire devant tous les élus qui sont présents ici : la réforme de l'État, ça supposera que nous soyons courageux; la réforme de l'État, ça supposera que chacun d'entre nous accepte qu'il y ait moins de services, moins de personnel, moins d'État sur son territoire. Parce que la réforme de l'État général qui satisfait tout le monde mais qui ne se traduit par aucune suppression d'aucun établissement sur le territoire, ça n'existe pas."

 

La seule chose que l'on puisse regretter, c'est que Nicolas Sarkozy n'ait pas eu la même franchise durant la campagne présidentielle. Tandis que Jean-Louis Borloo, à l'inverse, s'était fait taper sur les doigts pour avoir osé rappeler un engagement du nouveau président pendant la campagne des élections législatives. En politique, la franchise ne paie pas toujours...